04 juillet 2009

“Planète métisse”

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Musée du Quai Branly
Jusqu’au 19 juillet 2009




"Métissages, colonisation, mondialisation, "choc des civilisations"...

Rendant compte du contact des peuples et des traditions, de la coexistence d'identités mélangées, la notion de métissage traduit une manière de concevoir les rapports entre altérités.

L'exposition Planète Métisse souhaite susciter l'imaginaire des visiteurs dans le cadre d'un parcours qui fait dialoguer les objets entre eux, du XVème siècle à nos jours.


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Elle analyse les répercussions de l'expansion européenne, principalement ibérique, sur les autres civilisations et les influences croisées entre Est et Ouest dans le sillage des grandes expansions, chinoise et musulmane notamment.


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Cette exposition sur les objets et les arts métis met en valeur la richesse des productions artistiques issues du métissage des manières de faire et de croire, de créer et de concevoir.




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A propos du commissaire de l’expo : Serge Gruzinski


Spécialiste international du Nouveau Monde, Serge Gruzinski a déjà collaboré avec le musée du quai Branly.

En 2004, il avait la direction scientifique du colloque « L’Expérience Métisse », qui proposait de confronter différents regards sur la problématique du métissage dans les civilisations du monde.

Serge Gruzinski est historien ; directeur de recherche au CNRS, et directeur d'études à l’EHESS, il est l’auteur de plusieurs livres fondateurs.

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Après avoir consacré un ouvrage à la guerre des images que s’étaient livrée les Espagnols et les Indiens mexicains durant les premiers siècles de la colonisation (Guerre des Images – de Christophe Colomb à « Blade Runner » (1492 – 2019), Fayard, 1990), il signe, en 1995, un essai plus largement consacré à « La pensée métisse ».



Extrait de la présentation faite par l’un de ses organisateurs, Boris Jeanne


(…) Le commissaire de l’exposition, Serge Gruzinski, a voulu faire réagir le spectateur, provoquer chez lui une demande d’explication que ne proposent pas assez les autres musées lorsqu’ils traitent du métissage.

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C’est pourquoi il éloigne le spectateur de ce trésor métis pour l’emmener, en passant devant des tableaux de castas montrant les différents types de métissages biologiques répertoriés par les peintres coloniaux du XVIIe siècle, vers un véritable théâtre d’anatomie sur lequel git le célèbre Codex Borbonicus, habituellement exposé au Sénat.

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Autour de cet objet métis, des vitrines doubles mettent côte à côte des objets a priori purs, comme une statue grecque « classique » et une statue africaine « ethnique » – mais qui décide de cette catégorisation et qu’explique-t-elle de l’œuvre ?

En confrontant ainsi des catégories artificielles (Chanel est classique et Gaultier ethnique ?), on peut les déconstruire et passer à la dissection du Borbonicus, qui mélange sur ces 14 mètres de long des techniques de représentation autant indigènes qu’occidentales – ce que d’autres objets disposés autour du « cadavre » permettent de comprendre.

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Une fois l’œil davantage habitué à repérer ces métissages des objets, l’exposition cherche à rendre le contexte historique qui les a permis, celui des grandes découvertes, des conquêtes coloniales, sans pour autant se limiter à l’expansion de l’Occident puisque cette partie sur les Arrivées fait la part belle à la mondialisation islamique.

Surtout, c’est l’œil de l’autre qui voit : un paravent japonais montre l’arrivée des Portugais dans le port de Nagasaki, un multimédia compare des scènes d’arrivées mexicaine et goanaise, de la vaisselle chinoise et des enluminures mogholes témoignent de la diffusion de motifs occidentaux que les artistes se sont librement réappropriés en dehors de tout contexte de domination…

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Ces objets quantitativement peu nombreux mais qualitativement exceptionnels nous conduisent à des installations fermées consacrées à un seul objet présenté au milieu des éléments auxquels il a emprunté, comme cette reine Victoria sculptée par un artiste africain qui a servi de modèle pour l’affiche. Entre des statues yoruba et des images sépia déversées par les colons anglais, on se trouve saisi par l’évidence du procédé de métissage. (…)

L’intégralité de l’article de Boris Jeanne est ici.

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Commentaires

Quelle idée géniale ! L'expo a l'air passionnante et l'examen du Codex Borbonicus doit être absolument captivant. La dernière illustration (les traits de la reine Victoria revisités par un sculpteur africain) est fascinante.

L'occasion de nous rappeler, si besoin est, que nous sommes tous des métis.

Ecrit par : Anna Galore | 04 juillet 2009

Je viens de réaliser que certaines mises en miroir de cette expo reprennent le principe de celles de http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2009/04/29/dialogues-inedits-et-magie-des-images.html : j'aime beaucoup ces rencontres.

Tous métis, c'est notre richesse.

Ecrit par : Miss You | 04 juillet 2009

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