13 juin 2009
Henri Cartier-Bresson, l'oeil du siècle

Présentée à l’occasion du centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, cette exposition propose un parcours à partir des 320 œuvres conservées au sein des collections de la Maison Européenne de la Photographie.
Les deux grands ensembles qui la constituent sont le résultat d’un long travail sur les archives du photographe, qui avait donné lieu à deux expositions : “Paris à vue d’œil” au musée Carnavalet en 1984, et “Des Européens” à la MEP en 1997.
Incarnant le célèbre “instant décisif”, ces images mêlent émotion et regard acéré.

L’exposition est réalisée en collaboration avec la Fondation Henri Cartier-Bresson et en partenariat avec le Parisien et France Culture. (Maison Européenne de la Photographie)

L’appareil photographique est pour moi un carnet de croquis,
l’instrument de l’intuition et de la spontanéité,
le maître de l’instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois.
Pour « signifier » le monde,
il faut se sentir impliqué dans ce que l’on découpe à travers le viseur.

Cette attitude exige de la concentration,
de la sensibilité, un sens de la géométrie.
C’est par une économie de moyens
et surtout un oubli de soi-même
que l’on arrive à la simplicité d’expression.

Photographier : c’est retenir son souffle
quand toutes nos facultés convergent
pour capter la réalité fuyante ;
c’est alors que la saisie d’une image
est une grande joie physique et intellectuelle.

Photographier : c’est dans un même instant et en une fraction de seconde
reconnaître un fait et l’organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait.
C’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur.
C’est une façon de vivre.
(Henri Cartier-Bresson)

1. Un Leica pour découvrir le monde
Né à Chanteloup (Seine-et-Marne), Henri Cartier-Bresson découvre le travail des peintres surréalistes à l’âge de 15 ans. Entre 1927 et 1928, il suit les cours du cubiste André Lhote à Paris. En 1931, il se rend en Côte d’Ivoire où il réalise ses premières photographies.

À son retour, il achète son premier Leica — un appareil photographique extrêmement maniable qui deviendra son plus fidèle complice — et se consacre dès lors entièrement à son art qu’il pratique, à l’instar des surréalistes, comme une écriture automatique appliquée au monde de l’image.
Dès 1932 est organisée à la galerie Julien Levy (New York) sa première exposition de photographies. C’est à l’occasion d’un voyage en Espagne, en 1933, qu’il réalise ses premières grandes photographies de reportage. Il séjourne ensuite un an au Mexique pour une mission ethnographique (1934) et expose aux côtés du Mexicain Manuel Álvarez Bravo à Mexico.

Henri Cartier-Bresson se rend ensuite aux États-Unis où il étudie le cinéma auprès du photographe américain Paul Strand (1935). Il assiste le cinéaste Jean Renoir sur La vie est à nous (1936), Une partie de campagne (1936, sorti en 1946) et la Règle du jeu (1939). De même, il réalise personnellement deux documentaires sur l’Espagne — Victoire sur la vie et l’Espagne vivra (1937).
2. Le capteur de « l’instant décisif »
Commence alors pour lui une importante carrière de photojournaliste, caractérisée par la recherche constante de l'« instant décisif », celui qui suspend le mouvement dans une éternité, moment où tout se complexifie du fait d'infinis reflets dans l'eau, d'un jeu surréaliste entre rêve et réalité, et par-dessus tout, de l'expression même, fugitive, de l'élégance et de la légèreté.

Souhaitant abolir la frontière entre art et document photographique, il publie son célèbre recueil Images à la sauvette (1952). C’est en préface de cet album qu’il développe sa conception de la photographie dans « l’Instant décisif », un texte devenu référentiel.
3. Le cofondateur de l’agence Magnum
Henri Cartier-Bresson est fortement marqué par les années de guerre. Prisonnier ayant réussi à s’évader, il photographie la libération de Paris en août 1944 et sort un documentaire sur les prisonniers de guerre et les déportés (le Retour, 1944-1945).

En 1946, il séjourne de nouveau aux États-Unis afin de finaliser une exposition de son œuvre au MoMA de New York — manifestation à l’origine « posthume », l’artiste vivant dans la clandestinité ayant été déclaré disparu.
En 1947, Henri Cartier-Bresson fonde avec quatre autres photographes indépendants — Robert Capa, George Rodger, David Seymour et William Vandivert — l’agence coopérative Magnum Photos, qui porte le reportage à son apogée tant dans le domaine des grands conflits historiques que sur la scène sociale, politique et privée.

De 1948 à 1950, il passe trois ans en Orient : en Inde, il photographie Mohandas Gandhi quelques heures avant son assassinat ; il est en Chine lors de la proclamation de la République populaire et témoigne de la victoire du communiste Mao Zedong ; il parcourt l’Indonésie alors qu’elle accède à l’indépendance.

En 1954, Henri Cartier-Bresson est le premier photographe occidental à être admis en Union soviétique. Quatre ans plus tard, il effectue un nouveau voyage en Chine, à l’occasion du dixième anniversaire de la République populaire. En 1963, le photographe est à Cuba pour Life Magazine, puis au Mexique. En 1966, il s’éloigne de l’agence Magnum qui conserve toutefois le droit d’exploitation de ses archives.
À partir de 1974, l’artiste se consacre à la photographie de portrait et de paysage, et reprend en parallèle le dessin et la peinture. Il décède en 2004.
4. L’œil du Siècle
Au hasard de ses rencontres et de ses amitiés, Henri Cartier-Bresson a réalisé le portrait d’artistes et d’intellectuels : Henri Matisse (1944), Jean Renoir (1946), Édith Piaf (1946), Jean-Paul Sartre (1946), Georges Braque (1947), Simone de Beauvoir (1947), Albert Camus (1947), François Mauriac (1952), Marilyn Monroe (1960), Alberto Giacometti (1961), Arthur Miller (1961), André Breton (1961), Martin Luther King (1961), Che Guevara (1963), Coco Chanel (1964), Samuel Beckett (1964), Marc Chagall (1964), Igor Stravinski (1967), Marcel Duchamp (1968), Alexandre Calder (1970), le dalaï-lama (1993), l’abbé Pierre (1994), etc.

Lauréat du Grand Prix national de la photographie (1981), Henri Cartier-Bresson a été à l’honneur dans de nombreux musées : exposition au musée du Louvre (1955) et au Grand Palais à Paris (1970), au MoMA de New York (1946, 1987), au Centre national de la photographie (1988) et la Bibliothèque nationale de France (2003).
Les photographies d’Henri Cartier-Bresson ont été publiées dans diverses revues et magazines et ont été rassemblées dans plusieurs ouvrages, notamment — outre Images à la sauvette (1952) — les Européens (1955), Moscou vu par Henri Cartier-Bresson (1955), China (1964), l’Homme et la Machine (1969), Vive la France (1970), Visages d’Asie (1972), Photoportraits (1985).
En 2003, a ouvert à Paris la Fondation Henri Cartier-Bresson, qui a pour mission de conserver et promouvoir le fonds Henri Cartier-Bresson, mais également d’encourager la création des nouveaux talents. Ainsi, le Grand Prix international Henri Cartier-Bresson (HCB Award) créé en 1988 sur l’initiative du Centre national de la photographie a-t-il été relancé à cette occasion.
Portrait signé Encarta.msn.com

Aussi sur le blog :
• Once 40 acres and a mule à la Magnum Gallery
• Magnum Cuvée 68
Miss You
11:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : photographie, cartier-bresson, cuba, magnum






Commentaires
Encore une fois je suis totalement abasourdi devant le talent de ce grand photographe.
Même si paradoxalement je ne suis pas attiré fortement par les expositions photographiques, il y a quelques grands maitres (connus ou moins connus) qui font l'exception. Comme dans toutes les formes d'art, je me laisse happer par une image, une idée, un détail, et la sensibilité fait le reste, c'est très subjectif.
Cartier Bresson est de ceux là, il arrive à figer le regard du spectateur qui passe devant son oeuvre
et en profite pour raconter une, deux, voire des dizaines d'histoires concentrés dans un cliché, aux atours banals...
indicible.
Ecrit par : Kleman | 13 juin 2009
Tu l'as parfaitement exprimé. Pas mieux !
Ecrit par : Anna Galore | 13 juin 2009
"concentréEs", les histoires
mince
Ecrit par : Kleman | 13 juin 2009
Sans doute un de mes photographes favoris... Des images comme des tableaux, nées du génie de la captation de l'instant, d'un sens immédiat de la compsition...
Ce n'est pas pour rien si je parlais "d'instant décisif" en commentant les photos de Kleman... ;-)
Ecrit par : Adele Riner | 13 juin 2009
J'aime beaucoup cette expression "instant décisif".
Ecrit par : Anna Galore | 13 juin 2009
Je n'ai cessé de penser à Kleman en lisant les mots de l'homme talentueux qu'était Henri Cartier-Bresson. Difficile d'ajouter quoi que ce soit à tout ce qui est écrit ici. Inutile même.
anti, sur la pointe des pieds...
Ecrit par : anti | 13 juin 2009
Dans le dernier "Connaissance des Arts", à lire :
l'événement
Henri Cartier-Bresson, l'homme au Leica
http://boutique.connaissancedesarts.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=P020-0
anti
Ecrit par : anti | 26 juin 2009
Chic, je passe chez le marchand de journaux dès tout à l'heure :)
merci !!
Ecrit par : Miss You | 26 juin 2009
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