25 juin 2009
«Médecins du Monde» assigné pour occupation illégale
L'ONG Médecins du monde (MDM) a appris en fin de semaine dernière qu'elle était poursuivie en justice par la préfecture de Seine-Saint-Denis pour occupation illégale d'un terrain appartenant à l'Etat.
L'occupation en question, datant du 26 mai, avait permis l'installation à Saint-Denis de 116 Roms qui avaient dû quitter Bobigny.
Trois jours plus tôt, un incendie avait détruit un hangar qu'occupaient au total cinq cents Roms à Bobigny, autre ville du département. Evacuation dans la panique après la mort d'un enfant de moins de dix ans dans l'incendie, et déplacement du groupe dans un gymnase de la commune. D'où la police les expulse au réveil, 36 heures à peine après l'incendie que les rescapés raconteront face caméra à MDM. (Voir la vidéo)

Dans la foulée, quelques-uns acceptent la procédure de retour volontaire au pays, d'autres s'éparpillent. Reste une centaine de personnes qui s'installent cette fois à Gennevilliers, avant une nouvelle expulsion.
Parmi ces cent personnes, beaucoup d'enfants et de femmes, certaines enceintes. Or il se trouve que MDM les connait et en suit quelques-unes, via la mission périnatale.
L'association décide donc d'aller puiser des tentes dans son stock logistique prévu pour les missions internationales. Elle les apporte sur le terrain (qui se trouve être propriété de l'Etat) où ces 116 Roms commencent à s'installer.
Au total, MDM mettra a disposition neuf tentes de 24 mètres carrés, tout en reconnaissant qu'il s'agit « d'une pure situation d'urgence, puisqu'il n'y a ni eau ni électricité ». Les images du camp provisoire sont visibles sur le blog créé par l'ONG.
Depuis, l'ONG affirme avoir réclamé une table ronde qui réunirait municipalités, conseil général, préfecture et associations « afin de trouver une autre réponse que l'expulsion systématique d'une ville à l'autre, en se contentant de renvoyer les gens un peu plus loin, d'autant que leur situation sanitaire et médicale est critique ».
Quinze jours plus tard, toujours pas de table ronde, mais une réponse des pouvoirs publics : l'assignation en justice. Ce n'est pas la première fois qu'une association est poursuivie par une préfecture.

Leur tort était d'avoir installé les fameuses tentes autodépliables sur les trottoirs de Paris. Le Dal avait écopé d'une amende de 12 000 euros, et les Don Quichotte s'étaient vu confisquer leurs tentes.
A l'époque, tout le milieu associatif s'était élevé contre la criminalisation de l'action humanitaire. Me Sophie Dechaumet, une des conseils de MDM, confirme qu'il y aurait plusieurs poursuites de ce genre chaque année. Le jugement sera mis en délibéré vendredi 26 juin.
Extraits de Rue89
A lire notamment sur le blog :
* Les Roms
* Le réveillon invisible des Roms
* Journée internationale des Roms : l'appel européen
* Drancy : 400 Roms expulsés
* Triste avril chez les Roms
Miss You
13:45 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Tous des humains | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : roms






Commentaires
Ben voyons ! Et de fait, ils sont en tort au regard de la loi...
Quelle connerie quand même de la part des fonctionnaires et quel courage pour le personnel de MDM.
Un grand bravo à eux ! Le blog "Rroms, carnet de bord d'un camp de déplacés" est à voir et à soutenir !
anti
Ecrit par : anti | 26 juin 2009
Quand j'ai lu cette info hier, j'étais écoeurée.
Ce matin, on peut lire que :
Olivier Bernard, président de Médecins du monde, «s'en prend à l'absurdité de la puissance publique», coupable «d'expulser les gens du voyage de lieux en lieux sans jamais proposer d'alternative durable». Dans le viseur, le non respect de la loi du 5 juillet 2000, qui oblige dans les textes chaque département à prévoir une aire d'accueil pour les gens du voyage.
Quand on lui demande quelle sera son attitude en cas de décision défavorable du TGI de Bobigny, il hausse les épaules. «La vocation d'une ONG n'est pas de se mettre hors-la-loi. On démontera les tentes et paiera l'amende, s'il y en a une».
La vraie bataille de Médecins du monde n'est pas judiciaire. Elle réside plutôt «dans le développement d'une solidarité régionale et d'une vraie prise en compte du problème des Roms».
Dommage que cette bataille ne soit pas aussi celle de la Patrie des droits de l'homme, à commencer par veiller au respect de lois nationales existantes et qui ne sont pas appliquées au plan local.
Ecrit par : Miss You | 26 juin 2009
Anti me faisait remarquer à midi combien tout le monde réagit au quart de tour à l'annonce de la mort de Michael Jackson pour des raisons bien compréhensibles et combien cette info qui touche 500 Roms logés dans des conditions honteuses, où MDM a réagi avec humanité et se retrouve poursuivi alors qu'une petite fille est quand même morte brûlée vive, n'intéresse finalement quasiment personne.
Ecrit par : Anna Galore | 26 juin 2009
J'ai été surprise par le très faible relais "presse" de cette info et de ce qu'elle implique. La misère humaine et l'engagement humanitaire, ça n'est pas vendeur.
Ecrit par : Miss You | 26 juin 2009
Malheureusement...
anti, pour le coup, attristée.
Ecrit par : anti | 26 juin 2009
Anti a raison, ça n'a rien de comparable, mais pas un mot de cela aux infos, par rapport au battage médiatique entourant la disparition de Michael Jackson depuis 24h, c'est attristant.
Ecrit par : ramses | 27 juin 2009
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