26 mai 2009
Watergate ou l’histoire d’un scoop raté

Une anecdote comme je les aime, face cachée d'actualité, petit moment d'histoire...
Comment le «New York Times» a loupé le scoop du siècle !
Trente-sept ans après, le quotidien américain «The New York Times » revendique la primauté d’un scoop qu’il n’a jamais sorti.
Le journal a affirmé lundi qu'un de ses journalistes avait eu vent le premier du scandale du Watergate.
Avant que le «Washington Post» ne publie l’histoire.
Démission de Nixon
En juin 1972, les locaux du parti démocrate, situés dans l'immeuble du Watergate, à Washington, sont visités. Les cambrioleurs tentent d'installer des micros dans les bureaux pour espionner le parti démocrate pendant la campagne présidentielle. Ils seront ensuite retrouvés, interpellés et déclarés coupables.
Le 10 octobre 1972, une enquête, menée par deux journalistes du «Washington Post», prouvera l’implication de l’administration du président en place à l’époque, Richard Nixon. Celui-ci sera contraint à la démission, en 1974, après le tollé provoqué par ses révélations.
Bob Woodward et Carl Bernstein, les deux journalistes tombeurs de l’homme le plus puissant des Etats-Unis, entrent alors dans l’histoire. Un film avec Robert Redford et Dustin Hoffman, «Les hommes du président», retracera même leur enquête.

Voici l’histoire telle qu’on la connaît depuis 1972.
Pourtant, le «New York Times» a décidé d’apporter lundi un complément d’information à cette version. Deux mois après l’étrange «cambriolage», donc avant les révélations du «Washington Post».
Robert Smith, un journaliste du quotidien, déjeune avec le directeur du FBI de l'époque, L. Patrick Gray. Celui-ci lui révèle une affaire de corruption qui touche la Maison Blanche. «Il m'a dit que le ministre de la Justice était impliqué dans l'étouffement» de l'affaire du Watergate, se souvient Smith.
«J'ai demandé : "jusqu'où cela remonte-t-il ? Jusqu'au président ?" Il est resté assis, m'a regardé et n'a pas répondu. Sa réponse se trouvait dans son regard», affirme encore le journaliste.

Raté
Flairant le scoop, Robert Smith se hâte d’avertir son journal. Il parle de cette révélation à un rédacteur en chef du «New York Times», Robert Phelps, qui enregistre leur conversation et prend des notes. Mais l'histoire en restera là.
Quelques jours plus tard, le journaliste quitte le quotidien pour poursuivre des études de droit à l'université.
Quant au rédacteur en chef, qui a été le premier à révéler cet épisode dans ses mémoires parues en avril dernier, il s’offrira un voyage de plusieurs mois aux confins de l’Alaska. Qu’est-il arrivé à ses notes, à sa cassette ? Pourquoi ne pas avoir approfondi l’enquête ? «Je l’ignore», explique Phelps, aujourd’hui âgé de 89 ans, tout en assumant sa part de responsabilité dans ce raté.
Cette révélation n’en est pas moins retentissante. Si les propos des journalistes du «New York Times» sont exacts, cela signifierait que les dirigeants du FBI de l'époque avaient sciemment organisé des fuites.
Une stratégie confirmée par Mark Felt, directeur adjoint du FBI, qui a révélé en 2005 être "Gorge profonde", la source secrète des journalistes du «Washington Post».
De quoi relancer les fanatiques de théorie du complot.
(Source 20minutes)
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Idées de films :
• Les hommes du président (1976)
• Nixon (1996)
• Frost Nixon, l’heure de vérité (2009)
Miss You
16:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note






Commentaires
Le "New York Times", traditionnellement républicain, a sans doute subit des pressions de l'Executif, à l'époque du Watergate, pour étouffer les fuites. Le "Washington Post", pro-démocrate, avait au contraire tout intérêt à les publier pour provoquer la chute de Nixon.
On observe le même phénomène en France avec "Le Figaro" et "Le Monde"...
Bien que le pouvoir de la Presse soit considérablement affaibli, elle constitue malgré tout l'un des derniers remparts de la démocratie.
Par ailleurs, je ne suis pas surpris que le FBI ait organisé les fuites. Nixon avait "fait son temps"... Comme Kennedy et Bill Clinton ?
Ecrit par : ramses | 26 mai 2009
Oui tu as surement raison Ramsès en parlant de pressions de l'exécutif.
Quand même, avec le recul, le NY Times doit s'en mordre les doigts, passer à côté ou renoncer à un tel scoop... D'ailleurs, sinon, pourquoi en faire un article 37 ans après ?
Ecrit par : Miss You | 26 mai 2009
Sans doute par dépit d'un quotidien en perte de vitesse, qui n'a jamais avalé d'avoir été "muselé"... Je ne suis pas certain que cette "révélation" bien tardive améliore le nombre de ses lecteurs ! Comme par hasard, cette information sort lorsque c'est un démocrate qui est au pouvoir...
Ecrit par : ramses | 26 mai 2009
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