04 février 2009
Tourisme des catastrophes
En lisant cette nouvelle de l’AFP, j’ai halluciné.
Je connaissais le tempérament voyeur des gens qui ralentissent pour voir un « accident » sur la route.
Je réalise aujourd’hui à quel point le tourisme peut être à la fois voyeur (ce n’est pas nouveau), hypocrite (prétendre se sentir concerné par la disparition d’espèces ou de lieux) et destructeur (d’un monde déjà en danger et dans lequel leur venue accélère la perte, ne serait-ce qu’à cause des infrastructures permettant de les accueillir).
Ours polaires et glaciers menacés par le réchauffement climatique, forêts tropicales rongées par la déforestation : le tourisme étiqueté "planète en danger" connaît un succès grandissant.
Toujours plus fort ! Après les "pays voyous" draguant les touristes, les zones de guerre transformées en lieux de villégiature, une nouvelle tendance est en train de naître : le voyage dans des sites menacés.
De plus en plus, "les gens visitent des endroits parce qu'ils sont convaincus que ces lieux vont changer et ils veulent les voir avant", explique ainsi Ken Shapiro, rédacteur en chef du magazine professionnel américain TravelAge West.
Selon le journaliste, ce "tourisme des catastrophes" écologiques, phénomène apparu il y a environ deux ans, est en passe de devenir un "filon important" dans le secteur.
Les clients occidentaux, aisés et soucieux d'environnement, sont de plus en plus nombreux à choisir des voyages qui leur permettront de voir les glaciers de l'Antarctique, les neiges du Kilimandjaro ou la grande barrière de corail australienne, tous menacés par le phénomène de réchauffement climatique.
Les séjours africains libellés "vie sauvage" rencontrent un succès grandissant, explique de son côté Ross Kennedy, président du tour-opérateur Africa Albida Tourism qui organise des safaris au Zimbabwe, avec séjour dans des "lodges" éparpillés dans la savane pour dormir au plus près de la nature et des animaux.

"Les changements environnementaux" ont un impact de plus en plus évident dans les choix des destinations, explique Ross Kennedy, présent à Madrid à l'occasion de la foire internationale du tourisme, Fitur. Son entreprise qui gère des "lodges" près des chutes Victoria, sur le fleuve Zambèze, a enregistré une hausse de 4% du nombre des visiteurs en 2008 malgré l'instabilité politique du pays. Le nombre de visiteurs américains a été pratiquement multiplié par trois en quatre ans.
A l'autre bout de la planète, les croisières vers l'Antarctique et ses glaciers sont en passe de devenir un "must" du genre. 46.000 visiteurs y ont été recensés la saison passée, deux fois plus que cinq ans avant, indique l'Association des tours opérateurs de l'Antarctique.
"L'Antarctique fascine par son immensité, son isolement, sa pureté et sa faune unique avec pingouins, phoques et baleines", témoigne Juan Kratzmaier, un Argentin de 38 ans qui a encadré plus de 30 séjours touristiques sur le continent glacé.
Aux antipodes, mais toujours sur la carte mondiale d'un tourisme environnemental glacé, Churchill, 923 habitants, perdu au fond de la baie d'Hudson dans le grand nord canadien, est devenue une valeur sûre, malgré l'absence totale de route pour relier ce village au reste du pays.
Baptisée "capitale mondiale des ours polaires", la bourgade attire désormais une nuée de visiteurs qui peuvent apercevoir, depuis des bus spécialement aménagés, les plantigrades considérés comme "menacés". Churchill, qui n'est accessible que par avion et par train, "a réussi à se trouver une place dans le monde du tourisme pour une seule raison: les ours polaires", résume M. Shapiro.
(Source AFP)
Miss You
13:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité, climat






Commentaires
Oui, j'ai vu ça hier aussi. L'hallu...
Ecrit par : Anna Galore | 04 février 2009
C'est marrant, je me fais encore l'avocat du diable, mais moi je trouve ça plutôt positif comme attitude que les personnes se sentent concernées au point d'aller sur place et même, si le point de départ n'était pas si louable, il me semble impossible de revenir de tels endroits avec de tels thèmes sans avoir changé, et profondément.
Le tourrisme dans les pays pauvres c'est pareil.
Pour celles et ceux des touristes que ça n'atteindrait pas, je ne pense pas que le phénomène soit nouveau : j'ai le souvenir très net d'un docu vu quand j'étais toute petite où des gens allaient manger de la cervelle de singe par plaisir.
Pour moi, simple phénomène d'une part de médiatisation et d'autre part, de sensibilité.
anti, positive attitude.
Ecrit par : anti | 04 février 2009
Je ne l'avais pas vu comme ça. C'est vrai que c'est un point de vue intéressant. Tout est question d'état d'esprit, en fait.
Le danger, c'est bien sûr que l'activité touristique vers des destinations menacées ne devienne par elle-même un facteur agravant. Mais après tout, si cet aspect-là est bien contrôlé, pourquoi pas...
Ecrit par : Anna Galore | 04 février 2009
Je suis d'accord avec ce que tu dis sur l'intérêt et la prise de conscience, mais je ne peux m'empêcher d'imaginer le stress des animaux (ours ou baleines) dérangés par ces armadas de touristes qui les survolent et les dérangent.
Pour ma part, je préfèrerais savoir qu'il existe des lieux interdits à l'homme (à l'exception des gardes comme ceux qui protègent et surveillent les réserves naturelles), où les espèces menacées seraient protégées de tout et d'abord de lui, plutôt que d'avoir la possibilité d'aller vérifier sur place que les animaux y sont effectivement et qu'ils sont si peu.
Je crois sincèrement qu'on dispose d'assez d'images déjà prises et souvent très belles (documentaires, films, etc...) pour ne pas aller les déranger davantage.
Ecrit par : Miss You | 04 février 2009
Le problème c'est la surpopulation de toute façon. Je pense que les inconvénients et les avantages de ce tourisme se tiennent mutuellement en joue. Ils sont interdépendants dans bien des cas.
Ensuite, pour ce que j'en sais par expérience, aller voir certains animaux genre baleines, ours blancs, est fait aussi par des chercheurs ou passionnés (les deux !) et l'argent finance les recherches. Des profiteurs, il y en a toujours eu, il y en aura encore. C'est dommage, mais ça ne doit pas tout faire paraître horrible. C'est le coup de la tache sur la chemise : tu vois plus que la tache et pas le reste qui est propre.
anti
Ecrit par : anti | 04 février 2009
En fait, je ne fais pas trop confiance à l'humain, dans ce cas précis. J'aimerais croire qu'il peut être meilleur mais je ne suis pas sure qu'il en ait envie. Pourvu que je me trompe.
Ecrit par : Miss You | 04 février 2009
On s'est croisées Miss !
Les réserves existent aussi et c'est tant mieux, d'un autre côté cela en fait des gagne pain terribles pour les braconniers, ce qui ne peut arriver quand il y a des touristes en pagaille.
Ce que je veux dire, c'est que de système parfait, il n'y en a pas.
anti
Ecrit par : anti | 04 février 2009
Oui, on s'est croisées :)
Non, pas de système parfait, je sais bien et c'est d'autant plus frustrant qu'il y a une vraie urgence, comme si souvent.
Ecrit par : Miss You | 04 février 2009
Ben oui, quand ça n'est qu'alarmant on n'en entend pas parler. C'est comme les symptômes d'une maladie, quand on commence à les voir, ça craint.
anti
Ecrit par : anti | 04 février 2009
Il y aurait beaucoup à dire sur le tourisme de masse...
Pour schématiser, je pense que l'appât du gain des pays "hôtes" rejoint la quête de "bling-bling" de la plupart des visiteurs.
Pour ne parler que de l'Egypte, que je connais le mieux, il faut savoir que le tourisme représente la première ressource nationale, suivie de près par les droits de franchissement du Canal de Suez (deux rentes de situation, on n'a pas de pétrole - juste de quoi alimenter les véhicules autochtones facteurs de pollution, et encore, on fait "raffiner" ailleurs ! - mais on a des idées !)
Il s'agit d'un tourisme de masse (cheap tourism), où le patrimoine est sujet à des nuisances irrémédiables, dans le but unique d'apporter des devises au pays. La majorité des "touristes" n'a qu'une idée en tête, c'est de rapporter des photos pour épater leurs amis à leur retour...
Quand à la Thaïlande, c'est un repaire de pédophiles, sur lequel les autorités ferment les yeux, pour permettre aux familles pauvres de gagner un peu d'argent en "prêtant" leurs enfants à ces dépravés...
Le seul pays au Monde que je connaisse (en dehors des pays occidentaux), qui ne soit pas tombé dans ce travers, est Les Seychelles, dont l'indépendance ne remonte pourtant qu'à 1976. Grâce au Président France-Albert René, cet archipel a su se développer, sans porter atteinte à son patrimoine naturel.
Et il y aurait aussi beaucoup à dire sur ces Compagnies "charters", qui mettent en danger la vie de leurs passagers, par manque d'entretien de leurs appareils et l'inexpérience de leurs pilotes.
Sinon, comme dit Miss, il y a plusieurs chaînes TV, comme Ushuaia ou Voyages, qui permettent d'explorer le Monde pour pas un rond ! Sans parler de GoogleEarth...
Ecrit par : ramses | 05 février 2009
"Pour ne parler que de l'Egypte, que je connais le mieux, il faut savoir que le tourisme représente la première ressource nationale"
Et j'ai tendance à penser, qu'il n'y aurait pas eu cet attrait touristiques pour les pyramides, elles n'auraient pas été épargnées par l'urbanisme croissant de la ville.
De même, les temples d'Abou Simbel du pharaon Ramsès II seraient sous les eaux.
Et comme je parlais de Ole et de Jean-Gabriel, y'a pas mal de gens qui voyagent pour apporter le meilleur aussi, drainant après eux d'autres et d'autres encore.
anti, à block
Ecrit par : anti | 05 février 2009
Oui.. Le temple de Philae.. sauvé par l'Unesco je crois?
bon n'oublions quand même pas que
TOURISME:
Activité consistant à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des endroits qui seraient mieux sans eux.
Ecrit par : sapotille | 06 février 2009
J'aime bien cette définition Apostille mais j'y mettrai un bémol, il ne s'agit pas à mon avis d'empêcher le tourisme, tous les tourismes. Au contraire, il a permis et permet encore de découvrir la planète qu'on habite et le développement économique de régions qui en font leur principale activité.
Je crois simplement que certains tourismes sont à proscrire, lorsque leurs conséquences sont pires pour le lieu visité que les avantages qu'ils apportent.
La terre est suffisamment grande pour qu'on renonce (enfin j'aimerais) à certains lieux trop fragiles ou en péril.
Dans mon esprit, tout est question avant tout de respect. Oui oui je sais je suis une rêveuse mais bon... quand même.
Ecrit par : Miss You | 06 février 2009
je pense que le rêve est notre essence subtile et qu'il vaut mieux être tissés de beaux et grands rêves.. donc je touve tes propos très justes..
quant à ce que je disais , ce n'étais pas totalement sérieux..
;-))
Ecrit par : sapotille | 06 février 2009
je pense que le rêve est notre essence subtile et qu'il vaut mieux être tissés de beaux et grands rêves.. donc je touve tes propos très justes..
quant à ce que je disais , ce n'étais pas totalement sérieux..
;-))
Ecrit par : sapotille | 06 février 2009
et voilà que je radote enplus...
Ecrit par : sapotille | 06 février 2009
Maaaaaa non, tu radotes pas, t'es juste hyper convaincue
:-)
Ecrit par : Miss You | 06 février 2009
con et vaincue.. trop pour une seule fois :-))
Ecrit par : Apostille | 06 février 2009
;-)
Ecrit par : Miss You | 06 février 2009
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