15 avril 2009

Drancy : 400 Roms expulsés

Après l’expulsion à Massy-Palaiseau le 16 septembre dernier…

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Mardi matin, à 6 heures, les CRS ont expulsé un campement d'environ 400 Roms, dont une centaine d'enfants, installés depuis six mois à Drancy, en Seine-Saint-Denis.

Les Roms racontent qu'une vingtaine de cars de CRS ont débarqué et que les policiers les ont délogés sans ménagement et sans autorisation. Un médiateur social du campement explique : «Ils ont forcé la porte, et ensuite, ils n'ont ménagé personne. Il y a eu des mères avec des bébés poussés dehors, des gens mis par terre»

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Sans savoir où aller, les expulsés s'installent à partir de 10 heures devant la gare de Saint-Denis. Entre le canal et les arrêts de bus, ils déposent leurs affaires ramassées à la hâte.

Les enfants jouent pendant que les parents cherchent un nouveau terrain où s'installer. Plusieurs dizaines de Roms expulsés sont déjà partis s'établir ailleurs, dans les villes alentours.


«Les Roms, c'est la patate chaude qu'on se refile»

Sur place, plusieurs associations sont présentes. Alexandre Le Cleve, directeur de Hors la rue, raconte : «Des expulsions comme celle-ci se produisent très souvent. Les Roms, c'est la patate chaude qu'on se refile. C'est aussi la variable d'ajustement de la politique d'immigration en France.

L'année dernière, sur les 25 000 reconduites à la frontière organisées par le gouvernement, 10 000 concernaient des Roms de Roumanie
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20 000 euros par expulsion

Saimir Mile, président de l'association La Voix des Rroms, a sorti sa calculatrice : «Nous avons fait le calcul à partir des chiffres du gouvernement. Sachant que le Sénat établit à 20 000 euros le prix d'une expulsion, la France aurait dépensé 600 millions ces trois dernières années, uniquement pour les Roumains.

Vous vous rendez compte du gâchis ! C'est un énorme gaspillage d'argent alors que ces gens peuvent travailler. Vous avez ici des maçons, des chauffeurs, des femmes qui travaillent


Parmi les enfants expulsés, une cinquantaine sont scolarisés en Seine-Saint-Denis. «Ils ont attendu que ce soit les vacances scolaires pour lancer l'expulsion», lance avec amertume Saimir Mile. A 14 heures, ni les Roms ni les associations n'avaient reçu d'explication de la part de la mairie ou de la police.

(Rue89)


Crédit photos José Vieira,
réalisateur de documentaires et
auteur de l’article sur Massy.



A lire notamment sur le blog :

* Les Roms
* Le réveillon invisible des Roms
* Journée internationale des Roms : l'appel européen


Miss You

Commentaires

je sais que c'est très basique et primaire comme réaction, mais le titre de la note m'a donné froid dans le dos, vu le symbole que porte lourdement le nom de Drancy...
Tout comme le début du texte qui utilise certains mots qui peuvent nous ramener 65ans en arrière...
ça laisse un goût bizarre, mal à l'aise.
Merci Miss You et bravo au journaliste qui fait mouche.

Sur le sujet en lui même, je me pose la question depuis quelques temps même si elle est un peu naïve...
Au nom de quoi des ressortissants européens peuvent ils subir un arrêté de reconduite à la frontière ?
je cite ce que garantit l'appartenance à l'UE: "- la liberté individuelle avec la libre circulation des personnes; tout citoyen d'un pays de l'Union a la possibilité de s'installer et de travailler dans le pays de son choix"

Ecrit par : Kleman | 15 avril 2009

Kleman, si tu lis le titre de l'article sur l'expulsion à Massy (il y a le lien qui va bien dans cette note), tu vas encore plus halluciner.

Bonne question que je me suis posée aussi et pour laquelle je n'ai pas trouvé de réponse claire. Je crois qu'une des clés du problème est liée au fait que les Les Roms, sont un peuple sans Etat (pour mémoire, ils seraient quelque 10 millions en Europe et constituent la plus grande minorité ethnique de l'UE). Au cas où je te remets le lien vers "le fichage des Roms" http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2008/09/16/le-fichage-des-roms-legal-en-europe.html

Ecrit par : Miss You | 15 avril 2009

merci Miss You
je me pencherai sur tout ça avec l'attention que ça mérite, quand j'aurai un moment de libre.

Mais une chose est évidente, encore une fois les "politiques" oublient qu'ils manipulent non des chiffres, des quotas ou des marchandises, mais des êtres humains.

Ecrit par : Kleman | 15 avril 2009

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