20 mai 2008

Nomades s'land

426956879.jpg


Jusqu'au 1er juin, se tient le 12ème festival de la photographie de voyage et d’aventures à Honfleur.

Petite présentation de la chose :

L’espace a toujours été doublement au coeur du festival Chroniques Nomades. Parce qu’il participe de l’essence même de la photographie – représentation d’un espace donné à partir d’un point de cet espace –, parce que ce festival dédié au voyage a vocation d’interroger la diversité des lieux où vit l’homme. C’est logiquement autour de cette notion que s’articulent les travaux présentés pour cette douzième édition.

À la question « comment l’homme crée-t-il son propre espace de vie ? », les neuf expositions proposées évoquent quelques-unes des réponses, collectives ou individuelles, qu’apportent les cultures locales, qu’elles soient d’hier ou d’aujourd’hui.

C’est d’abord à l’habitat que l’on songe, à la créativité que l’homme manifeste dans la réalisation d’architectures éphémères comme celles en tôle rassemblées par Deidi von Schaewen, ou dans l’arrangement de son intérieur comme nous le montre Lucia Guanaes au Brésil.

Le lieu de vie, c’est aussi celui du travail, de la pérennité d’une tradition professionnelle millénaire photographiée par Peyram dans l’architecture noble d’une savonnerie d’Alep ; mais c’est aussi l’enfer esclavagiste que l’homme est capable d’instaurer au milieu d’un paysage paradisiaque, dans les plantations sucrières dominicaines qu’a parcourues clandestinement Céline Anaya-Gautier.

Pour les pêcheurs et les matelots qui ont consacré leur vie à la mer mais souffrent de la séparation d’avec les proches, le lieu du travail et celui de la vie familiale sont deux espaces mentaux, deux tropismes qui les attirent et dont le manque les fait souffrir alternativement, comme ils nous le révèlent dans les confidences recueillies par Evangelia Kranioti. À Bamako, au Mali,nul besoin d’infrastructures pour que s’organise la vie sociale : il suffit d’un coin de rue pour que s’enracinent les « grins », ces groupes de discussions vieux parfois de plusieurs décennies dont Gilles Coulon nous restitue la vie.

Avec les villas perdues du Pacifique, c’est tout un univers colonial disparu, celui de certains romans de Marguerite Duras, que Catherine Griss fait ressurgir par-delà la guerre civile qui a ravagé le pays.Yann de Fareins nous entraîne, lui, non dans le monde des souvenirs mais dans une géographie et une histoire imaginaires.

Enfin, avec la construction par la Canadian Pacific Railway dans les années 1880 du lien ferroviaire reliant les deux côtes du Canada, nous assistons à l’ultime épisode de la conquête de l’Ouest américain. Puisées dans les collections du Glenbow Museum de Calgary, ces photographies content une épopée à la mesure des ambitions d’une toute jeune nation.

Espace privé, public, espace vital, espace mental : autant d’empreintes où se lit l’identité des hommes.

Claude Geiss
Directeur artistique du festival

Le programme à l'air plus qu'alléchant...

53206917.jpgPayram : Savonneries d’Alep.

494652267.jpgYann de Fareins : Un itinéraire atlantide

1981328922.jpgFonds photographique du Glenbow Museum de Calgary : La Conquete de l'Ouest par la Canadian Pacific Railway

240970372.jpgCéline Anaya-Gautier et Estebàn Colomar : Esclaves au paradis

123729003.jpgDeidi von Schaewen : Huts from Mauritania

344311970.jpgGilles Coulon : Les grins de Bamako

1223304613.jpgEvangelia Kranioti : Archipel(s)

1152891290.jpgCatherine Griss : De Kam à Kep (les villa perdues du Pacifique)

Et tout plein d'infos ici : http://chroniquesnomades.photographie.com/?secid=49&rubid...

anti, ne bi fé

Commentaires

Ce doit être une superbe expo effectivement.
Et puis Honfleur est tellement jolie à cette époque :)

Ecrit par : Miss You | 20 mai 2008

Ca a l'air effectivement génial... mais trop loin pour cette fois.

Anna, ne bi fé aussi

Ecrit par : Anna Galore | 20 mai 2008

Oui, c'est ce que je me suis dit aussi. Pô grave. C'est marrant Honfleur, moi qui n'aime pas la Normandie en général, j'lui trouve des airs de ville de Norvège. Les maisons colorés sur l'eau probablement...

Ecrit par : anti | 20 mai 2008

En allant sur le site, je lis ce commentaire sur le travail du photographe Yann de Fareins (géniale photo "Un itinéraire atlantide", et je le pose ici parce que je le trouve magnifique.

"Le regard que Yann de Fareins pose, durant ses voyages, sur la nature et l’architecture est marqué par une esthétique minimaliste et une dimension sacrée qui nous confrontent au devenir des choses et des civilisations.

Dans ce voyage comme dans ses précédents, il nous entraîne vers des lieux de culte ou de pouvoir, chargés d’histoire, aux formes géométriques élémentaires : pyramides à degrés, coupoles hémisphériques, portiques rectangulaires ou alignements circulaires.

Un monde minéral où la roche et la pierre taillée des bâtiments sont vouées à la dégradation qui les réduit au même sable mais où le temps semble suspendu, baignant toute chose d’un silence et d’une lumière de soir du monde.
Nous sommes dans un après, peut-être un après-l’homme. L’emploi du noir et blanc et du sténopé participe à cette impression contradictoire de réalité brute, celle d’une empreinte, et de souvenir lointain.

À y regarder de plus près, pourtant, ces temples, ces citadelles, ces palais, ces mégalithes n’ont rien de bien réel.

Des sautes d’échelle, des granulations trop fortes, des aberrations de perspective trahissent la fiction d’un univers lilliputien, révèlent ce qui pourrait passer pour une supercherie.

Car le propos de Yann de Fareins n’est pas la reconstitution minutieuse d’une réalité, fût-elle imaginaire, mais un jeu de cache-cache avec la vérité, avec notre vérité : il cherche non à nous tromper mais à nous détromper sur nous-mêmes.
Il est en effet aisé de déjouer ici les pièges – bien mal dissimulés – du faux-semblant et ce
n’est pas notre aptitude à les reconnaître qu’il défie mais la contradiction qui réside en chacun de nous entre notre clairvoyance et notre désir de croire.

En illusionniste malicieux, en poète du regard, il nous invite à le suivre dans une Atlantide qui n’est autre qu’un continent enfoui en nous-mêmes.
J.-C. F."

L'expo doit être définitivement superbe. Merci pour ce beau voyage.

Ecrit par : Miss You | 20 mai 2008

Grâce aux photos de Céline Anaya-Gautier et Estebàn Colomar : Esclaves au paradis je découvre l'histoire terrible de ces gens en Haïti... C'est dingue !

Les Restavec ou l’esclavage à Haïti /// L’esclavage reste à abolir sur l’île, selon Jean-Robert Cadet :

Les Haïtiens ont brisé les chaînes de l’esclavage depuis plus de deux siècles, mais 300 000 enfants continuent, sur la petite île, d’être asservis au profit de familles plus aisées que les leurs. Jean Robert Cadet a lui-même servi de « Restavec » depuis l’âge de quatre ans et, fait rare, est parvenu à s’en sortir. Aujourd’hui, il se bat pour que cette forme d’esclavage, ignorée par les autorités locales et la communauté internationale, soit, 200 ans après, (de nouveau) abolie.

http://www.afrik.com/article7405.html

Ecrit par : anti | 20 mai 2008

Vraiment très fort ce témoignage de Jean-Robert Cadet.

Et parmi toute l'abomination de cette forme d'esclavage, ces chiffres : "Il y a 8 millions d’habitants à Haïti, pour une population infantile d’environ 10%. 30% des enfants sont donc des esclaves privés d’éducation, d’amour, de dignité et de tout ce que le pays a à offrir. Ils ne font pas partie de la société."

Ecrit par : Miss You | 20 mai 2008

Un seul mot : magnifique.

Esclavage..... impossibilité de le ressentir par nos yeux et sentiments d'Européens. Marque indélébile se transmettant de génération en génération comme une infamie inscrite dans les mémoires. Un jour peut être Fifi vous en parlera, descendante d'Africaine et d'indienne native...

Ecrit par : voiedoree | 20 mai 2008

Avec grand plaisir Voie ! Grande compassion surtout.

Ecrit par : anti | 20 mai 2008

Excellent article aussi sur le site de Anne Guion [« Monde en marche » de l’hebdomadaire La Vie]

http://www.anneguion.zaup.org/spip.php?article7

Ca me rappelle une bien belle histoire qu'un homme rencontré par les hasards de la vie m'a contée un jour, celle de son fils Alexis qu'il est quasiment aller enlever en Haïti en bateau... (Penser à présent Denis à Anna, récits divers et variés au menu, picole un peu beaucoup le matelot architecte breton).

anti, 4 points cardinaux

Ecrit par : anti | 20 mai 2008

Fais péter !

Anna, Croix du Sud

Ecrit par : Anna Galore | 20 mai 2008

bah y'avait pas déjà eu un fil de Miss là dessus ! ;)

(penser à acheter des lounettes ! puisqu elles ne sont pas sous le lit ^^)

Ecrit par : sampang | 20 mai 2008

Un fil sur quoi?

Ecrit par : Anna Galore | 20 mai 2008

"bah y'avait pas déjà eu un fil de Miss là dessus ! ;)"

Euh non Samp je ne crois pas ;)

Ecrit par : Miss You | 20 mai 2008

je ne le retrouve plus ( c est si rare ...;)) des festivals qu il y avait en ce moment à Honfleur ^^

Ecrit par : sampang | 20 mai 2008

Psttttttt Sampang, c'était Etonnants Voyageurs à Saint Malo ;)

Ecrit par : Miss You | 20 mai 2008

hi hi hi je savais que c était dans le même coin ! ( mdrrrrrrr)

Ecrit par : sampang | 20 mai 2008

T'es trop forte :)

Ecrit par : Miss You | 20 mai 2008

(penser à acheter des lounettes ! puisqu elles ne sont pas sous le lit ^^)

Penser à acheter de la RAM patata ! Et puis des fils faits par l'une et repris quasi par l'autre, ce serait pas nouveau non plus.

Exemple :

le 28 février :
http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2008/02/28/vos-veritables-couleurs.html

le 21 mars :
http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2008/03/21/couleurs.html


anti

Ecrit par : anti | 21 mai 2008

Cool heure

Elle est dans les matins des villes
Et bleue est sa couleur,
L'heure tranquille, cool heure.

Avant qu'un jour ne se faufile
Où dorment les dormeurs,
Cool heure.

Autour de moi, sucrée douceur, tu roules,
Tu t'enroules, je meurs.
Si tu t'en vas te frotter dons la foule,
Il ne restera rien de tes couleurs.

Avant qu'un jour ne se faufile
Où dorment les dormeurs,
Cool heure.

Viens vivre à midi sur une île
Où blanche est sa couleur,
L'heure tranquille, cool heure.

Si tu t'en vas te frotter dans la foule
Dure, la houle, douleur.
Il n'y a pas que les bateaux qui coulent.
Les heures coulent autant, aurais-tu peur

De vivre à midi sur une île
Où blanche est sa couleur,
L'heure tranquille, cool heure

Ou de rêver dans mes collines
Où rouge est sa couleur,
Cool heure ?

Après l'orage où l'orangé sanguine,
Sauvagine odeur.
En attendant que le soleil violine
Et que le temps mélange les couleurs

Alors, elle est vraiment divine
Et noire est sa couleur.

Après l'orage où l'orangé sanguine,
Sauvagine odeur.
En attendant que le soleil violine
Et que le temps mélange les couleurs

Alors, elle est vraiment divine
Et noire est sa couleur.

Maxime Leforestier

...parce qu il est un temps de compréhension, que nous ne maitrisons pas...
Vos couleurs à chacune sont belles !!! différentes mais belles... ^^

Ecrit par : sampang | 22 mai 2008

Écrire un commentaire