26 mars 2009

Van Dongen, un Fauve en ville

A l’occasion de l’exposition par le Musée des beaux-arts de Montréal de 200 oeuvres et pièces d'archives de l'artiste fauve néerlandais Kees Van Dongen (1877-1968), je découvre le travail de ce peintre.


« On m'a reproché d'aimer le monde, de raffoler de luxe, d'élégances,
d'être un snob déguisé en bohème - ou un bohème déguisé en snob.
Eh bien oui !
J'aime passionnément la vie de mon époque, si animée, si fiévreuse
. »
Van Dongen



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La Femme au canapé vers 1910.
Photo Jean-François Brière. © Succession Kees van Dongen / SODRAC (2008)


Kees Van Dongen, de son vrai nom Cornelis Théodorus Marie van Dongen est un peintre néerlandais né le 26 janvier 1877 à Delfshaven, dans la banlieue de Rotterdam (Pays-Bas).

En 1892, à l’âge de 16 ans, Kees Van Dongen débute des études en peinture à l’Académie royale des beaux-arts de Rotterdam. De 1892 à 1897, il fréquente le Quartier Rouge portuaire. Durant cette période, Van Dongen peint des scènes de matelots et de prostitués.

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Modjesko, chanteur soprano, 1907.
Photo Art Resource. © Succession Kees Van Dongen/SODRAC (2008)


En 1897, il habite à Paris pour plusieurs mois. Il y retourne en décembre 1899 pour rejoindre Augusta Preitinger ("Guus"), qu’il avait rencontrée à l’Académie. Ils se marient le 11 juillet 1901.

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Jasmy Jacob ou Madame Jasmy Alvin, 1905.
Photo Art Resource. © Succession Kees Van Dongen/SODRAC (2008)


Bientôt, il commence à exposer ses oeuvres à Paris, notamment l’exposition controversée de 1905, Salon d'Automne, où exposait également, entre autres, Henri Matisse.

Van Dongen se signale comme "illustrateur d'inspiration anarchiste", avant d'intégrer les milieux d'avant-garde et de prendre part à l'aventure du Fauvisme, tel un fauve urbain et sulfureux qui privilégie les portraits, les femmes, les scènes de cabaret, les spectacles forains, les sujets exotiques et orientalistes.

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Gipsy



Valorisant l'instinct de la couleur plutôt que la théorie, les fauves furent avant tout des peintres de la Nature, ce à quoi Van Dongen préférait l'étude de la nature humaine.

À l'exception de Matisse, la figure reste marginale chez la plupart des fauves, plutôt accessoire, souvent bucolique, elle est le prétexte à la libération des couleurs, utilisées pures et vives, baignée dans une lumière naturelle. Elle dénonce rarement une condition sociale.

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Femme aux bas noirs, vers 1912.
© Succession Kees Van Dongen/SODRAC (2008)


Si Van Dongen fut en marge d'une certaine ligne officielle de l'historiographie des fauves, c'est aussi à raison car son œuvre dit effectivement autre chose.

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Coquelicot, 1919



Van Dongen se disait anarchiste, et il le fut comme beaucoup à son époque, car c'était à la mode avouait-il. Néanmoins, il fut sincèrement habité par une conscience sociale, entre dénonciation et sarcasme.

C'était un critique des moeurs aiguisé, « un moraliste de son temps » pour Vaudoyer, un peintre « naguère fauve et des plus féroces » pour Henriot. Un idéaliste peut-être, un nihiliste devenu un misanthrope.

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L'escalier de l'Opéra, 1901.
© Succession Kees Van Dongen/SODRAC (2008)


C'est l'équivoque d'un peintre hollandais « fauve et métèque », qui décrit un monde de la nuit aux lumières artificielles - le Van Gogh des tavernes en Arles- bien différent des paysages solaires des fauves.

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Sans titre (gitane)


Proche des expressionnistes allemands, ses sentiers de la vertu ressemblent aux trottoirs berlinois d'un Kirchner ; son Paris du Moulin-Rouge et des bals musettes est celui d'un Toulouse-Lautrec ; ses saltimbanques et ses vieux clowns sont ceux d'un Picasso.

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La Chimère pie, 1895-1907.
© Succession Kees van Dongen / SODRAC (2008)



Il obtint la nationalité française en 1929. Il a aussi été brièvement membre du mouvement expressioniste allemand Die Brücke.

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Portrait d'une chanteuse de cabaret, vers 1908.
© Succession Kees van Dongen / SODRAC (2008))



En octobre 1941, Van Dongen participa avec sept écrivains français au voyage politique organisé par Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, dans l'Allemagne nazie, "ce qui lui vaudra une réputation ternie auprès de la critique moderne".

Il mourut à l'âge de quatre-vingt-onze ans le 28 mai 1968 à Monaco

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Vieux clown, 1906


« Je connais l'histoire de chacune de ces femmes.
Une histoire profondément tragique. Elles ont expérimenté la vie sur toutes ses facettes.
Ce n'est pas en les peignant avec des couleurs criardes que je peux les aider,
mais peut-être pourrai-je exprimer l'intensité de leurs vies
? »
Van Dongen



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Tango ou Le Tango de l’archange
© Succession Kees Van Dongen / SODRAC (2008)



Van Dongen à Montmartre.


(Sources Wiki, le MAM de Montréal et alanek.chez.com)

Lien vers d’autres de ses toiles.


Miss You

Commentaires

Lorsque j'étais ado, ma mère avait souscrit à une sorte d'encyclopédie de la peinture et de la sculpture, dont nous recevions un nouveau volume tous les mois pendant, il me semble, deux ans. Il n'y avait pas d'internet à cette époque et c'est par cette encyclopédie que j'ai découvert la plupart des artistes qui ont fait l'histoire de leur art depuis l'Antiquité. Parmi eux, je me souviens de Van Dongen dont le superbe tableau Gypsy m'a profondément marquée.

J'ignorais par contre les détails de sa vie, je devais avoir tendance à ne mémoriser que les images... surtout les nus, qui, en tant qu'ado, produisaient sur moi un effet certain !

Ecrit par : Anna Galore | 26 mars 2009

je connais bien...merci Miss d'en faire une note ..... bisous de Fauve et tata Boudufle... trop bien... toi et la note mdrrr!

Ecrit par : boudufle | 26 mars 2009

Je ne le connaissais que de nom, sans savoir par exemple que la "Femme aux bas noirs" était de lui.
Je lui trouvais du Klimt à cette toile (mdrrrrrr).

Quand je ne suis pas en forme, ça me déprime d'en savoir si peu. Quand j'ai la pêche, je me dis "yes, yes, yes, tellement de choses à découvrir, tout le temps, partout".

Ecrit par : Miss You | 26 mars 2009

ben, comme tout poussinette....on sait ou pas , on se renseigne , on aime , ou beurk!!!! ou alors on y va avec les années, mais tu le sais oh que bien Miss........chaque instant fait que l'on découvre.......même les choses que l'on croit savoir... je n'a jamais aussi bien lu Lorenzaccio que la 15 ème fois... moi le fauvisme, j'ai mis 19 années mdrrr!! elle est belle je vous le dit ..........

Ecrit par : boudufle | 26 mars 2009

J'ai toujours adoré...
Aaaahhh, j'aurais aimé qu'il fasse mon portrait, mais bon à l'époque fallait déjà être blindé pour décrocher le maître.
Trop bien ta note, Miss !

Ecrit par : Adele Riner | 27 mars 2009

Anna,
N'était-ce pas "Le monde des Arts" aux Editions Time-Life ? J'en possède quelques-uns dans ma bibliothèque, mais pas Van Dongen.

Miss,
Merci de cette "Galerie", qui donne envie d'aller voir l'expo.

Boud,
Plus les années passent et plus on s'intéresse à l'Art...

Ecrit par : ramses | 27 mars 2009

@Ramses, pour information ma nièce se nomme Fauve mdrrr !! suite à " l'amour en héritage" dommage elle n'est pas rousse...et elle a 19 printemps , mais petite déjà , qand à l'école les enfants lui disaient "le tigre", "le lion", elle du haut de ses 5 ans , elle répondait non fauvisme !! suis une peinture moi !!!

et pour répondre sur le fait que plus les années passantes, plus on s'intéresse à l'Art, je suis complètement d'accord avec toi, même certains artistes que jeune l'on pouvait ne pas aimer, avec le temps on découvre et les émotions viennent, c'est la vie mdrrr!!

Ecrit par : boudufle | 27 mars 2009

"elle du haut de ses 5 ans , elle répondait non fauvisme !! suis une peinture moi !!!"
Mdrrrrrrr, je l'imagine en lisant ses mots :-)

Contente que la balade vous ait plue, pour Montréal c'est un peu loin (sauf pour Lison et Ronron) mais grâce à internet, on en profite aussi !

Ecrit par : Miss You | 27 mars 2009

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