29 avril 2008
Les cerfs volants de Kaboul
Hier soir, j’ai terminé un livre que j’ai beaucoup aimé. Je n’ai pas vu l’adaptation qui en a été faite au cinéma. Je le ferai sans doute mais pour le moment je préfère rester dans l’atmosphère des mots, pour les savourer encore un peu.

Les Cerfs-volants de Kaboul
de Khaled Hosseini
Editeur: Belfond
Publication :7/4/2005
Résumé du livre :
Le roman se déroule entre Kaboul et San Francisco des années 70 à nos jours. Amir et Hassan sont frères de lait, et se vouent une amitié indéfectible. Cependant ils ont des existences bien différentes : le premier est le fils d'un riche commerçant, le second est le fils de leur serviteur. Mais Hassan subit une véritable ignominie sous les yeux d'Amir, qui reste pétrifié. Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. Une voix au téléphone lui explique qu'il existe un moyen pour lui de se racheter. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans et de son propre passé.
Une critique :
Peindre d'abord, sur un papier de soie, un joli décor. Celui de l'Afghanistan du début des années 1970, avant l'invasion par les Russes, avant la guerre civile : un pays paisiblement multi-ethnique. Placer ensuite, dans ce décor, des personnages. Amir, l'enfant pachtoun, fils d'un riche commerçant. Et Hassan, son ami, son frère de lait, le fils hazara du serviteur de son père. Faire vivre ces personnages, en créer d'autres, les faire évoluer. Ajouter une trahison, une lâcheté, un mensonge. Décrire le départ, précipité, d'Hassan et son père, sous la pluie et les larmes. Puis l'exil, quelques mois plus tard, d'Amir et le sien, juste avant l'invasion. Installer ensuite les personnages aux Etats-Unis, faire croire qu'ils ont refait leur vie, et jouer avec les tons pastel. Puis, soudain, retourner le papier de soie, tremper son pinceau dans du brun, du gris, du noir : du très sombre. Et décrire l'Afghanistan, meurtrie, sous le joug des talibans : les lapidations, les mutilés contraints de vendre leur prothèse sur les marchés, les femmes frappées pour un seul mot, les enfants violés dans les orphelinats… Coller, sur le papier de soie les ficelles de l'intrigue, avec, par exemple, cet appel mystérieux qui demande à Amir de revenir en Afghanistan, pour expier sa faute de jeunesse. Ou la révélation sur la véritable identité d'Hassan. Avec ses cerfs-volants, Khaled Hosseini nous propose un condensé saisissant de l'histoire récente de son pays. Il nous dresse le portrait d'un homme rongé par le remords d'une trahison, et sa formidable soif de rédemption. C'est à la fois passionnant et bouleversant.
(Source Evene)
Revue de presse :
Le Point - Brigitte Hernandez (13 Juillet 2006)
Quel succès ! Ce roman ressemble à une vie qui serait un roman, et ce fut le cas.
Télérama - Pauline Perrignon (06 Juillet 2005)
Portrait d'un homme en proie à son passé, ce premier roman de Khaled Hosseini dit aussi l'histoire d'un peuple. A l'instar de son personnage, l'auteur a quitté son pays après l'invasion soviétique. Le tableau qu'il en dresse, tout de contraste entre un passé idéalisé et la tourmente du présent, offre un très beau témoignage sur ce lien viscéral qu'entretient un homme avec sa terre natale.
Le Magazine Littéraire - Jean Hurtin (Février 2006)
Le prix RFI - Témoin couronne aujourd' hui un livre qui dévoile avec autant de force que de sensibilité le quotidien d'un peuple et d'un pays sous le joug des talibans, ainsi que les réalités de l'exil et de l'émigration aux Etats-Unis.
Les Echos - Annie Coppermann (2 Mai 2005)
Ces 'Cerfs-volants de Kaboul', qui se lisent d'une traite, éclairent non seulement la culture d'une nation toujours mal connue, mais montrent que le racisme interethnique n'a décidément ni frontières ni profils prédéterminés : à toutes les époques, et chez les citoyens a priori au-dessus de tout soupçon, il est toujours prêt à surgir, avec son cortège de bassesses, et parfois de crimes.
Lire - Julien Bisson (Juin 2005)
L'intensité dramatique de cette histoire de culpabilité et de rédemption ferait déjà de ce premier roman une oeuvre littéraire remarquable. Mais ce serait oublier la redoutable analyse de l'histoire et de la culture afghanes, de la monarchie de Kaboul aux talibans du 11 septembre. Le tout forme un bijou tragique.
(Source Evene)
Miss You
13:47 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan






Commentaires
Oui ce bouquin est tout à fait recommandable, ce que j'ai fait à plusieurs personnes qui ont toutes adoré
Ecrit par : Baliramas | 29 avril 2008
Un livre que j'ai aussi très envie de lire aussi depuis des mois. Très envie aussi de lire celui découvert en novembre dernier : "Mille soleils splendides"
"Après nous avoir offert le succès littéraire international Les Cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini brosse encore une fois un portrait émouvant de l'Afghanistan, son pays d'origine. Mille soleils splendides nous entraîne dans l'univers de deux femmes, Mariam et Laila, dont les destins s'entremêlent dans la ville de Kaboul. Un roman d'une grande justesse qui vous bouleversera.
Après l’immense succès des Cerfs-volants de Kaboul : le nouveau roman de Khaled Hosseini. Sur fond de chaos et de violence dans un Afghanistan déchiré par cinquante ans de conflits, l’histoire bouleversante de deux femmes dont les destins s’entremêlent, un chant d’amour poignant à une terre sacrifiée et à une ville : Kaboul.
Forcée d’épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l’arrivée sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quatorze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille. D’abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan.
Mais parviendront-elles jamais à s’arracher à cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs « mille soleils splendides » ?
http://www.archambault.ca/store/product.asp?sku=002040318&type=5&lang_id=&dept=
A lire aussi :
http://metrofrance.com/fr/article/2007/11/28/17/5020-37/index.xml
Ecrit par : anti | 29 avril 2008
Le premier, je te le fais passer par Anna si tu veux.
Le second est en haut de ma pile, je ne vais pas tarder à m'y plonger. Peut être même très vite !
Ecrit par : Miss You | 29 avril 2008
Ah, ben c'est très gentil de ta part mais là, vraiment, pas maintenant ! J'peux plus ! or la véritable compassion commence par s'aimer soi-même et connaître ses propres limites ! Dans quelques temps, ce sera avec grand plaisir.
anti
Ecrit par : anti | 29 avril 2008
Miss... argh ! mais merci de tout cela ^^
Anna peux tu couper les fils de Miss quand elle met les livres et les films stp ?! J ai déjà des envies de silence terribles mais si en plus j ai des envies d être seule pour tout lire et tout voir de ce qu elle propose, ça va devenir... mdr... très monacale ici ;)
Sampang en pleine compassion... pour elle ! ;)
Ecrit par : sampang | 30 avril 2008
Voilà, j'ai lu, ou plutôt dévoré (à en oublier les feux du soleil), "Mille soleils splendides".
Magnifique, terrible, tragique, une très belle écriture. De la poésie au long de l'indicible, de l'espoir au fil des désespoirs, Kaboul, Herat, des très beaux portraits de femmes et d'enfants, de l'émotion. La folie des hommes. La sagesse de certains.
En le terminant, j'ai eu envie de connaître le poème dont le titre est inspiré et que je trouve très beau. Beau comme a dû être Kaboul il y a si longtemps, Kaboul personnage à part entière du roman.
Alors je le pose là :
Kaboul
Ah! que Kaboul est belle ceintes de ses âpres montagnes,
Et Rose, elle est jalouse de leur traîne d’épines
Son sol poudroie au vent et me pique un peu les yeux,
Mais je l’aime car savoir et aimer naissent de la même poussière
Mon chant exalte ses tulipes éclatantes,
Et la beauté de ses arbres me fait rougir
Comme elle chatoie l’eau qui court depuis Pul I Bastaan !
Qu’Allah protège pareille beauté du mauvais oeil de l’homme !
Khizr a choisi le chemin de Kaboul pour se rendre au Paradis,
Car ses montagnes l’ont rapproché des délices célestes
Du fort aux murs déployés, Dragon de haute garde,
Chaque brique est plus précieuse que le trésor de Shayagan
Chaque rue de Kaboul captive le regard,
Par les bazars défilent les caravanes de l’Egypte
Nul ne pourrait compter les lunes qui brillent sur ses toits
Et les mille heureux soleils qui se cachent derrière ses murs
Ses rires du matin ont la gaieté des fleurs
Ses nuits obscures les reflets des chevelures superbes
Ses rossignols mélodieux chantent avec flamme leurs chansons
Et des airs ardents, comme des feuilles en feu, tombent de leur gorge
Et moi, je chante aux jardins de Jahanara, de Sharhara
Et même le Tubah du Paradis envie leurs vertes prairies.
Saib-e-Tabrizi - Poète persan du 17ème siècle
Ecrit par : Miss You | 03 mai 2008
Écrire un commentaire