29 octobre 2008

Jacques Prévert, Paris la belle

Exposition du 24 octobre 2008 au 28 février 2009

Hôtel de Ville de la Mairie de Paris.
Salle St Jean – 5 rue Lobau – Paris 4me
Tous les jours sauf dimanches et jours fériés 10h à 19h
Entrée libre



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L’exposition à la mairie de Paris rassemble toutes les facettes de l’artiste : l’écriture, le cinéma, la chanson… Elle «a pour but de faire découvrir l’ensemble de son œuvre et d’ouvrir les portes de son univers, notamment à ceux qui ne l’ont aperçu que par bribes glanées au hasard», écrivent les commissaires N.T. Binh et Eugénie Bachelot-Prévert, petite-fille de Jacques et unique ayant-droit.

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Dédicace sur dessin de Jacques Prévert dans son livre "Fatras" (Edition Le Point du Jour 1966)

Près de 550 œuvres ont été réunies sur 700 m2. Un beau parcours. Prévert, inventaire.

Le titre, «Paris la belle», peut faire croire qu’il n’est question que de Prévert et la capitale. Paris, c’est surtout le décor principal de sa vie. Né à Neuilly-sur-Seine le 4 février 1900, «il était très attaché à Paris, qui est partout présent dans son œuvre, explique N. T. Binh. Il a habité dans différents quartiers, dont ses trente dernières années au pied de la butte Montmartre.»

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Site Mairie de Paris : L'expo


Prévert et le collage :

Après une chute d’un premier étage, Prévert part en convalescence dans le Midi et s’adonne au collage. En 1957, Jacques Prévert expose pour la première fois à la galerie Maeght une série de collages. Ces collages sont drôles et inventifs : une gravure ancienne voisine avec une photo de presse, une carte postale avec un cliché de Brassaï, Robert Doisneau ou Willy Ronis.

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Collage "Portrait de Jeanine"

Prévert se plaît à y inclure les personnes de son entourage, sa propre photo, ou des personnalités célèbres de l’histoire ou de l’actualité (Napoléon, le pape Pie XII). Outre son rejet de l’Église et de l’armée qui reste un sujet de prédilection, le regard qu’il porte sur la réalité passe du tendre au sombre, de l’onirisme au monstrueux.

Inspirés de la tradition surréaliste et d’une grande liberté formelle, les collages jouent sur le détournement d’aphorismes ou d’expressions populaires, la relecture ou la réappropriation d’images existantes.

Genre artistique insolite et inclassable, le collage pratiqué par Prévert est un prolongement direct de son écriture imagée. Citations, proverbes et associations d’idées font corps avec le texte. Cette pratique qui, chez lui, donne des résultats saisissants, est sans doute l’aspect le moins connu de son oeuvre que cette exposition se propose de faire découvrir.

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Collage "Les grands cerveaux"

Proche de Picasso, mais également ami de nombreux peintres célèbres ou moins connus, Prévert a écrit des dizaines de textes sur les artistes les plus divers. Il a aussi cosigné des livres d'art avec notamment Picasso, Miró, Calder, Chagall ou Max Ernst.

"Le mot image veut dire ce qu'il veut dire, ce qu'on lui fait dire, aussi bien ce que les gens ont appelé une métaphore : c'est un mot un peu drôle, un peu savant, comme une figure ou un visage de rhétorique, toutes ces choses ont des noms ! Mais du moment qu'on écrit avec de l'encre ou un crayon, on peut faire des images aussi, surtout comme moi, quand on ne sait pas dessiner, on peut faire des images avec de la colle et des ciseaux, et c'est pareil qu'un texte, ça dit la même chose". (Jacques Prévert)


Prévert et la photographie :

Tout au long de sa vie, Prévert se lie d’amitié avec de nombreux photographes installés à Paris : Brassaï (qui a signé la photo de la couverture originale de Paroles), Eli Lotar, Dora Maar ou Man Ray dans les années 1920, puis, après la guerre, Édouard Boubat, Peter Cornelius, Robert Doisneau, Izis ou Willy Ronis.

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Prévert et Cornelius

Pour découvrir les mots de Prévert sur « Couleurs de Paris », c'est ici.

Avec certains de ces artistes, Prévert arpente Paris. De nombreux clichés témoignent de ces balades entre amis, sources d’oeuvres à quatre mains où se dévoile un amour partagé de la capitale. Entre l’écriture et la photographie, Prévert et ses amis photographes multiplient les jeux de correspondance.

Le plus remarquable de ces ouvrages reste certainement Grand Bal du printemps, qui signe une collaboration exceptionnelle avec Izis. Avec tendresse et poésie, les deux artistes immortalisent le Paris des années 1950. Un visage triste, un couple heureux, une fenêtre ouverte, un chien perdu, une affiche collée sur un arbre, suscitent chez l’un un texte, chez l’autre une photo. Une complicité qu’ils renouvelleront avec bonheur avec Charme de Londres, en 1952.

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En 1954, Prévert travaille avec le photographe André Villers, de trente ans son cadet, à un ouvrage étonnant qui mêle les photos de Villers et les découpages de Picasso. Les textes sont de Prévert, tout comme le titre : le livre s’intitule Diurnes « parce qu’il y en a marre des nocturnes ».


Prévert et le cinéma :

Jacques Prévert se fait connaître dans les années 1930 comme scénariste et dialoguiste de cinéma. Son premier scénario, écrit pour le film de son frère Pierre, " L'affaire est dans le sac " (1932), est une variation sur le burlesque. En 1933, il travaille avec Claude Autant-Lara (Ciboulette) puis, en 1935, il écrit les dialogues du film réalisé par Jean Renoir, " Le Crime de M. Lange ". L’engagement politique et social de Prévert se fait sentir dans cette histoire d’imprimerie reprise en main par les ouvriers à la suite de la mort présumée de leur patron.

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C’est lors d’une représentation de " La Bataille de Fontenoy " par le groupe Octobre, que Jacques Prévert fait la connaissance du jeune réalisateur Marcel Carné, puis de son décorateur, Alexandre Trauner. Carné, séduit par l’humour de Prévert, lui demande d’écrire les dialogues de son prochain film, " Jenny ". Nous sommes en 1936.

Pendant plus de dix ans, le trio fonctionne à merveille. Il donne naissance à un nouveau style cinématographique, le « réalisme poétique », auquel Carné préfère l’appellation de « fantastique social », et enchaîne les chefs-d’oeuvre jusqu’à l’immédiate après-guerre : " Drôle de drame ", " Le Quai des brumes ", " Le jour se lève ", " Les Visiteurs du soir ", " Les Enfants du paradis " et " Les Portes de la nuit ".

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Le style de Prévert se retrouve aussi dans des films de Christian-Jaque, Jean Grémillon, Paul Grimault ou Pierre Prévert. Il suffit souvent d’une réplique pour qu’il se révèle, mélange de poésie des faubourgs, de jeux de mots tendres et corrosifs. Aux succès reconnus viennent s’ajouter les films auxquels il a collaboré sans que son nom soit mentionné au générique " Une femme dans la nuit " d’Edmond T. Gréville en 1941, ou " La Marie du port ", de Marcel Carné en 1949 , et des dizaines de projets jamais tournés.


Les Enfants du paradis

Réalisé par Marcel Carné pendant l’Occupation, et 1945, c’est à la fois un hymne à l’amour fou, le plus bel hommage qui soit au monde du spectacle et une preuve éclatante de pérennité de la création artistique par-delà les tourments de l’Histoire.

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Film de plus de trois heures, divisé en deux époques, porté par une distribution exceptionnelle (Arletty, l'actrice préférée de Carné et de Prévert, entourée de Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Marcel Herrand, Maria Casarès, etc.), Prévert signe le scénario, Alexandre Trauner dessine les décors, Joseph Kosma compose la musique (ces deux derniers dans la clandestinité, car ils sont juifs), et Marcel Carné fait le lien entre tous.

Un film qui, lors de sa sortie en 1945 restera plus d’un an à l’affiche à Paris, et sera élu en 1979 par l’académie des César « meilleur film français de tous les temps », puis en 1990, par un jury de 500 professionnels du cinéma « plus grand film français de tous les temps ».


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Commentaires

Moi j'm'appelle jamais, mais les autres m'appellent Garance.

Le web est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour !!!!

Ecrit par : Adele Riner | 29 octobre 2008

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