15 avril 2009
New York by CharlElie
Une jolie découverte, le regard sur une ville qui me fascine que pose un artiste complet, photographe de la rue, auteur, sculpteur de matières, de notes et de mots, un poète, un écorché aussi.

New York by CharlElie
Editions du Chêne 315x245 mm - 192p.
150 illustrations - 29,90€
Editions du Chêne 315x245 mm - 192p.
150 illustrations - 29,90€
Pour parler de cet ouvrage que je n'ai pu que feuilleter (pour le moment), cet article :
CharlElie recompose en photo le puzzle de New York
Par Louis Mesplé
Par Louis Mesplé
La ville de New-York, sa rue, a toujours provoqué, accompagné l'évolution stylistique de la photographie.
Toute la « street photography » vient de là. Depuis quelques années, New-York n'avait pas donné de nouvelles sur sa rue et la photographie. Avec le livre « New-York », de CharlElie Couture, revoilà la fabuleuse cité dans toutes ses dimensions.
D'Alfred Stieglitz et Paul Strand (début XXe) à Garry Winogrand et Bruce Gilden (années 80), sans oublier entretemps (1940-60) ce qu'on appelle l'Ecole de New-York (Faurer, Model, Klein, Frank, Levitt...) et bien d'autres, « NYC » est le creuset d'expériences photographiques inédites.
On ne sait si c'est grâce à eux ou à cause d'elle, en tout cas c'est dans un échange d'énergies formelles bien partagées que se sont produites, dans la rue, les plus grandes images de la ville et de sa population. Elles sont devenues des modèles, des références sur LA ville.

Un artiste qui utilise tous les moyens du photographe
Vers 2000, CharlElie s'installe en famille à New-York : « J'ai toujours fait de la photo, depuis ma première “boîte” Kodak reçue pour mes 7 ans jusqu'à mon dernier Leica numérique... Quel que soit le pays, quelle que soit l'heure, où que j'aille.... J'ai besoin de lui. Cette boîte à mémoire c'est mon arme contre l'oubli. »
CharElie est-il dans cette lignée assez aristocratique du « street photographer » ?
Il en a la qualité essentielle : être un piéton. Marcher et laisser venir à lui les évènements, les décors, les scènes du théâtre infini de la rue.

L'exercice ne va pas sans celui de l'œil « démocritique » qui va saisir derrière l'anecdotique et les logiques sociétales du flux piétonnier les grains de sables qui l'enrayent : un chantier, une manifestation, un incendie... et tous ces individus rentrant, harassés, dans les métros du soir.
Photos de dimensions classiques, nettes ou mouvementées :
« Mes photos naissent du chaos autant que du besoin. »
Au piéton de New-York, il ajoute le cycliste. Une nouvelle donnée dans la photographie de rue. « Cyclist photography » ? Le problème, c'est qu'il faut bien « regarder devant soi pour éviter, à New-York, les taxis dans l'urgence ».

Il compose (à l'arrêt), des variations sur les bandes déformées, non entretenues, des avenues. Voilà un signe (symbolique) du temps, d'après lui.
Ces photos aux dimensions graphiques nous rappellent d'autres images, à l'inverse, en noir et blanc, de ces voies. Quand les photographes (et non les moindres), par ces lignes alors impeccables, repéraient le point de fuite central pour dérouler la perspective idéale d'avenues désertes.
Un photographe qui utilise tous les moyens de l'artiste
Perspective, parlons en. Qui l'oublie, dans cette « ville parallèle et perpendiculaire, organisée autour des 2 028 blocks définis par la loi du zoning » s'égare.

CharlElie s'en occupe, du sol au plafond, de NY. Avec des idées de recompositions de l'espace qui doivent un peu à David Hockney notamment par l'escamotage du point de vue géographique de l'auteur (on ne sait d'où il voit, d'où il travaille).
Par juxtapositions, distorsions et montages (celui, policier, est drôle) par des scènes larges du trottoir, panoramiques de buildings, recadrages au cutter informatique, tout fait images pour cette retranscription de la « villusion ».
Dans la préface de cet album, mis en pages avec brio par Nancy Dorking, il écrit :
« J'aime cette “villusion”, cette ville de toutes les illusions, qui éclate en morceaux dans la conscience de l'homme raisonnable. »

Enfin, mais ce n'en est pas moins important : ses interventions manuelles de grafs sur les photos ajoutent, à cette « street photography » un air nouveau de « street art ».
La vision de New-York par CharlElie ? Façons puzzle.
Par Louis Mesplé pour Rue89

Ce qu’il dit de ce livre
« C'est à New York que ça se passe. Oui. Je fabrique mes images entre rêve et réalité, conçues à partir de plusieurs instants, de plusieurs simultanéités, mes photos se reconstituent autour de souvenirs-patchworks, captés sur la pellicule ou dans les cartes mémoire. Cette séquence de temps, c'est ma ‘re-construction’ photographique ».
Ce qu’en disent les autres
• Evene : Thomas Chouanière
Quelques images d'exil de CharlElie présentent sous un nouvel angle la ville de New York, sa résidence principale. Des plages du New Jersey au métro de Big Apple, l'écrivain-chanteur-plasticien livre sur papier couché son bloc-notes visuel. Jouant du cadre, l'artiste assemble et cisaille ses photos, les fait échapper à la dictature du rectangle, pour que la verticalité des gratte-ciel trouve soudain son écho dans les parties de l'image ayant échappé au découpage. De ce fait, les figures mythologiques et quelque peu écornées de l'architecture urbaine respirent d'une nouvelle atmosphère. A l'image de la ville, l'ensemble paraît hétérogène, mélange d'échelles, de couleurs, d'ambiances. CharlElie visite le New York intérieur, les restaurants, son atelier, le New York incognito, celui du public de Flushing Meadows ou du Madison Square Garden, mais surtout cette métropole gargantuesque, celle des lignes blanches sur la Cinquième Avenue, des ponts routiers by night ou des buildings. Mais la réussite de ce riche carnet de résidence tient à l'imposition d'un point de vue. Il en va de la ville qui ne dort jamais comme de toutes les cités : elle n'est belle et vivante que par une lorgnette inspirée.
• Photosapiens

Pour conclure : je vous propose de découvrir un extrait de « Roman Live On Line » sur son blog et son interview thé ou café.
Miss You
13:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : photographie






Commentaires
moi je l'adore, il a (comme son frére Tom Novembre) tellement de cordes à son arc que c'est une harpe !!
Ses croquis sur le tennis m'ont fasciné , sa peinture également... et le " comme un avion sans ailes " ♫
Ecrit par : boudufle | 16 avril 2009
Tout pareil :) C'est qu'on aurait des gouts en commun tite boud ô_Ô :-)
et hop là helicopère !! http://www.dailymotion.com/video/x7rjmu_charlelie-couture-comme-un-avion-sa_music
Ecrit par : Miss You | 16 avril 2009
yep !!! merci ...aaaaAAAAAhhhh ....
à quand une belle note sur ses peintures Miss ???? ....à toi l'honneur mdrrrr
Ecrit par : boudufle | 16 avril 2009
Rooooh je ne le connais que trop peu (avec les classiques bien sûr) :(
Je l'ai croisé il y a quelques années dans un festival en Bretagne sud, mais vu que ça a été annulé j'ai pas eu la chance de l'entendre chanter
Ecrit par : Kleman | 16 avril 2009
Kleman c'est surtout un touche à tout de génie, il a un univers très Charlelie, qui est pour moi fantastique, de plus je suis plus fan de son art peinture, déssins, et photographie, que de sa musique, mais je sais que si il y a une chanson de lui, sa voix me fait chaud , et je ne zappe pas .
Ecrit par : boudufle | 16 avril 2009
"à quand une belle note sur ses peintures Miss ???? "
Arf, mettez moi po la pression, je suis déjà au bout du rouleau (pas de peinture heinG). Je vais creuser et voir ce que je trouve ;)
Ecrit par : Miss You | 16 avril 2009
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