02 décembre 2008

Alain Souchon, le nouvel album !!

Pour saluer la sortie du nouveau CD d’Alain Souchon « Ecoutez d’où ma peine vient » sous le label Virgin/EM, je pose ici des extraits d'un article du Monde.


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Un Souchon pure époque

Sur la pochette, Alain Souchon pose à côté d'un âne blanc. Ils ont de la tristesse dans l'oeil. Les oreilles en bisbille, les cheveux au bord de l'ébouriffement. Le pré est vert comme l'espérance, c'est normal. L'animal est retenu derrière la clôture, l'homme, devant, est libre - sans forcément avoir envie d'en profiter.

Pour le reste les deux compères ont une supplique : Ecoutez d’où ma peine vient. Alain Souchon présente ainsi onze nouvelles chansons, dont une arrivée in extremis, Popopo, déboulonnage de Che Guevara, évocation du merchandising construit autour du "cador" et révolutionnaire romantique. Cette chanson est la seule écrite avec Laurent Voulzy, parce que, explique Souchon dans le livret, "Laurent le bien-aimé recollectionnait et je voulais appeler mon disque le Sans Lorenzo". Qui s'en mêla quand même un peu.

Alain Souchon est d'époque. Ses textes sont d'époque : lancée en avant-première sur le Net, Parachute doré est tombée en pleine crise financière. "Adieu les traders, adieu les joggings/les briefings à l'heure Breitling", un trauma facile à surmonter avec un pactole. L'autre traumatisme vise le camp d'en face "Adieu mégaphones adieu calicots".

Ce désabusement transparaît à la première note. Voici Rêveur, écrite avec David Mc Neil : "La vie un peu hindoue/On voulait des matins doux", mais la vie aujourd'hui vaut moins qu'un iPod et les caméras de surveillance ont eu raison des utopies.

Souchon écrit avec légèreté. Se penche sur son propre cas sans écrasement égotique possible ("J'ai le museau finaud malin"), et sur celui des filles toujours de passage, toujours évanescentes et pourtant bien réelles avec leur jupe, leurs baisers et leur nudité. Dans cet univers désabusé donc mais non désenchanté, Alain Souchon place un texte de Louis Aragon, Oh la guitare (sanglot, chien bâtard, coeur enclos, vieux, etc.), qu'il met en musique avec une vigueur charnelle, accords tranchés, jeux souples. C'est le meilleur morceau d'un album à tendance propre - les bizarreries musicales (Elle danse) ne suffisant pas à l'éclater.


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Alain Souchon sait mêler politique et plaisir. Distance et présence. Basse, batterie, percussions, claviers, guitares suffisent au bonheur du chanteur pour se payer des détours en steel-band, en folk, en reggae, castagnettes, tout par petites touches.


Par Véronique Mortaigne
Source Le Monde du 02 décembre 08




Allez faire un tour sur son site, il est vraiment sympa, à l’image du Monsieur (poète, délicat, déjanté).

Quelques uns de ses clips.

Un lien vers le joli documentaire diffusé hier soir sur France 3 : ici

Et pour le plaisir et son regard, un titre qui semble tellement d'actualité :



Les paroles de Foule sentimentale :

Oh la la la vie en rose
Le rose qu'on nous propose
D'avoir les quantités d'choses
Qui donnent envie d'autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car

Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

Il se dégage
De ces cartons d'emballage
Des gens lavés, hors d'usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né
Pour des cons alors qu'on est
Des

Foules sentimentales
Avec soif d'idéal
Attirées par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu'on peut nous faire
Et qui ravagea la moukère
Du ciel dévale
Un désir qui nous emballe
Pour demain nos enfants pâles
Un mieux, un rêve, un cheval

Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle



Miss You

Commentaires

Un artiste dont émane une douceur et une poésie permanentes, très complémentaires de celles de Laurent Voulzy (qui a, de plus, une voix remarquable mais c'est une autre histoire).

Je me demande ce que peut bien donner un album de Souchon sans Voulzy (presque).

J'écouterai dès que je peux...

Ecrit par : Anna Galore | 02 décembre 2008

Une douceur et une poésie qui n'empêche pas de dire quelques vérités bien senties, l'air de rien, tout en sourires, j'adore :-)

Ecrit par : Miss You | 02 décembre 2008

un grand Monsieur Souchon, j'adore toutes ses chansons.

Ecrit par : Zaza | 02 décembre 2008

Dans Souchon tout est bon !... Il fait partie de mon petit top 10 personnel des chanteurs français que j'écoute avec plaisir. Et quand je dis "j'écoute", je veux dire que je fais vraiment attention aux paroles qui sont comme des instantanés poétiques de notre société... Donc d'accord avec toi, Miss You, pour saluer cet artiste !
"On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né
Pour des cons"
Oups !...

Ecrit par : Sylvie Chéreau | 03 décembre 2008

Tout doux, tout doux Alain, tout malicieux ! Décalé. J'aime beaucoup aussi.

anti, je chante un baiser...

Ecrit par : anti | 03 décembre 2008

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