28 juillet 2009
« Le temps des boutiques » à Bruxelles
Une expo surprenante, où se mêlent architecture, vie quotidienne et design, si vous passez par Bruxelles d’ici le 18 octobre prochain.

Après le « Temps des cuisines» en 2006, cette fois, le visiteur est entraîné dans une expérience unique de lèche-vitrines, au cours de laquelle il va vivre un véritable window shopping à travers le temps. La chronologie et les thématiques se croisent sur une période de 200 ans qui commence dans les années 1800 avec les boutiques de style Premier Empire et se termine avec eBay, la boutique virtuelle d'aujourd'hui.

Il s'agit de la première grande rétrospective en Belgique consacrée aux boutiques, dans laquelle l'évolution de l'architecture et du design permet de saisir le jeu des influences entre la Belgique et la France, l'Angleterre, l'Italie, les Etats-Unis.

Harvey Nichols Store
Architecte : Christian Biecher.
Queens Road Central à Hong Kong.
2005
Architecte : Christian Biecher.
Queens Road Central à Hong Kong.
2005
L'exposition est conçue autour de restitutions grandeur nature de vitrines historiques et contemporaines à l'intérieur desquelles sont présentés des documents originaux, tels que des plans, dessins, aquarelles et gouaches que l'on doit aux grands architectes et designers de la scène belge et internationale. Ces pièces sont principalement issues des riches collections des Archives d'Architecture Moderne (AAM), une des plus riches d'Europe.

Bonheur des Dames
Décor de Walter Percy Day,
d'après une idée de l'architecte Henri Sauvage,
pour le film « Au Bonheur des Dames » de Julien Duvivier,
inspiré du roman de Zola.
1929
Décor de Walter Percy Day,
d'après une idée de l'architecte Henri Sauvage,
pour le film « Au Bonheur des Dames » de Julien Duvivier,
inspiré du roman de Zola.
1929
L'exposition explore le thème de la boutique comme lieu de présentation et de représentation à travers ses différentes expressions architecturales, et ses significations économique, sociale, symbolique, esthétique, sociologique, artistique…

La Maison Unique Longchamp
Architecte : Thomas Heatherwick.
132 Spring Street, Soho, New York.
2006
Architecte : Thomas Heatherwick.
132 Spring Street, Soho, New York.
2006
L'exposition des boutiques évoque des thèmes divers liés à l'invention de la vitrine moderne sous Napoléon 1er, à la photographie à partir des mannequins d'Atget qui inspirent les surréalistes, au mouvement de l'Art dans la rue qui s'empare de la vitrine comme champ d'embellissement de la cité...

Diptyque
Architecte décorateur : Olivier Lempereur.
New York
Architecte décorateur : Olivier Lempereur.
New York
... au modernisme avec l'introduction de l'acier poli et chromé, de l'aluminium et qui associe l'art des étalages et l'éclairagisme, aux années cinquante dominées par la recherche de la vue totale, jusqu'aux vitrines les plus contemporaines signées par des grands noms du design à New York, Paris, Londres, Tokyo, Séoul,…

Boutique à chapeaux
Architecte : Christophe Coppens.
Tokyo
Architecte : Christophe Coppens.
Tokyo
L'exposition se termine sur une évocation poétique de la vitrine virtuelle : eBay.

Miss You
13:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note






Commentaires
Sympatoche comme tout. On pense effectivement à Zola, forcément et aussi, pour ma part, à la brève entendue hier aux infos parlant d'un fabricant de présentoirs de luxes pour chaussures aidé par un médiateur de la Banque de France à convaincre les banques de ne pas le laisser tomber pour ne pas devoir fermer boutique.
Et aussi, à Natacha Coquery (Malakoff ;-)) historienne qui écrit pas mal sur le sujet.
Recherche en cours : Histoire urbaine : la place de la boutique à Paris au XVIIIe siècle et dans le premier tiers du XIXe siècle ; la géographie socio-professionnelle des petits métiers parisiens ; les pôles d’attraction et leur évolution (ponts, rues, galeries…) ; formes urbaines et architecture commerçante : l’habitat commerçant, le décor boutiquier - Histoire socio-économique : la petite entreprise commerciale de luxe et de demi-luxe à Paris au XVIIIe siècle et dans le premier tiers du XIXe siècle ; le travail ; le crédit ; la comptabilité et les compétences professionnelles ; les réseaux ; les marchés du neuf et de l’occasion ; les fortunes ; l’innovation et les stratégies commerciales (l’invention du demi-luxe, la publicité, etc.) ; la culture de consommation et l’économie d’échange : objets, consommations et consommateurs (le shopping, la diffusion, etc.) - Histoire culturelle : la littérature économique pratique : guides, almanachs, dictionnaires, encyclopédies… sur le Paris du XVIIIe siècle et du premier tiers du XIXe siècle ; les mémoires du temps, le roman et le théâtre, etc. : l’image du petit commerce et du commerçant. Le tout en parallèle avec Londres.
- Natacha COQUERY [dir.], La Boutique et la ville. Commerces, commerçants, espaces et clientèles, XVIe-XXe siècle. Actes du colloque des 2, 3 et 4 décembre 1999 organisé par l'université François Rabelais de Tours.
http://rh19.revues.org/index321.html
- Le marché de luxe à Paris au XVIIIème siècle, Publication de la Sorbonne, 1998, 444 p.
http://www.clionautes.org/spip.php?article24
anti
Ecrit par : anti | 28 juillet 2009
Super intéressant les liens, merci Anti.
Un extrait du marché de luxe "Paris au XVIIIe siècle est certainement le plus bel exemple qu’on puisse trouver pour illustrer l’affrontement des théories économiques, entre celles qui voient le moteur de la croissance dans la production et celles qui cherchent l’explication du développement dans la consommation.
Le livre de Natacha Coquery aborde du point de vue double - celui d’une historienne de l’espace et de l’urbanisme et celui d’une historienne de la consommation aristocratique - une phase essentielle de la transformation sociale des Lumières à travers l’utilisation de l’espace parisien par la haute noblesse. Au centre de sa démonstration, on va retrouver l’hôtel parisien, lieu d’échange, objet de marché."
Je n'avais jamais regardé les hôtels de luxe sous l'angle du lieu d'échange. Derrière les belles façades, des mondes se croisent et échangent.
Ecrit par : Miss You | 28 juillet 2009
Fascinant, l'escalier de la Maison Unique Longchamp...
Et une bien belle idée d'expo.
Ecrit par : Anna Galore | 28 juillet 2009
Faut dire qu'elle est bien placée aussi la dame pour ce qui est de l'urbanisme et des échanges.
Fille de Michel Coquery (http://www.eamau.org/bibliotheque/fr/michel.html) géographe urbaniste et de Catherine COQUERY-VIDROVITCH Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure (Sèvres), agrégée de l'Université (1959), docteur 3° cycle (EPHE 6e section) avec équivalence de thèse complémentaire, décembre 1966 ; docteur ès-Lettres en 1970 ; professeur titulaire (classe exceptionnelle) à l'Université Paris 7-Denis-Diderot jusqu´en septembre 2001 ; professeur émérite depuis cette date. Elle a été aussi Fellow au Woodrow Wilson Center for International Scholars, Washington D.C., (Février-juillet 1987); Fellow au Shelby Cullom Davis Center for Historical Studies, Princeton University (Février-juin 1992); Fellow au Humanities Research Centre, University of Canberra, Australie, (juin-août 1995), ça aide.
En revanche, l'hôtel pour moi, j'ai toujours vu ça comme un hall de gare, enfin, par les Formule 1 !!!, comme un café en fait.
anti
Ecrit par : anti | 28 juillet 2009
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