13 août 2009

Aung San Suu Kyi et les voix dans le Monde

portrait2q.jpg



Le verdict immonde, mais si peu surprenant, rendu dans le procès opposant Aung San Suu Kyi à la Junte birmane a soulevé de par le monde un tollé aussi général que méprisé par les militaires en place en Birmanie.


Petit tour d’horizon à travers l’Edito du Monde :



*
**
*



Aung San Suu Kyi s'attendait "au pire", selon ses propres termes. Et beaucoup, dans le monde, le craignaient pour elle. Emprisonnée ou assignée à résidence pendant la majeure partie des vingt dernières années, la figure emblématique de l'opposition démocratique à la junte birmane était à nouveau incarcérée depuis le 14 mai et risquait cinq ans d'emprisonnement.

Le verdict de son procès, mardi 11 août, pourrait donc paraître relativement clément. La Prix Nobel de la paix (1991) a été condamnée à dix-huit mois de détention, à son domicile. Comme si les militaires birmans voulaient ainsi démontrer à la communauté internationale qu'ils ne sont pas totalement insensibles à ses avertissements.

birmaniecarte.jpg


Depuis quelques semaines, en effet, les pressions s'étaient multipliées pour obtenir la remise en liberté de Mme Suu Kyi. Début juillet, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait fait un déplacement à Rangoun pour plaider sa cause, sans toutefois pouvoir la rencontrer.

A la mi-juillet, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait exigé sa libération et laissé entrevoir, en échange, un dégel des relations avec la Birmanie, soumise depuis des années à de sévères sanctions économiques.

protestt.jpg


L'Union européenne, également, avait exprimé sa vive inquiétude et mis en garde la junte contre un verdict négatif. Sans parler d'innombrables soutiens apportés, notamment, par des organisations comme Amnesty International .

Ces efforts ont échoué. Moins lourde qu'on pouvait le craindre, la condamnation de l'opposante birmane n'en reste pas moins inacceptable. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a immédiatement exprimé sa "colère" contre "le mépris total du droit et de l'opinion internationale" dont vient à nouveau de faire preuve le régime birman.

Quant à l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), elle a convoqué une réunion d'urgence : "Avec cette condamnation, Aung San Suu Kyi n'a aucun moyen de participer à l'élection générale de l'année prochaine, qui devrait être juste et libre", a-t-elle souligné.

notguilty.jpg


C'est en effet l'enjeu pour les militaires au pouvoir en Birmanie : museler une nouvelle fois celle qui avait largement remporté les élections législatives de 1990 et contre laquelle ils avaient, alors, pris le pouvoir et imposé au pays dictature, isolement total et sous-développement accru.

Bref, museler la démocratie.

Ces dix-huit mois de condamnation sont dix-huit mois de trop.


(Source Le Monde)


*
**
*



Avaaz, dont je vous reparlais récemment ici, n’est bien sûr pas restée silencieuse non plus.


Je recevais hier matin ce mail :

Hier Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel, symbole de la démocratie, affaiblie depuis plusieurs mois, a été condamnée à la résidence surveillée pour une durée d'un an et demi lors d'un procès-spectacle orchestré par un tribunal birman.

Le sort d'Aung San Suu Kyi's n'est que la partie émergée de l'iceberg quant à la brutalité du régime birman qui repose sur 40 ans de meurtres, de torture, de viol de masse et de travail esclave.

Il est temps pour la communauté internationale de faire juger les généraux birmans. Avaaz lance un appel au Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour qu'il enquête sur les crimes contre l'humanité perpétrés par le régime. un jugement de culpabilité pourrait conduire à la poursuite des principaux généraux par la Cour Pénale Internationale.

avaazlogofr.jpg

Pendant les deux prochains mois, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis partagent le siège influant de la Présidence du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Le Président Obama comme le Premier Ministre Brown ont eu des mots très durs à l'encontre du régime birman. C'est aujourd'hui la meilleure opportunité depuis des années de voir le Conseil de Sécurité agir sur ce dossier.

Mais les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les autres membres du Conseil de Sécurité semblent traîner les pieds, craignant de s'opposer à la Chine, soutien incontournable de la junte birmane. Si l'appel donne lieu à une mobilisation mondiale, ils redoubleront d'efforts pour obtenir l'accord de la Chine, comme lorsque le Conseil décida d'autoriser des poursuites à l'encontre d'un autre régime soutenu par la Chine, à savoir le Soudan dans le dossier du Darfour.

Les demandes d'enquête et de poursuites à l'encontre des Généraux birmans se multiplient. La pression augmente sur Obama et Brown alors que déjà des dizaines de parlementaires américains et anglais ont demandé une enquête. Un récent rapport de l'Université d'Harvard rédigé par de grands juristes internationaux révèle que l'ONU a déjà discrètement enregistré des cas concernant le recrutement forcé de dizaines de milliers d'enfants soldats, un million de réfugiés et de personnes déplacées, de nombreux de meurtres, torture, viol de masse et le déplacement forcé de 3 000 villages habités par des minorités ethniques -- autant que les cas rapportés du Darfour. Rejoignons-les dans cet appel pour que le régime réponde de ses actes


portrait1j.jpg



*
**
*




Un portrait terrible et émouvant : La "recluse de Rangoun" continue d'incarner l'espoir des Birmans


Miss You

Commentaires

«La liberté coûte très cher et il faut, ou se résigner à vivre sans elle, ou se décider à la payer son prix.»

José Marti - Discours

C'est tristement vrai...

Quelle bande de gros cons !

anti

Ecrit par : anti | 20 août 2009

Aung San Suu Kyi reste enfermée :

L'appel de la condamnation de l'opposante birmane à 18 mois d'assignation à résidence supplémentaires a été rejeté.

La junte birmane a rejeté vendredi l'appel déposé par l'opposante Aung San Suu Kyi, qui contestait le verdict de 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence. En août, la lauréate du Prix Nobel de la paix 1991 avait été condamnée à trois ans de réclusion et de travaux forcés pour avoir brièvement hébergé un Américain, John Yettaw, qui avait réussi à nager jusqu'à son domicile, situé sur les rives d'un lac.

La sanction, immédiatement commuée en une peine de 18 mois d'assignation à résidence, avait été largement critiquée par l'essentiel de la communauté internationale, à l'exception notable de la Chine, le plus sûr allié du Myanmar dans la région.

«La cour a rejeté l'appel mais nous allons porter l'affaire devant la haute cour», a indiqué Nyan Win, l'un des avocats de l'opposante et le porte-parole de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Cette décision intervient deux jours après la reprise d'une discussion entre le gouvernement américain et les militaires de Naypyidaw, la première depuis 10 ans. Mercredi à Washington, les Etats-Unis ont notamment demandé la libération des prisonniers politiques, en particulier celle de Mme Suu Kyi, privée de liberté pendant 14 des 20 dernières années.

Aung San Suu Kyi, 64 ans, fut victorieuse des élections de 1990 sans jamais pouvoir exercer le pouvoir. La voilà aujourd'hui écartée de toute action politique dans la perspective du scrutin de 2010. Le régime birman doit promulguer dans les mois à venir les lois fixant les règles de création des partis politiques et de la campagne électorale. Dans l'attente de ces textes, la LND a pour l'instant indiqué n'avoir pas décidé si elle comptait participer au scrutin ou le boycotter.

(source AFP)

Ecrit par : Miss You | 05 octobre 2009

...Soupir...

anti

Ecrit par : anti | 05 octobre 2009

Écrire un commentaire