31 août 2009

Les cueilleurs de pluie ne sont plus hors la loi

Une bonne nouvelle en soi, la fin d'un système dont j'ignorais tout ....

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Pour la première fois depuis l’époque des pionniers, il n’est plus illégal de recueillir l’eau de pluie au Colorado.

Dans de nombreux Etats arides, la moindre goutte d’eau, le moindre flocon, avait un propriétaire désigné dès qu’il tombait.

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Dans certains cas, les droits sur cette eau avaient été attribués un siècle auparavant, voire plus. Si bien que l’on pouvait se mettre hors la loi en recueillant l’eau de sa propre gouttière.

Deux lois adoptées récemment dans le Colorado permettront désormais de collecter l’eau de pluie en toute légalité. Face à l’essor de la population, à la sécheresse ou à la baisse du niveau des nappes phréatiques, d’autres Etats ont d’ores et déjà ouvert les vannes ou encouragé les habitants à récupérer l’eau pluviale. Au Colorado, les 250 000 habitants propriétaires d’un puits privé vont pouvoir commencer à s’en servir.

A une centaine de kilomètres à l’ouest à peine, dans l’Utah, il est toujours interdit de collecter les eaux de pluie tombant d’un toit, à moins que son propriétaire ne détienne également les droits sur l’eau du sol. Les mêmes règles rigides, à quelques exceptions locales près, s’appliquent dans l’Etat de Washington.

Dans le même temps, à une trentaine de kilomètres au sud, au Nouveau-Mexique, le captage des eaux de pluie (c’est ainsi qu’on appelle l’opération de récupération) est obligatoire pour les nouveaux logements dans certaines villes comme Santa Fe.

Dans le Colorado, l’ancienne loi avait créé une sorte d’économie parallèle tenant du secret de Polichinelle. La vente de matériel pour la récupération des eaux pluviales était autorisée, mais les détaillants se gardaient bien de demander à l’acheteur ce qu’il avait l’intention d’en faire.

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C’est comme pouvoir vendre tout ce qu’il faut pour la fumette, alors qu’il est interdit de consommer du hasch”, déclare Laurie E. Dickson, qui vend depuis des années des systèmes de récupération d’eau de pluie dans le centre de Durango.

Une étude réalisée en 2007 s’est révélée déterminante pour convaincre le législateur du Colorado que la collecte des eaux de pluie ne priverait pas de leurs droits les propriétaires de l’eau.

Elle a en effet conclu qu’au cours d’une année moyenne, 97 % des précipitations qui tombaient sur le comté de Douglas, près de Denver, n’approchaient jamais d’un cours d’eau : elles s’évaporaient ou étaient utilisées par les plantes.


(Courrier International / The New York Times)




Source photos : n° 1, n° 2 et n° 3.


Miss You

Commentaires

Ah ben ça alors! incroyable..........Je me demande comment l'état du Colorado s'y prenait pour faire la tournée des récoltes d'eau de pluie? Surtout si le 97% de l'eau s'évapore dans l'air!!!

Ecrit par : valentine | 31 août 2009

Valentine,

D'après ce que j'ai compris, les "fonctionnaires" taxaient celui qui récupérait l'eau pluviale sur un terrain qui ne lui appartenait pas (par exemple s'il n'était que locataire...). Heureusement qu'ils ont compris l'ineptie de cette Loi, mieux vaut tard que jamais ! En Provence, les "cabanons", construits souvent en toute illégalité dans les garrigues, disposaient tous de "citernes" d'eau pluviale, qui en permettaient l'habitation durant l'été. Marcel Pagnol l'évoque souvent dans ses ouvrages.

Ecrit par : ramses | 31 août 2009

C'est ce qu'explique l'article : les autorités ne faisaient rien ou pas grand chose. La vente de matériel de récupération de l'eau de pluie était autorisée mais personne ne demandait ce que l'acheteur allait en faire. Le contraste avec la position complètement à l'opposé de Santa Fé est d'autant plus frappant.

On se demande qui a bien pu pondre une loi aussi stupide. Il est vrai que les différents états des USA n'en manquent pas, et des bien plus grotesques... De nombreux sites web les énumèrent. Voir par exemple :

http://www.effendi.info/loisbizarres.html

Ecrit par : Anna Galore | 31 août 2009

Oups, j'ai posté quasiment en même temps que toi, Ramses !

Ecrit par : Anna Galore | 31 août 2009

Anna, j'ai bien ri à la lecture de ton lien "lois bizarres", notamment celle-ci :

"A Chico, toute personne qui fera sauter une bombe atomique dans les limites de la ville, se verra payer une amende de 500 dollars." (rire jaune...)

Je pense qu'il s'agit surtout de gags, mais certaines Lois très anciennes ne sont plus appliquées depuis longtemps, y compris en France ("La loi du 26 Brumaire an IX de la République dispose que toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation, et celle ci ne peut être donnée qu’au vu d’un certificat d’un officier de santé." Le Code Pénal est régulièrement dépoussiéré de toutes ces étrangetés...

Ecrit par : ramses | 31 août 2009

Trop bien le lien vers les lois bizarres américaines.

"Il est illégal de porter une fausse moustache qui puisse causer des rires à l'église" je l'adore celle-là.

Ramsès, tu as raison, nos codes renferment eux aussi d'anciennes étrangetés et sont "remis au propre" au fil des lois votées.

Ecrit par : Miss You | 31 août 2009

Nous sommes rentrés de vacances il y a peu et je prends au fur et à mesure connaissance de notre courrier postal et électronique et des articles publiés sur nos blogs préférés. Parmi toutes les choses intéressantes qui sont dites ici, je retiens particulièrement cet article sur la collecte d'eau de pluie. Je passe sur la bêtise de cette loi stupide qui rend l'eau qui coule des nuages "propriété privée" ; c'est drôle qu'on n'ait pas pensé à taxer l'air respiré... Je garde donc seulement l'image de ces "cueilleurs de pluie" pour qui l'eau est un bien précieux et qui évoque pour nous d'autres pays où l'on développe des stratégies incroyables pour récupérer la moindre goutte, pas forcément tombée du ciel...

Merci, Miss, pour cette note qui a suscité des commentaires bien intéressants !

Bises

Ecrit par : Sylvie Chéreau | 03 septembre 2009

"c'est drôle qu'on n'ait pas pensé à taxer l'air respiré"

Détrompe-toi, c'est fait aussi. Ca s'appelle la taxe carbone. Le principe est simple : plus les industriels polluent ou nous vendent des produits polluants pour faire de nous des pollueurs à notre tour et plus on paye de taxe, même quand on y est pour rien.

Ecrit par : Anna Galore | 03 septembre 2009

Coucou Sylvie et merci de ton passage ici :-)

En lisant cet article (dont je trouve les mots "cueilleurs de pluie" superbement doux), je pensais à la collecte de brume matinale sur des voiles destinés à retenir les particules d'eau pour ensuite arroser les cultures dans certains pays d'Amérique centrale et du Sud. J'avais trouvé l'idée et l'ingéniosité du système admirable. Alors forcément cet article ensuite m'a sidéré.

A très bientôt et bises à vous deux.

Ecrit par : Miss You | 03 septembre 2009

C'est vrai, Anna... Je n'avais pas envisagé la chose sous cet angle mais tu as raison : la "taxe carbone". Sauf que l'expression n'a rien de poétique, cette fois, et qu'elle pèse lourd. Comme je le dis parfois sur notre blog, la santé de notre planète a bon dos et est un bon moyen d'inventer de nouveaux impôts, d'augmenter les prix de certains produits (je pense au "bio" qu'on met à toutes les sauces en jouant avec les couleurs et en essayant parfois de tromper les gens avec de l'"à peu près bio"...). C'est une nouvelle idée marketing très réussie. Faut-il encore et toujours payer pour améliorer les choses ? Ne vaudrait-il pas mieux apprendre à faire les "petits gestes qui ne coûtent guère" et remettre ainsi la Terre en forme qui, au passage, en a vu bien d'autres dans son agité passé géologique ?... Et je ne crois pas trop que les consommateurs soient aussi innocents que cela : "même quand on y est pour rien". On a toujours le droit de refuser d'acheter certains produits.

Sinon, Miss, c'est exactement à cette belle image de "collecte de brume matinale sur des voiles" que je pensais.

Bonne journée !

Ecrit par : Sylvie Chéreau | 04 septembre 2009

Ma précision "même quand on y est pour rien" faisait allusion à deux aspects:

1- aux voitures. Il n'y a pas d'alternative réellement accessible aux moteurs à combustion pour le moment. Donc, ceux qui ont besoin de voitures en utilisent et n'ont pas le choix de ne pas polluer.

2- aux industries polluantes qui polluent sans avoir besoin de notre consentement. Pour cette pollution-là, ils paient une taxe carbone (avec, c'est un non-sens, la possibilité d'acquérir des droits à polluer plus) mais nous aussi, nous allons payer pour leur pollution.

Je suis entièrement d'accord avec toi sur le fond : à nous de faire les petits gestes qui remettront la Terre en forme. C'est l'essentiel. Aucune taxe ne nettoiera les sols et l'air. C'est à nous de le faire ou, au minimum, de ne plus aggraver la situation.

Ecrit par : Anna Galore | 04 septembre 2009

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