02 mai 2009

Carolyn Carlson, le regard du geste

Pour les amateurs de danse contemporaine, un documentaire de Elisabeth Kapnist et Christian Dumais-Lvowski dans la série Empreintes sur Carolyn Carlson, danseuse et chorégraphe américaine, à voir sur France 5 dimanche 02 mai à 8h55, puis gratuitement en ligne sur le site de France 5, pendant une semaine.


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L’occasion de la découvrir ou de mieux la connaître à travers ses ballets bien sûr mais aussi et surtout à travers ses mots. En voyant la bande annonce, puis le site de France 5, j’ai été séduite par la poésie et la magie de ses paroles et de ses références. Par son humanité aussi…






En avant-goût, quelques extraits du portrait qui lui est consacré

"J’ai une grande affinité avec les chevaux et les oiseaux. Les chevaux sont sauvages et les oiseaux quittent la Terre. C’est un peu moi : je suis un cheval sauvage et un oiseau blanc qui vole. Je suis une femme-oiseau.

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Malheureusement, mon père est mort quand j’avais 15 ans. Il était vraiment celui qui m’a soutenue. Il me donnait le goût, la joie d’improviser. Il disait toujours : « Si tu ne le sens pas, tu ne le fais pas. » Merci papa !

C’est à New York que j’ai trouvé ma voie dans la chorégraphie. J’ai rencontré Alwin Nikolais à New York. Il a changé ma vie. C’était un chorégraphe génial et un homme de théâtre total. Un magicien. Il m’a aidée à m’orienter dans la vie. Il m’a beaucoup stimulée intellectuellement.

Je suis une collectionneuse de rêves. Je les traduis à travers la fenêtre de mon inspiration. Je les partage alors avec les autres. Comme un poisson, je plonge dans la mer profonde. Je suis une water lady.

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Chaque artiste désire être reconnu pour l’éternité. Je pense que les artistes ont trop d’ego. Nous nous croyons si importants. […] La danse est un art d’humilité, sans ego. Le rideau s’ouvre, on fait de son mieux. Quand le rideau tombe, c’est fini. Et c’est ça qui est beau. […] Ici-bas, tout est éphémère. Même si nous n’emportons rien avec nous, je pense que, tant que nous sommes ici, nous devons améliorer le monde. Ainsi, nous laisserons une empreinte.

Chaque fois que je lève un bras, c’est comme si je le levais pour la première fois. Lever un bras, pour moi, c’est comme un poème.

J’aime toujours donner aux danseurs le goût de l’improvisation. Il y a dans la danse une communication au-delà des mots, qui permet de partager avec les êtres du monde entier.

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Je crois que je suis une nomade parmi les nomades. Ma maison, c’est la Terre entière.

Les artistes devraient rire d’eux-mêmes. On se prend tellement au sérieux. Il y a un certain snobisme à être un artiste, et ceux qui le disent ne sont pas les plus grands.

Si je devais recommencer, what would I do? I would… [Elle danse] I would dance again, and again, and again…"


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Son atelier

• Une interview au moment des « June Events » de 2008



Miss You

Commentaires

"Ma maison, c'est la Terre entière".

J'aime beaucoup cette chorégraphe de grand talent. La vidéo est belle, les gestes aussi bien sûr, les costumes qui reprennent les décors, la douceur de la musique. J'avoue avoir un faible pour les danseurs pieds nus : le contact direct du pied avec le sol donne une légèreté particulière.

Ecrit par : Anna Galore | 02 mai 2009

Je ne la connaissais pas très bien mais ce que j'en découvre me plait vraiment beaucoup. Son univers est chaleureux, ce qui n'est pas toujours le cas de la danse contemporaine que je trouve souvent froide.

Ecrit par : Miss You | 02 mai 2009

"Lever un bras", "partager ses rêves", c'est encore autorisé ? (voir la note suivante...)

Big Brother is watching you !

Ecrit par : ramses | 02 mai 2009

La danse peut, comme tous les arts, être un moyen de s'exprimer, de résister.

Ecrit par : Miss You | 02 mai 2009

Ramses, rapprochement intéressant, en effet. Et Miss, tu as raison, l'art est souvent le moyen le plus subtil (mais pas le moins fort) de résister à toutes les formes de totalitarisme, comme l'ont montré, entre autres, les dissidents soviétiques d'avant la perestroïka (ce qui n'empêche rien aux déceptions qui ont suivi cette dernière).

Ecrit par : Anna Galore | 02 mai 2009

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