03 mars 2009
Rungis, le premier marché au monde...
…souffle aujourd’hui ses 40 bougies !
C'est l’occasion de revenir sur un lieu d’échanges à la fois célèbre et inconnu de la plupart des consommateurs.
De nombreux Franciliens et voyageurs ont aperçu le Marché d’Intérêt National « Le MIN », impressionnant complexe de la taille d’une ville, derrière les pistes de l’aéroport d’Orly.

Combien d’entre nous y sont entrés ? Qui a une idée des volumes échangés ? Pourquoi à Rungis ? Qui s’y approvisionne ?
Bref, c’est quoi Rungis ?

D’abord, un brin d’histoire
1110 : installation à Paris des Halles, un marché alimentaire sur sur l’actuel 2è arrondissement de Paris. Les Halles y resteront plus de 8 siècles jusqu’au transfert à Rungis.
1183-1269 : apparition des premiers pavillons abrités et bâtiments réservés aux poissons sous Philippe-Auguste et Saint Louis.
1543 : 29 ans de travaux décidés par François 1er.
1789 : premier marché de fruits et légumes. Les Halles de Paris prennent forme.
1811 - 1853 : refonte complète décidée par Napoléon 1er et confiée à l’architecte Baltard
1953 : création du réseau des MIN.
1962 : annonce officielle du transfert à Rungis (site comportant de vastes espaces libres facilement constructibles, au carrefour de grandes voies routières, ferroviaires et aériennes, facile d’accès pour les vendeurs et les acheteurs parisiens et provinciaux, pratique pour l’arrivée des marchandises)
1964 : début des travaux
03 mars 1969 : le Marché de Gros de Rungis est officiellement ouvert.
1973 : le marché de la viande rejoint Rungis. En effet, depuis la fin des années 1950, les produits carnés étaient installés à la Villette avec les abattoirs.
(Extraits du site rungis international.com)

Aujourd’hui, 40 ans !
Le marché d'intérêt national (MIN) de Rungis fête aujourd’hui son 40e anniversaire.
Rungis est "incontestablement le premier marché du monde", proclamait Marc Spielrein, président de la Semmaris (la société gestionnaire du MIN), lors du lancement fin novembre des festivités.

En un seul lieu, tous les produits frais sont regroupés.
• 6 000 tonnes de fruits, de légumes, de viande, de poisson transitent chaque jour par le MIN de Rungis
• 1,5 million de tonnes de marchandises par an
• 18 millions de bouches nourries, dont 11 millions en région parisienne
• 30 000 personnes vendent (1/3), achètent (1/3), préparent ou transportent (1/3) les denrées quotidiennement
• 7,6 milliards d'euros de chiffre d'affaire en 2007 (les chiffres 2008 seront connus en 2008).
La France, pays "producteur" et par tradition "gastronomique" est gourmande de "produits frais", souligne M. Spielrein.
Marché de gros, Rungis s'adresse avant tout aux petits commerçants travaillant en magasin ou sur les marchés, aux métiers de bouche (50 % des acheteurs), ainsi qu'aux restaurateurs (15 %).

La crise ? "Seul changement, les acheteurs fouinent plus, à la recherche d'opportunités. A Rungis, il n'y a pas de cours fixé à l'avance, tout se négocie entre acheteurs et vendeurs," explique M. Spielrein.
Le marché est ainsi parvenu à résister aux assauts de la grande distribution et à la disparition des petits commerces qui s'approvisionnaient essentiellement à Rungis.
La grande distribution n'achète au MIN que des produits "très spécialisés", qui représentent un faible volume, comme "les oursins en période de fête", rappelle David Bourganel, directeur marketing et communication de Rungis.
"Dès que le volume d'achat est conséquent, la grande distribution négocie directement avec les producteurs." Au total, la grande distribution contribue pour environ 10 % au chiffre d'affaires de Rungis, ce qui "ne compense pas la diminution du commerce de détail", souligne M. Spielrein.
Ce qui compense, ce sont les nouveaux clients, ceux de "l'alimentation hors domicile [restaurants, restauration collective - NDLR] qui n'est pas servie par la grande distribution, et l'exportation qui représente 10 % du chiffre d'affaires de Rungis, soit près de 800 millions d'euros", ajoute-t-il.
(Source Le Monde.fr/AFP)

Pour aller plus loin dans la visite virtuelle, quelques pistes à suivre...
Rungis et l’aide humanitaire
Les invendus en fruits et légumes sont récupérés et triés pour alimenter les banques alimentaires. L'A.N.D.E.S. (Association Nationale du Développement des Epiceries Sociales) occupe sur le M.I.N un entrepôt de 900 m² où sont collectés et triés les surplus, offrant une meilleure diversité alimentaire à leurs bénéficiaires qui n’avaient plus accès à certains produits frais faute de moyens. Ce projet permet par ailleurs la réinsertion de 14 personnes éloignées du Marché de l’emploi. (suite…).
Rungis et l’environnement durable
• Une alliance naturelle
• Une politique environnementale
• Le recyclage.
Miss You
15:45 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note






Commentaires
Impressionnant ! J'ai entendu, en effet, sur France Info certains des chiffres que tu cites (18 millions de personnes nourries PAR JOUR !!!).
Et c'est sympa de retrouver ici mention de l'ANDES, dont le site figure dans "La communauté de l'Anna" depuis les débuts du blog suite à l'article que lui avait consacré Anti et dont tu rappelles le lien.
Ecrit par : Anna Galore | 03 mars 2009
J'ai pensé ANDES avant même d'ouvrir la note ! C'est trop bien tout ça. Dites moi quand même là ? C'est Voiedo qui vous inspire les thèmes de vos notes ?
anti
Ecrit par : anti | 03 mars 2009
Il y a une vingtaine d'années, pendant plusieurs mois, en plein hiver et dans la neige, j'ai sillonné à pied Rungis pour vendre aux grossistes des logiciels adaptés à leur activité... Ca se passait la nuit, le "Pavillon de la Marée" ouvrant à 2 heures du matin, puis le secteur "Viande" et les "Fruits et légumes"... Tout se termine vers 9h... Ensuite, j'empruntais le pont (un vrai coupe-gorge) qui surplombe le périphérique, pour rentrer dormir à mon hôtel. Rungis est une ville, une fourmilière inimaginable... J'y ai croisé des gens sympa, d'autres franchement désagréables, des hommes d'affaires qui brassent des millions € par jour, des deshérités qui viennent grapiller ce qu'ils peuvent, des étudiants qui déchargent des camions avant d'aller en cours... Une "expérience" que je n'oublierai jamais !
Ecrit par : ramses | 03 mars 2009
Je me souviens de l'une d'entre nous ici sur ce blog qui m'a parlé un soir de Rungis... Une très belle histoire qu'elle nous raconteras peut-être ;-)
anti, s'te plééééééééééééééééééééééé !
Ecrit par : anti | 03 mars 2009
"Dites moi quand même là ? C'est Voiedo qui vous inspire les thèmes de vos notes ?" nan nan, pas cette fois ! En fait en lisant l'article du Monde, j'ai repensé à une mésaventure qui m'est arrivée à l'entrée de Rungis et j'ai eu envie d'en savoir un peu plus.
Quand j'étais encore étudiante, j'ai dû aller chercher mon père à Orly (jusque là tout allait bien).
Comme c'était un jour de grands départs, et qu'il connait mon absence totale de sens de l'orientation (disons mon grand sens de la désorientation), il m'avait fait un plan pour accéder à l'aéroport par l'arrière, chemin connu des professionnels de l'aéroport et des taxis, et éviter de tomber dans les bouchons de fous de l'arrivée officielle.
Idée de départ plutôt bonne et généreuse, sauf que :
1. mon père se repère surtout avec les stations services et les concessionnaires auto (alors que moi ce serait plutôt les fleuristes et les marchands de chaussures) et
2. mon papounet chéri est daltonien.
Conclusion, à la 3me station essence annoncée verte (et en réalité à forte dominante jaune), je n'ai pas tourné où il fallait et paf me voilà enquillée dans la voie d'accès "livraison" à Rungis, en plein milieu d'après midi (désert absolu), sans le badge qui va bien pour avancer et surtout coincée par les sabots crantés, qui se relèvent après le passage des roues et empêchent de faire marche arrière.
Grand moment de solitude pendant une bonne demi heure, jusqu'à ce que le gardien qui faisait sa tournée arrive "en courant" jusqu'à ma petite auto qui n'en pouvait plus de klaxonner dans le désert, et me demande "comment vous avez pu arriver jusque là, ça c'est vraiment incroyable" bref, sidéré le mossieur.
Après de longues discussions avec son talkie walkie, il m'a laissé entrer dans "Rungis" en s'assurant bien que je faisais aussitôt le demi tour autorisé pour ressortir de suite. Il ne m'a pas lâché des yeux, tellement inquiet à l'idée que je décide de partir visiter les lieux.
Bref (enfin si je peux oser), je suis repartie, stressée à l'idée de l'heure d'atterrissage qui était largement dépassée, et super frustrée de ne pas avoir fait mieux en 3/4 d'heure que 22 mètres sans avoir rien vu de ce Marché gigantesque.
Alors forcément depuis, Rungis, ça m'interpelle :-)
Ecrit par : Miss You | 03 mars 2009
J'en pleure de rire !!!
anti
Ecrit par : anti | 03 mars 2009
Mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
Ecrit par : Anna Galore | 03 mars 2009
c'est rapport à la bouffe que ça devrait me concerner ??????
uNE ANECDOTE
Quand je travaillais (il y a logtemps) je rencontrais toute sortes de gens dont un très riche (nouveau riche) qui m'a expliqué cimment il a fait fortune :
iL allait 2 à 3 fois par semaine à Rungis acheter des légumes qu'il revendait tous les jours sur les marchés mayennais, il a fait fortune en 7 ans avis aux amateurs.....
Ecrit par : voiedoree | 04 mars 2009
Ton histoire Voie me fait penser à une autre :
Celle d'un fils de famille richissime qui explique comment il a fait fortune.
Il a d'abord acheté quatre pommes qu'il a revendues le lendemain 25% plus cher.
Le surlendemain, avec le bénéfice fait, il a racheté cinq pommes.
Il les a revendu 25% plus cher, et le jour suivant...
il a hérité !
Ecrit par : Miss You | 04 mars 2009
génial ma miss préférée
Ecrit par : voiedoree | 04 mars 2009
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