23 janvier 2009
Nîmes au rythme du flamenco
Jusqu’au 29 janvier 2009, le Festival de Nîmes présente sa dix-neuvième édition avec l’enthousiasme et l’énergie de la jeunesse, la sérénité et la gourmandise de la maturité. Nîmes a su au fil des ans s’ouvrir et s’offrir au flamenco, art profond et subtil. Cette édition 2009 est couleur d’incendie.
Aussi enflammant qu'envoûtant.

Si la danse flamenca des origines était solitaire, celle d’aujourd’hui se démultiplie, se glisse dans les corps d’un ballet homogène, joue avec la chorégraphie et le théâtre.
En s'entourant de danseurs et musiciens, parées d’un sens du jeu tant tragique que comique, d’une grâce précise, les sculpturales danses et chorégraphies sévillanes nous invitent à entrer dans un lieu imaginaire où le flamenco enflamme les publics du monde entier.
Ce soir : Hommage à José Galván (Danse)
Réunie pour la première fois sur une même scène à Nîmes, la famille Galván oscille avec éclat entre tradition et avant-garde. Sang flamenco...
José Galván, le père, se consacre à des stages qu'il donne dans le monde entier, Eugenia de los Reyes, son épouse, n'a plus dansé depuis longtemps, Israel, leur aîné, enchaîne les tournées triomphales et Pastora, la plus jeune, a franchi un nouveau cap en 2006 avec La Francesa, imaginé pour elle par Israel. Ce soir, leurs routes se croisent. Événement !

Forcément, leurs enfants ne pouvaient y échapper. Israel Galván a choisi d'aller au bout de ses désirs de modernité avec une audace sans limites. Il s'est imprégné dès l'enfance d'une manière forte de vivre le flamenco et, à l'image d'un Picasso formé par un père professeur aux Beaux-Arts de Málaga, c'est bien cette possession innée des canons traditionnels qui lui permet aujourd'hui ce dépassement.
Pour Pastora Galván, la tâche était délicate en raison du succès d'Israel, « génie d'avant-garde ». Mais elle se forme patiemment, d'abord au conservatoire de Séville, puis au fil de rencontres intuitives et de nombreux voyages initiatiques (aux USA, au Japon). Israel, son aîné de sept ans, l'accompagne et la guide en douceur ; elle danse dans plusieurs de ses créations mais elle ne grandit pas dans son ombre. Et cette Francesa, qu'Israel écrit pour elle en 2006, est hommage à une danseuse lumineuse...
José Galván, flamenco sévillan, a démarré une carrière précoce et rencontre en 1966 la danseuse Eugenia de los Reyes qui devient son épouse et sa partenaire. C'est l'époque du boom touristique où les flamencos passent de tablaos en hôtels de la Costa del Sol avec des tournées jusqu'aux USA. En 1977, le couple ouvre une des premières écoles de danse de Séville ; José dirige sa propre compagnie et des dizaines de grands noms du baile fréquentent la célèbre académie du quartier de San José Obrero. José et Eugenia sont de grands danseurs et passeurs qui ont consacré leur vie à transmettre la flamme du flamenco.

Samedi - Cante Grande (Concert acoustique)
Avec José Valencia (chant) et Miguel Iglesias (guitare)
Valencia, encensé par les puristes, est un authentique défenseur de la tradition.
Élevé à Lebrija, José Valencia est un de ces chanteurs dits orthodoxes qui défend un art du cante dépouillé et profond, sans artifice. Admirateur du maestro Antonio Mairena, réclamé par tous les festivals ou les meilleures peñas d'Andalousie, habitué des tournées internationales au sein des grandes compagnies de danse, il aime par dessus tout ces moments de chant pur. Il est accompagné par son complice Miguel Iglesias, guitariste et compositeur sévillan, lui aussi instrumentiste au jeu très épuré.
Flamenco puro.
Samedi et Dimanche - Mujeres (Danse)
La sérénité, la volupté, l'innovation. Merche Esmeralda s'épanouit encore avec une dignité intemporelle ; Belén Maya vit la danse comme la fusion du corps et de l'esprit ; la jeune Rocío Molina brille. Mujeres, ultime signature du regretté Mario Maya, est la rencontre explosive de trois générations, de trois tempéraments de feu, de trois univers du baile.
Merche Esmeralda a ouvert son académie de danse à Madrid et impose sa majesté classique. Issue de l'école sévillane, elle est une authentique « maestra », passionnée, réfléchie, modèle d'enthousiasme et de sobriété.
Belén Maya, est danseuse de l'épure surprenantes métamorphoses, à la fois flamenca d'un autre temps puis danseuse contemporaine sur un éclair vite gommé. Fille de Mario Maya et Carmen Mora, née à New York lors d'un séjour américain de ses parents, elle est, au sens propre, un oiseau rare.

Jeudi 29 janvier : Une prolongation de choix
L'Amour sorcier - El Amor Brujo
Musique Lyrique
D'après l'oeuvre de Manuel De Falla (version de 1915)
Première version d'El Amor Brujo (1915), cette partition inédite de De Falla est découverte en 1986. Version dramatique, et non symphonique, elle a renouvelé le théâtre populaire des années 1910 sous l'influence notamment de Gregorio Martinez Sierra et du mouvement moderniste espagnol. Conçu au départ comme une courte scène divertissante, l'argument s'est étendu sous l'effet de la fascination du compositeur pour l'esthétique andalouse et le flamenco.
Compositeur espagnol, Manuel De Falla vit à Paris de 1907 à 1914, où il contribue à la vogue hispanisante incarnée par Ravel. Il revient en Espagne et écrit la première version de l'Amour sorcier en 1915, puis le Tricorne en 1917 créé deux ans plus tard par les Ballets Russes de Serge Diaghilev.
Pianiste né en 1950, Jean-François Heisser enseigne au CNSM de Paris depuis 1991. Passionné par la musique espagnole, il consacre six enregistrements aux oeuvres pour piano de De Falla, Albéniz, Granados, Mompou et Turina (Erato, 1996). Il enregistre également Schumann, Bartók, Debussy, Dukas (Diapason d'Or) et Beethoven (Naïve, 2000)
13:43 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : danse, nîmes et ses alentours






Commentaires
Ah ben ça bouge, sur Nîmes !
Olé !
Ecrit par : Anna Galore | 23 janvier 2009
Ben ça alors je ne savais pas que Carmen faisait partie de la famille de mon mari mdr
J'aime bien voir bouger tout ça.
Ecrit par : Zaza | 23 janvier 2009
"je ne savais pas que Carmen faisait partie de la famille de mon mari"
Mdrrr Zaza, tu vois on en apprend tous les jours ;)
Ecrit par : Miss You | 23 janvier 2009
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