05 avril 2009

Non, le dimanche n'est pas un samedi comme les autres...

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Y renoncer pour aller travailler ou faire ses courses au supermarché perturberait notre vie en société autant que notre psyché, assurent psychologues et sociologues en réponse au projet de loi du gouvernement sur le travail le dimanche.

Ils nous encouragent plutôt à retrouver la saveur de cette journée particulière.

Paresseux de tout le pays, amoureux du pyjama et des séries télé, adeptes du brunch, amis qui pensez sans quitter le canapé : « Bon, je vais mettre mon jogging et faire le tour du quartier », donnons-nous la main, car nous pourrions perdre gros.

« Ce serait biffer une tradition vieille de plus de deux mille ans », déplore Jocelyne Bonnet, ethnologue et auteure d’une enquête à ce propos.

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« Que nous soyons croyants ou non, ce jour-là n’est pas un jour comme les autres. Il occupe une place particulière dans l’identité et la culture européennes. Il a une fonction régulatrice pour notre société, mais aussi pour notre psyché. S’en priver, ce serait s’exposer à un grand déséquilibre. »



Alors que faire ?
Défendre notre dimanche bec et ongles, le chérir, en retrouver la saveur, lui redonner du sens
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Petit manifeste à l’usage de ses amoureux.



Cultivons la symbolique

« Contrairement à l’alternance des jours ou des saisons, le dimanche n’est pas une donnée de la nature, mais une création culturelle », explique Jocelyne Bonnet.

La semaine de sept jours, inventée par les Babyloniens, a d’abord un fondement religieux. Il est dit que Dieu créa la terre, les cieux et la mer en six jours, et se reposa le septième.

C’est ainsi que les juifs instituèrent le samedi jour de culte et d’étude, tandis que les musulmans choisirent le vendredi et les chrétiens le dimanche. « Le mythe du repos dominical est une caractéristique forte de la culture européenne, du Portugal à la Pologne, observe l’ethnologue. Dans les pays les moins catholiques, la politique et les mouvements syndicaux ont pris le relais des Églises pour mythifier le dimanche. »

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Fait religieux, puis conquête sociale au temps de l’industrialisation, cette journée de repos est devenu mythique.

Ayons le culte du dimanche.
Ayons l’art du dimanche !
Continuons d’en faire un jour à part.



Recréons du rituel

« Autrefois, le dimanche était occupé par des rituels collectifs très marqués : la messe, le repas familial, la promenade… », rappelle le sociologue Jean-Claude Kaufmann.

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« Le corps aussi avait ses rituels, précise Jocelyne Bonnet. On faisait sa toilette, on s’endimanchait. » « Aujourd’hui, nous assistons non pas à une disparition des rituels, mais plutôt à leur diversification », ajoute Jean-Claude Kaufmann.

« Chacun invente les siens. Le dimanche des uns n’est pas celui des autres. »

Quelques traditions demeurent. Comme la promenade du dimanche : dans un coin de nature, de campagne ou de forêt, ou même dans les rues…

D’autres se transforment : le déjeuner dominical tend à devenir un dîner du vendredi ou du samedi, la messe est complétée ou remplacée par la balade au marché, « où l’on se ressource aux odeurs et aux souvenirs d’enfance », note Jocelyne Bonnet.

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D’autres, enfin, sont apparus plus récemment, comme le brunch ou le jogging. Ou la sortie au centre commercial, relèveront les esprits malins…

Mais ce qui caractérise cette journée, insiste l’ethnologue, « c’est que nous ne faisons pas la même chose que les autres jours. Le dimanche n’est pas un samedi. Et c’est ce qui lui donne toute sa saveur ».

Bricoleurs du dimanche, conducteurs du dimanche, c’est au contraire le moment d’explorer nos talents cachés, ou de nous adonner sans complexes à ce pour quoi nous ne sommes pas forcément doués mais qui nous sort, le temps d’une parenthèse enchantée, d’un quotidien trop routinier.

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Optimisons le samedi

Bien sûr, pour en profiter à fond, il faut être déchargé des courses, du ménage, de la paperasse, des devoirs des enfants… tout ce qui n’a pas pu être fait pendant la semaine.

Fort heureusement, « le dimanche fait partie d’un ensemble plus vaste : la fin de semaine », explique Jocelyne Bonnet.

Petit rappel des faits : en 1850, bien avant que les travailleurs suisses obtiennent la légalisation du jour de repos hebdomadaire (1877), avec beaucoup d’avance sur leurs voisins français (1906), les Anglais se voient offrir un jour et demi d’oisiveté.

C’est le fameux week-end. De nos jours, celui-ci s’apparente à « un rituel en trois temps. Il démarre de façon assez active avec l’expédition des corvées le samedi, se poursuit de manière plus oisive le dimanche, et se termine par le blues du dimanche soir », remarque l’ethnologue, qui nomme aussi « lundinite » ce moment où l’on sait que le week-end est déjà fini, où l’on se prépare, souvent à contrecœur, à retourner à la vie sociale.

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Optimiser son dimanche, c’est donc avant tout bien remplir son samedi de tout ce dont on a envie d’être débarrassé. Sans quoi le blues du soir risque fort d’apparaître bien plus tôt…


N’en faisons pas trop

Selon Jean-Claude Kaufmann : « Plus la semaine a été difficile et plus nous espérons que le dimanche sera réparateur. Nous essayons de réussir un mélange à la fois ambitieux et contradictoire, où nous ferions plus pour le couple, plus pour la famille et plus pour soi. »

Dans les faits, si nous parvenons à faire un peu de sport en solo le matin et une sortie avec les enfants l’après-midi, c’est généralement le couple qui reste sur sa faim.

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« Surtout que, constate le sociologue, nous aspirons en même temps à décompresser dans des attitudes régressives de récupération, comme traîner devant la télé, peu compatibles avec les efforts qu’exige parfois le couple pour retrouver du souffle. »

Résultat : le dimanche, en principe jour de plaisirs partagés, est aussi porteur de déceptions d’autant plus grandes que nous n’y sommes pas préparés.

Une recette de bonheur : réviser ses ambitions à la baisse, nous ne pourrons pas tout avoir. Et former un projet – un seul, mais s’y tenir ! – qui réjouisse toute la famille.

(Extraits d’un article de Laurence Lemoine)


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Une petite idée supplémentaire ? Plante un arbre !


Quelque soit le dimanche que vous vous choisirez, qu'il vous soit d'ores et déjà très beau.


Miss You

Commentaires

Dimanche en dérive lente, après un bon repas et, oui, encore des gâteaux tunisiens... Nos invitées vont bientôt repartir et nous, aller faire une SIESTE !!!

Ecrit par : Anna Galore | 05 avril 2009

Vouloir banaliser le dimanche, pour en faire un jour de travail comme un autre, est une aberration. Croyants ou non, le dimanche et plus généralement le week-end, est une espérance, une parenthèse dans la vie active. C'est souvent le moment où la famille se retrouve, après une semaine consacrée aux activités professionnelles. Faire travailler une partie de la population le dimanche contribuerait à désintégrer un peu plus la cellule familiale. Personnellement, je n'ai jamais mis les pieds dans une galerie marchande le dimanche et si tout le monde en faisait autant, elles seraient vides et on reviendrait vite à la situation antérieure.

L'affiche est sûrement un peu ancienne, car cette année, Pâques c'est dimanche prochain.

Merci Miss de cette jolie note, agrémentée de belles affiches de films et d'une sympathique "trilogie" !

Ecrit par : ramses | 05 avril 2009

Ah oui, j'ai oublié de le souligner aussi : très joli choix d'illustrations, en effet !

Et je suis d'accord avec Ramses, un jour de repos par semaine pour tout le monde, c'est indispensable, même si je mettrais quelques nuances sur le fait que ce soit le même pour tous. Ce matin, c'était bien agréable d'aller faire un tour aux halles puis chez la boulangère. Et pour acheter nos plantations, shopping en mode flânerie par excellence, nous préférons sortir le dimanche chez Truffaut ou autre, plutôt qu'en semaine où nous n'avons jamais le temps.

Ecrit par : Anna Galore | 05 avril 2009

Belles illustrations ! En ce qui concerne le dimanche, j'avoue que je suis surprise de l'article de Laurence Lemoine.

Le dimanche de repos est tellement nouveau que les propos sur celui-ci ont tout juste une vérité de 100 ans qui ne vaut que sur ce temps là et encore, que chez nous... Personnellement, je ne me retrouve pas du tout dans cet adorateur du dimanche. Pour moi, très longtemps, - jusqu'à ce que je rencontre Anna en fait qui a fait de mes journées de toutes belles journées - le dimanche, j'aimais pas. Je le trouvais triste, je m'ennuyais ferme et j'attendais le lundi avec une impatience de desespérée. Ah ! Ces dimanches d'enfance à attendre la reprise de l'école...

Je suis contre l'ouverture des magasins le dimanche. Cela étant, beaucoup de gens travaillent le dimanche (boulanger, restauration, marché, etc.). Il m'arrive d'y aller p't'être deux fois, trois fois par an, mais si j'y pense, j'évite. Je ne vois là qu'une façon de plus de coller la pression aux travailleurs.

Et sinon : j'adore la chanson du dimanche ;-) C'est pô possib ! Si, c'est possib !

anti

Ecrit par : anti | 05 avril 2009

Moi j'aime tous les jours, qu'ils soient travaillés ou pas. Je n'ai pas de jour que je n'aime pas. Ensuite, fonction de ce que j'en fais ou de ce qu'il me fait faire, il sera particulier, riche ou moins riche, facile ou compliqué mais au fil de la journée, il EST.

Ici, Ramsès, à part les Halles, seuls les boulangeries, cafés, maisons de la presse et jardineries sont ouverts. Aucune galerie commerciale (type Usine center) ou magasin de bricolage, contrairement à la région parisienne. Au début, ne pas pouvoir acheter le pot de peinture qui manque ou le mètre de joint de fenêtre, ça m'agaçait. Maintenant, je le sais et je prends mes précautions ou mon mal en patience. Le travail le dimanche, je ne suis ni pour ni contre, je voudrais juste s'il existe que ce soit sur la base d'un vrai volontariat, pas un volontariat "imposé".

C'est vrai que choisir les plantes de la terrasse ou de l'intérieur, j'aime bien le faire en prenant mon temps, en sachant que je pourrai mettre les mains dans la terre en rentrant. Aujourd'hui, j'y étais sur l'heure du déjeuner et les allées étaient presque désertes. Les quelques vendeurs étaient sympas et disponibles pour une explication. Le soir, après le boulot, je n'ai pas forcément l'envie de décharger la voiture des sacs de terreau et autres plants fragiles, sans compter le pot qui était trop beau et que je ne pouvais pas laisser et qui pèse une tonne à lui tout seul.

Chaque dimanche est différent, il peut être multiple ou juste un long moment trankilou, à prendre le temps et se poser, se mettre en pause.

L'affiche est un peu ancienne, je la trouvais rigolote avec toutes ses mentions et ses couleur et police un peu désuètes. J'avoue que je n'ai pas du tout fait attention aux dates :)

Ecrit par : Miss You | 05 avril 2009

Al les dimanches de mon enfance !!

Ma mémoire se partage entre avant et après la télé, car là il y a eu comme une cassure énorme...

Avant la télé c'était : la messe, pendant ce temps mon père attendait au café en jouant au "trut" avec ses copains. Il m'achetait un illustré et un gateau et nous mangions soit seuls soit avec nos cousins et l'après-midi était consacré à une promenade ou le cinéma ou le match de foot ou une visite chez des amis chez qui nous partagions la soupe à l'oignon du soir....

Après la télé, ce fut Jacqueline Caurat et "la séquence du spectateur".... attention à 12H30 précises il n'était pas question de flaner et l'apès-midi le film et le soir le film, coincés à la maison...

Le début de la dépendance

Ecrit par : voiedoree | 06 avril 2009

Tiens, ça me rappelle mon enfance aussi !!! (la partie "après la télé")

Ecrit par : Anna Galore | 06 avril 2009

Comme le vrai volontariat n'existerait qu'épisodiquement, concluons... !

Ecrit par : monilet | 06 avril 2009

""la séquence du spectateur"

Yes !! souvenirs souvenirs et le générique... génial :-)

Ecrit par : Miss You | 06 avril 2009

Mais c'que c'est bien quand c'est "tous les jours dimanche"...

Ecrit par : reginelle | 06 avril 2009

C'est bien vrai, reginelle ! (mais les samedis, c'est bien aussi !)

Ecrit par : ramses | 07 avril 2009

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