15 juin 2008
Une gourmandise
Muriel Barbery
Gallimard 2000
Format poche Folio 2007
Après avoir découvert et beaucoup aimé "l'Elégance du hérisson", j'avais envie de retrouver l’univers de cet auteur en lisant son premier roman. Avec un titre comme "Une gourmandise", je ne pouvais pas résister plus longtemps.
... Ce livre porte bien son nom. Les descriptions des plats et des matières premières font saliver et on ne peut que continuer la lecture, on dévore ! Tout ce qui fait la gourmandise est au rendez vous du livre : les couleurs des fruits, le fondant d’un dessert, la rondeur un peu acide d’une tomate cueillie au jardin, le parfum d’une sauce au vin.
Entre deux souvenirs, on découvre la façon dont cet homme est perçu par sa famille, ses proches, sa concierge (Renée, celle de l’Elégance du hérisson), les gens qui ont croisé sa route.

L'histoire :
C’est le plus grand critique culinaire du monde, le Pape de la gastronomie, le Messie des agapes somptueuses. Demain il va mourir. Il le sait et il n’en a cure : aux portes de la mort, il est en quête d’une saveur qui lui trotte dans le cœur, une saveur d’enfance ou d’adolescence, un mets original et merveilleux dont il pressent qu’il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli.
Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frénétiquement, il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools… Il se souvient – et il ne trouve pas. Pas encore.
"Prix du Meilleur Livre de Littérature gourmande" en 2000.
Extrait :
"La tomate, pourtant, je la connaissais depuis toujours, depuis le jardin de tante Marthe, depuis l'été qui gorge la petite excroissance chétive d'un soleil de plus en plus ardent, depuis la déchirure qu'y faisaient mes dents pour asperger ma langue d'un jus généreux, tiède et riche que la fraîcheur des réfrigérateurs, l'affront des vinaigres et la fausse noblesse de l'huile masquent en sa générosité essentielle. Sucre, eau, fruit, pulpe, liquide ou solide? La tomate crue, dévorée dans le jardin sitôt récoltée, c'est la corne d'abondance des sensations simples, une cascade qui essaime dans la bouche et en réunit tous les plaisirs. La résistance de la peau tendue, juste assez, le fondant des tissus, de cette liqueur pépineuse qui s'écoule au coin des lèvres et qu'on essuie sans crainte d'en tâcher ses doigts, cette petite boule charnue qui déverse en nous des torrents de nature : voilà la tomate, voilà l'aventure."
Miss You
19:56 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note






Commentaires
Ah ! La tomate cueillie sur le plan, dans le jardin de Roquevaire, croquée comme ça, au soleil, entre pommier et poirier, les pieds nus dans l'herbe. Jamais la plus luisante, la plus rouge, la plus ronde, achetée chez l'épicier ne m'a donné autant de plaisir !
Va falloir que je le lise !
Merci Miss...
Ecrit par : Réginelle | 15 juin 2008
Je te le prête si tu veux ;)
Ecrit par : Miss You | 16 juin 2008
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