22 mai 2008

Le monde flottant d'Hokusai

Je pose ici un article, à l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée, que j'ai trouvé très intéressant sur le monde flottant d’Hokusai, artiste japonais à multiples talents.


Une mini présentation (source Wiki)


Autoportrait


Hokusai Katsushika (北斎 葛飾, 1760-1849), connu plus simplement sous le nom de Hokusai (北斎), est un peintre, dessinateur spécialiste de l’ukiyo-e , graveur et auteur d'écrits populaires japonais. Son œuvre influença de nombreux artistes européens, en particulier Gauguin, Van Gogh et Claude Monet, voir le mouvement artistique appelé japonisme. Il signa parfois ses travaux, à partir de 1800, par la formule Gakyōjin, « le Fou de dessin ». Parmi ses œuvres majeures, les Trente six vues du mont Fuji.



L’article relatif à l’exposition au Musée Guimet


Hokusai, "l'affolé de son art", d'Edmond de Goncourt à Norbert Lagane,
Musée Guimet, place d'Iéna, Paris-16e. Mo Iéna. Tél. 01-56-52-53-00.
Du mercredi au lundi, de 10 à 18 heures. De 5 à 7 €.
Catalogue sous la direction d'Hélène Bayou, éd. Guimet-RMN, 240 p., 39 €.

"La surprise qui clôt l'exposition Hokusai au Musée Guimet justifie presque à elle seule l'entreprise de sa commissaire, Hélène Bayou. Sur le dernier panneau du circuit, deux peintures verticales se font face. La première est un Tigre sous la pluie, à l'aspect peu redoutable, traité dans les rouges bleutés. L'animal appartient au musée Ota de Tokyo qui l'avait prêté en 2005 pour une exposition organisée par Guimet. Son pendant, Dragon dans les nuées, un monstre mélancolique errant parmi des nuages aux dominantes bleues, vient d'entrer dans les collections du musée parisien grâce au don de Norbert Lagane, un pharmacien de Suresnes.



Grande vague de Kanagawa

L'amateur complétait ainsi sa donation de 2001 par celle de dix autres peintures, 130 oeuvres diverses, estampes, livres et dessins d'Hokusai (1760-1849). Or le style, le montage des oeuvres, tout montre la proximité des deux rouleaux. Il s'agit là des dernières peintures réalisées avant sa mort par l'artiste japonais, réunies pour la première fois depuis leur création. De plus, l'exposition offre au musée d'art asiatique l'occasion de présenter ses achats effectués lors de la succession d'Huguette Bérès, en 2001 et en 2003, qui lui ont permis de compléter son ensemble Hokusai.


Vue du mont Fuji

Ce peintre est l'un de ceux par qui l'art japonais a été popularisé dans le monde occidental. La légende veut même que ce maître, méprisé dans son pays, doive sa renommée à quelques acteurs parisiens : des écrivains comme Edmond de Goncourt, ou des marchands comme Siegfried Bing lui ont très tôt consacré des livres et des expositions. Et les artistes français, qu'ils soient impressionnistes ou symbolistes, en ont vite tiré la leçon : cadrage, sens du détail, originalité des à-plats de couleur.


Rêve de la femme du pêcheur

Pourtant il ne faut pas radicaliser la légende : les Hokusai ne sont pas arrivés en France dans des caisses servant à emballer porcelaines et boîtes de thé. Ces rebuts - ils ont existé - étaient dévolus aux estampes de la plus basse catégorie. Au Japon, les oeuvres d'Hokusai étaient recherchées par un cercle d'amateurs exigeants.


Une page de manga (1812-1834)

L'homme avait commencé sa carrière, très jeune, chez un éditeur au moment où fleurissait, loin de l'art académique, le mouvement de l'ukiyo-e, au milieu du XVIIIe siècle. La bourgeoisie de Edo (aujourd'hui Tokyo) et les classes plus populaires étaient friandes de ces estampes sur bois qui illustraient des contes, des récits érotiques, les exploits des acteurs du théâtre de kabuki, des recueils de poésie ou des pièces de circonstance pour la nouvelle année.


Moissonneurs au travail

Peu à peu, Hokusai s'affranchit du texte. En 1805, il ajoute à son nom le vocable de Gwakiojin, c'est-à-dire "ivre de dessin". Il compose des encyclopédies populaires en images, les manga, dont quinze volumes furent publiés de son vivant. Ces scènes de la vie quotidienne, avec ses petits métiers et ses personnages pittoresques exécutés avec une vigueur parfois proche de la caricature, remportent un gros succès. Mais c'est à partir de 1823 qu'Hokusai fait sortir l'estampe des quartiers réservés en exécutant des séries de paysages qui font sa renommée.
Ses trente-six vues du Fuji-Yama viennent renouveler son langage traditionnel grâce à l'emploi du bleu de Prusse. Parfois, la montagne enneigée est l'acteur principal de l'estampe, parfois, elle n'est qu'une silhouette lointaine qui se découpe loin derrière une vague échevelée ou qui renforce une scène de pêche. Il poursuit avec les cent vues du Fuji-Yama en trois couleurs, le voyage autour des cascades, les vues des puits célèbres des diverses provinces. L'ukiyo-e faisait l'apologie d'un "monde périssable". Après la mort d'Hokusai et celle d'Hiroshige (1797-1858), qui poursuit la tradition du paysage, le Japon entre dans la modernité de l'ère Meiji, qui sonne le glas de ce "monde flottant".


Mont Fuji avec dragon

Sources : Article d’Emmanuel de Roux paru dans le Monde du 22/05/2008 et illustrations trouvées sur Wiki


Miss You

Commentaires

Fantastique dessinateur... Je repasserai ici un peu plus tard pour lire un peu plus en détails.

Ecrit par : Anna Galore | 22 mai 2008

la dernière fois que je suis allée au Musée Guimet je n ai pas eu le temps de tout voir, ça fermait et je n avais pas pris la visite dans le bon sens...
Mais j avais été fascinée par des dessins tels que ceux là en allant visiter les jardins de Monet qui avait reçu un ami japonnais et dans sa maison sont justement accrochées encore des estampes telles que celles-ci.

Ce que j aime c est toute la pudeur du trait alors même que ce serait des dessins érotiques... j adore vraiment !

( bon... prochaine sortie... re Musée Guimet parce qu en plus je veux revoir mon Bouddha vert qui fait la tronche lool !)

Ecrit par : sampang | 22 mai 2008

"La pudeur du trait" c'est exactement ça Sampang :)

Découvrir cet artiste et un petit échantillon de son travail a été un vrai cadeau ce matin.

Ecrit par : Miss You | 22 mai 2008

A propos du "Rêve de la femme du pècheur", j'ai vu ce matin l'interview de Patrick Grainville à "La grande librairie" http://www.france5.fr/la-grande-librairie/index.php?page=article&numsite=1403&id_rubrique=1406&id_article=15068, qui vient de publier «Le baiser de la pieuvre». Bien tentant.

http://www.lefigaro.fr/livres/2010/01/14/03005-20100114ARTFIG00519-la-belle-endormie-et-la-pieuvre-geante-.php

Je crois que je vais aller trainer chez Cultura.

Ecrit par : Miss You | 07 février 2010

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