12 décembre 2008

Des gorilles orphelins retournent à la vie sauvage

Une jolie info pour éclairer une actualité par ailleurs si sombre :



L'histoire est unique. Elle raconte le rêve comblé d'un Anglais excentrique qui, fortune faite dans les casinos, consacra une bonne partie de son temps et son argent à la préservation des espèces en danger. Des gorilles en particulier.

Au bout de la piste qui descend à travers la savane, en bordure de forêt, le camp de vie d'Iboubikro, dans la réserve de Lésio-Louna, à 160 kilomètres au nord de Brazzaville, donne raison à l'entêtement de John Aspinall, aujourd'hui décédé.


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Reuters/© Ho New / Reuters
La mère de ce jeune gorille a été victime de braconniers dans la région de Goma.


Ici, les gorilles orphelins ont trouvé un refuge. Privés de leurs parents victimes des braconniers, ces "bébés", souvent destinés au trafic international pour une clientèle privée, reprennent le moment venu le chemin de la liberté. Aucune tentative de réintroduction en milieu sauvage n'avait jusqu'à présent abouti.

Catherine Missilou est un peu l'âme de cette histoire. Depuis onze ans, à Iboubikro, elle veille sur ces rescapés au prix d'une vie d'isolement, coupée dix mois sur douze de sa famille restée dans la capitale congolaise. "Ils ont besoin d'une maman, de quelqu'un qui prenne soin d'eux, ce sont des enfants", confie-t-elle à la lueur d'une lampe à pétrole, sous la paillote où, le soir venu, le personnel du camp se rassemble.

Les bébés primates sont rendus à la forêt vers 6 ou 7 ans après avoir vécu en semi-liberté. Un premier groupe de cinq individus a été réintroduit en 2003 puis un second l'année suivante. Aujourd'hui, la réserve abrite 26 gorilles, dont 6 sont nés sur place, ce qui constitue le signe le plus tangible de la réussite de ce projet piloté en partenariat avec le gouvernement congolais. Chaque jour, des éco-gardes patrouillent pour vérifier leur état de santé et repérer d'éventuels braconniers.


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Les gorilles des plaines de l'Ouest (Gorilla gorilla gorilla) ne font par partie des espèces les plus menacées, même s'ils ont rejoint en 2005 la catégorie des "espèces en danger de disparition", selon l'Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN). Leur population totale serait de l'ordre de 150 000 à 200 000, alors qu'il ne reste plus que 700 gorilles des montagnes.

Mais la chasse commerciale et le virus Ebola restent des menaces permanentes avec la contraction de leurs aires d'habitat. Celle-ci est liée à la progression de l'agriculture et de l'exploitation forestière, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), qui vient de proclamer 2009 année de la protection des grands singes.

Le rêve de John Aspinall a un prix, près de 400 000 euros par an, assuré pour l'essentiel par sa fondation. Un budget exorbitant si on le rapporte au nombre de primates sauvegardés, qui sert à rémunérer la cinquantaine de personnes employées par la réserve dont la moitié d'éco-gardes. Un vétérinaire est attendu prochainement, ce qui permettra de ne plus envoyer en Angleterre les animaux malades.

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Dian Fossey


Incompréhension des villageois

Cette enclave de 170 000 hectares - paradis pour gorilles et autres animaux - suscite souvent l'incompréhension parmi les 15 000 villageois vivant alentour. "La population s'est paupérisée ces dernières années et elle ne comprend pas qu'on lui interdise l'accès à ce terroir qui, avant, constituait une zone de chasse", explique le conservateur de la réserve, Florent Ikoli.

Il y a deux ans, la fondation a décidé d'introduire un volet social à son projet. "Nous avons commencé par créer des associations pour avoir des interlocuteurs dans les villages. Puis des représentations théâtrales ont été montées pour sensibiliser les paysans à l'impact de la déforestation, à la préservation des gorilles", raconte Luc Mathot, un ingénieur forestier belge, coordonnateur du projet.

Il travaille avec eux sur le développement de leur territoire en leur demandant de dessiner la "carte de leurs rêves". Mais pour réaliser les rêves de ces paysans, il ne dispose que de 30 000 euros.

Plus lucide, Florent Ikoli garde les pieds sur terre : "Il ne faut pas imaginer qu'on va arrêter le braconnage avec des promesses. Les gens ont besoin de se nourrir et rien ne changera si le développement ne suit pas."

Par Laurence Caramel - Le Monde du 12 décembre 2008


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En lisant cet article ce matin, j’ai repensé au très beau film « Gorilles dans la brume » de Michael Apted, sorti en France en janvier 1989, qui évoque la vie de Dian Fossey, une anthropologue qui consacra sa vie à l'étude et à la sauvegarde des gorilles. Elle fut sauvagement assassinée le 26 décembre 1985.

A signaler aussi : le site super d’un expatrié, Pierre, prof Belge en vadrouille découvert au fil de cette note.

Et bien sûr, un lien vers La fondation Dian Fossey : www.gorillafund.org, parce que le combat continue.


Miss You

Commentaires

Des oiseaux jurassiens aux gorilles des montagnes il n'y a qu'un pas... La lecture de ta note, Miss You m'a particulièrement intéressée. La rencontre très émouvante de ces magnifiques animaux, dans les Virungas, en RDC en 2005 vibre avec toujours autant de force dans notre mémoire. La situation qui règne dans cette région d'Afrique si bouleversée depuis des années est tragique pour tous les êtres vivants, hommes et animaux confondus !

Ecrit par : Sylvie Chéreau | 12 décembre 2008

Ca a dû être fabuleux comme rencontre ;)

S'agissant de la situation en Afrique et dans cette région particulière, je me sens quelque part entre un vrai désespoir pour les populations et une sourde colère, impuissante.

Les infos des dernières semaines et même des jours derniers sont vraiment terribles et cela ne semble pas affoler plus que ça les dirigeants de quelque pays que ce soit. Les humanitaires font un boulot formidable mais ça ne suffit malheureusement pas. Où en est ce devoir d'ingérence dont l'Occident se targue si fort ?

Ecrit par : Miss You | 12 décembre 2008

Très beau combat, sur lequel j'avais eu l'occasion d'écrire il y a quelques temps en d'autres lieux.

Ces personnes qui sauvent, au risque de leur propre vie, nos frères les plus proches dans l'arbre de l'évolution forcent le respect et l'admiration.

Ecrit par : Anna Galore | 13 décembre 2008

"Elle raconte le rêve comblé d'un Anglais excentrique qui, fortune faite dans les casinos, consacra une bonne partie de son temps et son argent à la préservation des espèces en danger. Des gorilles en particulier."

Très belle histoire. Un peu partout, un peu de tout, pour tous.

Ces personnes qui agissent pour le bien de tous les êtres sont fantastiques. Dans sa présentation vidéo Marianne Chaud raconte avec émotion une scène dans laquelle, pendant qu'elles discutent, une femme himalayienne sauve une simple mouche en lui confectionant un cocon avec la laine qu'elle est en train de tisser. Respect.

anti

Ecrit par : anti | 13 décembre 2008

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