30 avril 2009
Jean Nouvel, architecte de la lumière
A l’occasion d’un très beau documentaire « Empreintes, les traits de l’architecte » sur France 5, j’ai découvert et/ou retrouvé certaines des réalisations de cet architecte controversé au tempérament parfois explosif.
Certaines de ses créations sont à mon goût de purs chefs-d’œuvre en ce qu’elles allient lumières et lignes épurées, matériaux bruts et couleurs, murs végétaux et métal, béton et transparences. Selon l'heure et la météo, les perspectives s'étirent ou se rétractent, se jouant des ombres et reflets alentours.

Né dans le Lot-et-Garonne d'une famille d'enseignants, Jean Nouvel passe sa jeunesse à Sarlat. Alors qu'il souhaite être peintre, ses parents l'orientent vers les études d'architecture. Il s’inscrit en architecture à l'École des beaux-arts de Bordeaux en 1964, et est admis en 1966, premier au concours d’entrée, à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris dont il sort diplômé en 1972.

Influencé par Paul Virilio et Claude Parent, dont il est l'assistant entre 1967 à 1970, il fonde en 1970 sa première agence et la Biennale d'architecture en 1978.

Il fait ses premières armes dans le Périgord, réalisant une école maternelle à Trélissac et une villa à Champcevine1. Après sa première réalisation marquante, la Maison Dick à Saint-André-les-Vergers en 1976, il signe le Centre médico-chirurgical du Val-Notre-Dame à Bezons (1976) et le Collège Anne-Franck à Antony (1978)2.

Il est choisi en 1981 pour la réalisation du premier des grands travaux mitterrandien, l'Institut du monde arabe, dont la façade à moucharabiehs, terminée en 1987, le fait connaître au grand public, la même année. Il réalise ensuite l'immeuble de logements sociaux Nemausus de Nîmes, l'Opéra de Lyon qu'il coiffe d'une grande verrière en 1993, et la FondationCartier tout en verre en 1994.

Le Palais de la culture et des congrès de Lucerne, inauguré en 1999, lui permet d'acquérir une dimension internationale. Lui sont alors confiés la Dentsu Tower de Tokyo, l'extension du Musée Reina Sofía, la Tour Agbar et le théâtre Guthrie de Minneapolis4.

Il reste attaché à la Dordogne, où il réalise le musée gallo-romain de Périgueux, Vesunna, et l'aménagement de l'église Sainte-Marie de Sarlat en marché couvert. Jacques Chirac le choisit pour bâtir le Musée du quai Branly, inauguré le 23 juin 2006.

Militant pour un renouveau de l'architecture en France, il co-fonde le mouvement « Mars 1976 », en opposition à l'héritage de la Charte d'Athènes, et participe à la création du Syndicat de l'architecture, en rupture avec l'Ordre des architectes.

En 1975, il est l'un des principaux organisateurs du contre-concours international pour l'aménagement des Halles de Paris, et prend la tête de l'Association pour la mutation de l'île Seguin (Amis) en 2001 pour s'opposer à la destruction des usines Renault.

Ses prises de positions publiques et architecturales lui valent des critiques, comme pour le Musée du Quai Branly, et quelques échecs, comme la tour Sans Fin, prévue en 1989 à la Défense en complément de l'arche de Spreckelsen et dont l'extrémité devait disparaître dans le ciel, mais abandonnée, son projet pour le Stade de France, rejeté, ou le réaménagement des Halles en 2004, écarté.

Ses réalisations font la part belle au métal et au verre, jouant sur la transparence et les effets de lumière. Il travaille régulièrement pour le réaménagement des monuments anciens, comme pour l'Opéra de Lyon ou l'église de Sarlat. Pour autant, il revendique une « absence de style Nouvel », concevant chaque projet comme nouveau, toujours en dialogue avec l'environnement du bâtiment.

Sa carrière est récompensée par le Prix Pritzker le 30 mars 2008, Thomas Pritzker soulignant « sa poursuite courageuse de nouvelles idées et sa remise en cause des normes acceptées, afin de repousser les limites de son champ d'activité »6, et lui reconnaissant « la persistance, l'imagination, l'exubérance et, par-dessus tout, une insatiable envie d'expérimentation ».

Successivement associé à François Seigneur et Gilbert Lézénès en 1972, à Gilbert Lézènés et Pierre Soria en 1981, à Emmanuel Blamont, Jean-Marc Ibos et Myrto Vitartet en 1984, et à Emmanuel Cattani en 1989, il fonde son propre atelier en 1994. A la tête d'une équipe de 140 collaborateurs, il dispose d'agences à Paris, aux États-Unis, en Espagne et à Abu Dhabi pour la réalisation de ses derniers projets : la Life Marina à Ibiza, le Louvre Abu Dhabi , l'auditorium de Copenhague, la Philharmonie de Paris, en complément de la Cité de la Musique, la Tour Hines à Manhattan, et la tour végétale Suncall à Santa Monica.

Outre l'architecture, il s'intéresse également à la scénographie et participe notamment aux expositions « Les Années 50 » au Centre Pompidou en 1988, ainsi que « Le Futur du travail » et « La Mobilité » à l'Expo 2000 à Hanovre.
Il met en scène des spectacles de danse et se charge de la muséographie du quai Branly. En design, on lui doit également celui des verres Suze, d'un service à café pour Alessi, et du flacon de parfum L'Homme d'Yves Saint Laurent.

(Sources Wiki et photos Internet)
Miss You
16:15 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : architecture, beaubourg, yves saint laurent






Commentaires
Je n'aime pas tout mais mais beaucoup de choses quand même. Ses créations, effectivement, sont toujours différentes, ce qui dénote d'une belle créativité.
Dans les réalisations de lui que j'ai eu l'occasion de voir, il y en a une seule que je trouve franchement ratée, c'est le Nemausus à Nîmes, d'un point de vue esthétique mais également au niveau du confort d'habitation qui selon des gens qui y ont vécu est une catastrophe. Le "suppositoire" de Barcelone est loin d'être convaincant aussi.
Ca n'enlève rien à ses plus belles réussites, au rang desquelles je mets l'Institut du monde Arabe, superbe.
Ecrit par : Anna Galore | 30 avril 2009
Je n'ai réalisé qu'il y a très peu de temps que Nemausus et "le bateau" dont parlent les Nîmois étaient le même immeuble, et c'est vrai qu'il ne figure pas parmi les mieux réussis.
Outre l'Institut du Monde Arabe, j'aime aussi énormément la Fondation Cartier, que je retrouve beaucoup dans l'extérieur du Musée du Quai Branly. Il va falloir que j'aille voir de près si l'impression se conforte.
Les quelques vues du "Louvre d'Abu Dhabi" sont aussi prometteuses, les jeux de lumière y semblent spectaculaires.
Les lignes choisies pour le service à café sont très proches de certaines de ses tours et je trouve le service particulièrement beau.
Au cours de l'interview, il expliquait qu'il crée souvent en fredonnant Nougaro "Sur l'écran noir de mes nuits blanches..." : je n'en suis pas étonnée. Il me fait penser à un cadreur ou à un ingénieur lumière dans son travail.
Ecrit par : Miss You | 30 avril 2009
Jean Nouvel est un créateur en perpétuelle évolution. Certaines de ses oeuvres peuvent paraître contestables, mais aucune ne laisse indifférent... La "Tour plate" (6ème photo) est d'une audace architecturale inouïe (où se trouve t'elle exactement ?) Personnellement, je déteste les "ailes grises" accolées à la façade de l'Eglise de Sarlat et j'émets aussi des réserves sur la verrière de l'Opéra de Lyon, bien qu'elle soit considérée comme extrêmement fonctionnelle (luminosité intérieure). Je pense que le mariage des styles est une hérésie, mais ça n'engage que moi...
Ecrit par : ramses | 30 avril 2009
Je ne dirais pas systématiquement que c'est une hérésie mais qu'il est extrêmement difficile d'en faire quelque chose de beau. Dans le genre, la pyramide du Louvre est pour moi une réussite.
Pour l'église de Sarlat et la verrière de l'Opéra de Lyon, je suis plutôt d'accord avec toi.
Ecrit par : Anna Galore | 30 avril 2009
"La "Tour plate" (6ème photo) est d'une audace architecturale inouïe (où se trouve t'elle exactement ?) "
C'est la Tour Dentsu à Tokyo. Fabuleuse, non ?
Tout à fait d'accord avec toi Anna, le mélange des styles est très acrobatique mais peut aboutir à de belles rencontres. La pyramide du Louvre pour l'architecture, Koons à Versailles dans une autre dimension.
Ecrit par : Miss You | 30 avril 2009
J'étais allée voir les projets des Halles en 2004. Il semble me souvenir que celui de Jean Nouvel était le seul réalisable sur les 4 présenté.
Ce qu'il fait est assez sympa à mon goût. Le travail avec la lumière est le premier travail de tout architecte. Il doit étudier l'exposition lumineuse avant tout, considérer les ouvertures etc.
"Je pense que le mariage des styles est une hérésie, mais ça n'engage que moi..."
Comme Anna, je dirai que sans être une hérésie, c'est une chose extrêmement difficile à réaliser. Dans le genre réussi, une ville qui m'a bluffée en alliance ancien, nouveau : Prague et notamment la Dancing House, une merveille (moi qui n'aime pas grand chose en moderne !), oeuvre de Vlado Milunić en coopération avec l'architecte canadien Frank Gehry
http://images.google.fr/images?sourceid=navclient&hl=fr&rlz=1T4GGLR_frFR296FR297&q=pragues%20Dancing%20Building&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wi
anti
Ecrit par : anti | 30 avril 2009
Fabuleuse, cette dancing house :-) Je ne connaissais pas, j'adore : c'est vrai on dirait qu'elle retient son souffle juste avant de nouveaux pas, un nouveau mouvement.
Ecrit par : Miss You | 30 avril 2009
Écrire un commentaire