17 décembre 2008
"La terre des hommes rouges"
Avec les fêtes viennent les vacances et ça tombe plutôt bien, plusieurs films à l’écran me tentent bien. Parmi eux, j’ai très envie de voir celui-ci.

Film italo-brésilien de Marco Bechis
Sortie : 17 décembre 2008
Avec : Claudio Santamaria (qui, après avoir débuté au théâtre, commence sous la tutelle de Dino Risi avant d'exploser dans Juste un baiser. Claudio Santamaria s'est notamment produit dans Aspettando il Sole de Ago Panini, Casino Royale de Martin Campbell ou encore Romanzo Criminale de Michele Placido), Chiara Caselli, Matheus Nachtergaele (aujourd'hui l'un des plus importants comédiens du Brésil. Doté d'un talent largement reconnu il enchaîne les apparitions à la scène et sur le grand et le petit écran. Il est apparu dans la plupart des films brésiliens importants de ces dernières années dont "La Cité de Dieu" de Fernando Meirelles’ et "Centro do Brazil" de Walter Salles.).
Durée : 1 h 46.
Le synopsis :
La région du Mato Grosso au Brésil, de nos jours. Après le suicide de l'un des siens, Nadio, chef d'une tribu Guarani-Kaiowa, décide de dresser un campement sur les terres des Blancs. Pour lui, comme pour le chaman, il s'agit de réparer une terrible injustice : récupérer les terres dont ils ont été spoliés autrefois... Malgré les menaces et les intimidations des propriétaires terriens, les Indiens décident de rester sur place pour reprendre leurs droits, coûte que coûte. Désormais, deux mondes se font face, sans jamais cesser de s'observer. Alors qu'une idylle se noue entre la fille d'un riche fermier et Osvaldo, le disciple du chaman, l'hostilité des Blancs monte d'un cran. L'affrontement semble inévitable...
Marco Bechis La Critique du Monde :
"Au coeur de la révolte des Indiens Kaiowa"
Au bord d'un fleuve où glisse une barque emplie de touristes apparaît un groupe d'Indiens, masqués par un bosquet. Ils sont quasi nus, maquillés, apparemment stupéfaits de cette intrusion sur leur territoire. Ils lancent mollement une flèche qui tombe à l'eau. La scène suivante les montre ôtant leurs déguisements et percevant leur salaire de figurants, avant de s'en retourner dans la réserve où ils sont parqués.
Beaucoup de choses sont dites dès cette première scène : l'obligation, pour ces Indiens de la tribu kaiowa du Brésil, de mimer ce qu'ils furent, jusqu'à la caricature. De leur identité, leur image, il ne leur reste plus que cette dérisoire mise en spectacle, une mascarade comme symptôme de ce que le monde attend d'eux, à l'issue de laquelle ils n'ont plus qu'à revêtir le jean et le tee-shirt des inféodés à la société de consommation.

Birdwatchers, le titre original du film de Marco Bechis, donne une autre clé de lecture à ce qui n'est ni fiction ni documentaire : une histoire jouée par d'authentiques Guarani du Brésil, étayée par des faits vrais, par une enquête sur les humiliations subies, la spoliation de leurs terres par les fermiers blancs et la dissipation de leur culture.
Ce titre ironique, Birdwatchers - ceux qui observent les oiseaux - désigne aussi bien les touristes guettant le pittoresque d'un indigène local que les indigènes eux-mêmes, qui ont tant perdu de leurs coutumes dans une forêt dévastée qu'ils savent à peine chasser... sinon le propriétaire, cet oiseau impérialiste.
La chasse la plus pratiquée et la plus efficace, ici, est d'ordre sexuel, c'est celle des garçons lorgnant les filles. D'un côté, un flirt indigne aux yeux des Blancs : l'idylle entre l'adolescent indien et la fille à la Vespa, fille d'un riche fermier. De l'autre, un rapport de force entre prédateur raciste et sauvage affamé : l'acte de luxure qu'un fermier ivre veut imposer à une Indienne qui le traite d'"homme à la belle queue", et qui en profite pour lui dérober son revolver. Ainsi les étreintes se font-elles dorénavant entre occupants et occupés, et sans procréation. C'est la fin des Guarani qui n'ont plus rien à transmettre, et plus personne à initier.

Marco Bechis tourne délibérément le dos aux films ayant déjà montré ces Indiens du Mato Grosso, avec vedettes hollywoodiennes : Fitzcarraldo de Werner Herzog, La Mission de Roland Joffé, Le Nouveau Monde de Terence Malick. Plutôt que de faire de l'explorateur blanc la figure centrale du récit, il peint la révolte de cette tribu qui, contestant la légalité des possessions agricoles, viole les terres qui lui furent volées, dresse un campement hors du périmètre qui lui est dévolu et impose l'intervention du chaman.
La mort qui guette ces Indiens assiégés et brimés est d'autant plus rapide que nombre d'entre eux (les jeunes surtout) se suicident pour échapper à leur souffrance d'ici-bas et revivre ailleurs, dans une autre dimension. Ils croient aux esprits, aux présences maléfiques, à l'éternité de leur âme. Mais ils sont alors maudits par les survivants pour lesquels ils ont déserté, abandonné le combat collectif. La tribu s'éloigne au plus vite des cadavres des pendus, ensevelis avec leur téléphone portable et leurs chaussures de sport, ces fétiches de la société ennemie, signes de leur trahison.
La musique de ce film qui se termine par un cri de fauve est l'ingrédient qui transcende ces strophes de rébellion. Elle est due à Domenico Zipoli, un missionnaire de l'ordre des jésuites mort en 1726. Baroque, majestueuse, tempête de choeurs, elle octroie une dimension mystique.
Par Jean-Luc Douin – Le Monde du 17 décembre 2008
La bande annonce :
Bande annonce du film
Le site du film La terre des hommes rouges où je vous invite à lire les rubriques « Le réalisateur » et « Quelques repères », super intéressantes.
Miss You
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Commentaires
Ca a l'air tout à fait intéressant, en effet. Merci pour l'info !
Ecrit par : Anna Galore | 17 décembre 2008
Un très bon film à voir au Latina ( à Paris) : « la terre des hommes rouges ». On y rencontre l’aide d’un chamane à la lutte indienne pour la récupération de terres spoliées. Et on y découvre comment des chamanes sont liées à la vie sociale et quelles peuvent être leurs actions.
Commentaire de Jean-Gabriel (chamane)
anti, un ciné ? mdrrrr !
Ecrit par : anti | 08 janvier 2009
Bon.
Action.
Ce soir, on va voir "I feel good", séance de 20h30 au Sémaphore.
Anna, sans rire même si je me marre
Ecrit par : Anna Galore | 08 janvier 2009
Purée ! Les pauv' gosses ! Ils n'ont pas finit de m'entendre chanter après ça.
anti, contente !
Ecrit par : anti | 08 janvier 2009
haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa feel good talalalalala
Ecrit par : Anna Galore | 08 janvier 2009
c'est quand même incroyable..ces coïncidences.
J'allais appeler Anti pour lui en faire part, mais là je publie ici parceque vraiment c'est ... transmissible, je crois. (excusez-moi si vous ne pensez pas celà à postériori..) Et que celà fait déjà une semaine que je tente de vous transmettre quelque chose de tangible et réel de ces merveilleux moments vécus à Noël dans les Vosges..
résumons:
Anti parle maintenant des indiens et de leur terre spoliée (passé, quoique pas partout, hélas)),
Anna va voir le très américain"Ifeel good" ce soir avec son avenir ( sa famille)
Or...
sortant de la "maison des souffles" ou sweat lodge inipi je reçois ce mail d'Aseem, (indien (!)
...d'Inde (lol vous y avez cru, hein?) et prof d'archi aux usa maintenant..
"Florence,
Je me suis completement fascine par Las Vegas! C'est un enfer merveilleux et plein de paradoxes. C'est le type de ville qu'on aime hair, mais c'est ausse la ville le plus visitee due monde. J'etudie le proces d'urbanisme ici.
Aseem."
Ce à quoi je venais de répondre, hier soir...…
"Pendant que je me penche sur les vieux rituels amér indiens ((oui, je sais elle est facile celle –là.. I mean this play on words, this pun ??.. )
( je ne plaisante pas, mon mini voyage de Noël avait ce but).. Tu fais émerger l’histoire de l’urbanisation de cette ville si contemporaine, à peine vieille d’un siècle …
… je rentre donc à peine de cette recherche dans les profondeurs de l’âme collective du lieu même où toi, tu viens d’arriver pour travailler à la compréhension de sa construction actuelle voire future !!!
Oui, en effet quel joli mouvement de contrebalancement…
Ce qui est paradoxal, c’est sans doute, à première vue, nos positions.. ce qui est complémentaire, nos intentions et ce qui est unité, c’est quoi ? la compréhension ? la conscience ? la danse de l’esprit ? la résonnace du coeur?"
Je précise que le travail particulier de la deuxième loge dans lesVosges fut de nous relier à l'esprit de la "femme aux deux visages", celle qui, si j'ai ben compris, nous fait contacter nos contradictions et donc nous permet de chercher à les unifier..
Oui, le chamane c'était Jean-Gabriel...
Les âmes se rassemblent.
O Mitakuyé Oyasin!
ps:
Il y a aussi ce livre de Moore donné à lire pour ne pas passer un Noël triste l'année dernière, qui parle justement de ces contradictions et d'une initiation indienne entre ces deux mondes, celui du spitituel et celui du temporel concret...
Tu te souviens du titre Anti? à se tordre de rire, c'était. Et tellement juste! (il n'est pas dans une de vos notes, déjà? si?)
pps:
Ceci dit, certains disent que Las Végas aura pompé totalement le Colorado en 2010.
C'est moins fun.
Et retournera au désert? tentera de pomper un lac?
De Végas comme métaphore.
Heureusement les mormons, qui ont largement contribué à l'édification de la ville nous ont tous inscrits sur leur grand livre de la résurrection.
Ecrit par : sapotille | 08 janvier 2009
Le livre c'est "Un blues de coyote", hilarant et en même temps, très informatif sur le monde et la culture des amérindiens.
Végas, j'avoue que je n'ai aucune envie d'y aller, jamais. Je croyais d'ailleurs que c'était Paris, la ville la plus visitée du monde.
Les Mormons, je ne sais pas trop où ils en sont mais je doute qu'ils aient aussi inscrits tous les mécréants (ça veut dire pas chrétiens), soit 5 milliards d'entre nous moi y compris. C'est pas grave, hein, je compte bien m'en sortir sans eux.
La femme aux deux visages, woaw, ça a l'air vraiment fascinant. J'espère qu'on aura l'occasion d'en parler plus !
Ecrit par : Anna Galore | 08 janvier 2009
La femme aux deux visages ! Comment ne pas penser à la couverture de "Là où tu es " ?
Je m'aperçois que je n'ai pas refais de note sur "Un blues de Coyote" sur le blog. A faire.
anti
Ecrit par : anti | 08 janvier 2009
La couv de "Là où tu es", c'est plutôt les deux femmes au même visage :-)
Ecrit par : Anna Galore | 08 janvier 2009
Moi non plus je n'ai aucune envie d'aller à Végas, et je ne vois absolument pas ce que je pourrais y faire, tout simplement, d'ailleurs.
Surtout pas en 2010..
Elle est la ville la plus visitée du monde depuis peu, les années 90 il semble me souvenir. Depuis que ces foutus amerloques ont favorisé une hôtellerie de masse et d'ailleurs je crois qu'ils cherchent à en faire une sorte de Disneyfricland. Le blème c'est qu'ils jouent avec la terre qu'ils ont volée, lui arrachent ses dernières forces. L'extinction du Colorado en est une conséquence terrible. La boue est l'état le plus subtil de la terre... sans eau, elle deviendra muette?
deuxième génocide.
Les mormons sauvent tous les humains sans distinction de quoi que ce soit. Ils vont chercher tous les noms qu'ils peuvent trouver, qu'importe l'origine, la culture , l'appartenance à qui, ou quoique ce soit. Ils s'en fichent totalement que tu sois athée ou croyant. Ils font çà pour tous les humains. Ils tiennent donc le registre de tous les noms inscrits, depuis qu'ils ont commencé à le faire, sur cette planète. Ils ont commencé par tous les documents écrits possibles et imaginables. avec les moyens technologiques actuels, çà aide. Ils le font juste parcequ'ils y croient. C'est peut-être inefficace, mais c'est gentil et généreux.
La femme aux deux visages?
Oui, à mettre en parallèle avec Janus aux deux visages? ...et le retournement de l'acrobate? cet acrobate qui touche sa tête de ses pieds à l'apex du tympan de Vézelay..et qui signifie sans doute entre autres le retournement de l'année..ou dcelui des temps..
mais celà va plus loin.. le dernier chapiteau avant l'accès à la crypte de Vézelay porte aussi un acrobate. Là tu rentre dans le ventre de ce lieu sacré, puis, tu en ressors de l'autre côté... là où Daniel, du haut de son chapiteau,dans sa mandorle, est prêt à renaître au monde...
ce retournement de l'année.. ce temps que nous vivons actuellement..
Acrobates et chapiteaux, clown eyokas "contraire" chargés de nous faire pénétrer dans le temps du sacré pour opérer un retournement de notre psychè..des amérindiens.. la Tradition est Une, c'est à n'en pas douter..
(Quant à Aseem, s'il aime haïr Végas, c'est qu'il est vraiment un city lover..)
Ecrit par : sapotille | 08 janvier 2009
La femme aux deux visages - Fascinant et très en ligne avec des choses qui nous sont effectivement familières. Merci !
Ecrit par : Anna Galore | 08 janvier 2009
"La couv de "Là où tu es", c'est plutôt les deux femmes au même visage :-)" dit l'Anna..
et bien sur çà m'a fait pensé à..
j'ai pris çà sur le premier lien google qui passait, je ne me souvenais que du titre et de l'histoire en gros..)
La femme aux 2 visages (1941) Film de George Cukor
Titre original : « Two-faced woman »
« La femme aux deux visages » est le dernier film de Greta Garbo. Elle a alors 36 ans et craint que le temps ne vienne ternir la beauté de son visage. Pourtant, avec cette histoire, de femme qui s’invente une sœur jumelle volage pour reconquérir son mari, elle nous montre que son charme agit toujours bel et bien. A tel point que le film fit scandale, certaines ligues morales américaines voyant là une attaque sérieuse contre l’institution du mariage. L’actrice en aurait été assez affectée. Tout le film est centré autour de Greta Garbo, Cukor sachant apporter par les dialogues une certaine fraîcheur et beaucoup d’humour, avec notemment quelques scènes savoureuses comme celle de la danse Chicachoca. L’ensemble donne une comédie très plaisante à regarder, même si le film est un peu en deçà de ce que l’on aurait pu attendre de cette (seconde) association entre Cukor et « la Divine ».
Note :
Acteurs: Greta Garbo, Melvyn Douglas, Constance Bennett, Robert Sterling
Voir la fiche du film et la filmographie de George Cukor sur le site imdb
(
Ecrit par : sapotille | 08 janvier 2009
Génial !!!
Ecrit par : Anna Galore | 08 janvier 2009
Sont vraiment ... ces amerloques... bien sûr que le mariage (le vrai) se nourrit de contradictions.
Tiens çà me rapelle la fameuse sortie de Picasso; "les femmes sont soit des serpillères soit des ptains..." et les deux?? jamais non???
l'était po doué pour le mariage, le gars..
Ecrit par : sapotille | 08 janvier 2009
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