21 janvier 2009

Robert Badinter, homme de droits

Une petite news qui m’a fait plaisir, comme un nouvel hommage à un homme dont les actes et les engagements m’inspirent le plus grand respect. L’occasion aussi de revenir sur son parcours si riche.



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(Crédit photo Wiki)




La news :

Badinter élu par les énarques


Les élèves de l'Ecole nationale d'administration (ENA) ont choisi samedi dernier le nom de l'ancien ministre de la Justice Robert Badinter, sénateur (PS) des Hauts-de-Seine, pour la promotion 2009-11, a annoncé l'école dans un communiqué.

Le nom de l'ancien Garde des Sceaux de François Mitterrand, à l'origine de l'abolition de la peine de mort en France, a été préféré au septième tour du scrutin, par 49 voix sur 89 suffrages exprimés, à ceux de Georges Clemenceau, Hannah Arendt et Jean-Baptiste Colbert.

Réunis en séminaire d'intégration à Ventron (Vosges), les futurs hauts fonctionnaires ont «souhaité montrer leur attachement aux valeurs d'exemplarité et de probité d'un infatigable défenseur des droits civiques et des libertés, à l'échelle nationale et internationale», selon le communiqué.

Robert Badinter est la quatrième personnalité honorée de son vivant par l'ENA.
Avant lui l'ancien président sud-africain Nelson Mandela (promotion 1999-2001), Simone Veil (2004-06) et Pierre Mendès France (1976-78) avaient été choisis.


(Source AFP 20 janvier 2009)





L’homme et ses engagements :


Avocat au barreau de Paris, Robert Badinter lie son nom à la défense de causes célèbres, comme celle de Patrick Henry.
Militant pour les droits de l'Homme, il entre au parti socialiste dès 1971. Garde des Sceaux et ministre de la Justice durant le premier septennat de François Mitterrand, il fait voter par l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort le 9 octobre 1981.


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(Crédit photo perspective.usherbrooke.ca)



Ici, ses mots devant l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981, pendant la discussion du projet de loi portant abolition de la peine de mort.

Bien que la peine de mort n'existe plus en France et dans la grande majorité des pays de l'Europe, de nombreux pays continuent de l'appliquer (notamment la Chine et les États-Unis). C'est pour cette raison que Robert Badinter continue son combat. Il a été notamment l'un des animateurs du premier Congrès mondial contre la peine de mort qui s'est déroulé à Strasbourg du 21 au 23 juin 2001.

Le 31 décembre 2006, au lendemain de l'exécution de l'ancien dictateur irakien, Saddam Hussein, Robert Badinter estime que cet acte constitue « une faute politique majeure ». D'abord, au regard de la justice pour l'ensemble des crimes dont l'ancien dictateur ne fut pas jugé. Ensuite, au regard de l'avenir déjà assombri de l'Irak, il considère que cette exécution risque d'aggraver la dislocation du pays. Il rejette ainsi la notion « d'étape importante pour la démocratie » que constituerait la mort de Saddam Hussein pour l'administration Bush.

Il soutiendra le 7 février 2007 devant le Sénat le projet de loi visant à inscrire l'abolition de la peine de mort au sein de la Constitution, permettant ainsi à la France de ratifier deux traités rendant impossible le rétablissement de la peine de mort en France par une simple loi.


Il est également à l'origine d'autres mesures telles que :

• l'abrogation du délit d'homosexualité. (Au delà de son action en France, l'ancien Garde des sceaux a pris position pour une « dépénalisation universelle de l'homosexualité » qu'il soutient activement).
• la suppression de la Cour de sûreté de l'Etat et des tribunaux permanents des forces armées,
• l'élargissement du droit d'action des associations pour la poursuite des crimes contre l'Humanité et des infractions racistes...

De 1986 à 1995, il préside le Conseil constitutionnel.

Depuis 1995, il est sénateur (PS) des Hauts de Seine.


Au plan international, il préside la "Commission d'arbitrage pour la paix en Yougoslavie" (communément appelée Commission Badinter) qui est créée le 27 août 1991 par la Communauté européenne. La commission Badinter rend de novembre 1991 à janvier 1993 quinze avis sur les problèmes juridiques qu'entraîne la sécession de plusieurs États de l'ancienne Yougoslavie.

Ces avis ont notamment permis de préciser certains points comme l'existence et la reconnaissance des États, les règles de succession et de respect des traités internationaux par ces derniers et la définition des frontières.

En 1991, il participe à l'élaboration de la Constitution de la Roumanie.

Depuis 1995, Robert Badinter est président de la Cour européenne de conciliation et d'arbitrage de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.


A propos des droits de l’homme, je vous invite à lire le discours qu’il a tenu lors du 50me anniversaire de la Déclaration Universelle (en 1998), un discours encore terriblement d’actualité.


(Extraits de Evene et Wiki)


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« J'avais écrit ce livre, où se mêlent récit d'un drame judiciaire et réflexions sur la justice et le métier d'avocat, après l'exécution de Claude Buffet et Roger Bontems, en novembre 1972, à Paris, dans la cour de la prison de la Santé.

Tous deux avaient été condamnés à mort par la Cour d'assises de Troyes pour avoir pris en otage et égorgé, à la Centrale de Clairvaux, une infirmière et un gardien. Leur grâce avait été refusée par le Président Pompidou.

Depuis lors, la guillotine a été reléguée dans les caves d'un musée, et la peine de mort a disparu de nos lois. Mais elle sévit encore dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis.

Et la tentation d'y revenir n'a pas disparu de tous les esprits. Cette justice qui tuait, la voici à l'oeuvre dans ce livre. Il n'est pas inutile que de nouvelles générations, plus heureuses à cet égard que la nôtre, la connaissent.
» Robert Badinter (1998)



Miss You

Commentaires

Très beau billet, Miss You ! Robert Badinter est l'une des figures politiques qui m'inspirent le plus grand respect. Il possède une mesure et une justesse d'analyse qui font défaut à ces jeunes politicards qui considèrent avant tout leur propre promotion dans leur putain d'échelle de fausses valeurs. Les "Mendes France" ne sont pas légion dans notre vie politique française.
Robert Badinter est un "Homme d'Etat" avec toutes les majuscules. J'ai parfois du mal à comprendre pourquoi nos hommes politiques contemporains ne possèdent pas la hauteur de vue qui sied à de telles fonctions. Les temps changent. Peut-être...

Ecrit par : Christina | 21 janvier 2009

Entièrement d'accord avec toi. Un fabuleux parcours, de vrais combats, une belle détermination et le succès de les voir se matérialiser.

J'ai eu la chance d'assister à quelques uns de ses cours à la Sorbonne, ça a été un bonheur et chaque fois une vraie leçon d'humanité.

Homme d'Etat : C'est tellement vrai ! Ils sont rares et je n'en vois pas d'autres que lui chez nous.

Ecrit par : Miss You | 21 janvier 2009

Merci, Miss, de nous avoir rappelé le parcours de ce grand humaniste. Tant qu'il sera de ce Monde, il restera la sentinelle des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Après lui ? Comme Soeur Anne, je ne vois rien venir...

Ecrit par : ramses | 21 janvier 2009

... si ce n'est que la route qui poudroie et l'herbe qui verdoie...

Ben voilà, on a bonne mine tous, la main au dessus des yeux à guetter l'horizon ;)

Ecrit par : Miss You | 21 janvier 2009

Les hommes ne sont souvent que les produits des valeurs de la société dans laquelle ils grandissent. D'où le déficit actuel d'Hommes et de Femmes d'Etat.

A propos de Femme d'Etat, n'oublions pas Simone Veil. Quelle vie et quel courage !

Je me sens naine à ses côtés. Presque comme si nous appartenions à deux espèces humaines différentes !

Ecrit par : Christina | 21 janvier 2009

"A propos de Femme d'Etat, n'oublions pas Simone Veil. Quelle vie et quel courage !"

Oh que oui alors.

Petite news : Robert Badinter sera invité du Grand Journal demain soir sur Canal+. Je suiscurieuse de l'entendre sur Obama et l'Europe, sur Obama et les droits de l'homme (je pense à l'univers carcéral américain, Guantanamo et la peine de mort encore en vigueur dans plusieurs Etats de l'Union).

Ecrit par : Miss You | 21 janvier 2009

Je pensais justement à lui avant hier quand je parlais de Obama qui était pour la peine de mort lui (avec des restrictions).

Un homme formidable. Je n'oublierai jamais le moment où il a annoncé à Anne Sinclair dans son émission 7/7 qu'il ne se présenterait pas aux élections présidentielles ! Scotchée !

Dans les femmes remarquables, il y a aussi, Madame Badinter à mes yeux.

anti

Ecrit par : anti | 21 janvier 2009

Voilà une femme (une de plus) que je ne connais vraiment pas bien. A découvrir donc :-)

J'ai lu il y a très très longtemps "Emilie, Emilie" mais je ne m'en souviens pas vraiment. Je crois que je n'étais pas dans l'état d'esprit pour apprécier. Trop jeune peut être, pas prête.

Ecrit par : Miss You | 21 janvier 2009

Comme vous, j'ai un respect immense pour cet homme politique comme il y en a très peu.

Je me souviens, quant à moi, de ce moment historique où il a pris la parole à l'Assemblée pour dire très ému: "J'ai l'honneur de vous demander d'abolir la peine de mort".

Je vous rejoins également sur l'admiration que je porte à sa femme et à Simone Veil.

Ecrit par : Anna Galore | 21 janvier 2009

On reconnait les Grands Hommes (et Femmes) au fait qu'on n'ose lâcher les chiens qu'après leur disparition.

Ecrit par : ramses | 22 janvier 2009

Badinter sur Canal dans quelques minutes.

anti

Ecrit par : anti | 22 janvier 2009

Yes yes yes ;)

Ecrit par : Miss You | 22 janvier 2009

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