01 mars 2009

« Du moment qu’elle me laisse le chat » par Philippe Adler

Hier soir, j’ai relu un roman que j’aime beaucoup.


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C’est un bouquin plein d’énergie, vif, dans lequel l’auteur épingle le monde du cinéma. Drôle, piquant, j’aime aussi la tendresse de l’auteur pour ses personnages. Même les « méchants » de l’histoire sont en fin de comptes capables d’humanité.

Et, puis les amoureux des chats craqueront pour Ellington, le gouttière, amateur de jazz et observateur féroce des comportements humains.



L’auteur

Passionné de musique, Philippe Adler s'est lancé très tôt dans la chronique musicale, tout en achevant ses études de droit. Dès les années soixante, on commence à retrouver sa signature dans les revues musicales les plus prestigieuses (Jazz Hot, Jazz Magazine, Melody Maker, Billboard, Rock and Folk) mais il fera le principal de sa carrière à RTL et à L'Express.

Ex-rédacteur en chef de Jazz Hot, il a animé une émission consacrée au jazz sur M6. Il a également écrit des chansons (Papa Tango Charly pour Mort Shuman, Macao pour le grand orchestre du Splendid).

Au cinéma, on l'a vu donner la réplique à Guy Marchand et Daniel Auteuil dans Les Sous-doués en vacances de Claude Zidi et, à la télévision, dans Sacré Lucien aux côtés de Jacques Villeret.

Ecrivain, il est l'auteur de : Bonjour la galère, C'est peut-être ça l'amour, Les Amies de ma femme, Graine de tendresse, Qu'est-ce qu'elles me trouvent ? (Source Livre de poche)



Le livre


L’histoire

Trois femmes, un homme, un chat. Cinéaste à succès, Aristide est un quadragénaire comblé par la vie. Jusqu’au jour où, empêtré dans la sombre machination fomentée par Nancy, une femme jadis aimée, il se retrouve cerné par le doute et convaincu que Marianne, son épouse va le quitter.

Sa vie semble chavirer.

Seul, dans la tourmente, Ellington reste cool. Ellington, c’est le chat d’Aristide. Gouttière de banlieue peut être mais aristo et clâssieux jusqu’au bout des griffes. Entre l’homme et son félin, c’est l’amour-passion. Marianne l’épouse, Nancy la délaissée, Magdalena « là au bon moment » n’y pourront rien…

Paru le: 01/12/1994
Editeur : Balland
ISBN : 2-7158-1034-2


Un extrait

« Vous, les humains, possédez aussi un nez mais parfois, l’on se demande pourquoi. On vous aurait mis un troisième œil à la place , ça serait pas plus mal et ce serait moins laid.

Maman et papa, eux, quand nous sommes à la campagne et qu’ils vont faire quelques pas dans leur champ le soir à la fraîche, ont pour coutume de s’extasier : « Mmmmh ça sent bon » puis ils passent à autre chose. Sans jamais disséquer. Le vert tendre du tilleul. Le miel de l’abeille. L’acidulé de la menthe. Les larmes de l’heure coupée. La bouse de la vache. La langueur de la rose. La coquinerie de la capucine. La trace de la couleuvre. Le capiteux de la violette. L’humus remué par les taupes.

Moi, avec mon petit museau rose de voyou de barrière, je sais distinguer les deux cent cinquante-deux senteurs qui s’exhalent d’une motte de beurre ou les deux cent vingt-cinq molécules de parfum qui composent l’essence du gruyère.

A Londres, les chercheurs sont en train d’établir qu’un Parkinsonien en puissance n’arrive plus à détecter le parfum de l’origan dans une pizza. Moins cher qu’un scanner comme procédure, non ? L’épouse fait déguster une de ces tartes italiennes à son homme et, s’il ne rugit pas de bonheur – « Mmmmh, chérie, ce fumet d’origan, quelle merveille, I love you! » -, elle le fait hospitaliser d’urgence et passe, dans la foulée, une annonce dans la section « Très Futures Veuves » de la Centrale des Particuliers
».


Bonne lecture !


Miss You

Commentaires

Philippe Adler est un très grand connaisseur de la musique de jazz et je regardais fidèlement son émission "Jazz 6" sur M6, aujourd'hui malheureusement disparue... Il serait retraité en région parisienne. Amusant et très classe d'appeler son chat "Ellington" (The Duke) !

Ecrit par : ramses | 01 mars 2009

Ah merci pour la précision Ramsès sur Jazz 6, je me suis posée la question au moment de préparer cette note et ensuite j'ai oublié d'aller vérifier (oups)... je rectifie de suite :-)

Il est génial cet Ellington là (bon, d'accord, l'autre aussi) mais celui ci c'est le jazzcat doté du plus british sense of humour que je connaisse ;)

Ecrit par : Miss You | 01 mars 2009

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