10 décembre 2008
Anna Eleanor Roosevelt, une Lady !
Aujourd’hui, 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, j’ai envie de rendre hommage à l’une de ses principaux rédacteurs, en braquant le projecteur sur une grande dame, Anna (hé oui !) Eleanor Roosevelt.
« Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. »
(Anna Eleanore Roosevelt)

Avant de m’intéresser à cette femme hors du commun, je la pensais seulement épouse d’un des Présidents américains les plus célèbres (Président quatre fois élu, qui a su gérer la Grande Dépression, qui fut à l’origine du New Deal et dont l’influence tout au long de la deuxième guerre mondiale demeure incontestable).
Eleanor Roosevelt a été tellement plus en réalité : Elle était femme, suffragette, citoyenne engagée, féministe, avant-gardiste, diplomate, militante, généreuse.
Anna Eleanor Roosevelt, connue comme Eleanor Roosevelt, née le 11 octobre 1884 et morte le 7 novembre 1962, est l’épouse de Franklin Delano Roosevelt (FDR) et « première dame » des États-Unis du 4 mars 1933 au 12 avril 1945. Elle est la première des First Ladies à rendre ce rôle actif.
Si on a beaucoup parlé de l’utilisation par FDR du nouveau média qu’était la radio, en s’adressant chaque semaine aux Américains lors de ses Fireside Chats (« conversations au coin du feu »), Eleanor, elle, utilise les journaux. Sa courte chronique quotidienne, intitulée « Ma journée » ("My day"), est publiée dans plus de 200 quotidiens, six jours sur sept, et alterne « gentilles » banalités et opinions avant-gardistes sur l’égalité des sexes et la déségrégation raciale.

Sa lutte pour les droits des enfants, pour le secours des pauvres et des opprimés lui attire la reconnaissance de millions de personnes à travers le monde.
Active dans la sphère publique comme dans la sphère privée, elle est professeur dans une école qu'elle a créée pour les jeunes défavorisés, directrice d'une usine qu'elle a montée pour les chômeurs et combat pour l'égalité des droits à une époque où cette idée est loin d'être partagée par tous.
Plusieurs de ses propositions seront intégrées aux programmes sociaux du New Deal.
Féministe engagée, elle défend le Mouvement américain pour les droits civiques. Si ce mouvement se réfère principalement à la lutte des Noirs américains pour l'obtention et la jouissance de leurs droits civiques, il vise aussi, et plus généralement, toute lutte pour les droits civiques aux États-Unis, et notamment l'American Indian Movement, le Chicano Movement, le Black Panther Party, le Black Feminism, la Gay Liberation movement, etc… . Principalement non-violent réclamant l'égalité des droits politiques à tout citoyen Américain, et symbolisé par Martin Luther King, ce mouvement a eu une influence durable sur la société américaine, à la fois dans les tactiques employées par les mouvements sociaux, la transformation durable du statut des Noirs américains, et l'exposition publique d'un racisme persistant au sein de la société, en particulier, mais pas seulement, au Sud.

Au fil des quatre mandats de son époux à la Présidence, Eleanor pousse toujours un peu plus, à la marge, pour inclure davantage de pauvres, de femmes, de noirs, dans les programmes du New Deal, dans une Amérique profondément raciste et misogyne.
Elle incite son mari à rencontrer des leaders noirs, à multiplier les nominations gouvernementales, alors rarissimes, de gens de couleur et de femmes. FDR est sur le point de signer le premier décret présidentiel interdisant la discrimination raciale dans l’État fédéral et engager des troupes noires dans les combats de la seconde guerre. L’opération est politiquement délicate. Franklin doit garder les votes démocrates du Sud blanc et raciste, alors même qu’Eleanor, vue comme une amie des noirs, attire durablement leurs votes vers le parti démocrate. « Comment pouvons-nous prôner la démocratie ailleurs dans le monde, s’exclame-t-elle, alors que nous refusons à des gens venus chez nous contre leur gré (les esclaves) les droits élémentaires ».

Au début de la guerre, elle intervient aussi pour que l’Amérique accueille les réfugiés juifs européens, contre l’avis du Département d’État et de la majorité d’une opinion publique alors très antisémite.
Elle pèse aussi sur la décision d'engager les États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale et n’hésite pas à rendre visite aux troupes sur le front. Pendant le conflit, elle travaille aux Nations unies et aide à la fondation de ce qui sera en 1946 l'UNICEF.
Après le conflit, Eleanore joue un rôle déterminant dans la création de l’Organisation des Nations unies (ONU) où elle devient Déléguée (première femme à siéger) pour les Etats-Unis à l’Assemblée Générale en charge des questions humanitaires, sociales et culturelles.

Elle dirige ensuite, pendant la présidence Truman, la commission chargée de rédiger la Déclaration universelle des droits de l’homme avec notamment John Peter Humfrey, avocat Canadien, Directeur de la Division des droits de l’homme des Nations Unies, et René Cassin , homme politique et diplomate Français, futur Président de la cour européenne des droits de l'homme. Elle se bat notamment pour inclure les femmes (mais les rédacteurs français n’ont pas emboîté le pas, parlant de « droits de l’homme »). « La Commission des droits de l’homme comprenait 18 membres de divers horizons politiques, culturels et religieux. Mais c’est Mme Roosevelt qui a vraiment été la force qui a permis l’adoption de la Déclaration. » (Source www.un.org).

Ses nombreux voyages dans le monde et sa diplomatie contribuent à l'adoption de la déclaration par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1948. Elle la lit à la tribune de l'Organisation des Nations unies. En parallèle, elle participe à la création de l’Etat d’Israël et milite en faveur d’une reprise, même prudente, des négociations avec l’URSS, en pleine guerre froide.
Elle décède en novembre 1962 à New York.

Quelques citations d’elle pour conclure :
A la naissance d'un enfant, si sa mère demandait à sa bonne fée de le doter du cadeau le plus utile pour lui, ce cadeau serait la curiosité.
Apprend des erreurs des autres. Tu ne peux vivre assez longtemps pour toutes les faire toi-même.
Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens.
Hier est de l'histoire, demain est un mystère, aujourd'hui est un cadeau.
Miss You
16:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : unicef, martin luther king






Commentaires
Voilà. Je me gardais le temps de lire tout ça, c'est fait. Quel beau portrait de femme incroyable encore !
Derrière chaque homme fort, il y a une femme encore plus forte... c'est encore vrai.
anti
Ecrit par : anti | 11 décembre 2008
Je ne sais pas la place qui lui est laissée dans la mémoire des Américains, mais j'ai été impressionnée en découvrant le parcours, les engagements et les succès de cette femme.
Je me suis régalée de sa rencontre en préparant cette note, j'ai très envie de lire son autobiographie.
Ecrit par : Miss You | 11 décembre 2008
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