Carcassonne en deux images

Notre manifestation anticorrida à Carcassonne d’hier s’est passée sans aucun incident : les aficionados étaient invisibles (il faut dire que dans cette ville, ils sont une toute petite minorité) et les forces de l’ordre d’une courtoisie parfaite avec nous (nous les en remercions sincèrement). Je reviendrai dans les prochaines heures sur les détails de la journée, avec de nombreuses photos. Pour ce matin, juste deux images.

La plus emblématique de l’objectif que nous visions a été prise devant le pont-levis : informer les nombreux touristes qui venaient visiter la Cité médiévale du fait qu’à quelques centaines de mètres de là se déroulaient des spectacles de torture animale. Leur réaction a été unanime – un dégoût incrédule.

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La seconde montre une partie des centaines de manifestants qui s’étaient mobilisés, en route vers les abords des arènes dont les gradins sont restés très largement clairsemés.

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Un grand bravo à Marie Sanz, déléguée du CRAC Europe, pour l’organisation sans failles de cette manifestation et au CAAC pour son travail de fond inlassable depuis vingt ans !

La suite un peu plus tard…

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Quand la féria se débarrasse de la corrida

Il s’est passé quelque chose de vraiment majeur à Cazaubon ce samedi. Les fêtes annuelles qui s’y tenaient avaient rassemblé, comme à chaque fois, bon nombre de forains pour qui c’était là l’occasion, bien naturelle, de faire une partie importante de leur chiffre d’affaires de la saison. Pour eux, il était donc absolument critique que les animations se déroulent comme prévu et que le public soit content.

Les corridas, parasites chroniques des férias

Or, profitant de la féria, le club taurin avait également programmé une corrida, comme cela se fait couramment dans la plupart des villes taurines. En effet, les corridas voyant un peu partout leur fréquentation en chute libre, elles n’ont de chance de remplir au moins en partie leurs gradins que si une féria se tient en même temps au même endroit. Et encore, cela ne marche-t-il que très partiellement : même à Bayonne qui attire un million de touristes pour ses célèbres fêtes, les arènes ne rassemblent péniblement que 4000 places payantes en moyenne par corrida pour 10 500 sièges disponibles (chiffres officiels de la Cour des Comptes).

Dans le cas de Cazaubon, il s’agissait d’une corrida portugaise, autrement dire des taureaux torturés par des cavaliers et dont la mise à mort se fait en coulisses, à peine l’animal sorti de la vue du public. Il est systématiquement achevé à coups de puntilla (poignard), sauf quand les organisateurs préfèrent le laisser agoniser pendant parfois tout le weekend avant de le céder à un boucher.

La corrida gêne la féria…

Ce samedi 30 août, une action anti-corrida était annoncée un peu partout sur les réseaux sociaux. Environ 450 manifestants étaient attendus, acheminés par des bus. Après les violences effarantes causées par les aficionados et les CRS à l’encontre des abolitionnistes venus à Maubourguet une semaine plus tôt, la mairie, après en avoir discuté avec la préfecture, a préféré laisser tomber la corrida pour sauver la féria.

En effet, il aurait été impossible de déployer suffisamment de policiers pour garantir la tenue de la corrida sans perturber l’accès aux stands des forains. Et la féria, elle, rapporte de l’argent. Les forains, présents pendant trois jours d’affilée, l’ont parfaitement compris et ont fait fortement pression sur les autorités pour que la cause du trouble à l’ordre public – la corrida – disparaisse du paysage tant qu’ils seraient là. Et, en particulier, pas question d’annuler les manèges et les ventes dérivées qui étaient prévues dans l’après-midi du samedi.

… Exit, la corrida ! 

Le club taurin n’a plus qu’à trouver une autre date. Cette fois, aucune féria ne sera là pour drainer les touristes curieux vers les gradins des arènes. Ce sera une séance où ne viendront que les aficionados les plus déterminés, autrement dit, une poignée. Et cela n’empêchera pas les anti-corridas de prévoir quand même de se rendre sur place pour protester à nouveau.

Car pour nous, nulle opposition au fêtes de villages ou de grandes villes. Aucun problème à ce que des férias aient lieu et qu’un large public se réjouisse des attractions, des bars et des bodegas. Ce ne sont pas les férias que nous combattons, ce sont les corridas.

A Cazaubon, les forains – et la mairie – l’ont bien compris. Et quand ils feront leurs comptes à la fin du weekend, ils verront que leur chiffre d’affaire sera tout aussi bon que les autres années, alors que la corrida n’aura pas eu lieu. Autrement dit, ils auront la confirmation que la féria n’a nulle besoin de la corrida. C’est la corrida qui a besoin de la féria, pas l’inverse. Vivement que tous les lieux de férias le réalisent et que, comme à Cazaubon, ils se débarrassent des corridas qui ne leur apportent que des troubles et des violences.

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RAPPEL : Aujourd’hui, grande manifestation à Carcassonne, organisée par le CRAC Europe et le CAAC.

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L’éditrice de « Corrida la honte » rouée de coups par des aficionados

Le site Planète Animaux a repris les principaux éléments du témoignage de Stéphanie Lahana mis en ligne sur ce blog le 29 août.

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La suite de l’article ici : L’éditrice de « Corrida la honte » rouée de coups par les aficionados

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Aficionados et CRS, la peur des images qui accusent

Un mot d’ordre semble être lancé dans et autour des arènes : empêcher à tout prix les appareils photos et les caméras des anti-corridas de prendre des images très dérangeantes pour eux puisqu’elles mettent en évidence leur violence physique incontrôlée.

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Plusieurs d’entre nous ont vu ainsi ces dernières semaines leur matériel arraché des mains, les cartes mémoires volées, voire l’appareil détruit, que ce soit par des aficionados ou par les forces de l’ordre. Il est désormais indispensable de se faire très discret, voire de se grimer en aficionado pour pouvoir capturer en images les scènes de violence devenues systématiques à l’encontre des manifestants. C’est ce qui s’est encore passé à Maubourguet le 23 août, où les aficionados ont tabassé les anti-corridas avec l’aide délibérée des CRS.

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Que les choses soient nettes : il est parfaitement légal de photographier ou de filmer des scènes de ce genre, il est parfaitement illégal de s’y opposer et encore plus de voler des cartes ou de détruire du matériel. Ceci s’applique aussi bien aux aficionados qu’aux forces de l’ordre.

Le cas des aficionados

Que dit la loi ? Il existe un droit à l’image concernant la vie privée uniquement (pas la vie publique) et qui permet à un particulier (aficionado ou pas) de s’opposer à ce que son visage soit diffusé sans son autorisation, mais cela n’interdit en rien la prise de vue. Le droit à l’image ne s’applique en effet qu’à la diffusion de l’image, pas à sa prise de vue. Il y a alors deux possibilités :

- soit il s’agit d’une vue d’ensemble d’un groupe de gens et aucun droit à l’image ne peut être invoqué,

- soit il s’agit d’un gros plan sur un individu particulier et son visage doit être flouté en cas de diffusion sans son autorisation. Cas particulier : si la photo ou la vidéo d’un individu isolé a pour but l’information du public sur ses faits, le droit à l’image ne peut pas être invoqué.

Dans les deux cas, personne ne peut s’opposer à être pris en photo dans et autour des arènes et, plus généralement, sur un lieu où se déroule une action. Si quelqu’un vous empêche de le faire, il faut porter plainte contre lui.

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Le cas des forces de l’ordre

Une circulaire du 23 décembre 2008 du Ministre de l’Intérieur adressée aux préfets, renseignements généraux, directeurs de la police, etc. précise en toutes lettres que « les policiers ne bénéficient d’aucune protection particulière en matière de droit à l’image ». Les seules exceptions concernent, pour des raisons évidentes, les services d’intervention (GIGN ou assimilé), la lutte anti-terroriste et le contre-espionnage – rien à voir avec la corrida et ses opposants.

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Il est précisé : « La liberté de l’information, qu’elle soit le fait de la presse ou d’un simple particulier, prime le droit au respect de l’image ou de la vie privée dès lors que cette liberté n’est pas dévoyée par une atteinte à la dignité de la personne ou au secret de l’enquête ou de l’instruction ».

Et, pour que ce soit bien clair : « Les policiers ne peuvent donc s’opposer à l’enregistrement de leur image lorsqu’ils effectuent une mission. Il est exclu d’interpeller pour cette raison la personne effectuant l’enregistrement, de lui retirer son matériel ou de détruire l’enregistrement ou son support [...] Une telle action exposerait son auteur à des poursuites disciplinaires et judiciaires. »

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Le courrier du Directeur général de la Police Nationale, qui s’exprime au nom du Ministre de l’Intérieur, se termine par ces mots : « Je tiens à ce que toute infraction fasse l’objet de poursuites. »

Certes, depuis, le Ministre de l’intérieur a changé et le Premier Ministre aussi. Mais à ce jour, la circulaire décrite ci-dessus est toujours en vigueur. Que Monsieur le Directeur général compte sur nous pour lui reporter tout abus dont nous serions les victimes. Quoi qu’en pense le Premier Ministre.

Ce qu’en dit le Défenseur des Droits

« Dernièrement, nous avons constaté lors des manifestations anti-corrida certains faits contraires aux droits des manifestants ou de tiers.

Le Défenseur des Droits est compétent dans le cas de manquements aux règles de déontologie par un service de sécurité, police nationale ou municipale, gendarmerie (non-port du matricule, fouilles illégales, attitude irrespectueuse ou violente, tentative d’empêcher la prise d’images sans motif légal…)

Nous vous invitons à prendre systématiquement des images des faits, et à saisir courtoisement le Défenseur des Droits de votre réclamation via le formulaire en ligne en vous laissant guider. »

En complément, ce lien vous permet de faire un signalement à l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale).

Conseils aux preneurs de vues

Dans la mesure du possible, soyez accompagnés par au moins une autre personne qui veille sur votre sécurité ou qui puisse, dans le pire des cas, servir de témoin si on vous agresse, qu’on vous vole vos cartes mémoires ou qu’on détruise votre appareil, ceci afin de pouvoir renforcer votre dépôt de plainte ultérieur.

Il est préférable d’avoir plusieurs cartes mémoires sur vous. Dès que vous avez enregistré des images importantes, donnez votre carte à quelqu’un de votre entourage qui peut s’éloigner du lieu de l’action pour la confier par exemple à l’un des responsables de l’action, puis glissez en une autre dans votre appareil. Ainsi, en cas de vol ou de destruction, une partie de vos images seront déjà à l’abri et pourront être utilisées.

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Rappelez-vous : vous êtes dans votre droit en prenant des images. Ce sont ces images qui font peur aux aficionados parce qu’elles montrent leur vrai visage et qu’aucune propagande ne peut faire croire qu’ils sont « d’une tenue exemplaire » (pour citer Viard) lorsqu’ils tabassent et insultent des manifestants anti-corrida.

Photos 1 à 5 prises à Maubourguet le 23 août 2014 (1, 4, 5 par Manu – 2, 3 par RL), les autres à Rodilhan le 8 octobre 2011 (Sauvons les Animaux).

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Maubourguet, vidéo d’un lynchage

Vidéo tournée par Manu, merci à lui et bravo pour son courage.

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Maubourguet, le témoignage de Stéphanie Lahana

Stéphanie a fait partie des nombreuses victimes de l’explosion de violence des aficionados contre les anti-corridas, à Maubourguet le 23 août. Deux aficionados l’ont rouée de coups de poings parce qu’elle voulait empêcher un fou furieux de frapper Ghislaine et Régine de son manche de râteau. Elle raconte ci-après les circonstances de son agression ainsi que la suite des événements dans les rues de ce village honteux, puis jusqu’aux urgences de Tarbes.

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Samedi 23 août 2014, je me suis rendue dans la commune de Maubourguet pour participer à une action citoyenne anti-corrida dans les arènes où six veaux de moins de 2 ans (Erales) devaient subir des sévices graves et actes de cruautés (définition de la corrida selon l’Art. L 521-1 du Code pénal), jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Ces actes de cruautés et sévices graves devant être perpétrés et se terminer fatalement par l’abattage de ces six veaux de moins de 2 ans par trois enfants mineurs, ce qui est parfaitement illégal au regard du Code du travail (Art. D4153-35 du Code du travail).

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Léo VALADEZ : 17 ans, né le 17 février 1997 – Jésus Enrique COLOMBO : 16 ans, né en septembre 1997 – Andy YOUNES : 17 ans, né le 30 mai 1997

INTÉRIEUR ARÈNES

Vers 20 h 45, je me suis dirigée vers les arènes en compagnie de Joëlle. Nous ne portions sur nous que des sifflets en plastique. Nous avons subi une fouille, comme toutes les personnes souhaitant pénétrer dans l’enceinte de la cour d’école, par une femme habilitée à le faire, tandis que les hommes étaient fouillés par des messieurs.

Dans la cour, nous avons fait la queue pendant plusieurs dizaines de minutes car une seconde fouille avait lieu à l’entrée de l’arène. Les gens râlaient de devoir subir tous ces contretemps. Au fur et à mesure que nous approchions, j’ai vu que des anti-corrida étaient refoulés à ce deuxième filtrage, notamment sur la base d’un fichier papier qu’une des personnes à l’entrée (civils et CRS) consultait. Ils étaient gardés entre la file et la buvette. Nous sommes passées devant eux comme si nous ne nous connaissions pas. Discrétion avant tout, assurée à bloc par les amis repérés et refoulés.

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La musique commençait à jouer. La tension montait. À peine venais-je de passer le second contrôle que j’ai entendu les premiers sifflets et vu les premières fumées monter du centre de l’arène. Je suis arrivée en haut des escaliers. De là, j’ai vu Ghislaine enchaînée à la rambarde du premier rang tout de suite sur ma gauche. Elle n’était pas seule, d’autres anti-corrida étaient sur sa propre gauche ; que des femmes.

Un rapide coup d’œil circulaire et je me suis vite rendu compte que je ne pouvais pas facilement atteindre l’autre côté de l’arène qui était suffisamment vide pour pouvoir sauter à mon tour. Je décide alors de me ranger du côté des militantes du premier rang. Je commence à sortir mon sifflet, puis me ravise. Autant ne pas me faire repérer trop vite pour pouvoir agir dans une seconde vague.

En passant, je vois Ghislaine recevoir une gifle magistrale ! Je n’ai pas vu l’agresseur. Déjà j’étais choquée et cela ne venait que de commencer ! Un CRS est arrivé pour essayer de couper son antivol. Une spectatrice en tailleur-pantalon marron, coupe au carré, se tenait juste à côté de moi et hurlait sur les filles. Tout se brouillait dans ma tête : trop d’infos de partout !

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Là, je vois avec horreur des individus de sexe masculin se regrouper dans le calejon. L’un d’entre eux, armé d’un énorme balai/râteau en bois tente de frapper les filles entravées. Je me jette sur le balai et le repousse une première fois. Là, l’individu recule prestement pour me déséquilibrer en avant, me regarde avec une haine totale et, avec un mauvais rictus semblant dire : « regarde ce que je vais leur faire à tes copines », il retourne le balai/râteau de manière à ce que nous n’ayons plus de prise, et commence à donner des coups de manche dans le visage des militantes. C’est l’effroi. Ça crie de partout, CRS et aficionados courent, font des croche-pieds et frappent tout ce qui leur passe sous la main.

Je sens qu’on me tire les cheveux. Je me retourne. Derrière moi, l’individu de sexe féminin au tailleur brun qui hurlait sur les filles était remonté un peu plus haut sur les gradins et venait de me voler mes lunettes de soleil. Dans un regard plein de défi, elle les jette violemment par terre. Sous la surprise, je me retrouve déséquilibrée en arrière et tente de me rattraper à sa veste. Au moment même où j’entends un homme hurler : « Toi tu la touches pas salope ! » je reçois un premier coup de poing entre l’œil et le  nez du côté droit du visage. Coup qui me précipite directement au sol, mes 50 kilos ne font pas le poids devant ces aficionados qu’on dirait tout droit sortis d’une équipe de rugby.

Ma tête heurte le sol dans un bruit qui résonne encore tandis que ma jambe gauche s’écrase sur les gradins en béton ce qui me vaudra un hématome d’une dizaine de centimètres sur le tibia. Je tente de me retourner pour me redresser et là je reçois un second coup directement en pleine face sur le nez. Ça craque. J’ai mal. Je tente de me protéger, mais un individu me tire sur les bras tandis qu’un second m’assène un nouveau coup sur la pommette gauche cette fois : ecchymose sous-orbitaire. Je sens la haine. On ne veut pas se défouler en tapant sous l’emprise de la colère. Non. On veut me démonter la figure. Les coups sont réfléchis et ils pleuvent. Je ne ressens plus la douleur, mais le bruit des coups reçus m’angoisse.

Au bout de minutes qui me semblent des heures, j’entends enfin une voix qui me rassure. Je la reconnais. Elle hurle « Arrêtez ! Arrêtez ! ». C’est celle d’une militante qui était à côté de moi dans les gradins. Et de fait, les coups s’espacent. Mes agresseurs sont retenus par d’autres personnes. À ce moment, je suis toujours au sol. Elle me prend dans ses bras. Terrorisée et reprenant enfin mon souffle je me mets à hurler de toutes mes forces. Il fallait que cette angoisse sorte. Je ne suis plus qu’une boule, un bout de femme recroquevillée contre elle, je tente même de disparaître sous un pan de sa veste.

Je sens quelqu’un me prendre la main, doucement. C’est un des spectateurs. Il demande aussi aux autres afiocs de ne pas revenir à la charge. À la manière qu’il a de me tenir le bras tout du long comme s’il surveillait mon pouls, je me dis qu’il est médecin. Il nous regarde et nous dit que tout cela n’est pas bien, que nous sommes violents. Là, je sors de mes gonds. Je lui montre mon visage tuméfié et lui pose la question « Vraiment ? Vous êtes témoin ! Regardez ça et répondez-moi ! Qui sont les violents ? » Gêné, il détourne son regard qui se pose sur Ghislaine et consœurs. Il secoue la tête impuissant… Tout cela semble être trop aussi pour lui.

Ma sauveteuse et ce monsieur vont me protéger jusqu’à ce qu’un CRS vienne me chercher. Je me tiens le visage côté gauche, celui qui a le plus reçu de coups, tandis que le CRS m’emmène prestement. Je vois un camion de pompier. Je demande à voir un médecin. Il me répond que j’en verrai un là où il m’emmène, cela s’avérera faux.

COULOIR

J’arrive dans un couloir de l’école où de nombreux anti-corrida sont évacués. Des touristes aussi. Un groupe de jeunes gens qui voulaient assister à la novillada se retrouvent expulsés tout comme nous. Ils sont furieux contre les forces de police, d’autant plus qu’ils seront eux aussi exfiltrés et qu’ils ne pourront pas retourner dans les arènes. Tout à coup, on entend une rumeur qui dit que suite aux gazages à répétition dans l’arène, la corrida va être annulée. Fausse joie.

Nous restons là, cantonnés dans ce petit espace clos, impuissants. Une militante claustrophobe commence à se sentir mal. Certains d’entre nous subissent un contrôle d’identité, d’autres non. Parmi les militants, je retrouve tout d’abord Cédric, puis ma protectrice que je remercie (encore aujourd’hui !) et David qui se frotte le ventre. Un aficionado lui avait lancé violemment (comme en témoigne le bleu qu’il aura dans les jours suivants) un projectile au niveau de l’abdomen.

David et moi commençons à discuter avec les deux CRS qui ferment notre attroupement. L’un d’eux nous  apprend qu’ils viennent de Reims. Quand je lui demande s’il n’en a pas marre d’être là, il me répond que ça, ce qui se passe là, c’est de la gnognotte comparé à ce qui se passe ailleurs.

Nous discutons et c’est ainsi qu’il nous apprend que les planques de stups dans des apparts vides dans les barres d’immeubles, « les chambres » comme il les appelle sont connues de tous les services de Police. Devant ma surprise et à la question « Pourquoi vous n’intervenez pas ? » il me répond que c’est le prix à payer pour avoir la paix dans les banlieues.

Il nous raconte aussi les petites retraitées qui sont rémunérées par les dealers pour stocker et / ou vendre la came moyennant finances. « Que voulez-vous ? Qu’on leur trouve un boulot à ces gars-là ? Pour qu’ils gagnent en 1 mois ce qu’ils se font en 2 h de temps ? Et les petites vieilles ? Ils repèrent celles qui vivent avec à peine le minimum vieillesse et ils leur donnent 1500 € de plus par mois. Comment voulez-vous qu’elles refusent ? Ça leur change le quotidien j’peux vous l’dire. »

Incrédule, je repense au film « Paulette », de Jérôme Enrico, que je croyais être une pure fiction et qui décrit en fait juste cette réalité. Au Ministère de l’Intérieur, on assure ! La sécurité intérieure du pays se résume à laisser les truands tranquilles et à envoyer des troupes de CRS casser de l’anti-corrida pacifiste. Des centaines de CRS, policiers et gendarmes on a eu pour nous ce week-end ! Pendant ce temps les grosses agglomérations comptaient leurs morts, et pleurent toujours pour obtenir plus de moyens ; des adolescentes disparaissaient, etc.

Il n’arrive plus de nouveaux militants dans le couloir. Nos amis ont dû être directement expulsés dehors. Après une bonne demi-heure d’attente, les forces de l’ordre commencent à nous faire sortir. Cela prend beaucoup de temps car chaque couple de personnes doit être escorté par deux gendarmes jusqu’à la rue. Ils sont très méfiants. L’un deux dit : « Attention à ce qu’ils ne retournent pas dans l’arène ». Évidemment, nous y pensons tous et ils savent que nous sommes déterminés.

RUE

Pendant le court trajet qui nous mène à l’extérieur, on croise deux camions de pompiers. Je pense avec angoisse aux militants blessés qui doivent être à l’intérieur. Si les camions sont toujours là, c’est que leur état doit être suffisamment grave pour qu’il faille le stabiliser avant de prendre la route…

Dans la rue, nous nous retrouvons scindés en deux groupes, les CRS étant au milieu. Nous tentons de ne pas reculer. Certains d’entre nous s’assoient. Très vite, les CRS chargent et gazent à tout va. Nous reculons. Il doit être près de 22 heures. Ce petit jeu durera jusqu’au milieu de la nuit, jusqu’à 1 ou 2 h du matin. Nous sommes révoltés d’avoir été évacués si vite de l’arène et souhaitons faire annuler le massacre coûte que coûte. Ils le sentent.

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Dans la rue, des aficionados viennent frapper des militants. Les CRS traînent les pieds pour intervenir. Là, je repère deux individus dans un renfoncement. Ils semblent attendre que les CRS repartent pour nous foncer dessus. Je vais en informer un CRS. Il hésite une demi-seconde et braque sa lampe à l’endroit indiqué et fait partir les types en embuscade.

Je vois Alain à terre. Je vais le voir, il semble mal. Une militante me rejoint, nous tentons de lui porter secours. Il se tient les côtes. On lui propose de le porter. Il préfère ne pas bouger pour le moment. Les CRS nous ordonnent de dégager. Nous partons. On entend crier. Derrière nous, les CRS tentent de déloger Alain qui semble avoir des difficultés à se relever. Demi-tour des militants, gazage de la part des CRS. Nous arrivons au bout de la rue qui est fermée par des grilles et surveillée par des gendarmes.

Là, ça me saute aux yeux : les gendarmes sont extrêmement professionnels. En bons militaires, « Soldats de la Loi » comme on les appelle, ils la respectent et l’appliquent. Ils ne nous regardent pas de travers, ne s’adressent pas à nous comme à des moins que rien. Rien à voir avec le comportement agressif de leurs collègues CRS dont la devise bien connue est « Servir »… Mais servir qui ? Servir un Premier ministre qui n’a pas hésité à dire qu’il avait les « moyens matériels de stopper toute manœuvre et toute manifestation contre la corrida… »

LE PETIT PONT DE BOIS

Notre groupe décide de se diriger vers la rivière. Nous allons tenter de faire le tour pour rejoindre notre objectif. Nous nous engageons sur un petit pont de bois tout près de l’arène quand un CRS nous ordonne, un peu paniqué, de ne pas avancer plus. Il appelle de toute urgence des renforts. Nous ne sommes pas décidés à lâcher le morceau. Nous nous tassons le plus possible pour faire face à la charge qui ne manque pas d’arriver, mais nous faisons bloc. Nous ne reculons pas.

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Le pont commence à vaciller… et ils recommencent à gazer… nous nous relayons pour échapper au gaz. Ceux de devant s’en vont, de nouveaux arrivent. Malheureusement, malgré toute notre bonne volonté, l’air devenant irrespirable pour tous (militants et CRS), nous reculons. Ils semblent néanmoins craindre sérieusement que nous traversions la rivière en masse. Un simple bâton jeté à l’eau et c’est la cavalcade en face, avec projecteur pour vérifier que personne ne tente une approche aquatique.

LA SORTIE DES ARÈNES

Nous retournons devant les premiers policiers du bout de la rue. Les premières personnes sortent des arènes deux par deux ou en famille, pas plus. Les forces de l’ordre doivent vouloir éviter une bagarre générale. Nous faisons une haie de déshonneur. A plusieurs reprises, des aficionados tentent de frapper des militantes qui leur rappellent que la corrida est, conformément à la définition de la loi, une succession d’actes de cruauté et de sévices graves sur animaux et qu’ils sont par conséquent des tortionnaires et des sadiques. Ainsi, Françoise a été prise à partie dans la rue, vite secourue par une bonne dizaine de militants. Plus tard, une autre femme a été menacée par un type sorti de sa voiture quand Florian s’est interposé entre eux. Sans lui adresser un seul mot, mais sûr de lui, limite goguenard pour le coup, magistral, il l’a fait reculer. Impressionnant.

23 h. Tout est calme. Les militants discutent entre eux. Soudain, les CRS reviennent. Quelqu’un crie : « Ils ont repéré quelqu’un ! Attention ! Ils vont charger ! » Mais tout se passe trop vite. Les grilles sont ouvertes et cinq à sept CRS chargent comme une meute sur Jean-Pierre Garrigues qui était en pleine discussion avec d’autres militants. Ils le jettent au sol et le maintiennent avec violence alors qu’il ne tente même pas de résister. Ils disparaissent avec lui. Les militants sont abasourdis ! Ils s’assoient devant les grilles et scandent « Libérez Jean-Pierre ! » pendant de longues minutes.

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Nous nous dirigeons ensuite vers l’autre rue où sortent les aficionados qui ont dû rester assister à la remise des prix aux toreros. Nous leur faisons une haie de déshonneur. Comme les aficionados sortent deux par deux ou en famille, cela dure un bon moment. Puis, les CRS reviennent en force : le camion des taureaux, celui du boucher et celui de l’abattoir passent devant nous.

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Ils ont peur de notre réaction. ILS ONT PEUR. Pas nous. Avec un profond chagrin, nous huons ces gens qui se repaissent de la mort immonde que subissent les taureaux dans les arènes…

Il commence à se faire tard, mais nous ne quittons pas la place. Chaque spectateur doit garder un mauvais souvenir de cette novillada.

LA CASERNE DES POMPIERS

Nous sommes en train de discuter quand une militante vient nous trouver pour nous signaler qu’Aurélien est en train de faire un malaise suite à un violent coup qu’il a reçu sur la tête une demi-heure plus tôt. Il s’avère que mon mari et moi avons un brevet de secouriste Croix-Rouge. Tout cela m’inquiète. Fort heureusement, nous sommes justement devant la caserne des pompiers. Je cours voir Aurélien qui est allongé, mais conscient et file à la caserne.

Quatre personnes discutent devant le garage des véhicules. Je leur demande si quelqu’un fait partie des pompiers. Une dame me regarde, me jauge et finalement répond : « Oui ». Je lui explique la situation et elle va prévenir les autres personnes qui sont dans le bureau de permanence. Un pompier en civil sort passablement énervé : « Vous ne rentrez pas ici vous ! » Roger arrive et ensemble, on lui explique qu’on a une personne en train de faire un malaise suite à un traumatisme crânien. Il hésite. « Faites le 18 ». Ce que fait Roger.

La situation est ubuesque ! Personne ne va prendre Aurélien en charge pendant ce temps. J’entends Roger expliquer que nous sommes devant la caserne, avec un pompier et que personne n’intervient et qu’on nous a dit de faire le 18… Pour moi, il n’y a pas de temps à perdre, je demande au gros pompier en tee-shirt rose : « Vous voulez pas prendre le téléphone là ? » Gêné… : « Oui ». Je l’arrache des mains de Roger et le donne au pompier puis file auprès d’Aurélien.

Il y a trop de monde autour de lui. Les gens reculent, nous le mettons en position de sécurité et je veille à ce qu’il ne perde pas connaissance. Je lui parle, lui pose des questions. Il tente de sourire et me dit « Je me sens partir »… Angoisse… Mais que font les pompiers !!! Je le rassure, tout est sous contrôle, les pompiers sont là, ils préparent le camion pour lui. De fait, ils finissent par arriver. À deux, ils le soutiennent et le font marcher jusqu’à l’ambulance et partent en urgence pour l’hôpital.

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Là, une jeune femme interpelle un pompier : « Vous auriez de la glace ? » lui demande-t-elle en lui montrant son genou. Il lui répond : « Ah là, c’est plus de la glace qu’il vous faut. » et s’en va rejoindre l’ambulance en la laissant là. De fait, elle a une énorme bosse sur la jambe droite, sous le genou. C’est tellement impressionnant que je me demande sur le coup si ce n’est pas cassé ! Cela lui fait deux genoux sur une seule et même jambe !

HÔPITAL

Il est tard. Plusieurs d’entre nous partent pour Tarbes pour tenter d’avoir des nouvelles des blessés. Une militante médecin nous accompagne. Sur place, le personnel est très gentil, mais soumis au secret médical, les femmes à l’accueil ne peuvent rien nous dire. Même pas qui est arrivé de Maubourguet. En revanche, si nous avons les noms, elles peuvent nous dire si oui ou non ils sont là. Voyant notre inquiétude, l’une d’entre elles nous rassure en nous disant qu’aucune de ces personnes n’a son pronostic vital engagé. Ouf !

Nous sommes tous épuisés et nous attendons, notre militante médecin ayant demandé à rencontrer le médecin de garde. À un moment donné, oh merveilleuse surprise, nous voyons Aurélien assis sur un banc dans une salle d’attente derrière l’accueil. Il nous voit à son tour et nous retrouvons son grand sourire avec une joie incommensurable ! Il est plus de 3 h du matin.

Nous nous quittons soulagés. Certains ont encore de longues heures de route devant eux, remontant directement sur Paris ou ailleurs. Merci à eux d’être restés si longtemps. Quant à nous, nous rentrons à notre hôtel situé à 1 h de route. Malgré la fatigue, le sommeil ne viendra pas tout de suite ce soir-là.

Tout au long de cette soirée d’action, je suis restée et reste admirative du courage et de l’abnégation dont ont fait preuve tous les militants. Admirative de leur sérieux, de leur discipline, de leur réactivité. C’est une seule âme qui agit, une âme profondément empathique, une belle âme. Et je suis convaincue à présent, comme l’écrivait Natale Anti Corrida, que : « Pour chaque coup reçu, un nouveau militant se décide à agir plus, à s’engager encore plus ».

Stéphanie Lahana

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Maubourguet, le témoignage de Georges Nosella

Georges Nosella, qui faisait partie des manifestants anti-corrida lors de l’action citoyenne de Maubourguet, a été interviewé le 28 août sur Ràdio Païs, une émission en occitan, avec des antennes à Pau, Tarbes, Bas Adour et Sud du Gers. Il nous en a transmis l’essentiel.

La journaliste a fait une brève présentation avec la description qui a été faite par certains médias : il était dit que nous étions environ cinquante manifestants, proférant des insultes et faisant des provocations. Puis elle m’a interrogé, au fur et à mesure que je parlais, sa voix est devenue blanche, puis très mal assurée.

Voici les points que j’ai précisés :

- Il ne s’agissait pas d’un événement du CRAC, même si des gens du CRAC étaient présents. Il y avait d’autres associations présentes, mais aussi des individuels venus sur l’invitation à une action citoyenne qui était en ligne depuis des mois sur Facebook.

- Ce ne sont pas 50 mais 160 manifestants qui s’étaient rassemblés, dont plus de cent à l’intérieur des arènes, sur les gradins ou sur le sable.

- Ce sont les manifestants qui ont directement été victimes de violences de la part du public et qui ont été blessés, dont deux grièvement. Ce sont les vêtements des manifestants qui ont été arrachés. Ce sont eux qui ont été frappés. Ensuite, oui, en général quand on conteste, on fait du bruit, sauf dans des cercles du silence ! Mais dire « corrida basta » ou « la culture n’est pas notre culture », siffler, n’est pas d’une violence démesurée.

Par contre « pute, pouffiasse, pétasse, enculé, etc. », arracher les vêtements, frapper une femme à plusieurs, cogner un homme à terre en criant « crève », cracher dessus, frapper par derrière un jeune manifestant à la tête avec une barre, causant un traumatisme crânien avec quatre points de suture et regarder son œuvre en rigolant, jeter quelqu’un de deux mètres de haut et causer diverses fractures, etc. ça c’est de la violence réelle et c’est de ça qu’ont été victimes les manifestants.

Oui, la manifestation était pacifiste. Il reste aux victimes à porter plainte, ce qui est en train de se faire, et aux blessés à retrouver leur santé.

Rien ne peut justifier une telle violence de la part du public ou des organisateurs de la corrida, surtout en présence des forces de l’ordre et on n’arrange pas « sa » vérité. J’ai en effet souligné que les propos du maire à France 3 (il me semble) sont mensongers, puisqu’il parle de nos provocations et de nos insultes.

J’ai mis en avant notre culture, j’ai dit que nous n’étions pas là pour demander l’interdiction de tout, il y a des courses landaises, elles sont sportives et on n’y massacre pas un animal pendant 20 minutes.

J’ai dit aussi que la corrida existe sur certaines places par dérogation à la loi contre les sévices et cruautés aux animaux, que partout ailleurs elle est interdite. Elle est donc bien considérée comme sévices et cruauté, qu’elle soit autorisée par exception dans certains lieux n’y change rien et ça, c’est la loi qui le dit.

Enfin, j’ai précisé que 80% de la population française est contre la corrida.

Georges Nosella
Membre fondateur du Collectif Gers Abolition

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Au pied de la cité, on torture à mort

Comme en août 2013, nous allons manifester notre désapprobation sur l’obstination des aficionados à faire couler le sang des innocents pendant la féria, le dimanche 31 août à Carcassonne.

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Cette manifestation pacifique est déclarée et se déroulera en deux temps :

  • premier rendez-vous à 11 heures devant le portail Jacobins.
  • second rendez-vous à 15 heures au Pont-Levis devant les Cité Médiévale.

Notre cri reste toujours le même : FERIA OUI – CORRIDA NON

Sans vous, rien ne se fera ! Carcassonne est la seule ville de l’Aude qui programme des spectacles de tortures. Nous nous devons d’être très nombreux à ce rendez-vous pour réclamer l’abolition de cette barbarie infligée aux taureaux. Le rouleau compresseur anti-corrida qui a démarré voilà une trentaine d’années ne s’interrompra qu’une fois l’abolition validée par une loi.

La manifestation aura lieu même si la corrida était supprimée ou reportée, car ce que nous visons à travers cette présence de plus en plus systématique autour des arènes est l’ABOLITION.

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Viard félicite les aficionados de Maubourguet pour leur tenue exemplaire

Au lendemain des violences de Maubourguet, André Viard a pondu un communiqué encore plus grotesque que tous ses précédents réunis, ce qui confirme les soupçons de beaucoup (y compris dans ses rangs décimés) sur le gâtisme chronique qui le ronge. Après un long salmigondis maniaco-dépressif totalement délirant, il conclut par ces deux phrases ahurissantes :

« L’Observatoire National des Cultures Taurines, dont les avocats suivent tous ces dossiers, tient à féliciter une nouvelle fois les aficionados pour leur tenue exemplaire. En ne répondant pas à la provocation et en laissant à la Force Publique le soin de maintenir l’ordre comme elle le fait de manière parfaite depuis le début de la saison, ils ont montré une nouvelle fois leur sens des responsabilités. »

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La « tenue exemplaire » des aficionados ? C’est comme ça qu’il qualifie des braillards qui hurlent de déshabiller les femmes pour en abuser et de jeter les manifestants à la rivière ? Des abrutis déchaînés et avinés qui frappent de leurs poings, de rateaux ou de barres de fer tous les militants qu’ils peuvent atteindre ? Des fous furieux qui jettent ou essaient de jeter par-dessus la rambarde tous les anti-corridas qu’ils peuvent approcher ? Des demeurés ignobles qui crachent sur des blessés à terre et les rouent de coups de pieds ?

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C’est donc confirmé par Viard en personne : pour un aficionado, montrer une « tenue exemplaire », c’est donner libre cours à toutes les exactions qui lui passent par la tête. Faire preuve de « sens des responsabilités », c’est tabasser en meute, si possible à trois contre un, si possible des femmes, si possible de dos.

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Selon Viard, les bons aficionados sont ceux qui s’expriment par la haine et l’ultra-violence. Samedi 23 août à Maubourguet, le « sens des responsabilités » des aficionados et leur « tenue exemplaire » ont fait des dizaines de victimes de coups et blessures diverses, dont quatre ont dû partir aux urgences, le plus gravement atteint se retrouvant avec 45 jours d’ITT et de longs mois de rééducation douloureuse. Des CRS complices et félons exprimaient ouvertement leur intention de « casser de l’anti-corrida » à leurs côtés pour terminer leur sale boulot. Des pompiers indignes insultaient les blessés ou les ignoraient s’ils ne faisaient pas partie du clan des sadiques.

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Le lynchage de Rodilhan en 2011 n’était donc pas une anomalie odieuse, une explosion de haine isolée commise par quelques dizaines de décérébrés. Il s’agissait bel et bien d’aficionados dignes de ce sobriquet ridicule, d’une « tenue exemplaire » et montrant leur « sens des responsabilités » : frapper pour faire mal, frapper pour tuer. Et en toute impunité jusqu’à ce jour, puisqu’aucun n’a jamais été jugé près de trois ans plus tard, malgré les dizaines de plaintes instruites et les aveux des coupables identifiés.

Curieux comme la justice est plus efficace quand ce sont les nôtres qui sont poursuivis. On aimerait bien avoir confiance en la justice de notre pays mais encore faudrait-il qu’elle s’exerce pour tous.

Ces arriérés à la violence convulsive ne nous font pas peur. Mieux, ils ne font que renforcer notre détermination. Comme l’exprime parfaitement bien Natale sur notre blog : « Pour chaque coup reçu, un nouveau militant se décide à agir plus, à s’engager encore plus ».

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Pour lire tous nos articles sur Maubourguet, cliquer sur le tag maubourguet

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Maubourguet, le témoignage de Ghislaine Lecocq

Régine Poupardin, Fabrice Florance et moi-même faisons partie d’un groupe de cinq militants qui avons passé les trois barrages sans grande difficulté avec des chaines à la taille (grand moment de solitude lorsqu’on croise plusieurs groupes de nos amis qui nous chuchotent qu’il y a fouille et qu’on ne pourra pas passer avec des chaines). On tente quand même et avec sac à main, verre de bière et après avoir regardé le spectacle de danseuses, nous échappons à la fouille… On s’assoit en rentrant juste à gauche au premier rang contre la barrière car cela me semble le meilleur endroit pour pouvoir prendre la décision de sauter ou de s’attacher.

Entrés vers 20H, nous ouvrons nos chaines tranquillement sous nos vêtements pour nous préparer. RC et moi choisissons vite l’option « chaines » car en dessous de nous se concentre le plus gros du personnel d’arène.

Nous assistons à l’entrée de gendarmes qui font des contrôles d’identité et des CRS qui commencent fouilles, et expulsions de militants. Comble de bonheur, l’orchestre miteux entame sa musique ringarde et joue précisément la musique qui passait lorsque nous étions assis sur le sable de Rion-des-Landes… (souvenir, souvenir!)

Deux amies de notre groupe préfèrent changer de places et les spectateurs continuent de rentrer. En me retournant, je découvre derrière moi une énorme barrique à pastis, sur deux pattes avec un ventre style « grossesse gémellaire à terme » et une jolie rangée de CRS.

Avec Régine nous continuons à donner le change en tapant sur nos genoux au son de la « musique », à boire et à grignoter des chips. Battements de cœur lorsque les chevaux rentrent dans l’arène car on sait que notre moment approche… puis les guignols en bas roses…

Là, on entend un premier sifflet. Comme en état second, on se lève, RC et moi, pour nous accrocher à la barrière et remettre immédiatement nos clefs en lieu que l’on pense sûr. La suite a bien failli nous donner tort…

J’assiste à l‘horrible agression de Didier Talou juste sous nos yeux pendant que Régine et moi prenons des baffes magistrales, toujours par derrière. J’ai vu à ma droite un militant qui allait essayer de sauter par dessus le rebord de l’arène pour rejoindre le groupe du centre, quand j’ai vu un homme l’empoigner et le jeter volontairement par dessus. J »ai vu Didier Talou atterrir lourdement dans les escaliers où le personnel des arènes est venu l’accueillir en le cognant.

Sous la violence, il s’est retrouvé couché sur le dos, totalement immobile juste en dessous de nous. Il avait les yeux grands ouverts et aucune réaction. J’ai pensé un moment qu’il nous l’avait tué ! Avec Régine, nous avons hurlé « au secours ! on a un blessé grave » pendant que l’on se prenait des gifles et des coups terribles. Des afiocs se sont succédés au-dessus de lui pour lui cracher rageusement sur le visage en hurlant « CREEEEEEEEEEVE! » Des CRS sont venus essayer de nous couper les chaînes.

J’ai crié qu’on pouvait attendre, de s’occuper du blessé grave. J’ai reçu un « ta gueule salope » pour toute réponse et n’arrivant pas à couper ma chaîne, ils sont partis sans un regard pour Didier. Au bout d’un moment, j’ai vu qu’il transpirait et tremblait et j’ai compris qu’il était en état de choc mais bien vivant. Par contre, aucun mouvement de bras et jambes ni tête, même sous les coups. RC a eu la bonne idée de lui verser un peu d’eau pour le rafraîchir et il l’a remerciée.

Entres deux claques et insultes, on n’arrêtait pas de réclamer des secours, lorsqu’un dénommé Marcel du service des arènes lui a asséné rageusement toute une série de coups de pieds. Je me suis demandé si en demandant de l’aide on ne le mettait pas plus en danger.

Un moment de satisfaction pour nous : voir l’un des toreros, aussi laid que son art, venir pleurnicher en regardant le désastre dans son arène. RC commencera à lui crier tout le mal qu’on pense de lui avant que je la suive.

Le dénommé Marcel, personnel d’arène de son métier, râtisseur de sable sanguinolent pour sa spécialisation, option abattoir en plein air, se sert de son râteau de 2 mètres pour fracasser les militants enchaînés au-dessus de sa tête. Je l’entends faire mouche à plusieurs reprises sur mes voisins(e) et à un moment j’ai le très mauvais réflexe d’essayer d’attraper son râteau pendant qu’il tente de me frapper avec pour le lui prendre. Je manque de me faire entraîner en bas et je ne dois mon salut qu’à ma chaîne.

Rien ne nous empêche de passer en mode « CORRIDA BASTA », « LA CULTURE N’EST PAS NOTRE CULTURE », que nous hurlons de toutes nos pauvres forces. Je m’entends répondre à la tribune à notre gauche qui nous insulte (putains, salopes, crevez…) le cou prêt à exploser, le visage rouge, déformé par la haine : « Vous avez vu vos visages ? Vous avez autant de haine pour les Animaux que pour les Humains ! »

Je leur crie que je suis ici autant pour les taureaux que pour les enfants car j’étais éducatrice et je leur ai toujours appris, la beauté et la vie, pas la mort, pas la souffrance, pas le sang en désignant leur arène. Déferlement d’insultes et de coups, pendant lesquels pour une fois je pense vraiment finir ici dans les arènes miteuses de Maubourguet.

Régine imperturbable continue les slogans et son aide à Didier grièvement blessé, sans aucune crainte sur le visage…

Durant tout le temps de notre agression, j’entends à plusieurs reprises la même vieille voix égrillarde dans mon dos dire aux autres « retirez leur le pantalon! A poil! On va leur passer l’envie de revenir ». Je remonte mon pantalon plus haut et tente de le bloquer avec ma chaîne au cas où, en étant consciente que le pire pourrait être à venir. Je pense bien à récupérer ma clé et me détacher pour fuir, pendant une seconde, mais j’applique mon slogan « plutôt crever que céder »…

Un CRS est venu couper ma chaîne et m’a traînée vers la sortie. Sur le trajet, j’ai hurlé qu’il y avait un blessé très grave, qui allait mourir et qu’il fallait le chercher vite ! Le policier qui m’a raccompagné avait l’air « normal ». Il m’a fait la morale en me disant qu’il ne fallait pas se mettre en danger comme ça et m’a promis de prévenir les secours. Environ 1/4h après avoir été sortie, j’ai enfin vu sortir l’ambulance de Didier. Il a fallu qu’il nous appelle ce soir, pour nous remercier RC et moi- même, pour que je me sente un peu moins coupable de ne rien avoir pu faire pour lui.

Les CRS me sortent sans ménagement et me remettent à un homme adorable qui me réconforte et me fait la morale, pendant que je continue à hurler aux curieux du bar et de la fête qui se sont agglutinés le long du grillage. Il me demande de me calmer, qu’ils vont tous venir me frapper et qu’il ne pourra rien faire. Je pense à « l’échec » de notre action, aux taureaux qui seront ENCORE torturés et ,je passe en mode hystérie en leur hurlant en pleurant qu’on reviendra, toujours plus nombreux, qu’ils profitent bien des derniers massacres, que c’est la fin, qu’ils sont la honte de la France.

Ils ont l’air sidérés… Personne ne bronche.

Dehors, merci à SS et MS qui me réconfortent et c’est la suite. Je découvre une compagnie de CRS comme je n’en n’ai pas encore vus depuis des années de manifs (même à Rodilhan 2013). La plupart d’entre eux sont d’emblée haineux, et à la tonfa et bombe systématique. Comme je le fais souvent, je me dirige au plus près d’eux, les mains en l’ai,r en demandant si je peux parler avec leur responsable. Celui-ci me répond avec un sourire mauvais « ici on est tous des responsables! » et met immédiatement sa tonfa en travers en me hurlant « dégage salope », tout en agrémentant ses mots de coups.

Ils chargent, plaquent à plusieurs une femme de mon âge au sol, elle hurle ! On la secourt comme on peut, ils nous font dégager sans ménagement et reculer. Je les supplie de me laisser rejoindre notre amie blessée, effondrée le long d’un mur dans leur zone. L’un d’eux me lance un méchant sourire en coin, ponctué d’un « t’inquiètes pas, on va s’en occuper de ton amie ».

Ils nous font reculer par la force jusqu’aux gendarmes auquel je vais expliquer le comportement de leur collègues. Ils ont l’air gênés et me répondent qu’ils savent. Ces derniers seront irréprochables, nous laissant même suivre les spectateurs de tortures sur ruminant pour leur crier notre honte et notre colère !

J’assiste au coup de poing dans les dents de MA par un afioc déchainé, j’arrive juste après l’agression d’un militant par un pompier lui refusant des secours ! Je vois un militant dont la joue dégouline de sang, une autre a un œuf de poule sur la jambe, des coquards déjà bien noirs, même sur les yeux de femmes ! Partout, ça boite, crache des gaz ou du sang, a les yeux sanguinolents, une femme asthmatique nous fait une crise malgré son traitement et il lui faudra de bien longues minutes pour retrouver son souffle.

Ce soir-là, nous étions juste venus empêcher un massacre, mais incapables de supporter la frustration d’être privés de leur spectacles de sang et de mort, ils ont remplacés les taureaux par les militants.

Rien ne doit rester impuni ! ON LES AURA !

Ghislaine

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Maubourguet, le témoignage de Didier Talou

Je suis Didier Talou, le président de l’association « Vénus », association de Protection et de Défense des animaux sur Bordeaux.

Dévoué aux animaux depuis mon enfance, je faisais partie des militants anti-corrida présents à Maubourguet (65) le samedi 23 août 2014.

En arrivant à l’entrée de l’arène, j’ai été désagréablement surpris de constater la présence d’autant d’aficionados alcoolisés mais ravi d’entendre certains dire qu’ils ne viendraient plus à cause de la présence des CRS (contraintes de fouilles, contrôles d’identité…). J’ai payé mon ticket pour rentrer dans les gradins alors que certains militants se faisaient refouler.

Au moment où nous avons sauté sur la piste de l’arène, j’ai senti une main me pousser violemment, me faisant ainsi perdre l’équilibre. Je suis tombé sur le bras gauche après une chute de 2 mètres. Sonné, j’ai d’abord pu me relever mais j’ai aussitôt réalisé que je ne pouvais pas avancer. J’ai alors ressenti de fortes douleurs qui me paralysaient dans le dos et les jambes.

Un CRS m’a attrapé violemment par le T-shirt pour me trainer à genoux alors que je le suppliais de m’aider en lui expliquant que je ne pouvais plus bouger. Il n’a rien voulu entendre et m’a poussé sur le dos en me laissant lâchement derrière un « burladero ».

Une militante s’est rendu compte de ma présence par hasard. Elle a eu du mal à trouver des secours qui sont venus s’occuper de moi après s’être occupés d’un militant avec une plaie ouverte qui perdait beaucoup de sang (m’a-t-elle rapporté).

Pendant l’attente des secours, un aficionado espagnol portant un béret et un foulard rouge est venu profiter de ma vulnérabilité au sol pour me donner des coups de pied ; ce dont pourra témoigner cette militante, car c’est elle qui a tenté de calmer la violence de cet homme alors que je ne pouvais plus bouger. D’autres me crachaient dessus ou criaient « laissez le crever ».

J’ai été énormément choqué par autant de violences y compris sur les femmes qui se faisaient insulter ou malmener. L’une d’elle a pris un coup de râteau pour niveler le sable dans la tête.

Des militantes restées enchaînées dans les gradins appelaient au secours pour me venir en aide, en vain. Elles sont témoins des crachats, des insultes et menaces, des coups de pied que j’ai subis et des coups de râteaux que prenaient les militantes.

A l’arrivée des secouristes, un médecin en civil spectateur de la corrida, avant de s’occuper correctement de moi m’a dit: « Vous êtes contre, nous sommes pour, et voilà ce qui arrive. Mais on n’est pas là pour débattre… ». Où est son devoir de réserve?

J’ai ensuite été évacué par les pompiers sur l’hôpital de Tarbes, où j’ai été opéré du coude pour une fracture de la tête radiale.

J’ai également subi une fracture du bassin. Le médecin a déclaré une Incapacité Temporaire de Travail de 45 jours minimum, avec une longue rééducation et probablement une réintervention ultérieurement. Sans compter le traumatisme psychologique car je revois sans cesse ces images de violence totalement injustifiées de la part des aficionados et des CRS.

Contrairement à d’autres manifestations en France pour d’autres causes, nous sommes pacifistes et non violents et défendons des êtres vivants.

Nous n’avons, nous, rien à gagner, nous nous battons contre la torture pratiquée sur des animaux sans défense. Cela ne mérite pas les coups et blessures subis. Jamais encore un aficionado n’a été gravement blessé, mais les victimes sont bel et bien les anti-corridas, après les taureaux qui meurent pour le plaisir de quelques pervers…

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Pendant que les aficionados et les CRS frappent, les gendarmes batifolent

Allons, ne soyons pas réducteurs : à Maubourguet, samedi soir, il n’y a pas eu que des matraquages de militants à terre, de courageux déluges de coups de poings sur les manifestantes isolées, des coups de barres de fer sur le crâne par derrière, des coups de manches de râteau sur des manifestantes assises au premier rang, des tentatives d’enfoncer dans la bouche de ces mêmes militantes lesdits manches de râteau, des militants jetés dans les gradins et piétinés jusqu’à ce que leurs os éclatent, des bras tordus, des côtes cassées, des visages tuméfiés, des genoux bousillés, des étranglements prolongés, des passages à tabac dans les rues sombres, des gazages intenses à bout portant donc illégaux, un commandant de CRS se vantant d’être « un aficionado, là pour casser de l’anti-corrida » ce qui est une intéressante vision de son devoir de réserve (à quelqu’un qui le lui a dit, il a répondu « de se l’enfoncer profond »), des CRS traitant un manifestant bien connu de « connard d’enculé » tout en lui écrasant le visage sur le sol pendant que d’autres le rouaient de coups de pieds, des aficionados qualifiant les manifestantes de « salopes, « putes », « pétasses » tout en leur arrachant leurs vêtements et parfois leurs soutien-gorges, d’autres aficionados proposant à une manifestante entravée de lui « enlever son pantalon » puis de « la jeter à la rivière », des pompiers refusant de bouger le petit doigt tant qu’on n’avait pas fait le 18 alors qu’un manifestant s’était effondré sous leurs yeux peu après avoir été frappé violemment sur la tête, toujours dans le dos, bien sûr. Ah oui, et des taureaux torturés à mort, bien sûr.

Non, il n’y avait pas que ça.

Tout près de là, au même moment, des gendarmes profitaient de cette belle soirée de lynchage débridé et de gazage généralisé pour batifoler avec un groupe de touristes anglaises complètement bourrées.

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A l’arrière-plan, on peut voir une dizaine de gendarmes visiblement très heureux de leur rencontre. Devant eux, les joyeuses britanniques en état d’ébriété avancé. Remarquez en particulier, à gauche, celle qui tient un bouclier anti-émeute en s’asseyant à moitié sur l’un des gendarmes qui a nonchalamment déposé sa matraque sur le muret et à côté d’elle, celle en robe noire qui tire la langue, avec un casque d’intervention sur la tête. Coup de bol, aucune n’a eu l’idée de jouer avec leurs armes à feu. Comme quoi, à Maubourguet, mieux vaut être ivre et délurée qu’anti-corrida et indigné.

D’autres photos et vidéos seront diffusées dans les prochains jours. Elles seront moins festives.

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Maubourguet, la fin et les moyens

Pendant que les maires de grosses agglomérations manquent de moyens pour lutter contre la criminalité, le ministère de l’intérieur déploie des effectifs surdimensionnés pour maintenir des corridas et donne carte blanche pour frapper les manifestants.
À Rion-des-Landes, aucun antitaurin à l'horizon dimanche

Lu dans les colonnes du Midi Libre : Rion des Landes 24 août 2014, le colonel Fabrice Spinetta, chef du groupement de gendarmerie des Landes précise : « Il n’y a pas un chat. Au début du spectacle, l’effectif maximum est mobilisé. Lorsqu’on constate que tout se passe bien, on peut diminuer graduellement l’effectif et le faire passer de 100 à 20 ».

Des effectifs surdimensionnés

Alors que les militants anti-corrida rentrent passablement choqués de Maubourguet où ils ont été roués de coups par des aficionados et par les CRS, nombre de personnes s’insurgent contre ces déploiements de forces de Police à l’encontre des manifestants pacifistes. C’est une honte de mobiliser autant de moyens et d’hommes pour maintenir des spectacles de torture tauromachique alors que pendant ce temps des maires de grandes agglomérations font des pieds et des mains pour avoir 20 à 30 policiers de plus dans leurs villes, policiers qu’ils n’obtiennent pas.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la sécurité des Français à moins d’importance que de maintenir en place les sévices graves et actes de cruautés sur les animaux (la corrida – Art. L 521-1 du Code Pénal) dans notre pays.

En résumé, ce week-end, des centaines de policiers, gendarmes et CRS étaient mobilisés pour maintenir des corridas dans le sud de la France pendant que Marseille, Montpellier, Toulouse comptent leurs morts ! (voir par exemple : Marseille : un mort et un policier gravement blessé après une course-poursuitePhilippe Saurel : « Je ne veux pas que Montpellier devienne ChicagoRèglements de compte à Toulouse : au moins 7 interpellations.)

Des violences policières encouragées en haut lieu

Par ailleurs, concernant les violences policières, un policier en activité témoigne : « Nous avons carte blanche pour frapper les gens comme vous, les anti mariage gay, les défenseurs de la famille, etc. Par contre INTERDICTION ABSOLUE sous peine de sanctions les plus graves de lever le petit doigt sur l’un des « protégés » de ce gouvernement fascisant. Je suis rentré à l’armée à 18 ans, mais je ne suis pas rentré pour ça ! Honte aux commissaires aux ordres ! Dans quelques années, la retraite et enfin le rêve de ma vie, quitter DÉFINITIVEMENT ce pays que pourtant j’aimais tant, au point de vouloir passer ma vie à le servir.« 

Stéphanie Lahana,

éditrice et militante anti-corrida, rouée de coups à Maubourguet.

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Maubourguet, premières images

Les photos qui suivent sont parmi celles que j’ai pu prendre samedi à Maubourguet lors d’une action où des citoyens de tous bords sont venus dire non à la barbarie au péril de leur intégrité physique. Elles illustrent la réaction de haine démesurée d’une bande de sadiques ultra-violents, épaulés par une poignée de CRS d’une brutalité sans précédent, qui ne supportent pas que nous ne pensions pas comme eux.

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Plusieurs de ces images ont été transmises aux médias, en particulier à France Télévision qui les a utilisées dans son reportage sur le sujet dans l’édition de 13h du 24 août présentée par Marie Drucker, ainsi qu’à France Info qui va les mettre en ligne sur son site.

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Car pour eux, si une torture est légale, alors elle devient un spectacle alors que pour nous, une torture reste une torture, qu’elle soit légalisée dans le sud de la France et dans sept autres pays sur Terre, ou qu’elle soit à juste titre illégale partout ailleurs dans le monde.

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Certains de ces malades aux envies de meurtre ont même essayé de faire basculer des manifestants dans le vide par-dessus la rambarde de sécurité, sans y parvenir heureusement.

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De nombreux manifestants ont subi des coups de poings, de pieds, de matraques. Quatre d’entre eux ont passé la nuit aux urgences, souvent dans un état grave. Tous sont tirés d’affaire mais certains vont mettre des mois à cicatriser leurs fractures multiples. Des plaintes vont être déposées.

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Plus que jamais, le combat continue. Rien ne nous fera reculer.

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Barbarie déchaînée à Maubourguet

Une action R3 a eu lieu à Maubourguet (65) hier soir. Un compte-rendu plus détaillé sera mis en ligne dans la journée. Nous avons subi un déchaînement de violence jamais vu de la part non seulement des aficionados mais des forces de l’ordre. Quatre militants sont partis aux urgences, plusieurs autres ont subi des coups brutaux, certains ont failli se faire tuer du fait d’aficionados fous de haine. Nous avons des centaines de photos et de nombreuses vidéos qui le montrent. Des militants et des militantes ont été tabassé alors qu’ils étaient à terre.

Jean-Pierre Garrigues a été envoyé en garde en vue après avoir été chargé spécifiquement par un commando de CRS vers 23h30, son seul tort étant de tenir un mégaphone dont il ne se servait pas au moment de la charge, qui a surpris tout le monde puisqu’elle s’est produite à un moment où le groupe de manifestants était parfaitement calme. A l’heure où j’écris ces mots, dans un hôtel non loin de Maubourguet, nous attendons de savoir où il est retenu et quand il sera libéré.

Nous étions quelques uns hier dans la nuit jusqu’à très tard aux urgences du centre hospitalier de Tarbes pour tenter d’avoir des nouvelles des blessés, dont trois dans un état jugé sérieux par les médecins (traumatismes faciaux, fractures diverses, le tout dû aux forces de « l’ordre »). Cependant, aucun n’a de pronostic vital engagé. Ils vont devoir rester probablement plusieurs jours hospitalisés.

Les CRS étaient d’une incompétence record. Ils ont utilisé des gaz lacrymogènes à bout portant à de nombreuses reprises, n’hésitant pas à gazer également leurs propres rangs. Pendant un certain temps, le gaz a envahi les arènes, rendant l’air irrespirable pour le public, les enfants et les toreros. Des touristes ont été gazés, frappés et embarqués par erreur pour vérification d’identité.

Pendant que nous étions dans l’arène, des aficionados ont tenté plusieurs fois de faire tomber par-dessus les rambardes plusieurs militants, espérant qu’ils s’écraseraient au sol. Ils n’y sont heureusement pas parvenus.

La suite un peu plus tard…

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Classé dans Accueil, Corrida

Samedi, le calme…

Cette nuit, c’est Houssam qui a conduit Gwlad à son boulot. Du coup, nous, on a pu dormir d’une traite et même traîner au lit puisque c’est samedi. Mieux : hier soir, on s’est fait un petit restau avec des amis. Un vrai weekend, donc. Et nous avons bien l’intention d’en profiter. Aussi, tout comme hier, je vais me contenter de vous montrer quelques images de détente…

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Très belle journée à vous

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Allez, on s’en fait une autre série

Pour ne rien vous cacher, je manque un peu de sommeil ces temps-ci. Nos journées sont bien remplies, nos soirées aussi et en plus, Gwlad commence à 5 heures du matin, ce qui veut dire que j’émerge à 4h30 et que je me recouche à 5h15. Ça casse un peu la grasse mat’. Aussi, histoire de souffler un peu, ma note du jour sera en mode animal – eh oui, pas que chats, toutous aussi.

Allez, c’est parti.

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Très belle journée à vous

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Liliane et Orianne

Nous venons de passer deux jours à Paris pour y voir Liliane Sujanszky d’une part et Orianne Vatin d’autre part. Anti travaille avec Liliane depuis deux ans sur un livre de cette dernière, basé sur ses plus de quarante ans dans la protection animale, dont pas loin d’une vingtaine à la direction nationale de la SPA puis à celle de la Fondation Brigitte Bardot. Liliane et Brigitte se sont connues lors d’actions menées avec la SPA de l’époque, dans les années 80.

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Le livre commence à avoir une belle allure, même s’il reste encore pas mal de travail pour peaufiner et compléter certains passages. Il va s’agir d’un document extraordinaire et passionnant pour tous ceux qui s’intéressent à la cause animale puisqu’il met en perspective le chemin parcouru depuis ces quarante dernières années, avec les combats qui ont abouti et ceux qui sont hélas toujours d’actualité comme la corrida et la chasse à courre.

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Eugene, l’époux de Liliane, nous a raconté une tentative faite par des aficionados il y a des années d’introduire la corrida en Hongrie, son pays natal. Les Hongrois ont accepté d’en organiser une à condition que les taureaux soient hongrois et non des animaux trafiqués et drogués, comme c’était déjà le cas dans les corridas espagnoles. Résultat : les taureaux locaux, bien plus grands et agressifs que les soi-disant « toros de combat », se moquaient bien des capes et fonçaient droit sur les guignols qui se cachaient derrière, les mettant en déroute. Il n’y a pas eu d’autre tentative depuis.

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Dans la soirée du mardi, nous étions chez Orianne que nous ne connaissions jusqu’alors qu’à distance. Après un passage par la SPA, c’est elle qui a créé récemment le site Planète Animaux, dont son compagnon Simon est le talentueux graphiste. Nous voulions les inviter au restau, mais Orianne tenait à nous présenter leurs trois chiens, Joy, Marvin et Logan. Des shibas absolument adorables, doux, discrets, aimant jouer et heureux de vivre.

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Nous avons passé une soirée géniale avec tout ce petit monde et en avons profité pour fêter l’anniversaire d’Orianne avec un peu de retard autour d’un fraisier, après un délicieux repas végétarien cuisiné par Simon. Faute de bougies, Orianne a soufflé sur la flamme d’un briquet.

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Le mercredi, nous avions un autre rendez-vous boulot très agréable près de la gare de Lyon (sans rapport avec la PA, celui-là), à la suite duquel nous avons croisé un groupe de militants de L214, certainement l’une des associations les plus respectées pour leur travail admirable de sensibilisation auprès du grand public au sort des animaux d’élevage. Nous avons passé un bon moment avec eux à parler des sujets du moment. Anti a pris place dans l’une des cages où ils conviaient les passants à s’installer quelques minutes pour avoir une idée de ce que ressentent les animaux d’élevage contraints d’y passer leur vie.

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Puis, nous sommes revenus chez Liliane pour continuer à avancer sur son livre et enfin, retour à Nîmes par le train, tard dans la nuit.

Très belle journée à vous

La quatrième photo a été prise par Simon, les autres par moi

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Tentatives d’exterminations d’animaux et leurs conséquences sur l’homme

La tribune qui suit est parue récemment sur Planète Animaux, site d’informations créé par Orianne Vatin et consacré aux animaux. Le texte de l’article s’appuie en grande partie sur une note de blog mise en ligne en mars 2013.

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L’écologie n’est pas uniquement un mot un peu vague utilisé à toutes les sauces. Il s’agit d’une science qui décrit les relations entre les êtres vivants dans leur milieu. Une niche écologique est un lieu plus ou moins vaste et plus ou moins délimité où interagissent un certain nombre d’espèces animales et végétales.

Une telle interdépendance – en particulier avec les humains – peut mener à toutes sortes d’événements imprévisibles, comme par exemple la collision qui s’est produite entre un TER et un TGV le 17 juillet dernier près de Pau. Le défaut de signalisation à l’origine de l’accident a été causé par une colonie de rats qui ont endommagé les gaines d’isolation des câbles concernés. En plus des dommages directs causés par la collision, la SNCF a lancé la modification urgente de milliers de guérites pour que cela ne se produise plus. Il aurait suffi qu’un seul chat passe par là un peu avant pour que rien de tout cela n’arrive.

Précisons avant d’aller plus loin que la notion d’animal « nuisible » n’a aucun fondement objectif, il ne s’agit que d’un point de vue anthropocentrique, donc arbitraire et biaisé. Aucune espèce n’est « bonne » ou « mauvaise ». La seule chose qui compte, c’est l’équilibre relatif d’un milieu. Là encore, il n’existe pas de « bon » ou de « mauvais » équilibre. De multiples équilibres compatibles avec la vie sont possibles, ce qui ne veut pas dire qu’ils le soient avec l’être humain (l’exemple le plus évident étant le monde sous-marin).

Les moindres variations au sein d’une niche peuvent entraîner des désordres majeurs, voire des catastrophes qui en bouleversent totalement l’existence. La plus grande des niches écologiques est notre planète dans son entièreté. De celle-là, impossible de s’évader si quoi que ce soit se met à tourner mal. Le problème particulier qu’elle connait depuis quelques siècles est qu’elle n’est plus régie uniquement par des évolutions naturelles mais par les perturbations croissantes que provoque, parfois sciemment, la forme de vie la plus dévastatrice qui soit depuis que la vie est apparue sur Terre : l’être humain.

C’est ainsi que l’Homme compromet sa propre survie et celle d’une large majorité des autres espèces en déréglant le climat global par son activité à courte vue, ou qu’il en menace directement une grande partie d’extinction en les exploitant de façon démesurée. Et, de fait, il est déjà arrivé dans des temps pas si anciens que, par pure stupidité, l’homme ait été à deux doigts de l’extinction en voulant imposer sa vision du monde au détriment de ses voisins non humains les plus proches. Ce qui ne l’a pas empêché de vouloir récemment reproduire la même bêtise.

Début 2013, un certain Gareth Morgan, ambassadeur auprès de l’Unicef pour l’environnement en Nouvelle-Zélande, donc peu suspect d’ignorer ce qu’est un écosystème, obtint l’attention des médias un peu partout autour du monde en déclarant que, pour protéger les oiseaux qui vivent dans son pays, une solution serait de procéder à l’extermination de tous les chats [...]

… La suite sur Planète Animaux en cliquant ici.

Très belle journée à vous

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Stages de laque vietnamienne

Affiche Huy Dates

Depuis plusieurs années, Lương Thị Ánh Tuyết & Nguyễn Đức Huy, enseignants à l’université des beaux-arts de Huê, artistes peintres contemporains sur laque traditionnelle vietnamienne, organisent des stages d’initiation à la pratique de la laque dans plusieurs villes en France. Ils seront bientôt dans le sud de la France, à Marseille, puis à Nîmes.

Stage laque

Du lundi 25 au vendredi 29, de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h. 

A Marseille le stage aura lieu du 25 au 29 août 2014
108 Bd Longchamp, Marseille 13001

Le stage débute par la présentation de la laque, depuis la sève de l’arbre, le laquier, à la longue préparation des supports, ensuite sous la direction de Tuy et Huy, passage à la pratique.

Il est remis à chaque participant 3 supports et tous les éléments indispensables, peinture, pigments, laque, feuilles d’argent, coquilles d’œuf… pour la réalisation de 3 chefs d’œuvre à emporter à la fin du stage.

Pour suivre ce stage, nul besoin de savoir dessiner ni peindre, le dessin de préférence stylisé, se fait à l’inspiration de chacun, viennent ensuite sous la direction de Tuyet et Huy les différentes étapes pour la réalisation du tableau.

12 participants, maximum, l’inscription sera effective à la réception de la fiche d’inscription et du chèque, le chèque sera encaissé en début de stage.

Renseignements et inscriptions : Tél. 06 68 51 22 94
E-mail : lesamisduvietnam@yahoo.fr

Adresse : 108 Bd Longchamp 13001 Marseille.
Pour visiter le site internet des amis du Vietnam, cliquez ici.

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Le stage suivant aura lieu à Nîmes (et non pas Montpellier comme prévu initialement) du 1er au 5 septembre. Le stage dure donc 5 jours. Tout est compris dans le tarif indiqué, c’est-à-dire :

- les 3 supports de bois laqué
- les pinceaux
- les pigments
- les coquilles d’œufs
- les feuilles d’argent

 

Pour en savoir plus sur la technique de la peinture laquée, cliquez sur ce lien qui renvoie vers un site riche en explications et en photos.

 

Laque Vietnamienne – Arts of Vietnam Thanhle Paris

 

« La Laque vietnamienne »

  1. Quelques mots sur l’histoire

La technique de la laque, avant de devenir une technique décorative, est avant tout une technique de protection des objets. Lisse et très résistante, c’est le matériau de revêtement idéal pour les objets du quotidien et le mobilier. Elle est utilisée en chine, dès la dynastie des Zhou (1066 – 221 av. JC). C’est surtout sous les Ming (1368 – 1644) que s’organisent les ateliers officiels de laque.

Au Vietnam, à l’origine, le laque* est un art populaire et artisanal.

D’abord utilisée pour orner et dorer les tableaux et les statues des pagodes, la laque a trouvé, dans l’artisanat usuel une utilisation courante (paravents, coffres, plateaux, vases, échiquiers…).

L’enseignement de la technique de la laque a commencé vers 1930 à l’école des Beaux-Arts de l’Indochine (fondée par le français Victor Tardieu assisté de Louis  Inguimberti) à Hanoï. Désormais, les étudiants et les artistes ont su exploiter et développer la laque pour réaliser leurs tableaux.

Pendant de nombreuses années, ce procédé de travail de la laque a été gardé comme un secret national. Ce n’est que vers 1970, que des élèves étrangers ont pu apprendre cette technique à l’école des Beaux-Arts de Hanoï.

Lors d’un de nos voyages au Vietnam, nous avons eu la chance de rencontrer un maitre laqueur et peintre : Maitre N’GUYEN Lam, de l’école des Beaux-Arts de Hanoï. Il nous a transmis le travail traditionnel de la laque au Vietnam.

  2. Les matériaux

Le produit appelé « laque » est composé d’un suc laiteux, extrait du laquier (arbre de la famille des Anacardiacées) et de poudres minérales permettant de constituer les différentes couleurs. En rajoutant quelques produits naturels, ce lait se transforme en résine.

A l’origine, en chine, c’est la sève du laquier sauvage qui est utilisée. Il est très vite remplacé par le « Rhus verniflua » dont la sève est plus efficace.

 Le laquier diffère en fonction du pays, au Vietnam, c’est le « cây son », un petit arbre des montagnes du nord, que l’on connait sous le nom de Toxicodendron succedaneum (Latin : Rhus succedanea)

Pour extraire la sève du laquier, il faut entailler l’écorce de l’arbre et la recueillir dans des récipients adaptés. Au contact de l’air et de la lumière, la sève noircit. Avant qu’elle ne durcisse, il faut la clarifier et la purifier à l’aide d’un filtre ; on obtient alors une texture de couleur brune, à utiliser pure ou mélangée avec des pigments colorants.

Les résines et les couleurs

La résine crue, naturelle, de couleur brune, est directement extraite du laquier. Elle constitue la base essentielle du mélange des couleurs et est employée comme vernis.

La résine cuite, est obtenue à l’aide d’une spatule en fer. Elle est battue dans une poêle en fonte afin de produire une réaction chimique (oxydation), puis utilisée comme couleur noire.

Les autres couleurs sont principalement des poudres minérales, certaines sont mal adaptées à cause d’une oxydation toujours possible de la résine. Les gammes dominantes sont de couleur chaude. Les pigments les plus courants sont le rouge de cinabre (rouge), le sulfate de fer (noir), le sulfure d’arsenic (vert), l’oxyde de fer (brun) et le carbonate de plomb (blanc).

Le collage ou le saupoudrage de feuilles d’or et d’argent battues, de coquilles d’œuf, de poudre de nacre, de coquillages sont également utilisés.

 Touche personnel: utilisez du blanc de titane (Ti02) ou des coquilles d’œuf couvé pour le blanc et différents mélanges de pigments.

 Le support : (en vietnamien: voc) est fabriqué par quelques artisans spécialisés. Il se compose d’une plaque de bois, recouverte de plusieurs couches de résines, mélangées avec de la sciure et du coton. Le support, ainsi fabriqué, doit résister aux différentes déformations éventuelles (température, humidité élevée). Après ponçage, ce support doit offrir un lissé parfait. Il est toujours de couleur noire, prêt à être peint.

  3. La technique

 Ce qui caractérise la technique de la laque, est l’application de plusieurs couches de couleurs, séchées dans l’humidité. Par la suite, grâce au ponçage, il est possible de faire apparaitre différentes formes et couleurs. C’est à ce niveau, que le hasard et l’improvisation jouent un rôle, en donnant des effets imprévus. L’artiste, peut continuer à jouer de ces phénomènes en créant autant qu’il le souhaite. Ainsi, la laque constitue un champ immense de recherche et de création.

L’application des couches de couleur : Il est nécessaire de superposer plusieurs couches. Le séchage complet de la couche précédente (dans l’humidité) est indispensable, avant de procéder à l’application, après ponçage, de couches suivantes.

Le ponçage : les couches sont poncées de préférence sous un filet d’eau à l’aide d’un papier de verre.

L’incrustation : Les blancs sont obtenus, essentiellement, par l’incrustation de coquilles d’œufs en créant un blanc éclatant. On peut également utiliser des feuilles ou de poudres d’or ou d’argent comme sous-couches ou dernière couche, afin de donner un effet de grande luminosité au tableau.

La finition : Il est possible de donner une brillance supplémentaire en appliquant une couche de résine crue, comme un vernis, servant à la fois à protéger et à donner plus de profondeur au tableau. Le tableau peut aussi être laissé à l’état brut ou frotté et lissé avec la paume de la main selon le choix de l’artiste.

Aujourd’hui, chaque artiste peut utiliser les techniques modernes en jouant avec les procédés et les matériaux traditionnels. Comme tout art, le travail de la laque n’exclut aucune création et permet une grande spontanéité, toujours enthousiaste. Le temps consacré par l’artiste, plusieurs applications, séchage, ponçage, incrustations de matériaux naturels incomparables, la qualité du travail exigé, confèrent au laque un caractère « précieux » reconnu et estimé dans le monde entier.

Traduit et publié par Stephane Pierre pour Libre Expression. (Source).

Très belle journée à tous,

Anti

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