06 avril 2009
« Sortilège » ou l’artiste-sorcier

Sortilège
Fondation Claudine et Jean-Marc Salomon,
Alex (Haute-Savoie)
Jusqu’au 14 juin 2009
Fondation Claudine et Jean-Marc Salomon,
Alex (Haute-Savoie)
Jusqu’au 14 juin 2009
Les lieux
Le château d’Arenthon est en réalité une " maison forte ", type de résidence seigneuriale dont les fonctions et les partis architecturaux le situent entre le véritable château défensif, et la simple demeure d'habitation. Ce bâtiment est un des premiers exemples d'architecture renaissance en Haute-Savoie et joue un rôle majeur dans la diffusion de celle-ci dans le Genevois.

Les sources écrites font remonter les origines du château au 13e siècle. A la fin du 14e siècle, le château est le décor de l'union entre Marguerite d'Alex et Pierre d'Arenthon, donnant ainsi naissance à la famille d'Arenthon d'Alex. A la suite de ce mariage, d'importants travaux ont lieu. Les parties visibles aujourd'hui proviennent de remaniements opérés au 16e siècle.

Le château combine alors deux aspects qui dévoilent un moment de transition entre le style du Moyen Age et celui de la Renaissance. L'ensemble est de conception encore très médiévale, dominé par le style gothique : choix des voûtes en ogives, permanence de la tour, austérité des façades, disposition anarchique des ouvertures. Mais il est marqué par l'émergence du style renaissance caractérisé par le développement progressif de l'architecture autour d'une cour et la multiplication de décors caractéristiques tels que des plafonds à caissons et des fresques, aujourd'hui disparus.
Le thème
Artistes : Vanessa Fanuele, Cristine Guinamand, Klara Kristalova, Myriam Mihindou, Wangechi Mutu, Stéphane Pencréac'h.
Ces artistes ont en commun d'être des passeurs qui, allant chercher profondément dans la psyché humaine, réveillent les aspects les plus obscurs de notre être. On note aussi quelques thèmes qui rappellent les pratiques occultes: rituels, lois de l'analogie, transmutations,...
Cependant cette exposition espère avant tout rappeler le sortilège qu'exercent sur nous les œuvres d'art.

A travers leurs œuvres, l'exposition Sortilège explore l'idée d'un artiste-sorcier qui métamorphose la matière, en modifie la densité, la rend conductrice. Passeur d'énergies, manipulateur de forces, il va chercher mythes et rituels anciens qu'il ancre dans l'histoire de l'art pour révéler sa perception de la réalité, du corps en particulier.

De la peinture à l'installation, en passant par la photographie, la sculpture ou le dessin, l'exposition fait apparaître, de salle en salle, six regards, qui, lourds de visions remontant du fond de l'histoire humaine, transmettent de troublantes décharges électriques.
On observe ici et là des expositions qui traitent du chamanisme et l'on peut régulièrement entendre des artistes exprimer leur affinité avec lui, sinon s'en réclamer. Les temps, sans doute, s'y prêtent.

Parmi les raisons de cet engouement, on citera le goût du sacré qui cherche son modèle hors des grandes relogions monothéistes ; la volonté de renouer avec le brut et le terrestre, par opposition au brillant du néo-pop qui a marqué l'art des vingt-cinq dernières années ; l'attrait du mystère et de l'irrationnel, en contraste avec un art souvent très accroché à la réalité quotidienne, à la vie sociale et politique ou à la société de consommation.

L'intention de Sortilège est cependant d'échapper à une définition trop littérale du chamanisme ou de la sorcellerie en regroupant des œuvres moins selon leur ressemblance objective avec de telles pratiques que sur l'ébranlement profond qu'elles déclenchent en nous. Ces artistes ont en effet en commun d'être des passeurs qui, allant chercher profondément dans la psyché humaine, réveillent les aspects les plus obscurs de notre être.

Le matériau et les formes, travaillés de façon à troubler la sensibilité, trouvent leur richesse sémantique dans leur ancrage dans l'histoire de l'art et leur ouverture à des cultures diverses. On note aussi quelques thèmes qui rappellent les pratiques occultes : rituels, lois de l'analogie, transmutations...
(Extraits du site de la Fondation Salomon)

Deux articles sur l’expo :
• Le Monde.fr
• Le Dauphiné
Miss You
17:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note






Commentaires
Etrange, étrange... Je trouve un peu "sacrilège" d'avoir recouvert de plâtre ces ogives médiévales, mais il est vrai que les tableaux sont mieux mis en valeur sur le blanc immaculé. Le guéridon rouge semble attendre l'esprit frappeur, avec sa bougie qui coule...
Merci, Miss, de me faire découvrir une nouvelle tranche de l'art !
Ecrit par : ramses | 06 avril 2009
J'aime bien ce qui se dégage de ces créations. Voilà une idée pour le weekend prochain...
Ecrit par : Pierre | 06 avril 2009
Hé hé je ne connaissais pas du tout et j'ai craqué sur la dernière toile Ramsès. Ca doit être une expo pleine de surprises et de découvertes.
En plus, Alex se situe dans le massif des Bornes, une région magnifique, au pied du Parmelan, tout près de Thônes et d'Annecy le vieux. Je suis assez d'accord avec toi pour les ogives, c'est dommage ;)
Ecrit par : Miss You | 06 avril 2009
Pierre, si tu y vas, tu nous diras tes impressions sur les toiles et les photos exposées ? Bonne visite :-)
Ecrit par : Miss You | 06 avril 2009
J'aime bien la main peinte et le dernier tableau, le reste beaucoup moins.
Ecrit par : Anna Galore | 06 avril 2009
Ben moi, je trouve le commentaire pédant par rapport aux choses exposées. Je ne trouve absolument rien se rapprochant de près ou de loin au chamanisme. J'ai peur que l'argument soit très tendance uniquement.
En revanche, je me rends une fois de plus compte que ce qui fait la richesse de ce blog vient précisément du fait que nous n'avons pas les même goûts les ceusses qui rédigent et c'est vachement bien.
anti
Ecrit par : anti | 06 avril 2009
Ah ! Et fait gaffe Pierre, t'es en train de succomber aux forces obscures ! Tu viens de plus en plus ici ;-)
anti, Lilith putienne.
Ecrit par : anti | 06 avril 2009
... D'accord avec les commentaires d'Anti:
" Ben moi, je trouve le commentaire pédant par rapport aux choses exposées. Je ne trouve absolument rien se rapprochant de près ou de loin au chamanisme. J'ai peur que l'argument soit très tendance uniquement.
En revanche, je me rends une fois de plus compte que ce qui fait la richesse de ce blog vient précisément du fait que nous n'avons pas les même goûts les ceusses qui rédigent et c'est vachement bien."
et d'Anna.:
"J'aime bien la main peinte et le dernier tableau, le reste beaucoup moins." exactement.
En plus je ne sais pourquoi, j'ai une impression de malaise..pas envie dutoutdutout d'y aller.
Ecrit par : sapobof | 07 avril 2009
Même sentiment Sapo, y'a un truc malsain mais je ne sais quoi, en tout cas, c'est violent.
anti
Ecrit par : anti | 07 avril 2009
Ben déjà, la première image montre une personne allongée les tripes à l'air (qu'elles soient représentées par des colliers n'y change rien). Moi, ça m'a presque fait arrêter d'aller voir plus bas.
Il me semble qu'il y a une forte tendance, chez les personnes qui ont rassemblé les oeuvres de l'expo, à confondre "sortilège" avec "morbide".
Ecrit par : Anna Galore | 07 avril 2009
... des qliphots en guoguette ?
Ecrit par : sapotille | 07 avril 2009
Je n'irai pas à cette expo, étant attiré ailleurs et ne pourrait vous communiquer mes relatives impressions. Cela dit, les tripes à l'air magnifiées, c'est quelque chose que j'ai découvert (bien malgré moi) après ma première rencontre avec la Vierge Noire. C'est un peu comme les secrets de Sara Kali, çà peut être choquant... C'est obscur mais c'est sacré, ce qui ne signifie pas que tout ce qui est obscur, violent ou malsain est sacré, évidemment ! (manquait plus que çà :)
Ecrit par : Pierre | 08 avril 2009
Vierge Noire, Lilith, vous avez de ces fréquentations Pierre ! dommage que vous en gardiez la peur au ventre si je puis utiliser l'expression.
A vous lire, j'ai l'impression que les femmes sont toutes des sorcières maléfiques.
Pour ce qui est du Sacré, alors là... je ne pense pas qu'on puisse en parler.
anti, bouh !
Ecrit par : anti | 08 avril 2009
Écrire un commentaire