03 mai 2008
C'est arrivé près de chez nous
Reporters sans frontières tire la sonnette d'alarme en Europe
A l'occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, samedi 3 mai, Reporters sans frontières (RSF) a décidé de porter un éclairage sur les situations qualifiées d'"inquiétantes" dans l'Union européenne (UE).
Même si l'association considère que "la liberté de la presse est une réalité au sein de l'UE", elle dénonce des faits, "menaces proférées contre des journalistes, tentatives d'assassinats par des groupes privés, agressions, intimidations des familles", qui s'y déroulent.
En France, RSF met en exergue les représailles auxquelles sont confrontés les journalistes qui couvrent l'actualité dans les banlieues. Depuis la crise de novembre 2005, de nombreux photographes, cameramen et reporters ont été pris à partie par des émeutiers et parfois malmenés physiquement.
En Italie, c'est la Mafia qui est montrée du doigt. Dans le sud de la Péninsule, une dizaine de journalistes travaillent sous protection policière. L'association cite entre autres le cas de Lirio Abbate, correspondant de l'agence de presse Ansa, qui a été victime en septembre 2007 d'une tentative d'assassinat. Quelques mois plus tôt, il avait publié un livre intitulé I Complici (Les Complices) dans lequel il décrivait les liens entre le monde politique et la Mafia.
Menacés de mort :
Au Pays basque espagnol, les journalistes sont aux prises avec l'ETA. Ils dénoncent un climat d'hostilité qui se traduit par des tentatives d'intimidation. Certains sont placés sous protection policière.
En Irlande du Nord, plusieurs reporters sont menacés de mort malgré le processus de paix engagé ces dernières années. Enfin, il aborde le Danemark et la Suède où l'affaire de la publication des caricatures du prophète Mahomet par le quotidien Jyllands-Posten en 2005 continue à provoquer des réactions. En février 2008, les services de renseignements de la police danoise ont déjoué un projet d'attentat contre Kurt Westergaard, l'auteur de la caricature la plus controversée. Depuis, il vit sous haute protection.

A l'occasion de cette 18e Journée de la liberté de la presse, RSF publie aussi un nouvel album de photographies en association avec Bettina Rheims. Ce magazine "100 photos de Bettina Rheims pour la liberté de la presse" est vendu 9,90 euros. Le fruit de cette vente finance l'association.
Laurence Girard
(Source Le Monde.fr du 03 mai 2008)
17:42 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note






Commentaires
J'étais justement sur le site de RSF ce matin. Le livre de Bettina Rheims a l'air magnifique - comme tous ceux édités par RSF dans la série "100 photos..."
Ecrit par : Anna Galore | 03 mai 2008
De très belles photos.
Toutes en couleurs (plusieurs albums précédents étaient uniquement en noir et blanc), de femmes vues par une femme.
L'édito de Jacques Attali intitulé "Femmes du monde" est superbe. J'en mettrai un extrait un peu plus tard.
Ecrit par : Miss You | 03 mai 2008
Femmes du monde (extraits)
Par Jacques Attali
« … Parmi eux, l’une des plus grandes, Bettina Rheims. Son art est, en apparence, fait d’exubérance et de provocation, de sensualité et d’érotisme. Et puis, quand on étudie un peu mieux son travail, on découvre qu’il est fait de pudeur, de raffinement et d’absolu ; qu’il est avant tout expression d’un amour de l’autre, et d’abord des femmes, pour leur permettre de s’affirmer, d’exister.
Le magnifique travail de Bettina Rheims rejoint ainsi celui du magicien, du politique et du journaliste : en figeant le temps de la beauté, en démontrant que la liberté d’expression passe d’abord par la découverte de soi, par la prise de conscience de ce que l’on est, par la revendication du droit d’être. En cela, il rejoint l’action inlassable, exigeante, audacieuse et malheureusement chaque jour plus nécessaire de RSF. Le journaliste y parvient avec l’enquête. L’écrivain par l’imaginaire. Le politique par l’action. Bettina Rheims par l’extraordinaire travail préparatoire, la recherche exigeante qu’elle impose à ses modèles, bien avant de se saisir de son appareil. Les photos qu’elle présente ici sont celles de femmes d’Occident et de Chine. Pas n’importe quelles femmes. En Occident, pour l’essentiel, des modèles célèbres, des stars, à la plastique parfaite, en tout cas selon les canons des maîtres du cinéma, de la couture et du maquillage, et dont le métier est de poser, de s’exposer. En Chine, des femmes du peuple, des soldates, des vieilles dames, des jeunes filles du peuple ; mais aussi des modèles d’une beauté à peine éclose, comme surgies du néant de la révolution culturelle, comme dévorées d’une fringale d’être, de vivre, d’exister ; d’une audace stupéfiante, bien plus insolentes, bien plus libres que leurs devancières occidentales.
…
Puis, alors qu’on croit lire un livre sur les diverses formes de la féminité, sur les oppositions entre les statuts de la femme en Orient et en occident, sur la distance entre le travail et la futilité, entre le luxe et la misère, on y trouve ce que chaque artiste, écrivain, peintre, cinéaste, photographe, cherche en général, vainement, toute sa vie : l’éternel féminin.
Car sa démonstration est implacable : les femmes, où qu’elles soient, quelles que soient leurs conditions, quel que soit leur statut, quelles que soient leurs misères, sont, d’abord et éternellement, toutes, des fugitives. … »
Ecrit par : Miss You | 03 mai 2008
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