03 décembre 2008

Le choléra progresse dans un Zimbabwe dévasté

Les autorités sanitaires internationales ne cachent plus leurs inquiétudes devant la progression de l'épidémie de choléra qui sévit depuis plusieurs semaines au Zimbabwe et qui, en l'absence de mesures rapides de prévention, pourrait s'étendre à plusieurs pays voisins d'Afrique australe. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) indiquait, lundi 1er décembre, que le bilan officiel, très vraisemblablement sous-estimé, s'élevait à 11 435 cas recensés et 484 décès.


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Après avoir déclaré à plusieurs reprises que l'épidémie était "sous contrôle", le gouvernement zimbabwéen a, le 27 novembre, sollicité pour la première fois l'aide internationale, en soulignant qu'avec le début de la saison des pluies, la situation menaçait d'empirer. Le risque est d'autant plus grand que Harare, la capitale du Zimbabwe, est privée d'eau courante depuis le 30 novembre, du fait d'une pénurie de produits destinés à la désinfection.

Par ailleurs, la municipalité vient de décider d'offrir des tombes gratuites aux victimes de la maladie. "Le conseil municipal a pris cette mesure en raison des grandes difficultés éprouvées par la plupart des familles pour trouver des liquidités et s'acquitter des frais d'obsèques", a expliqué le quotidien gouvernemental The Herald.

"Tous les éléments sont malheureusement réunis pour que l'on assiste à une crise sanitaire majeure frappant une population déjà particulièrement vulnérable, affirme-t-on à l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance). Nons observons d'ores et déjà des taux de mortalité très élevés chez les enfants."

Pour l'OCHA, les importants mouvements de population actuellement observés dans la région constituent également un facteur de risque. Des cas de choléra ont été recensés en Afrique du Sud, où les autorités ont décidé l'ouverture de cinq centres de soins le long de la frontière avec le Zimbabwe, qui n'a pas été fermée. Les épidémiologistes redoutent surtout une extension de l'épidémie en Zambie et au Mozambique.

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Les agences humanitaires des Nations unies ainsi que de très nombreuses organisations non gouvernementales sont actuellement mobilisées pour circonscrire le phénomène. La contamination par le bacille responsable du choléra est à la fois orale et d'origine fécale et peut se faire par l'intermédiaire de l'eau ou d'aliments souillés. Dans les zones endémiques, et a fortiori en situation épidémique, la prévention consiste essentiellement à respecter de strictes mesures d'hygiène et à tout mettre en oeuvre pour empêcher le croisement de la chaîne alimentaire avec celle des excréments.

"La lutte est organisée en deux pôles, précise-t-on auprès de l'OCHA. Un groupe sectoriel s'occupe de la prise en charge et du traitement des personnes infectées par le vibrion cholérique ; un autre s'occupe de l'ensemble des problèmes environnementaux, comme l'acheminement d'eau potable, la purification de l'eau, la distribution de savon, l'apprentissage des règles d'hygiène et la construction de latrines. L'action est rendue particulièrement difficile du fait de la destruction des structures sanitaires et de la pénurie de médecins et d'infirmières qui, pour beaucoup, ont quitté leur pays."

De fait, cette épidémie de choléra s'inscrit dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent. Au Zimbabwe, l'inflation se chiffre en millions de % et le chômage dépasse les 80 %. On sait d'ores et déjà que près de la moitié de la population, soit 5,5 millions de personnes, aura besoin d'une assistance alimentaire dès janvier 2009. Les Nations unies ont d'ailleurs lancé un appel à un financement pour réunir 550 millions de dollars (437 millions d'euros) afin de soutenir différentes opérations humanitaires.

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La crise se double d'une paralysie politique totale après la défaite du régime de Robert Mugabe aux élections générales du mois de mars. Pouvoir et opposition ont certes signé en septembre un accord de partage du pouvoir, mais ils n'arrivent toujours pas à s'entendre sur la répartition des principaux ministères.

"Le pays atteint un niveau catastrophique en matière d'alimentation, de santé et d'éducation. Tout semble être en train de s'effondrer autour de nous, a déclaré, lundi 1er décembre, à Dakar, Morgan Tsvangirai, le chef de l'opposition. Notre système de santé ne peut pas répondre à une telle crise." Pour sa part, Edwin Muguti, l'actuel ministre adjoint zimbabwéen de la santé, estime que la flambée épidémique est "le résultat des sanctions illégales imposées par l'Occident".

Par Jean-Yves Nau (Source Le Monde du 03 décembre 2008)



Pour mémoire :

CHOLÉRA :

C'est une toxi-infection intestinale due au bacille Vibrio cholerae. Les principaux "réservoirs" de ce germe sont l'homme et les milieux aquatiques propices à la prolifération d'algues, notamment l'eau saumâtre ou les estuaires. Cette infection se caractérise par une diarrhée aqueuse profuse et des vomissements incoercibles pouvant conduire très vite à une déshydratation.

THÉRAPEUTIQUE :

Elle repose pour l'essentiel sur une réhydratation efficace par voie orale ou intraveineuse. En l'absence d'un tel traitement, l'infection peut avoir des conséquences mortelles chez les personnes les plus fragiles. Il existe un vaccin oral, mais son efficacité n'est pas totale.


UNICEF



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Commentaires

Il y a une quinzaine d'années, certains experts prédisaient l'effondrement pur et simple de pays entiers d'Afrique sub-saharienne en raison des problèmes majeurs de santé qui les déciment.

Ils faisaient bien entendu allusion au VIH, qui affecte dans ces régions jusqu'à UNE PERSONNE SUR DEUX.

Si on ajoute à cela le choléra et l'incurie des gouvernants...

Ecrit par : Anna Galore | 03 décembre 2008

J'avais été effarée à Visa pour l'Image à Perpignan en 2007 par certaines photos et surtout ce qu'elles impliquaient, à savoir la très forte présence du choléra dans cette partie de l'Afrique.
Un an et quelques mois plus tard, la situation n'a fait qu'empirer, malgré les alertes et les témoignages...

Conclusion, il faut en parler encore plus fort !

Ecrit par : Miss You | 03 décembre 2008

Les épidémies, c'est ce que les pays pauvres ont trouvé de mieux pour attirer l'attention

Laissez moi vomir tranquille

Ecrit par : voiedoree | 04 décembre 2008

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