18 octobre 2008
Sillage
Aujourd’hui, à l’occasion de la réouverture du Musée international de la Parfumerie à Grasse (Alpes maritimes) site du musée, j’ai envie d’en savoir sur le parfum, signature particulière qui nous accompagne, nous enveloppe et nous dévoile.

La notion de parfum désigne aujourd'hui le plus souvent une composition olfactive particulière, fortement concentrée, proposée conditionnée et à forte concentration olfactive par différentes marques de parfums (Guerlain, Chanel, Estée Lauder…) : on dit aussi extrait. La personne qui crée un parfum est appelé nez et cette activité est la parfumerie.
Origine du mot « parfum »
Le mot parfum viendrait de l’expression per fume, qui signifie « par la fumée », probablement suite aux usages traditionnels et anciens de fumigations sacrées, médicinales ou rituelles (par exemple d'encens ou de différentes substances végétales).
Le mot parfum est apparu tardivement dans la langue française (aucune mention avant 1528). Dérivé du verbe fumer, il a d’abord évoqué des substances odoriférantes qui se brûlaient avant de prendre son sens actuel au XVIIe siècle.

Historique de son utilisation par l’homme
De nombreuses tablettes cunéiformes nous montrent que l’usage et le commerce du parfum étaient connus dès les Sumériens. Tous les peuples antiques en ont fait une grosse consommation, notamment les Égyptiens (Alexandrie possédait d’importantes fabriques).
Même s’il a eu aussi un usage profane, il était surtout utilisé lors de pratiques religieuses (offrandes aux dieux, embaumement des corps).
Les techniques de production étaient rudimentaires, et le resteront jusqu’à la fin du Moyen Âge : les produits étaient broyés, pilés, bouillis, imprégnés de matières grasses, et on utilisait surtout des écorces, des résines, des racines ou des matières animales servant de base (ex : musc) ou de fixateurs.
Un des parfums les plus utilisés a été l’encens, produit d’abord à Oman, et qui a largement contribué à la création des royaumes d’Arabie. À titre d’exemple, l’encens est cité 118 fois dans la Bible, dont 113 dans l’Ancien Testament. Sont également cités à diverses reprises le cinnamome, l’acanthe, la myrrhe, le nard, l’aloès, le safran ou le roseau odorant.
Le commerce du parfum a également fait la prospérité des villes phéniciennes et grecques. C’est le cas notamment de Chypre, où de nouveaux parfums ont été mis à la mode, utilisant les fleurs (rose, iris, lys, jasmin), ou encore de Corinthe, qui passe pour la cité ayant commercialisé les flacons de parfum (aryballes et alabastres).
Les Romains ont continué à utiliser les parfums, mais on ne leur doit guère d’innovations, sinon le remplacement de la terre cuite par le verre pour la confection des flacons.
Le Moyen Âge chrétien ne semble guère avoir fait usage des parfums, sinon sous forme de couronne de fleurs et lors de cérémonies religieuses. Cependant, après les croisades, la consommation semble en augmenter, en particulier sous forme de boules de savon et d’eau de rose.
Le grand bouleversement se produit à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, avec deux innovations : d’une part le perfectionnement de l’alambic, avec un système de refroidissement facilitant la distillation ; de l’autre la découverte de l’alcool éthylique, permettant de donner au parfum un support autre que des huiles ou des graisses. Le premier alcoolat célèbre est l’Eau de la Reine de Hongrie (XIVe siècle), préparation à base de romarin et d’essence de térébenthine.

Le parfum acquiert alors ses lettres de noblesse en Occident. On l’utilise notamment pour parfumer les vêtements, en particulier les gants, le métier de parfumeur étant alors associé à celui de gantier. La ville de Grasse devient la capitale du parfum, on y met au point de nouvelles techniques permettant de mieux recueillir l’essence des fleurs fragiles. Au XVIIIe siècle, on parfume tout, depuis le corps jusqu’aux vêtements et aux divers accessoires, notamment les cuirs. Mais il faudra attendre encore un siècle pour voir apparaître le vaporisateur.
La dernière révolution a lieu à la fin du XIXe siècle, avec l’essor industriel et publicitaire dont les conséquences sont considérables : conditionnement fabriqué en série, apparition des grands magasins et surtout arrivée des premiers produits de synthèse, liés au développement de la chimie organique.
C’est Aimé Guerlain, fils du parfumeur qui avait ouvert un magasin à Paris en 1828, qui crée le premier parfum à éléments de synthèse en 1889. Il contient alors de la vanilline et de la coumarine. La parfumerie moderne est née.
Liste des plantes à cosmétiques et à parfums
Matières premières végétales
• Fleurs : les plus nobles sont sans doute la rose et le jasmin, la tubéreuse et l’iris, la violette, la fleur d’oranger (ou néroli), le mimosa, le narcisse, la lavande, sans oublier l’ylang-ylang (ou ilang-ilang). La mode de ces fleurs varie selon les époques.
• Fruits : pour l’essentiel, des agrumes, citrons, oranges, notamment la limette et la bergamote. Et aussi la vanille, sous forme synthétique.
• Autres matières végétales : Dans un arbre ou un arbuste, on peut utiliser l’écorce ou le bois (cannelle, santal, cèdre, bouleau, gaïac), ou encore la résine (encens, myrrhe, benjoin, labdanum), voire les mousses (mousse du chêne). Pour les plantes, on les prend telles quelles (romarin), ou bien on préfère leurs feuilles (patchouli, verveine), leurs racines (vétiver, gingembre) ou leurs graines (cardamome, coriandre, fève tonka).
Matières premières animales
• Le musc.
• Le castoréum.
• La civette.
• L’ambre gris.
• La cire d’abeille
• L’hyraceum.

Matières premières synthétiques
L’essor de la chimie au milieu et à la fin du XIXe siècle a profondément modifié la parfumerie et ses techniques de fabrication. La synthèse a notamment permis aux parfumeurs d’accéder à de nombreuses matières premières qui n’existent pas à l’état naturel. Le parfum n’est plus un produit inabordable.
Les composés synthétiques permettent aussi dans certains cas de préserver la flore (déforestation, plantes en voie de disparition…) et la faune (les muscs synthétiques préservent les animaux, tels civette et bouquetin, à musc).
De nos jours, ces molécules synthétiques représentent 98 % de la totalité des substances utilisées en parfumerie, disposant ainsi de plus de 4 000 odeurs, contre seulement 300 autrefois.
Familles olfactives
Les parfums sont traditionnellement classés en sept grandes familles olfactives, dont les noms peuvent varier selon les modes :
• Les floraux sont élaborés autour d’une ou plusieurs senteurs florales.
• Les chyprés forment une famille née après la création du parfum Chypre en 1917 de François Coty. Ce sont des parfums initialement construits sur un accord bergamote notes fleuries (rose, jasmin…) et évoluant vers un fond boisé / mousse (mousse de chêne-patchouli) -labdanum.
• Les fougères sont construites sur une alliance de lavande, notes aromatiques, géranium, vétiver, coumarine, mousse de chêne.
• Les cuirs, très masculins, sentent le miel, le tabac et le bouleau.
• Les boisés désignent des parfums dominés par des notes boisées telles le vétiver, le cèdre, le santal, le patchouli…
• Les orientaux sont dominés par un mélange de vanille, de notes de baumes et de résines telles la fève tonka ou l’opopanax. Un des 1ers parfums « orientaux » fut Shalimar en 1925.
• Les hespéridés sont construits à base de zestes d’agrumes, et constituent en principe la dominante des eaux de Cologne.

Description d’un parfum
Il est impossible de décrire un parfum en faisant la liste de ses composants, d’une part parce que ceux-ci sont souvent très nombreux, de l’autre parce que le parfumeur (malgré certaines pressions de l’Union européenne) n’est pas tenu de communiquer cette liste au public.
Par contre, il est possible de classer un parfum selon sa famille olfactive, et de le décrire en fonction des notes qui apparaissent lors de son utilisation. Ces notes olfactives se différencient en notes de tête (celles qui sont liées à la première impression olfactive et sont les plus volatiles), notes de cœur (celles qui constituent le cœur du parfum et demeurent pendant plusieurs heures), et enfin notes de fond (celles qui persistent longtemps après que le parfum ait été vaporisé et qui peuvent rester des mois sur un vêtement).
À titre d’exemple, voici la description de Coco de Chanel (source : senteurs.free.fr ) :
• Famille : semi-ambré fleuri.
• Tête : bergamote, vert.
• Cœur : jasmin, rose, fleur d’oranger, pêche.
• Fond : frangipanier, vanille, baumes, opopanax, santal.
(Extraits de Wiki)
Miss You
19:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note






Commentaires
Silaaaaaaaaaaaaaaaas la viiiiiiie est une foliiiiiie !
Oups ! Désolée, c'est le double effet kisskool du titre. Pourvu que Bloody (ne) passe (pas) par là !
anti, Si tu es un enfant, tu entendras comme moi la chanson du vent
Ecrit par : anti | 18 octobre 2008
Merci pour cet article!
Classer les parfums par famille ne veut plus rien dire cependant, l'avènement de la synthèse permet aujourd'hui la création de véritables OVNI olfactifs.
Les artistes parfumeurs n'ont plus de limite sauf celle de leur imagination (et du marketing bien sûr)
Ecrit par : Le Critique de Parfum | 18 octobre 2008
Votre site est vraiment intéressant et original.
Merci de votre visite ici.
Ecrit par : Anna Galore | 18 octobre 2008
Si l'imagination est la seule limite à la création, l'avenir est riche en promesses de découvertes et de senteurs nouvelles :)
Ecrit par : Miss You | 19 octobre 2008
Merci Miss You pour ton article, toujours riche en informations, comme d'habitude.
A toutes et tous les fans de parfums, je conseille le roman "Le Parfum" de Patrick Suskind, qui se déroule au Moyen-Age. Un livre qui m'a marquée. Un film en a été adapté, mais je ne suis pas allée le voir de peur d'être déçue.
A mon humble avis, l'un des plus grands créateurs de parfums du XX° siècle est Serge Lutens. Bien sûr, ce sont des parfums orientaux ayant beaucoup de personnalité et qui ne passent pas inaperçus. Mais l'une de ses dernières créations "five o'clock tea" est un bon début avant de faire le grand saut vers "Arabie", "Ambre Sultan" ou encore "Sarrasins".
Ecrit par : startine | 19 octobre 2008
"Le parfum" de Suskind reste de loin l'un de mes trois romans favoris toutes catégories (avec "Geisha" d'Arthur Golden et "Le soleil des Scorta" de Laurent Gaudé).
J'ai vu le film, qui est plutôt réussi, ce qui était loin d'être évident. Pas à la hauteur du livre, bien sûr, mais pas mal du tout quand même, on sent (hé hé) que ceux qui ont travaillé à l'adaptation sont des fans totaux du livre.
Ecrit par : Anna Galore | 19 octobre 2008
Je ne suis pas très parfum, il masque les véritables odeurs corporelles, beaucoup plus attirantes (sauf exceptions)
Ecrit par : voiedoree | 19 octobre 2008
Voie... Dans mes bras !!! Enfin quelqu'un qui me comprend !!!
anti, le bonheur est sous l'SL de l'RL
Ecrit par : anti | 19 octobre 2008
...ce qui tendrait à montrer que "parfum" ne vient pas de "par la fumée" mais de "par le fumet".
Anna, faire aumône, il en restera toujours quelque chose
Ecrit par : Anna Galore | 19 octobre 2008
"Le Critique de Parfum"
Ce site est purement génial ! Bravo à vous !
Ecrit par : anti | 19 octobre 2008
Je pose ici un lien vers le blog de Startine qui a rédigé une note tip top sur le Critique de parfum
http://startine.blogs-de-voyage.fr/archive/2008/11/18/le-critique-de-parfum-enfin-de-l-objectivite.html
parce qu'elle le vaut bien ;)
Ecrit par : Miss You | 19 novembre 2008
Ouais d'abord !
anti
Ecrit par : anti | 19 novembre 2008
Écrire un commentaire