20 avril 2009
Coco avant Chanel
Un film que j’ai très envie de voir, parce que j’aime le personnage, controversé, mais si créatif et tellement moderne dans sa conception du vêtement et dans son regard sur la femme.

Premier des deux films sur Coco Chanel attendus cette année, "Coco avant Chanel", signé Anne Fontaine, évoque le fabuleux destin de cette orpheline pauvre qui révolutionnera la mode, des sombres années d'enfance jusqu'à la consécration à la tête d'une maison de couture.
Anne Fontaine ("Nettoyage à sec", "La fille de Monaco"...) a choisi de se concentrer sur la première partie de la vie de Coco Chanel, ces années que la couturière n'a cessé de réinventer pour les embellir. "Ce n'était pas spécialement la mode qui m'intéressait mais les traits de caractère de cette femme exceptionnelle", explique la cinéaste dans des notes de production.
Audrey Tautou prête ses traits et sa silhouette gracile à Coco Chanel. Elle a "naturellement cette sorte d'androgynie qui, à l'époque, n'existait pas", souligne Anne Fontaine. Elle a aussi "ce côté "petit taureau noir", comme disait Paul Morand à propos de Chanel", ajoute la cinéaste dont c'est la première collaboration avec l'héroïne du "Fabuleux destin d'Amélie Poulain".
Née hors mariage en 1883, orpheline de mère, abandonnée par son père forain dans un orphelinat au fin fond de la Corrèze où des religieuses lui apprennent les rudiments de la couture : la tristesse et l'ennui marquent les premières années de la vie de Gabrielle Chanel.
Elle n'a qu'une idée en tête, se sortir de sa condition, et se voit actrice, danseuse ou chanteuse. Elle tente d'ailleurs sa chance dans des beuglants en entonnant "Qui qu'a vu Coco ?" devant un public plus ou moins éméché.
Anne Fontaine excelle à peindre la grisaille de cette vie provinciale confite dans les conventions, mais aussi l'énergie indomptable de Coco qui n'hésite pas à utiliser les hommes pour parvenir à ses fins.
La jeune femme jette son dévolu sur Etienne Balsan (Benoît Poelvoorde, parfait mélange de sympathie et de veulerie) parce qu'il est "moins abruti que les autres et a des relations".
Librement adapté du livre d'Edmonde Charles-Roux "L'irrégulière", le film montre comment, en dépit des humiliations, Coco s'impose dans un milieu de cocottes et de riches noceurs. Elle ment avec aplomb, pratique un franc-parler qui détonne, rejette les conventions y compris vestimentaires, n'hésitant pas à arracher son corset, à refuser une robe à froufrous pour en bricoler une autre, plus simple, à porter une veste d'homme sur un pull rayé de marin.
Le style Chanel est né, même si Coco elle-même ne le sait pas encore, se contentant de fabriquer des chapeaux pour son entourage, notamment la comédienne Emilienne (Emmanuelle Devos).
Tout s'accélèrera après sa rencontre avec l'homme d'affaires anglais Boy Capel (Alessandro Nivola), l'amour de sa vie.
Le film lui aussi s'emballe. Il montre Coco Chanel se jetant dans le travail, ouvrant sa maison de couture et Chanel apparaît brusquement comme un mythe.
Anne Fontaine a modifié les dates de certains événements pour plus de dramatisation ou pour mieux souligner la modernité du style de Coco Chanel.
Elle a rencontré à plusieurs reprises Karl Lagerfeld, directeur artistique de Chanel, notamment pour lui montrer les dessins des costumes. La maison de couture a prêté quelques robes et autorisé le tournage d'une scène dans sa boutique historique de la rue Cambon (Ie).
D'ici à la fin de l'année, un deuxième long métrage, réalisé par Jan Kounen, avec Anna Mouglalis, égérie de Chanel, dans le rôle de Coco, devrait évoquer les relations entre la célèbre couturière et le compositeur Igor Stravinsky.
Texte Le Point.fr

Miss You
11:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : films, jan kounen, audrey tautou






Commentaires
Gabrielle Bonheur Chanel... Quel nom... J'adore.
Ce film, j'ai aussi très envie de le voir depuis que j'ai lu un article dessus. Le choix d'Audrey Tautou pour incarner se personnage me semble parfait.
anti
Ecrit par : anti | 20 avril 2009
Très tentant - pour Audrey Tautou, déjà, une actrice que j'aime beaucoup, pour l'histoire de Coco Chanel, mythique s'il en est, et aussi pour Anne Fontaine, dont j'ai bien aimé "Nettoyage à sec", un film tout à fait étonnant, excitant et décapant à la fois.
Ecrit par : Anna Galore | 20 avril 2009
"Le choix d'Audrey Tautou pour incarner se personnage me semble parfait."
Incroyable n'est-ce pas comme elle incarne "Chanel" sans en être une copie. Il y a du piquant en elle qu'on trouvait chez Mademoiselle.
J'avais beaucoup aimé l'Irrégulière d'Edmonde Charles-Roux et je suis très curieuse de voir comment Anne Fontaine s'en est inspirée.
Ecrit par : Miss You | 20 avril 2009
Un film qui donne envie à voir... Même si je ne raffole pas de Benoît Poelvoorde. Il était interviewé ce week-end et me paraît toutefois moins déjanté que d'habitude et bien coller au personnage du film. Audrey Tautou semble parfaite dans le rôle.
Ecrit par : ramses | 20 avril 2009
Je l'ai vu en avant première à Lyon. C'était bien sympathique mais ça n'en fait pas un film excellentissime. Un peu déçue donc
Ecrit par : Natty | 20 avril 2009
Allez c'est décidé, je vais le voir ce soir ! Si j'attends encore un peu, ça va faire comme souvent, au moment où je me déciderai, il ne sera plus à l'affiche. Je vous dirai !
Ecrit par : Miss You | 05 mai 2009
Alors comme promis et un peu de retard, faute de temps, les impressions sur le film :
D'abord, une impression générale bonne : une très jolie façon de filmer, des images et des paysages magnifiques, j'y ai trouvé de la douceur. En sortant de la salle, je n'ai pas mis la musique en voiture, je voulais rester encore un peu dans cette ambiance.
Un grand bravo aussi pour les costumes et la façon dont Chanel les adapte pour les rendre confortables, pour libérer la femme qu'elle est et ses contemporaines de tous les carcans vestimentaires (et autres) de l'époque.
J'ai aussi beaucoup aimé la façon de tourner la relation de Chanel avec les matières et les tissus. Il y a une vraie sensualité, une vraie gourmandise aussi dans le contact, la prise en main des étoffes avant de les couper et coudre. A la fois, un grand respect pour l'objet et aucune timidité, une appropriation totale ; la couturière fait une avec la matière. C'est très joliment filmé.
Un grand coup de chapeau à Benoit Poelvoorde, que je trouve vraiment bon : son personnage Etienne Balsan n'est pas très beau, et il le fait aimer, en montrant ses fragilités, ses incohérences, celles de son époque aussi. Un autre coup de chapeau à Emmanuelle Devos aussi, qui joue merveilleusement Emilienne une comédienne, une cocotte. Beaucoup d'humanité dans l'interprétation. Marie Gillain, comme toujours, parfaite.
Quant à Audrey Tautou, je reste convaincue qu'elle était la meilleure pour jouer Chanel. Pourtant, tout au long du film, j'ai vu Audrey Tautou, je n'ai pas réussi à l'oublier au profit de son personnage, un peu comme Depardieu, qu'il joue Obelix ou un notable, il reste Depardieu. Ca m'a un peu déçue.
Quelques petites incohérences dans l'histoire (les cavaliers apprécieront notamment les progrès fabuleux qu'elle fait en 2 jours, moi ça m'a laissé dubitative), qui nuisent un peu à la crédibilité du film.
Et puis un vrai regret. Dès le départ, on sait que ce sera la vie de Coco avant qu'elle devienne Chanel, avant la rue Cambon, alors pourquoi les dix dernières minutes du film ? pourquoi laisser croire qu'une fois à Paris, tout est facile et rapide ? Pourquoi survoler les années de création, à travers les grands moments de ses collections, jusqu'à sa mort en 1971 ? C'est presque dommage.
Puisqu'Anne Fontaine ne traitait pas toute la vie de Chanel, il était inutile de survoler la deuxième partie de sa vie aussi vite, aussi mal. La fin est baclée, elle aurait du s'arrêter avant les images de la rue Cambon et du célèbre escalier au coeur duquel elle suivait ses défilés sans être vue, dans le jeu des miroirs. Sans doute un clin d'oeil obligatoire à la maison Chanel qui a prêté son concours au film ?
Voilà, en résumé, j'ai bien aimé le film et l'adaptation faite du livre d'Edmonde Charles-Roux que j'avais dévoré, mais je reste un peu sur ma faim.
J'aime tellement ce personnage que je suis sans doute trop exigeante. Après tout, ce n'est qu'un film ;)
Ecrit par : Miss You | 09 mai 2009
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