20 juillet 2009
Eugene Richard à Arles
Parmi mes coups de cœur cette année aux Rencontres de la photographie à Arles, les « Books montages » d’Eugene Richard, photographe américain qui expose à l’Atelier des forges.
Le premier regard sur son travail se pose sur une immense planche contact.
Puis, le visiteur s’approche et le regard s’arrête sur quelques vignettes, avant de n’en retenir qu’une, une seule.



Ce qu’il dit de son travail
Au cours des années, des commissaires d'exposition m'ont souvent demandé d'établir une version condensée du contenu de mes livres – il y en a quinze – pour les exposer plus aisément. J'ai essayé de leur expliquer qu'un livre d'images ne peut pas être résumé de manière satisfaisante, justement parce qu'il tire sa force de son agencement, son rythme, ses différents temps narratifs.
Puis en 2007, en expérimentant avec d'autres modes d'expression, j'ai commencé à créer des montages d'images de certains de mes livres, y superposant ensuite des passages de texte. Le plus simple de ces montages, fait au jet d'encre, utilise comme point de départ une seule photographie. Le montage Exploding into Life est composé d'un Polaroid, joli mais abîmé, de ma première femme, Dorothea Lynch.



Sur les bords on peut lire du texte manuscrit, provenant de son journal, qui évoque sa lutte contre le cancer qui finira par l'emporter. Le montage le plus grand et le plus complexe, issu de Stepping Through the Ashes, comprend environ quatre-vingt photographies étalées sur quatre panneaux, hauts de 2,50m.
Le long de ces panneaux courent des extraits d'entretiens avec des survivants et des témoins des événements tragiques du 11 septembre 2001. Ces montages ne prétendent pas représenter la forme originale des livres ; l'intention est plutôt de condenser et de révéler l'essentiel des idées et des émotions qu'ils renferment. Eugene Richards



Sa biographie
Né à Dorchester dans le Massachusetts, Eugene Richards obtient un diplôme d’anglais et de journalisme avant d’étudier la photographie avec Minor White.
Après avoir été assistant social et reporter pendant quatre ans dans l’est de l’Arkansas, Richards publie son premier livre, Few Comforts or Surprises : The Arkansas Delta («Peu de confort et peu de surprises: le delta de l’Arkansas») en 1973.
Depuis, il travaille comme photographe éditorial indépendant pour des magazines tels que LIFE, National Geographic et le New York Times Magazine.



Il publie également les livres Dorchester Days (1973), un portrait du quartier de Boston où il est né ; Cocaine True, Cocaine Blue (1994), une étude de l’impact des drogues dures sur la société américaine; Stepping Through the Ashes (2002), un hommage aux morts du 11 septembre 2001 ; The Fat Baby (2004), une collection de quinze essais photographiques, certains sur commande ; et plus récemment, The Blue Room (2008), un travail sur les maisons abandonnées de l’Amérique rurale.
Parmi de nombreuses récompenses, Richards a reçu une bourse Guggenheim, le prix du livre Kraszna-Kraus, la bourse W. Eugene Smith pour la photographie humaniste, plusieurs bourses du National Endowment for the Arts et le prix Robert F. Kennedy pour l’ensemble de sa carrière de journaliste.
Miss You
11:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : rip, photographie






Commentaires
J'aime ta façon de sélectionner une photo sur chacune de ces planches.
Cette tragédie du 11 septembre a dû être un moment terrible dans la vie des New-Yorkais. Le visage fermé de cette femme passant devant la Bourse en dit long...
Ecrit par : ramses | 20 juillet 2009
Très belles photos, très intenses.
Ecrit par : Anna Galore | 20 juillet 2009
J'suis sûre que c'est super, mais je ne regarde pas la note pour le moment. Je souhaite rester vierge de toute impression pour mieux découvrir en vrai l'expo.
anti
Ecrit par : anti | 20 juillet 2009
En fait Ramsès, j'ai réalisé en triant les photos que je n'avais pas choisi : c'est l'oeil/l'appareil qui a décidé à chaque fois du dernier gros plan de chaque planche. Et j'aime bien les images sur lesquels il s'est arrêté.
Sur la planche "cocaïne", il y avait beaucoup de possibilités et j'aime que le hasard (?) se soit arrêté sur le rire des deux femmes ou, sur la planche "Arkansas", sur le sourire (pas dupe et tellement adulte) des enfants.
Je trouve qu'il y a une très belle humanité dans le regard de ce photographe.
Ecrit par : Miss You | 20 juillet 2009
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