28 octobre 2008

Les univers de Balthus

« La meilleure façon de commencer est de dire : Balthus est un peintre dont on ne sait rien. Et maintenant, regardons les peintures. »

Telle est la réponse laconique que le peintre adresse à la Tate Gallery à Londres, qui, organisant une exposition de ses œuvres, souhaitait également agrémenter le catalogue de quelques éléments biographiques.


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Balthus par Cartier-Bresson


Ce week-end, j’ai vu sur ARTE un documentaire « Metropolis » en partie consacré à l’exposition Balthus à Martigny en Suisse, jusqu’au 23 novembre. On y apprend notamment que ce peintre aurait fêté ses cent ans cette année.

On y apprend surtout que, à rebours de son époque, Balthus allait chercher son inspiration dans la Renaissance italienne, comme à ses débuts, en 1926, où il peignait une copie d’une fresque de Piero della Francesca.

Jean Clair, académicien et spécialiste de l’œuvre de Balthus, entre dans ses peintures pour analyser ses références et être au plus proche de son univers.

Il nous donne ainsi des exemples précis de ses inspirations et la confusion permanente qu’il a délibérement faite entre les grandes peintures de la Renaissance et les souvenirs de son enfance.


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"Passage du commerce St André"


Ainsi, dans le « Passage du commerce St André », il reprend des perspectives spécifiques à la fresque de Piero della Francesca et y intègre des personnages tels que le chien blanc, frisé, qui a plutôt une tête d’agneau : il faut savoir que la guillotine utilisée pour la 1ère fois dans ce passage du commerce, sur un agneau.

De même, toujours sur le tableau « Passage du commerce St André », apparait sur une façade la clé d’or directement inspirée des contes de fée des Frères Grimm.


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"La Rue"


Dans « La Rue », le profil d’un personnage, les couvre chefs de certains autres sont directement inspirés des classiques de la peinture Renaissance.

De même, la croix portée par le Christ dans la fresque de Piero della Francesca est devenue la planche (avec tous les détails du bois y compris les nœuds) d’un plâtrier dans « La Rue ».

Autre exemple, la face ronde, presque lunaire, du petit personnage dans « La rue » est inspirée de la BD allemande Max und Moritz.


J’ai aimé découvrir les registres populaires, quotidiens, historiques, féériques, qui balisent les tableaux apparemment simples de ce peintre.

Pour ceux que ça intéresse, on peut revoir ce documentaire pendant 7 jours ici : Metropolis

Pour en savoir plus sur Balthus.


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Commentaires

Très intéressant, j'ai appris plein de choses !

Ecrit par : Anna Galore | 28 octobre 2008

c'est pas dangereux de savoir trop de choses ?

Ecrit par : voiedoree | 28 octobre 2008

Je ne sais pas. J'ai oublié.

Ecrit par : Anna Galore | 28 octobre 2008

Je me suis régalée en voyant le documentaire la première fois.

En le revoyant pour préparer cette note, je regrettais tout bas qu'il n'y ait pas plus de documentaires de ce genre. Jean Clair est manifestement un connaisseur éclairé, et surtout un grand amateur du travail de Balthus, et l'écouter le raconter et l'expliquer est un vrai plaisir.

Ecrit par : Miss You | 28 octobre 2008

vous êtes vraiment super branchés! savoir trop de choses et l'avoir oublié, n'est-ce-pas là exactement le ressort profond de la peinture de Balthus?

Ecrit par : lazuli | 28 octobre 2008

Comment qu'on est trop fort ! Et comme ça, à l'aise, sans effort !

Lazuli, t'es la meilleure :-)

Ecrit par : Anna Galore | 28 octobre 2008

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