12 avril 2009
Pour ou contre le YouTube Symphony Orchestra ?
Le 15 avril prochain, le YouTube Symphony Orchestra, premier orchestre symphonique « virtuel » jamais créé, joue en vrai au Carnegie Hall, à New York. Le lancement de cet orchestre a fait grincer quelques dents, tandis qu'il était soutenu par beaucoup. Et vous, qu'en pensez-vous ?
Avant de faire l'avocat du diable puis de la défense, commençons par décrire le mode d'emploi de cette machine pas comme les autres.
YouTube Symphony Orchestra mode d'emploi :
En septembre dernier, YouTube lance l'idée d'un « orchestre collaboratif en ligne » composé de musiciens professionnels ou amateurs, sans critère d'âge, recrutés au moyen de vidéos mises en ligne.
Le projet est parrainé par le compositeur chinois Tan Dun (la musique de « Tigre et Dragon », c'est lui) qui écrit une œuvre pour l'occasion et par le chef d'orchestre Michael Tilson Thomas, (directeur du San Francisco Symphony, chef principal du London Symphony Orchestra) qui dirigera le concert du 15 avril. Le pianiste Lang Lang en devient l'ambassadeur et les plus grandes institutions musicales (en France, l'Orchestre de Paris et Radio France) le soutiennent.
Le YTSO en chiffres :
• plus de 14 millions de visiteurs sur YouTube de décembre à mars
• 3000 vidéos postées venant de 70 pays
• 26 instruments différents
• 90 membres, 30 nationalités
• de 25 à 50 dollars (20 pour les étudiants) : le prix d'une place de concert le 15 avril
Du 2 décembre 2008 au 28 janvier 2009, les participants devaient poster sur YouTube deux vidéos. Sur la première, ils jouaient un morceau choisi sur une liste imposée par le jury. Sur la seconde, un extrait de l'Internet Symphony n°1 « Eroica », l'œuvre de Tan Dun. Le nom « Eroica » est une référence à la « Troisième symphonie » de Beethoven, réputée pour avoir fait éclater le cadre de la symphonie classique.
A la disposition des participants, le téléchargement de la partition de Tan Dun et vingt « master classes » (leçons) données sur Internet par des musiciens du London Symphony Orchestra ou de l'Orchestre de Paris.
Un exemple de « leçon », celle de la violoniste Maxine Knwok-Adams du London Symphony Orchestra :
Début février 2009, 200 finalistes sont sélectionnés par un jury composé de membres d'orchestres du monde entier. Puis c'est au tour des utilisateurs de YouTube de voter pour choisir les 90 musiciens de l'orchestre.
Les résultats sont proclamés le 2 mars. Un orchestre est né. Parmi les membres, quatre Français : Pavel Guerchovitch, un jeune violoniste de 18 ans, Clément Boudrant, altiste étudiant au CNSM de Lyon et titulaire depuis quatre ans à l'Orchestre de l'Opéra de Limoges, Pierre Charles, violoncelliste et étudiant en sciences, Arnaud Geffray, trompettiste à l'Orchestre de Lyon.
Du 12 au 15 avril 2009 se tient une réunion au sommet sur la musique classique à New York. Pour conclure, le 15, un concert à Carnegie Hall sous la direction de Michael Tilson Thomas avec les solistes Gil Shaham (violoniste), Measha Brueggergosman (soprano), Joshua Roman (violoncelliste), et Yuja Wang (pianiste).
Au programme, des pièces de Gabrieli, Mozart, Brahms, Villa-Lobos, John Cage, et, bien sûr, « l'Internet Symphony n°1 » de Tan Dun.
Alors, pour ou contre ?
Les critiques des détracteurs :
• c'est une opération marketing destinée à valoriser l'image de YouTube ;
• pour qu'un orchestre joue correctement, il faut du temps et beaucoup de travail ;
• on ne sait pas très bien comment a été opérée la sélection des 200 finalistes ;
• quelle est la compétence des internautes pour voter ? On se croirait à Star Academy !
• c'est un coup de pub génial et mondial pour les solistes et Carnegie Hall ;
• Internet prend déjà assez de temps dans la vie des gens sans y ajouter la musique classique ;
• c'est un gadget pour montrer que le classique est dans le coup, puisqu'il utilise les technologies des jeunes ;
• YouTube appartient à Google. Ça suffit comme ça, non ?
• aucune suite n'est annoncée à ce concert du 15 avril : un orchestre, ce n'est pas un produit jetable.
Les arguments des fans :
• cela dépoussière l'image vieillotte de la musique classique ;
• c'est l'occasion pour des musiciens professionnels et amateurs de jouer ensemble ;
• cette opportunité a permis à des musiciens de passer des auditions sans se déplacer et sans engager de frais ;
• c'est une aubaine, aller à New York tous frais payés (aller-retour avion, trois nuits d'hôtel et les repas ;
• avec des centaines de videos postées, plein de nouveaux talents vont être découverts ;
• les musiciens présents à New York auront la chance unique de jouer sous la direction d'un grand chef aux côtés de solistes internationaux dans un lieu mythique, Carnegie Hall ;
• à cette occasion, des internautes vont découvrir la musique classique ;
• enfin, à qui cela fait-il du mal ?
(Rue89)
Miss You
17:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note






Commentaires
Je suis pour. Très belle initiative et comme certains le disent, il faut penser à la relève.Ne saiton jamais, on pourrait permettre ainsi à certains talents cachés de percer, ce qui n'arriverait peut-être jamais pour ces jeunes.
Ecrit par : lison | 12 avril 2009
Moi aussi je suis pour !! D'abord j'aime l'idée de tous ces musiciens qui se retrouvent, même de façon éphémère, autour de leur passion, pour le plus grand plaisir de tous. Un peu comme ces orchestres qui essaiment les rues le soir de la fête de la musique.
Comme Lison, c'est je pense l'occasion de découvrir de nouveaux talents. Internet a permis de découvrir de vrais talents, ça fait partie de sa magie.
Opération marketing ? Oui bien sûr et alors ? Si ça ne nuit à personne, alors pas de souci.
Ecrit par : Miss You | 12 avril 2009
Moi aussi je suis pour.
La toile est un formidable vecteur pour relier les humains et découvrir leurs talents, mais bien évidemment, personne n'est dupe quant au coup de pub géant pour Google et You Tube !
Ce n'est pas grave si au final, ce sont les artistes et la musique qui sont les grands gagnants...
Emma
Ecrit par : Emma | 12 avril 2009
Trop bien. Comme vous, j'aime ces liens qui se tissent grâce à internet et qui ne se seraient jamais créés sans, ou avec une très faible probabilité.
anti
Ecrit par : anti | 13 avril 2009
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