03 janvier 2009

Helen Suzman, l'indomptable

Envie aujourd’hui de vous parler d’une femme que je trouve exceptionnelle de courage et de convictions. Une grande dame : Helen Suzman.


suzmannbxw2.jpg



Née en 1917 à Johannesburg, elle aura longtemps été la seule députée blanche opposée au régime ségrégationniste d'apartheid en Afrique du Sud.


Elle entre en politique en se faisant élire en 1953 députée dans la banlieue de Johannesburg, sous les couleurs du Parti uni (Parti libéral et conservateur, partisan de la réconciliation et de la coopération entre anglophones et Afrikaners).

Beaucoup plus radicale que ses collègues du parti qu'elle juge trop timorés dans leurs critiques de l'apartheid, elle quitte ce parti avec d'autres dissidents pour former le Parti progressiste (Progressive Party - PP) dont elle est la seule élue au parlement entre 1961 et 1974.

Durant cette période, elle intervient sans relâche pour défendre la liberté d'expression de tous les Sud-africains et combattre les textes législatifs organisant la séparation des races.


En 1967, elle fut la première députée à rendre visite au héros de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela dans sa cellule de l'île de Robben Island, et à alerter le monde sur les conditions de détention des prisonniers politiques (pour en savoir plus sur Robben Island : Goodbye Bafana).



suzmanmandelaka2.jpg

AP/John Parkin
Helen Suzman avec Nelson Mandela, le 26 février 1990, à Soweto.


En 1989, Suzman renonce à se représenter mais demeure très active dans la politique sud-africaine, notamment grâce à sa Fondation, qui participe à la promotion de la démocratie libérale en Afrique du Sud.


Faite docteur honoris causa pour son combat contre l'apartheid par 27 Universités, dont celles d'Oxford, Cambridge, Yale, Columbia et de Harvard, elle a reçu la médaille des droits de l'homme aux Nations unies en 1978 et la médaille de l'héroïsme en 1980.

Après son élection à la Présidence de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela lui avait décerné en 1997 la médaille d'or de l'Ordre du mérite.

"Son courage, sa probité et son engagement pour les principes de justice l'ont désignée comme l'une des figures de proue dans l'histoire de l'Afrique du Sud", avait-il déclaré en 2007, pour le 90e anniversaire d'Helen Suzman.


supersuzmanbdvx4.jpg

Ca c'est Super Suzman !



Helen Suzman, a continué de critiquer les politiciens actuels d'Afrique du Sud, notamment le président Thabo Mbeki pour ses positions sur le SIDA et le Zimbabwe.

Elle avait ouvertement déploré les limites enregistrées par l'Afrique du Sud post-apartheid en matière de lutte contre le crime, la pauvreté et le chômage, tout en se disant particulièrement fière d'être déclarée en 2001 «Ennemie de l'Etat» par le régime zimbabwéen de Robert Mugabe.


Lors de son 90ème anniversaire en 2007, elle appelait « au renforcement de l'opposition dans une démocratie encore en construction », estimant que ce qui a remplacé l'apartheid n'est pas très satisfaisant.

Elle déclare ainsi qu'au moment où elle était la seule députée progressiste, entre 1961 et 1974, elle avait « toujours eu la possibilité d'exprimer ses opinions » mais qu'en 2007, « c'est beaucoup plus difficile, le rôle de l'opposition n'est pas reconnu. Les questions restent sans réponse, elles sont déclarées invalides ».


suzmanetvvetambovk5.jpg

Helen Suzman et Adelaide Tambo, veuve d’Oliver Tambo,
juste avant leur remise d’un prix en Californie
pour leur action anti apartheid.




En 2004, Helen Suzman s'est vue attribuer par le public la 24e place sur la liste des 100 plus grands Sud-Africains de tous les temps.

Ses positions ne lui ont pas valu que des amis. "Je m'en fiche. Ce que je dis est la vérité", avait déclaré à l'AFP la "vieille dame indigne". Et d'ajouter: "je ne m'intéresse pas à ceux qui me critiquent, mais à ce qui se passe" dans le pays.

"J'ai eu l'opportunité exceptionnelle d'utiliser la scène du Parlement pour attirer l'attention du monde sur ce qui était en train de se passer".

Elle s’est éteinte paisiblement, à 91 ans, chez elle, le 1er janvier 2009.


helensuzman1mm1.jpg



Le Nobel de la Paix sud-africain Desmond Tutu a demandé vendredi l'organisation de funérailles officielles pour Helen Suzman, jugeant que le pays avait "une immense dette" envers cette "héroïne".

"L'esprit indomptable d'Helen Suzman était un cadeau pour l'Afrique du Sud et le monde", affirme l'ancien archevêque anglican.

"Pilier de la lutte anti-apartheid, elle fut une réelle héroïne", poursuit Mgr Desmond Tutu. En luttant "avec dignité et fermeté" contre le régime d'apartheid, elle a "fait briller une lumière pour la justice et la responsabilité".

"Nous avons une immense dette envers elle. Le moins qu'une grande Nation puisse faire est de manifester sa reconnaissance en organisant des funérailles officielles", estime-t-il.


(Sources : Wiki, Fondation Helen Suzman, Agence de Presse Afrique)


Miss You

Commentaires

Chapeau bas, quel parcours, quel courage...

Ecrit par : Anna Galore | 03 janvier 2009

Très interessant article m'z'elle. Quelle leçon de vie cette femme ! Bravo ! Quelle femme !

anti

Ecrit par : anti | 03 janvier 2009

Impressionnant... On ne parle jamais assez de ces exemples là. Honneur à elle.

Ecrit par : sapotille | 04 janvier 2009

Écrire un commentaire