14 juin 2009

Quoi de neuf dans le dico ?

Comme chaque année, des nouveaux mots et expressions déboulent dans le Larousse. Dans l'édition 2010, on trouve, entre autres: «cambaler», «décohabiter», «geek», «burn out»... Petit feuilletage.


«C'est qui le clubbeur en slim, là-bas, qui prend des tofs?
-Qui ça? Lui là? Bof, un mec qu'a pas encore décohabité, genre adulescent tu vois. Complètement barré, toujours l'air d'avoir fumé la moquette.... Un geek tellement au taquet questions peer to peer qu'il a été blacklisté du réseau. Sans dec, ils ont chopé son IP.»



Dialogue 100% fictif mais 100% homologué par la dernière livraison du Petit Larousse 2010. Soit une centaine de noms communs, locutions et expressions qui viennent grossir les pages du dictionnaire.

Comme à chaque édition, la liste des mots, pour la plupart déjà installés de longue date dans le langage courant, reflète les grandes tendances et les faits marquants de l'année.


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2009, année de la crise économique


On ne s'étonnera donc pas de l'entrée de «financiarisation» («n.f. 1. politique fondée sur le recours à l'emprunt public 2. Part croissante des activités financières dans le développement de l'économie»), de «burn-out», le mal des traders et cadres sup («syndrome d'épuisement professionnel caractérisé par une fatigue physique et psychique intense»).

Tout un symbole aussi, l'entrée de «décroissance» : «politique préconisant un ralentissement du taux de croissance dans une perspective de développement durable».

A chaque édition son lot de mots estampillés «nouvelles technologies». Cette année, on notera l'arrivée de buzz, Web 2.0, webtélé / webradio, peer to peer (anglicisme auquel le Larousse aurait préféré le plus francophone «pair à pair»), poster (une note sur un blog), geek, e-learnig, e-book, IP (pour adresse IP).


Côté expressions, citons «faire pschitt», «être au taquet», «point barre» ou le toujours sympathique «fumer la moquette»

Quelques petits derniers pour la route, outre «cure-dent» et «tsunami» qui font une entrée tardive, on trouvera au rayon curiosités et inclassables: la belge «nominette», soit une bandelette de tissu collée ou cousue dans un vêtement et portant le nom de son propriétaire, le suisse «comme que comme», comme dans «comme que comme, on n'y peut rien» (comprendre «quoi qu'il en soit», «de toute façon»), ou le joli «cambaler» (variante «cambouler») qui en Provence veut dire transporter quelqu'un sur son porte-bagage.


Au rayon des noms propres

Les pages personnalités accueillent quant à elles Barack Hussein Obama, les écrivains Annie Ernaux et Benoîte Groult, les comédiens Jean Rochefort et Fanny Ardant, Sandrine Bonnaire, Audrey Tautou, les chanteurs Jane Birkin et Francis Cabrel, Hillary Clinton, George Clooney, les frères Coen... Sans oublier – pas sûr que ça suffise à lui remonter le moral – Martine Aubry.

Ah, et au fait, «décohabiter» signifie quitter le domicile de ses parents quand on est un jeune adulte... ou, pour une femme, le domicile de son mari polygame.

Cordelia Bonal


Miss You

Commentaires

Ah, je vois que nous avions pris une bonne avance sur le dico - ce qui est normal. Beaucoup de vocabulaire venu du Net, ce n'est pas une surprise mais ce qui me frappe, c'est l'abandon total de tentatives de franciser la plupart des expressions anglo-saxonnes. Le "pair à pair" est une chouette idée, cela dit, mais rien pour geek, web ou IP et c'est tant mieux, plus personne n'y comprendrait rien (un guique ou le ouèbe ça aurait fait drôle).

Poster (une note, un commentaire) est une simple francisation du verbe "to post" (afficher) mais la coïncidence avec le verbe français poster (une lettre) est plutôt poétique et imagée, ce qui lui a garanti un succès immédiat.

Ecrit par : Anna Galore | 14 juin 2009

Ah oui, et "décohabiter" c'est vraiment mdrrrrr...

Ecrit par : Anna Galore | 14 juin 2009

C'est le rituel de chaque année,
et c'est rigolo de voir les grands pontes du livre le mieux rangé de la littérature lancer une main tremblotante aux (très) jeunes générations, et à ceux qui se veulent "hype" (est-ce dans le dictionnaire ?).
En ce qui me concerne j'adore plutôt les vieux mots, pour l'écrit, et garde pour mon langage courant et pour les "chats" internet les expressions glanées ici ou là, sans état d'âme.
Tant qu'ils ne touchent pas à la grammaire et autres règles totalement compliquées qui font le bonheur de notre langue :D

et je m'amuse toujours avec mes mots fétiches: Porphyrogénète, Désambiguïsation, Inexpugnable, Inextinguible...

Ecrit par : Kleman | 14 juin 2009

Porphyrogénète, c'est facile à placer dans la conversation ? J'aimerais que tu désambiguises ce point important.

Ecrit par : Anna Galore | 14 juin 2009

si la conversation est au sujet de Constantin VII
oui c'est très facile !

Ecrit par : Kleman | 14 juin 2009

Certes. Sans oublier Justinien II Rhinotmetus, Constantin V Copronyme (ça veut dire "nom de crotte", non?), Léon IV le Khazar et surtout, Michel III l'Ivrogne (ce qui est quand même pas mal pour un pape, comme surnom).

Ecrit par : Anna Galore | 14 juin 2009

Mdrrrrrrrrr :)

Jaime bien aussi cambaler : vision de bicyclette, de Paulette, de ptits chemins qui sentent la noisette et de ptits gars qu'emballent !

Ecrit par : Miss You | 14 juin 2009

Ensuite, y'a plus qu'à voir si ces nouveaux mots recensés par les dictionnaires usuels seront homologués par l'Académie Française, seule habilitée à définir les mots dans son dictionnaire.

anti

Ecrit par : anti | 14 juin 2009

Décohabiter... Pourquoi pas recohabiter, tant qu'on y est ?

Le "faire pschitt" de Chirac est une pub gratuite pour Perrier...

Il y a par ailleurs une tendance particulièrement ridicule à franciser des mots anglais, comme "ouèbe" par exemple.

Ecrit par : ramses | 15 juin 2009

Tu veux dire que le mot "ouèbe" est employé pour de vrai ??? Quand j'ai écrit ça un peu plus haut, je croyais plaisanter!

Oh maille gode !

Ecrit par : Anna Galore | 15 juin 2009

Elle est utilisée la formule, pas forcément reprise dans le Larousse ou dans le Robert, un peu comme ouikende quoi !

anti, missemaine

Ecrit par : anti | 15 juin 2009

alors revenons aux valeurs québécoises et refrancisons tout !!!

Ecrit par : Kleman | 15 juin 2009

Pour commencer, on va t'appeler Clément.

:-)

Ecrit par : Anna Galore | 15 juin 2009

Kleman (ou Homme clef ;) y a du boulot !!

J'aime bien la version "ouikende" :)

Ecrit par : Miss You | 15 juin 2009

"ouikende", nom masculin, du français "oui" et Kende ou Kundu un des chefs de guerre des premiers Magyar. Cela désigne le moment de repos, en fin de semaine.
La tradition de faire l'amour le ouikende date de cette époque, d'où l'expression "repos du guerrier"

anti, what else ?

Ecrit par : anti | 15 juin 2009

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