09 août 2008

Saveurs d'ailleurs



Hier soir, dîner en tête à tête sur la place de l'Esclafidou, l'un des petits nids douillets des nuits d'été nîmoises pour manger dehors.

Mon repaire habituel, le restau réunionnais L'Isle Bourbon, a fermé il y a quelques mois, son propriétaire s'étant reconverti dans la direction d'une salle de sport à mon plus grand regret (il cuisine divinement). Il en a eu tout simplement marre de la vie de restaurateur, surtout après la naissance de son fils Matéo. A la place se trouve désormais un restau nommé "Saveurs d'ici et d'ailleurs" qui propose entre autres de délicieuses spécialités antillaises.

Antillaises? Banco! Nous avons enchaîné ti-punch, accras, féroce d'avocat, colombo de porc et bananes flambées, le tout accompagné d'un délicieux petit vin de la région aux bouteilles originales: le Hors Limite, vin rouge sans tanin exquis, le Secret (on n'en a pas bu mais le serveur nous a offert la bouteille en souvenir) et le Sortilège (on le goûtera la prochaine fois).

Ensuite, nous avons fait un petit break dans un bar de nuit près de la cathédrale. Ambiance toujours particulière dans ce genre d'endroit - celui-ci était fréquenté uniquement par des hommes qui tuaient leur solitude en jouant au billard, en regardant passer les filles ou en papotant avec la patronne adorablement patiente et maternelle même avec les plus bourrés.



Nous avons ensuite filé vers le bois des Espeisses pour admirer encore la Lune avant de rentrer. Là encore, ambiance spéciale, celle des voitures garées tous feux éteints, pas forcément pour regarder la Lune.



Et ce matin, retour au bois pour un footing à deux. J'ai eu un peu de mal, deux ans que je n'avais pas couru! Mais de voir la silhouette aérienne d'Anti planer par dessus le chemin devant moi me motivait pour aller jusqu'au bout (en marchant, sur la fin, j'avoue).

Très belle journée à tous

Commentaires

Autrement dit, le secret du bonheur est "hors limite".

anti, sortie lège R.

Ecrit par : anti | 09 août 2008

J'adore ce nom "Esclafidou" alors curieuse je suis allée voir ce que ça pouvait être, en dehors d'une très jolie petite place ombragée.
Voilà ce que j'ai trouvé :

"Esclafidou :
- "seringue d'enfant en sureau" (Puisserguier) ;
- "une placette à Nîmes",
- "gazette de Colognac".

Chasseur qui lance des projectiles d'argile sur les oiseaux avec un esclafidou.

" esclafi la parâoulo "articuler distinctement" lou lià tout esclafi "il lui a tout découvert" (S) et un esclafidou est "une bonde d'un bassin d'une pièce d'eau", la bonde étant un bouchon de bois d'après l'abbé de Sauvages.

Sous la forme esclafidor Alibert donne aussi le sens "canonnière de sureau".
Le premier sens donné ci-dessus doit être oublié puisque les enfants ne jouent plus à cela, mais le nom de la placette à Nîmes doit faire référence à une vanne et le nom de la gazette de Colognac témoigne d'un esprit d'ouvert.
Dans un texte d'Avignon de 1646 est attesté la forme esclafadou avec le sens "mousquet".

L'étymologie est une histoire ancienne et compliquée parce qu'il s'agit de mots qui viennent
1) d'une onomatopée qu'on trouve dans les langues romanes et ouest-germaniques : klapp qui signifie "coup, claque". De cette onomatopée viennent des mots comme ancien occitan clap "clapet', et clapar "frapper"; par métonymie ancien languedocien clapa "tache" ; français éclabousser. Voir aussi le mot clapo "sonnaille" et le lien vers néerlandais klappen "frapper, applaudir"/ le flamand klappen "parler, bavarder".
En allemand existe un groupe de mots avec des sens proche de "coup, claque; bavarder etc." dont la base est une forme klaff, voir Grimm . Il n'est pas impossible que cette forme allemande klaff soit à l'origine des mots franco-provençaux et occitans comme esclafar "écraser, giffler qn" et esclafir "éclater" et notre esclafidou.

2) Mais il est également possible qu'il y a un lien avec la racine préromane klappa "pierre plate" >"éclat de bois": esclapa "fendre du bois" ancien languedocien esclapaire "bûcheron", l' esclafidou étant un "bouchon en bois". Les dérivés de l'onomatopée klaff et de la racine préromane klappa ont souvent des sens très proches. Français esclaffer a été emprunté à l'occitan au début du XVIe s., la première attestation vient de Rabelais."
(Extrait de http://www.etymologie-occitane.fr/category/lexique-occitan/e/page/3/)

Sinon, chapeau bas à vous deux pour aller courir sous ce soleil, même à l'ombre du bois :)
Pour moi, il fait bien trop chaud, les baskets sont en vacances jusqu'à septembre.

Ecrit par : Miss You | 09 août 2008

Woaw !

La prochaine fois que je m'esclaferai en m'éclaboussant, je saurai pourquoi j'éclate de rire :-)

Ecrit par : Anna | 09 août 2008

Il y a cette belle version aussi :

Vous saurez enfin la vérité sur le nom de votre Gazette …

Cet article du Midi Libre du Mardi 20 Juillet 1999 donne toutes les explications sur l'origine du mot " Esclafidou " .


Esclafidous


Voilà un mot qui n'est plus en usage, et à Nîmes même, il a une signification bien différente de celle qu'il avait d'abord.

Si " esclaffer " se rapporte au rire, c'était sans doute à celui des enfants que l'on songeait, puisque l'esclafidou était à l'origine un jouet qui reproduisait le bruit d'une détonation.

A Nîmes, fut un temps, une partie des eaux de la Fontaine, traversant la ville par le canal de l'Agau, allait se jeter dans le fossés du Château, prés de la porte Auguste.

Les teinturiers avaient tiré partie de ces eaux qui actionnaient alors toute une série de moulins, les uns appartenant à des particuliers, les autres aux chanoines de la cathédrale. Et c'est bien dans l'existence même de ces moulins qu'il faut aller rechercher les origines du mot, aujourd'hui attaché à cette accueillante " place des esclafidous ".

En langue d'oc, le mot esclafidou désigne l'ouverture par laquelle on fait couler l'eau d'un biez de moulin. Cette ouverture se ferme par une vanne. Rue des Esclafidous se trouvait alors une issue pour les eaux de la Fontaine qui, passant par la place Belle-Croix et la Grand-rue, allaient se jeter dans les fossés de la ville, à hauteur de la rue des Greffes, par le Castellum de Morrocipio à la Porte des Eaux, ainsi que l'a écrit Albin Michel, dans son livre " Nîmes et ses rues ".

Si la rue des Esclafidous a une histoire ancienne, la place des Esclafidous est autrement plus récente. Elle est née sous la municipalité Bousquet, de la démolition d'immeubles anciens qui menaçaient ruines, dans l'ancienne rue jadis réservée aux teinturiers.

www. colognac.net/pages%20html/esclaf5%20page4.htm

anti, s'esclaffer en douceur.

Ecrit par : anti | 09 août 2008

Sinon, un petit topo sur la cathédrale, THE cathédrale Saint Castor de Nîmes qu'on prononce "San Castré" en provençal... MDRRRRRRR !!!

Extraits de Wiki :

Castorius est dit originaire de Nîmes (Nemus)[2] où il serait né vers le milieu du IVe siècle. Arles était alors la capitale de l'Empire d'Occident et le jeune rhéteur y exerça son métier d'avocat.

Il épousa, en 395, une belle arlésienne dont la famille originaire du Luberon y possédait de nombreux domaines. La légende veut que le couple, avec leur fille Perculiarita, ait choisi la vie monacale.

Certains hagiographes expliquent qu'ils auraient vécu reclus près de Sabran (Gard), au mas Saint-Castor près de Mégier, d'autres affirment qu'il se serait retiré près de Ménerbes où il aurait fondé à Manancha[3] un monasteriolum (monastère) placé sous le vocable de Beati Faustinus (saint Faustin, l'évêque de Lyon)[4].

À Ménerbes, dans une grotte, une source ferrugineuse nommée San Castré rappelle encore le souvenir du futur évêque d'Apt. De plus, un lieu-dit, au quartier du Levant, dénommé Pied de Moustier (podium monasterium), marque le lieu d'implantation du monastère dédié à Saint-Faustin de Manancha détruit en 576 par des hordes de Saxons et de Lombards[5].

anti, bon baisers de Saint Castor.

Ecrit par : anti | 09 août 2008

Saint Castré, c'est pas le fils d'Agrippine?

Ecrit par : Anna | 09 août 2008

Euh... J'connais pas bien cette Agrippeuse.

anti, pas aigrieppine.

Ecrit par : anti | 09 août 2008

c'est du Bouduflien c'za !!!

Ecrit par : boudufle | 09 août 2008

Je propose, je soumets au vote, la création d'un dictionnaire AnnaGalobloguien.

Bouduflien : qui relève de la Boudattitude.

Blonkattitude :Voir Blonk ou BLONK !

anti, 10 Ko.

Ecrit par : anti | 09 août 2008

mdr!!! je suis pour !!!

Ecrit par : boudufle | 09 août 2008

O que oui alors, deux fois même :)

Ecrit par : Miss You | 09 août 2008

OK, je trouve un titre et je crée le fil.

Ecrit par : Anna | 09 août 2008

Qu'est-ce que vous pensez de:

- Dictionnaire Boudugalorien du Grand Tout
- Encyclopedia Blogalora Bouduflica
- Lexique Transit Gloria Mundi
- Le Petit Galore
- Guide Galorannuflien Intergalactique

euh... sinon vous avez d'autres idées?

Ecrit par : Anna | 09 août 2008

"mdr!!! je suis pour !!!"

On reconnaît bien là les fans de Magma !

Autre mot :

Albert : Nom de papa, de chat, de Bonzaï et accéssoirement guide de magie.

Le Liber euh... Nan ! Sont trop bien tes titres !

anti, Ko by hyène.

Ecrit par : anti | 09 août 2008

Bonsoir,
Merci de m'avoir cité. L'adresse de mon site a carrément changé, deux fois même depuis 2008.
L'esclafidou se trouve maintenant ici
Merci de changer le lien;
Cordialement
Robert Geuljans

Ecrit par : Geuljans,Rob | 13 août 2011

Oublié:
Le Bois des Espeisses a aussi une histoire particulière. C'était une zone "interdite"!

Ecrit par : Geuljans, Rib | 13 août 2011

Bonsoir Rob, le lien actuel vers votre site remplace l'ancien :-)

Qu'entendez-vous par "zone interdite" ? Zone militaire due à la proximité du Camp des Garrigues ?

Ecrit par : Miss You | 13 août 2011

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