24 mars 2009

"Van Gogh et les couleurs de la nuit"

Soudain, en Arles, Van Gogh sort son chevalet la nuit...



affichevg.jpg



Du crépuscule à l'aube, quasiment toutes les nuits peintes par Vincent Van Gogh (1853-1890) sont rassemblées à Amsterdam.

Dans le musée qui porte son nom, si lumière il y a, elle est nocturne. Mais irradiante.

Grâce à de riches prêts, l'exposition réunit 55 oeuvres inspirées par la nuit - dont une trentaine de toiles de Van Gogh et une quinzaine d'autres artistes, ainsi que 22 dessins - qui s'offrent en constellation, avec lampe à gaz ou voie lactée.


Les peintres de l'Ecole de Barbizon qui ont appris à Van Gogh à regarder la nature tous feux éteints. Ses premières toiles sont inspirées des forêts de Daubigny ou de Corot.

nuitrhone.jpg

« La nuit étoilée sur le Rhône » - Van Gogh


Jusqu'à 1890, il restera sous leur emprise, comme en témoignent trois crépuscules poudreux. Et puis il y a Millet, créateur de L'Angelus et de paysages à la lumière sourde qui ont bouleversé le jeune Vincent.

jmilletangelus.jpg

« Angelus » - Millet


On le comprend, à découvrir dans l'exposition une méconnue Nuit étoilée, épure magnifique de Millet, prêtée par l'université Yale, aux Etats-Unis : chaque étoile semble déborder de son aura.

mangeurspommesdeterre.jpg

« Les mangeurs de pommes de terre » - Van Gogh


Mais très vite Van Gogh invente son propre rythme, plus vigoureux et nourri des perspectives étranges des estampes japonaises. En 1885, il réalise ce qu'il estime être son premier chef-d'oeuvre : Les Mangeurs de pommes de terre.

Inspirée de Rembrandt, cette toile rude et noire est un hommage aux paysans, dont il se voyait comme un porte-parole.

On retrouve cette figure au fil de nombreux crépuscules : un semeur participe au cycle éternel de la nature et de ses saisons.
Le soleil va tomber bientôt, puis renaître, et ce geste infaillible reviendra.
Le peintre l'encadre de l'astre sur le déclin et d'un arbre penché.

routecampagneprovence.jpg

« Route de campagne en Provence » - Van Gogh


Millet, là encore, fait figure de modèle.

Mais par l'intense matité de sa toile, si atone qu'on s'étonne d'en voir sourdre une telle lumière, Van Gogh explore désormais d'autres voies. Même lueur mate dans l'entre-chien et loup de la Route de campagne en Provence, où se heurtent le soleil et la lune.

Un cyprès vient couper en deux cette valse des éléments, où tout finit par partir en vrille : chemin de pierre, charrette, les blés pris dans le vent.

nuittoile.jpg

« Nuit étoilée – Van Gogh »


D'une même lutte acharnée semble naître Le Jardin de Saint-Paul : dans un ciel plein d'un soleil mauve orangé, les arbres se torturent. Au loin, la montagne est déjà gagnée par l'obscurité, mais le monde semble encore chercher à la combattre.

jardinstpaul.jpg

« Le jardin de St Paul » - Van Gogh


C'est à Arles, en 1890, que Van Gogh se décide à sortir son chevalet la nuit.

terrassedecaflanuitvinc.jpg

« Terrasse de café la nuit » - Van Gogh


Peindre sur le vif l'obscure clarté des étoiles : il ne l'avait jamais entrepris. Ainsi naissent, de cette lumière noire, La Nuit étoilée sur le Rhône, du Musée d'Orsay, et La Nuit étoilée, conservée au Musée d'art moderne de New York. La réunion de ces tableaux est un événement.

livre.png



La première toile semble plus statique, une nuit avec ses certitudes bien ancrées : même les étoiles semblent vouloir s'inscrire dans l'eau du fleuve par leurs reflets. C'est la touche, régie par son rythme puissant et autonome, qui donne son électricité au tableau.

Quant à La Nuit étoilée de New York, elle montre un monde des hommes qui tente encore de se composer, avec ses lignes droites et ses rayures calmes sur les toits.

dtaildenuitsurrhone.jpg

Détail de « La nuit étoilée sur le Rhône » - Van Gogh


Mais, dès que le ciel gagne, une furie l'emporte. Un immense flux vient aspirer les détails, nettoie les étoiles afin qu'elles brillent mieux, tire le cyprès vers les sommets. La nuit semble un grand souffle libérateur, une respiration cosmique.

cafelanuitarles.jpg

« Café, la nuit, Arles » - Van Gogh



Van Gogh et les couleurs de la nuit", jusqu'au 7 juin
Van Gogh Museum, Amsterdam
vangoghmuseum.com


Catalogue : Van Gogh and the Colours of the Night.
Ed. Van Gogh Museum/The Museum of Modern Art/Mercatorfonds,
160 p., 115 illustrations, 24,95 €.


(Le Monde.fr)



vraicafearles.jpg

Le Café Van Gogh en Arles



"Puissent les artistes se retrouver à Arles"
avait souhaité Van Gogh.
Attiré par l'inimitable lumière de Provence, l'artiste y composa ses plus belles toiles.
Balade émouvante sur les traces d'un peintre tourmenté, fasciné par la couleur.


Pour ceux qui passent dans la région, deux lieux à voir et à revoir :
la Fondation Van Gogh en Arles et
les paysages de Van Gogh à Saint-Rémy.



promenadedusoir.jpg

« Promenade du soir » - Van Gogh



Miss You

Commentaires

Merci, Miss, d'avoir mis en ligne quelques belles oeuvres de Van Gogh. Je ne connaissais pas l'existence de cette Fondation en Arles...

Ecrit par : ramses | 24 mars 2009

Outre la fondation, très active, il y a dans la région plusieurs animations autour de Van Gogh, que ce soit des balades "aménagées", des expos, des lieux mis en valeur en s'inspirant du travail du peintre.

De façon plus quotidienne, il y a toutes les lumières et les paysages de la région qui sont autant d'échos qu'on retrouve dans ses tableaux.

Ecrit par : Miss You | 24 mars 2009

Van Gogh... Un peintre torturé. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'aller visiter la fondation de Arles mais c'est au programme des 50 prochaines années. Par contre, c'est un vrai regret de ne pas être allée à son musée à Amsterdam où je suis souvent allée mais à chaque fois trop peu de temps.

anti

Ecrit par : anti | 24 mars 2009

A force d'attendre et de remettre, je n'ai pas vu non plus la Cathédrale d'images aux Baux http://www.nice-panorama.com/Provence/Les-Baux-de-Provence/Cathedrale-d-Images.php

J'irai voir le nouveau programme dédié à Picasso. Les lieux à eux seuls doivent valoir le déplacement.

Ecrit par : Miss You | 24 mars 2009

Écrire un commentaire