05 mai 2009

Les tribulations de la maison de Kiso

Installée au musée de l’homme depuis le printemps 2007, la Maison de Kiso est une maison de ferme rurale qui vient de Kiso, préfecture de Nagano, où elle a été habitée durant plus de 140 ans.

Que va-t-elle devenir ?



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Inattendue dans le vaste chamboulement du déménagement du Musée de l'homme, à Paris, fermé durant trois ans pour une rénovation de taille, la maison de Kiso trône, en sursis, dans l'ancienne galerie africaine désaffectée, face à la tour Eiffel.


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Les deux constructions ont à peu près le même âge et semblent se défier à travers la grande verrière du Palais de Chaillot : l'une par l'élégante envolée de sa résille de fer tenue par des millions de rivets, l'autre par la robustesse de ses bois massifs, entièrement chevillés, comme le veut la tradition japonaise. Un face à face qui témoigne de deux techniques abouties. Mais pour combien de temps encore ?

Si la date n'en est pas encore fixée, le déménagement de la maison de Kiso paraît inéluctable.

Les défenseurs du patrimoine s'en inquiètent, car il n'existe pas en France un tel exemple d'une maison japonaise centenaire, présentée avec tout son mobilier et sa décoration.

Jusqu'aux offrandes aux divinités sur les autels des ancêtres, des cultes shinto et bouddhiste, comme si elle était encore habitée, dans une campagne reculée de l'archipel nippon.


"Quand elle a été installée ici, en 2007, il n'avait jamais été question qu'elle y reste, mais plutôt de la présenter pour les 150 ans des relations franco-japonaises", explique Bertrand-Pierre Galey. "Elle ne s'inscrit pas dans le propos des collections permanentes, poursuit le directeur général du Muséum national d'histoire naturelle, dont dépend le Musée de l'homme. Elle est un peu comme un éléphant dans un corridor."

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Imposante : 100 mètres carrés, avec son toit bardé de tuiles de cyprès et sa dizaine d'essences pour les sol, murs et cloisons (pin rouge, mélèze, châtaignier, orme de Sibérie, chêne...), elle embaume le bois.

Posée sur des pierres volcaniques, comme elle l'était dans une vallée de Nagano, sa beauté rustique est intacte.

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Elle est arrivée en France en 1999, à l'initiative de l'Association La Maison de Kiso, fondée par l'ethnologue Jane Cobbi - qui l'avait reçue des descendants de Tami Hatanaka, la dernière grand-mère à tisser le chanvre -, et grâce au mécénat d'entreprises japonaises et de l'ambassade du Japon.
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Après huit années passées en caisses, elle a abouti au Musée de l'homme, où elle a été peu visitée.

Son poids menaçant le plancher sur lequel elle est posée, le public n'y avait pas accès : "On n'était pas très fiers des fausses joies données à nos amis japonais", confie Bertrand-Pierre Galey.

Pour l'heure, la destination prônée serait l'Arboretum national de l'Arboretum de Chèvreloup (Yvelines), annexe du Jardin des plantes, classé depuis 1993 et fort de 2 500 espèces d'arbres.

Si l'environnement paraît des plus accueillants, n'est-ce pas un enterrement de première classe, s'interrogent certains ?

Son démontage-remontage, sur plusieurs mois, serait réalisé dans les règles de l'art par l'architecte Furihata, qui l'a prise en charge à Nagano.

Reste la durée et les conséquences d'une nouvelle mise en caisses - les bois risquent de jouer. Autant de questions encore à régler.

Par Florence Evin

A voir aussi : Une très belle vidéo sur la maison de Kiso et un récit très sympa sur l'âme de cette maison.


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Commentaires

Alors là, je suis vraiment perplexe.

Pour commencer, pourquoi cette vénérable maison a-t-elle été déménagée jusqu'à Paris ? Si elle était restée là où elle a été bâtie il y a 140 ans, elle y serait toujours, non ? Drôle d'idée de s'interroger, aujourd'hui seulement, sur son sort et pas il y a 10 ans quand quelqu'un a eu l'idée plutôt saugrenue (en tout cas, pour moi) de la démonter au Japon pour la remonter à Paris.

Je ne comprends pas non plus en quoi sa ré-installation dans un arboretum serait "un enterrement de première classe". Il me semble que, tant qu'à être déracinée, elle sera mieux au milieu d'arbres qu'à l'intérieur d'un musée où personne n'a le droit d'aller la voir parce que le sol n'est pas assez résistant.

Ecrit par : Anna Galore | 05 mai 2009

Je te rejoins là-dessus, Anna... n'aurait-elle pas pu rester au Japon ? La curiosité de quelques-uns vallait-elle la peine de "déraciner" ainsi cette maison plus que centenaire au risque de la dénoncer "encombrante" un jour ? (aujourd'hui, par exemple ?)

Et oui, aussi... la dresser dans un arboretum n'est pas la pire des solutions, bien au contraire. Et même pourquoi ne pas l'entourer d'un jardin à la "japonaise" ? Lui rendre un semblant de son environnement d'origine.

Mince... j'aimerai bien vivre dans un tel décor... une maison toute de bois... et aussi, j'ai toujours aimé cette conception d'habitat... fffffff... quel gaspillage...

Ecrit par : reginelle | 05 mai 2009

Ahhhh, y a pas que moi :)

Elle a été déménagée pour fêter les 150 ans de relations franco-japonaises. Un peu comme un pavillon au moment des expos universelles je suppose. Ce que je ne comprends pas c'est qu'elle soit restée à Paris, après l'anniversaire, surtout pour rester démontée dans des caisses.

Quant à l'Arboretum, je ne sais pas si c'est l'explication qui a conduit la journaliste à conclure à un enterrement de première classe, mais ce que je sais par contre c'est que plusieurs fois on a tenté de le visiter, j'habitais vraiment pas loin) et ça c'est avéré impossible à chaque fois (horaires et visites pour les particuliers plutôt difficiles à concilier).
C'est sûrement un très bel endroit, puisqu'il est constitué d'arbres, mais j'ai peur que la maison, si elle y est finalement installée, n'ait pas plus de visiteurs que les rares du Musée de l'Homme.

C'est super dommage, je trouve. C'est pourtant l'occasion de découvrir une ferme japonaise ancienne, pour ceux qui n'ont pas la chance de visiter le Japon.

En lisant cet article, je me demandais pourquoi ne pas la restituer au Japon ?

J'ai l'impression qu'elle a été plus ou moins oubliée et que le déménagement du Musée de l'homme l'a faite ressortir de derrière les fagots.

Ecrit par : Miss You | 05 mai 2009

Qu'elle est belle cette maison ! Des édifices déplacés, c'est pas nouveau. En Norvège, c'est arrivé très souvent, ne serait-ce que pour sauver les Eglises en bois debout. J'espère qu'elle trouvera un endroit clément où se poser. Y'a pas de raison. J'y crois.

anti

Ecrit par : anti | 05 mai 2009

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