04 décembre 2008

Vers la fin des bombes à sous-munitions ?

Une centaine de pays signent mercredi 3 décembre, à Oslo, un traité interdisant les bombes à sous-munitions


"Le monde est un endroit plus sûr aujourd'hui. C'est l'accord humanitaire le plus important de la dernière décennie", a déclaré Richard Moyes, coprésident de la Coalition contre les sous-munitions (CMC), organisation regroupant près de 300 ONG.

La portée du traité est cependant limitée par l'absence des principaux producteurs et utilisateurs tels que les Etats-Unis, la Russie, la Chine, Israël, l'Inde et le Pakistan.



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Crédit photo REUTERS/ALI HASHISHO
Le Liban fait partie des pays les plus infestés par les bombes à sous-munitions. Quand les petites bombes qu'elles contiennent n'explosent pas tout de suite, elles se transforment de facto en mines anti-personnel.


A l'origine du processus d'interdiction, la Norvège a ouvert le bal et signé, la première, l'accord qui bannit la production, l'utilisation, le stockage et le commerce de ces armes, et qui, fait novateur, oblige les signataires à venir en aide aux pays et personnes qui en ont été victimes.

L'article 1 du projet de traité tel qu'il avait été rendu public lors de la dernière conférence préparatoire, en mai, à Dublin, stipule que chaque Etat partie au traité s'engage à ne "jamais, en aucune circonstance, employer d'armes à sous-munitions, mettre au point, produire, acquérir de quelque manière, stocker, conserver ou transférer à quiconque, directement ou indirectement, des armes à sous-munitions ; assister, encourager ou inciter quiconque à s'engager dans toute activité interdite à un Etat partie en vertu de la présente convention". Mais ce même texte permet toutefois de nombreuses exemptions.


98 % des victimes sont des civils.

Les bombes à sous-munitions peuvent contenir plusieurs centaines de "bombettes" qui se dispersent sur un vaste périmètre mais qui n'explosent pas toutes, se muant de facto en mines antipersonnel, lesquelles sont interdites par la Convention d'Ottawa signée, à l'issue d'un processus similaire à celui d'Oslo, en 1997.

Selon Handicap International, environ 100 000 personnes, dont 98 % de civils, ont été tuées ou mutilées dans l'explosion de sous-munitions à travers le monde depuis 1965. Plus d'un quart sont des enfants intrigués par leurs formes et leurs couleurs.


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Crédit photo AFP/RAMZI HAIDAR
Une bombe à sous-munitions.


Toujours selon les organisations humanitaires, quelque 440 millions de ces bombes ont été utilisées dans le monde depuis 1965, et de nombreux pays en sont encore affectés aujourd'hui, en particulier l'Afghanistan, l'Irak, le Kosovo, le Liban et le Laos, pays le plus infesté de la planète, qui a été le second à signer le traité, mercredi.

Entre 1964 et 1973, l'US Air Force a déversé 260 millions de sous-munitions sur son territoire, l'équivalent d'une cargaison de bombardier B52 toutes les huit minutes pendant neuf ans.

Mercredi et jeudi, une centaine de pays au total, dont la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Canada, devraient signer le texte négocié à l'arraché à Dublin.

Malgré l'absence d'Etats-clés à Oslo, notamment des Etats-Unis, le directeur de Handicap International, Jean-Baptiste Richardier, se réjouit de la naissance du traité, sur le site de l'organisation : "Demain, les pays non signataires, qui souhaiteront utiliser les bombes à sous-munitions, devront le faire en ayant conscience d'avoir recours à une arme illégale. Et cela, ça change tout."
Dans une vidéo mise en ligne, l'organisation évoque ainsi une "victoire historique".

(Source Le Monde du 03 décembre 2008)


L'avis de Handicap International sur ce sujet :

Les étapes du processus d’interdiction : rappel.

Questions Réponses sur le traité


Comment agir ?

Site Handicap International que faire ?


Miss You

Commentaires

C'est un début d'espoir, après une inertie totale et criminelle qui a duré bien trop longtemps (sans parler de l'inconséquence tout aussi criminelle d'avoir un jour conçu des horreurs pareilles).

Ecrit par : Anna Galore | 04 décembre 2008

Ce n'est qu'un début oui, qui m'a fait penser à la lutte contre les mines antipersonnel (dont les victimes sont d'abord et surtout des civils et parmi eux, des enfants).

Selon Handicap International, "leur utilisation était normalisée il y a 10 ans, aujourd'hui c'est un scandale. Seuls 2 Etats en auraient utilisé en 2008, et plus aucun transfert n'est officiellement recensé."

Espoir...

Ecrit par : Miss You | 04 décembre 2008

La Norvège est toujours précurseur dans ce qui est humainement à faire.

Pays l'un des plus miséreux au début du XXe siècle, la Norvège est classée première sur l'indice de développement humain (ex-æquo avec l'Islande).

Elle est aussi déclarée le pays le plus en paix du monde par le Global Peace Index.

Elle est membre fondateur de (en 1949), et de l’ONU, à laquelle elle a fournit son premier secrétaire général (Trygve Lie).

Classements politiques et économiques :
Freedom in the World 2007 : libre, classée n°1 en politique et libertés publiques
Liberté de la presse 2007 : 1re (ex-æquo avec l'Islande)
PIB par personne 2006 : $ 55 600
Indice de développement humain 2007/2008: 1re (ex-æquo avec l'Islande)
Alphabétisation 2003 : 100 %
Chômage 2007 : 2,4 %
Global Peace Index : 1re (1,357)
Corruption 2007 : 9e nation la moins corrompue (8,7)[17]

anti (source wikipédia)

Ecrit par : anti | 04 décembre 2008

Parmi tous ces chiffres impressionnants (chapeau bas la Norvège), je suis bluffée par le 100% d'alphabétisation.

Je repense à Soeur Emmanuelle pour qui un enfant scolarisé était un enfant sauvé.

Ecrit par : Miss You | 04 décembre 2008

Il y a beaucoup mieux maintenant : les chemtrails

Ecrit par : voiedoree | 05 décembre 2008

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