22 mars 2009

Eau douce d'une rive à l'autre ?

Que pourrait faire la rive nord de la Méditerranée pour aider la rive sud, assoiffée d'eau ?

A cette question, souvent posée au 5e Forum mondial de l'eau , qui se déroule jusqu'au 22 mars à Istanbul, Félix Bogliolo donne une réponse surprenante :

"C'est simple, elle peut lui envoyer de l'eau. Techniquement, c'est possible." M. Bogliolo, un polytechnicien de 55 ans, fondateur de la start-up française Via Marina, veut créer des "rivières sous-marines".

L'idée est de transférer de l'eau douce par des tuyaux flexibles de quatre mètres de diamètre, posés au fond de l'océan. L'eau serait prélevée à l'embouchure de fleuves, "quand elle retourne à la mer et ne peut plus être utilisée par personne", afin d'être transportée sur des centaines de kilomètres.

Cette technologie n'a jamais été utilisée.

Les transferts d'eau ont habituellement lieu par voie terrestre, via des pipelines ou des canaux.

Quelques transports se font par bateaux, comme en 2008, entre Marseille et Barcelone.

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Construire des pipelines en acier comparables à ceux utilisés pour le transport du pétrole coûterait trop cher pour véhiculer de l'eau, dont le prix est très inférieur à celui de l'or noir. La start-up parie plutôt sur la stratégie du roseau, grâce à l'utilisation de fibres plastiques souples et moins coûteuses.

Le débit pourrait atteindre des dizaines de mètres cubes/seconde, avec un coût de revient inférieur à 40 centimes d'euro par mètre cube, soit moins qu'à la sortie d'une usine de dessalement. Le dispositif consommerait de l'énergie, mais là encore, moins que pour dessaler.

Quel impact environnemental ?

"En prélevant moins de 10 % du débit d'un fleuve à l'embouchure, on ne crée pas de désordre écologique majeur, affirme M. Bogliolo. Et on approvisionne des régions arides qui ont grand besoin d'eau pour les populations et l'agriculture."

La start-up n'a pas encore signé de contrat. Mais son fondateur annonce être en discussion avec une trentaine de pays, notamment avec la Turquie, pour l'alimentation en eau de Chypre nord. M. Bogliolo préfère ne pas citer ses clients potentiels, le sujet des transferts d'eau entre régions, a fortiori entre pays, étant très sensible.

Malgré tout, des sceptiques font déjà remarquer que les zones bien arrosées auraient intérêt à garder leur eau, alors que la ressource se fait plus rare.

Gaëlle Dupont (envoyée spéciale pour Le Monde.fr)


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Commentaires

L'Egypte est un des rares pays au Monde a dépendre pratiquement à 100% d'un Etat tiers pour son approvisionnement en Eau (le Nil a sa source en Ethiopie). C'est pourtant en Egypte que l'on gaspille le plus (canalisations en très mauvais état, arrosage anarchique...) 30% de l'eau est perdue et 45% des habitants des villes n'ont pas l'eau au robinet. On prévoit une pénurie d'eau généralisée pour 2025...

http://www.terra-economica.info/L-Egypte-a-court-d-eau,3663.html

Ecrit par : ramses | 22 mars 2009

Espérons que des forums comme celui d'Istanbul permettra de trouver des solutions aussi adaptées que possible avant que la pénurie soit irreversible. D'ici 2025, il y a juste assez de temps pour pouvoir encore agir.

Ecrit par : Miss You | 22 mars 2009

"Après une semaine de débats et de tables rondes, le 5e Forum mondial de l'eau s'est achevé, dimanche 22 mars à Istanbul, sur une déclaration politique jugée par nombre de participants insuffisante et inadaptée à l'urgence de la situation. Le document formule une série de recommandations et d'engagement, quelques fois très vagues : modifier la consommation de l'eau, en particulier dans l'agriculture ; lutter contre la pollution des cours d'eau et des nappes phréatiques ; nécessité de collecter et de traiter les eaux usées.

Mais la notion de "droit à l'accès à l'eau", réclamée par plusieurs participants, n'a finalement pas été retenue dans la déclaration finale. La France, l'Espagne et plusieurs pays d'Amérique latine et d'Afrique ont tenté de faire modifier le texte afin qu'il stipule que l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est un "droit" humain fondamental et non pas seulement un "besoin", comme cela a été retenu.

"Je suis déçue, car je pense que c'est un droit très important", a regretté la secrétaire d'Etat française à l'écologie, Chantal Jouanno, alors que le sénateur français Jean-François Legrand, qui a animé un collège de 300 parlementaires originaires de près de 90 pays, a jugé la déclaration "incolore, inodore et sans saveur".

Le Partenariat français pour l'eau (PFE), qui regroupe des représentants de l'Etat, des collectivités locales, des entreprises et des ONG, a également"déploré" que cette notion ne figure pas dans la déclaration finale. Le désaccord entre participants était profond, à tel point qu'une vingtaine de pays - parmi lesquels l'Espagne, l'Afrique du Sud ou le Bangladesh - ont signé une déclaration dissidente, selon un délégué vénézuelien, sans que l'on puisse savoir le contenu de celle-ci. Au final, peu de participants quittent Istanbul avec la certitude que la déclaration finale sera, comme l'a dit le ministre de l'environnement turc Veysel Eroglu,"un document qui servira de repère"."

http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/03/22/les-participants-au-forum-mondial-de-l-eau-se-separent-sur-un-desaccord_1171254_3244.html#ens_id=1168295

Ecrit par : Miss You | 23 mars 2009

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