22 août 2009
« Partir » de Catherine Corsini
En salles depuis le 12 août, voici un film que j’ai très envie de voir, autant pour le portrait de femme que Catherine Corsini, la réalisatrice, propose que pour les acteurs principaux, dont je suis fan chacun pour des raisons différentes et que je trouve tous trois émouvants, fragiles et forts. En plus, le film a été tourné dans la région. Gourmandise de la découvrir dans les yeux d'une autre.

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L’histoire
Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésithérapeute qu'elle avait abandonné pour élever ses enfants et convainc son mari de l'aider à installer un cabinet. A l'occasion des travaux, elle fait la rencontre d'Ivan, un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter pour vivre cette passion dévorante.
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Autour du tournage
Portrait d'une femme sans concession
La parole à Catherine Corsini, réalisatrice du film : "J'avais envie de raconter une histoire très classique, très simple, qui me permettrait aussi de suivre la trajectoire d'une femme dans la lignée des héroïnes qui m'ont fait rêver : d'Anna Karénine à Madame Bovary...
C'est parti de là, effectivement, dans ce contexte classique, de faire le portrait d'une femme qui ose l'aventure, qui choisit de ne transiger avec rien, peut-être parce qu'elle est à un moment de sa vie où elle sait qu'elle ne peut plus se permettre de passer à côté de ce qui lui arrive. [...]
J'ai essayé de montrer ce qu'était le désir, son irruption dans une vie ordinaire et rangée, sa puissance, son côté inéluctable. J'ai souhaité faire une mise en scène épurée, pour accorder une grande place à la sensualité, à la nature. Au sens où l'amour débarrasse le film de toute psychologie et lui donne une impulsion pure, celle des corps qui cherchent à se rejoindre ou s'enfuir et donc lui imprime un mouvement."

Au commencement : la fin
Pour Catherine Corsini, ce n'est pas tant la fin du film qui l'intéressait le plus, c'est-à-dire son dénouement, mais plutôt la spirale des événements de l'histoire du personnage incarné par Kristin Scott Thomas. "Très vite à l'écriture, j'ai ressenti le besoin d'ouvrir le film avec ce coup de feu qui laisse présager le drame. Je voulais créer une tension, pour qu'immédiatement on sente qu'on irait au bout de la passion, avec tout ce que ça sous-entend de fort, de beau, d'inéluctable, de tragique" explique-t-elle. Et d'ajouter : "Dès le début, on sait donc qu'il va y avoir un drame, sans savoir pourtant s'il s'agit d'un meurtre ou d'un suicide. Le suspense reste entier. On sait qu'on va être spectateur de ce drame".
Yvan le serpent
Contrairement à Kristin Scott Thomas pour son rôle, Catherine Corsini n'envisagea pas dès le début Yvan Attal pour le rôle de Samuel, son mari. C'est en le voyant dans le (très) sombre Le Serpent d'Eric Barbier en 2007 que la cinéaste décida de lui confier le rôle.
Sergi Lopez à propos de son personnage
Sergi López prête ses traits à Ivan, le chef de chantier Catalan faisant tourner la tête de Kristin Scott Thomas. Il évoque son personnage : "C'est quelqu'un qui a déjà eu pas mal d'expériences mais qui est encore prêt à perdre la tête et à tomber amoureux. Je crois qu'au fond de lui, c'est quelqu'un qui aime aimer. C'est quelqu'un de généreux.
Et même s'il sent bien à un moment donné que tout ça va trop loin, il n'hésite pas pour autant et il fonce, il se donne à fond. Dans sa relation avec Suzanne, c'est lui qui reste le plus lucide, mais même quand il réalise que c'est perdu, il ne recule pas d'un pas. Il est prêt à mourir pour elle. C'est la plus belle preuve d'amour qu'il peut lui donner. Il va tout risquer pour suivre cette femme qui est folle de lui - presque au sens propre !"

Le tournage nîmois
Partir a été tourné au mois d'août 2008 dans la région de Nîmes, dans le Midi, connu pour sa belle luminosité. Catherine Corsini explique : "C'est pour cette lumière, cette chaleur que j'ai choisi Nîmes. [...] Il y avait des pics de chaleur, c'était vraiment étouffant. Un des acteurs m'a même dit que si je suis arrivée à leur faire faire certaines choses c'est parce qu'il faisait tellement chaud que ça leur faisait perdre la tête !
Moi, j'étais comblée parce que j'avais cherché un climat qui alimente ce désir ardent des personnages. [...] En plus à Nîmes, comme dans beaucoup de villes, il y a ces quartiers bourgeois, un peu excentrés, presque protégés, et puis de l'autre côté de la ville, les cités. Deux mondes qui ne se mêlent pas".
Pour mettre en valeur cet espace, la luminosité particulière de la région et les personnages qui peuplent le film, Catherine s'est adjoint les services de Agnès Godard, qui travaille pour la quatrième fois avec la cinéaste. "Je sais qu'elle filme très bien les femmes, qu'elle est très délicate aussi dans les scènes d'amour que je voulais à la fois crues et belles...Tout ça compte, et puis je savais qu'elle donnerait au film une lumière qui justement apporterait de la sensualité, qui alimenterait le trouble" explique Catherine Corsini.
Source texte et photos AlloCiné
Bonne séance !
Miss You
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Commentaires
J'ai moi aussi très envie de voir ce film. J'avais beaucoup apprécié Kristin Scott Thomas dans "L'ombre d'un soupçon" avec Harrison Ford. Le comble serait que Charlotte Gainsbourg joue le même tour à Yvan Attal...
Ecrit par : ramses | 23 août 2009
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