14 avril 2009

"Le Feu sacré" selon Katherine Neville

Cela fait vingt ans que les fans attendent la suite du "Huit", thriller ésotérique vendu en France à 450.000 exemplaires et traduit en trente-neuf langues. C'est désormais chose faite. "Le Feu sacré" est déjà classé parmi les meilleures ventes et l'auteure américaine, Katherine Neville, est à Paris pour l'occasion.

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Il y a deux Katherine Neville. Celle qui a écrit des thrillers à succès, que l'on dit "ésotériques", faute de mieux. Cette Katherine Neville-là a un site web bien léché, avec une "bio" faite par d'autres.

On y lit qu'elle est née en 1945, qu'elle a étudié la littérature, qu'elle a vécu un peu partout sur la planète parce qu'elle était consultante en informatique, et vice-présidente de la Bank of America.

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On sait, si l'on a lu ses livres, que l'intrigue de ses romans tient forcément du jeu, avec sa stratégie, ses conspirations. On sait aussi qu'elle affectionne les sacs de noeuds de l'Histoire, et que ses sources sont renseignées, précises.

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Et puis il y a celle que l'on rencontre, au salon du Lutetia. Femme fine et élégante, d'un âge indistinct. Les cheveux grisonnent, c'est la soixantaine, mais la romancière rayonne d'une étrange jeunesse derrière un faciès de poupée.

Une image lisse, où l'on sent la bonne éducation, à peine touchée par le temps. Katherine fend son visage aux rondeurs enfantines d'un sourire, elle s'installe, poliment.

Dans la découverte de la littérature, elle parle plus volontiers de sa nourrice que de ses parents. Elle se souvient de Pierre et le Loup, d'Alexandre Dumas, des vagabondages de son imagination dans l'enfermement mal vécu des salles de classe.

Quand on lui parle de mannequinat, son premier métier, elle glousse que c'était, au départ, un moyen de s'incruster dans les soirées VIP organisées par les agences.

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Est-ce là tout ? Katherine serait juste un peu bohème ? Qu'est-ce qui l'a poussée à écrire des thrillers aussi denses, avec tant de références qui se perdent dans un labyrinthe historico-irrationnel ?

A la voir, on l'imagine aussi peu écrire des romans "ésotériques" que consultante en Algérie. Et pourtant, il y a eu Alger pendant l'embargo, Berlin à la chute du mur, puis une maison dans les arbres aux États-Unis, lorsqu'elle s'attable pour écrire Le Huit, son premier roman.

Alors, on cherche à taquiner Katherine Neville, pour qu'elle lâche le morceau. On la taraude un peu, on cherche l'indélicatesse qui va la faire réagir, mais rien. Katherine reste dans les clous du politiquement correct. Une forteresse imprenable derrière le rempart de son sourire. Dommage.

De sa vie personnelle, on apprend quand même qu'elle n'a pas d'enfant et qu'elle a épousé un célèbre chercheur en sciences cognitives, Karl Pribram, Autrichien à l'accent à trancher au couteau. Il est venu à Paris avec elle, puisqu'elle est là, rappelons-le, pour la sortie très attendue de la suite du Huit, Le Feu sacré.

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Le Feu sacré, de Katherine Neville,
traduit de l'américain par Édith Ochs
(éditions Le Cherche-Midi, 480 pages, 23 euros)


Portrait signé par Julie Malaure pour Le Point

Ici, une interview de l’auteure.



Bibliographie de Katherine Neville


• 1988 : Le Huit et une critique ;
• 1992: Un risque calculé
• 1998 : Le Cercle magique
• 2008 : Le Feu sacré



Bonne lecture !

Miss You

Commentaires

Oh, c'est bien, ça !!! Enfin sorti, je ne savais pas :) Je vais attendre la version livre de poche, mais je sens que ma petite soeur ne résistera pas... Merci, Miss !!! J'avais demandé à ma soeur pour la sortie de la suite du Huit, mais elle m'avait dit qu'il n'était pas encore sorti, et si j'avais su qu'il était depuis longtemps en anglais, je l'aurais commandé...
Bref, heureusement que t'es là !!!

Ecrit par : Vanessa | 14 avril 2009

Les critiques du "Huit" sont très très enthousiastes et me donnent envie de le lire (ce n'est plus une liste des "à lire", ça devient un bottin^^).
J'espère que la suite sera à la hauteur des espoirs des fans ;) Tu nous diras.

Ecrit par : Miss You | 15 avril 2009

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