20 mai 2008

Kiraz à Carnavalet




Les Parisiennes de Kiraz, désinvoltes et sensuelles

Elles déambulent dans les avenues de la capitale, promenant leur silhouette élancée et leurs yeux de biche... Ce sont Les Parisiennes de Kiraz, exposées en ce moment au Musée Carnavalet.

Un soupçon d'arrogance, de vanité, de piquant, et de sensualité... C'est la Parisienne de Kiraz. Plus d'une centaine de dessins, coupures de presse, couvertures de magazines du dessinateur sont à découvrir au musée Carnavalet jusqu'au 21 septembre. La première créature est née en 1959. D'abord sous forme de double page hebdomadaire pour le magazine Jours de France, la Parisienne apparaît par la suite dans Elle, Gala ou encore Marie Claire. Avant de devenir un symbole publicitaire pour Nivéa, Renault ou encore Canderel pendant presque dix ans.

Une première rétrospective qui symbolise avant tout l'amour du dessinateur pour les femmes et pour Paris. Tellement indémodables, ces silhouettes longilignes se transforment au fil des gouaches. L'artiste a sublimé la Parisienne en la rendant chic, délurée, espiègle et vénale. Chaque dessin est accompagné d'une légende. Tellement juste que les citadines présentes à l'exposition s'identifient aux personnages de Kiraz. Valérie, 32 ans se retrouve dans " toutes les histoires avec les amants, les discussions avec les copines, les virées shopping et les dépenses...c'est la vraie image de la Parisienne". "Peut-être un peu caricatural, ajoute Bertille, 22 ans. Mais en même temps, c'est très réaliste et beaucoup de pays nous voient comme ça."

"Mes placards débordent et je n'ai rien à me mettre: essaie d'expliquer ça à un homme." "J'ai trouvé un grand cheveu blond sur son veston, mais je n'ose pas lui dire. C'est peut-être celui d'un copain." Des réflexions signées Kiraz, mais qui pourraient avoir été entendues dans un café parisien au détour d'une conversation entre deux copines. Le dessinateur met en scène des femmes désinvoltes, assurées et libres. Libres dans leurs propos comme dans leur sexualité. Elles ont les mêmes préoccupations que les Parisiennes des années 2000: le shopping, les amants, les kilos en trop...

C'est sans doute cette intemporalité qui fait le succès de Kiraz. Car les héroïnes de l'artiste sont branchées et n'ont pas pris une ride avec le temps. "Notamment au niveau du style, explique Marie, 20 ans, étudiante dans une école de mode. Les modes reviennent et c'est pile la tendance du moment. "

Texte : Clémence Floc’h


"Les Parisiennes de Kiraz", au musée Carnavalet, jusqu'au 21 septembre.

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