18 septembre 2009
Pianos nomades
Des pianos sortis des salles de concert, deux pianistes voyageurs !
Un premier personnage haut en couleurs et généreux, le pianiste Marc Vella, une vraie découverte pour moi, faite en lisant son portrait dans Le Monde.
Extraits.

Un piano, ce n'est pas fait pour rester enfermé dans une pièce avec un napperon dessus. Marc Vella, 48 ans, pianiste compositeur, en a décidé ainsi il y a presque trente ans.
Depuis, il parcourt le monde avec son piano à queue, improvisant des concerts sur une place de village, une dune, ou au beau milieu d'un bidonville. Son Yamaha a déjà fait plusieurs fois le tour du monde, traversé une quarantaine de pays, en remorque ou dans un bus, au Maroc, en Mauritanie, en Inde ou encore à Madagascar.
C'est un piano qui a vécu, et ça se voit. Son vernis noir est constellé d'éclats et de rayures. Le 19 septembre, il sera à Paris, au pied de la tour Eiffel, pour le festival des handicapés, le Défistival.
Avec son air d'oiseau tombé du nid, Marc Vella garde une silhouette d'adolescent. "Je vous aime !", "vous êtes super !", "vous êtes beau !", lance-t-il aux passants - et plus encore aux passantes - dans les rues de Paris ou de Dakar. Les sourires qu'il déclenche sont sa joie et sa récompense. "Le monde a besoin de tendresse. Tout irait mieux si chacun osait sa vie et osait l'autre. On se brise sur l'arrogance et les certitudes", dit-il paisiblement.

Certains le prennent pour un doux rêveur ou un farfelu. Lui s'en soucie peu. De son enfance, marquée par la solitude et les mauvais traitements, il a tiré une forme de philosophie : "La vie est belle à partir du moment où on laisse ses peurs et ses préjugés de côté."
Le piano ? Enfant, il le prenait pour "un confident" au domicile de sa grand-mère qui l'élevait sans amour. Aujourd'hui, il le voit comme "un trait d'union avec l'humanité", un sésame qui lui permet d'"entrer en contact avec l'autre" et d'établir la confiance.
Le plus étonnant, peut-être, n'est pas tant sa démarche que le fait qu'elle perdure, et même qu'elle fasse école, de bouche à oreille. Si les grands médias l'ignorent, Marc Vella a de plus en plus d'adeptes, à travers son site Internet (www.marcvella.com), ses livres, ses disques et les DVD qui lui ont été consacrés. Ni gourou ni messie, mais vrai porteur d'espoir, il reçoit entre 2 000 et 3 000 mails par mois, auxquels il répond un par un.
"C'est un homme totalement atypique, qui a eu le culot de se lancer dans une aventure folle ! Des gens qui rêvent leur vie, il y en a plein, mais des gens qui vivent leurs rêves, c'est si rare !", souligne Alain Noël, son éditeur, autre personnage anticonformiste qui a quitté son poste de PDG des Presses de la Renaissance, il y a deux ans, pour fonder un monastère.

(…) Le pari le plus insensé de Vella, c'est sans doute celui de la caravane amoureuse. Au début des années 2000, le pianiste nomade accepte d'emmener une trentaine de volontaires dans ses périples. Il parvient à récolter des fonds, fait aménager trois bus et élabore une charte.
Les caravaniers devront "déclarer un amour mondial", en pratiquant "la guérilla des bisous" et en distribuant des "je t'aime" à tous vents, décrète Vella, sans craindre le ridicule.
La première de ces caravanes amoureuses a lieu au Maroc, en 2004. Vella joue sur la place Jamâa el-Fna de Marrakech, au milieu des touristes et des charmeurs de serpents, ou parmi les lépreux, à Casablanca, tandis que ses compagnons sautent au cou des spectateurs, interloqués puis séduits.
En 2006, une deuxième caravane amoureuse est organisée, cette fois en Roumanie. Puis, en 2008, en France. Toutes trois sont des succès. "Ces voyages sont des tranches de vie magnifiques. Ils changent notre regard sur le monde et même notre façon d'être". (…)
c'est de la rendre amoureuse d'elle-même
en montrant sa beauté",
(Marc Vella)
(…)
L’intégralité de l’article de Florence Beaugé est ici ici.
Une interview
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Un second destin magnifique, celui du Pianiste de la Sierra Madre, Romayne Wheeler, pianiste américain âgé de 66 ans qui à élu domicile dans la Sierra Tarahumara.

Fuyant le bruit et l’agitation il s’est construit un « nid d’aigle » à flan de montagne et a réussi à y amener un piano de concert « Steinway ».
Gagnant peu à peu la confiance des Raramuri, il a su développer avec eux une relation basée sur le respect réciproque.
Son livre « Vingt ans avec les indiens Raramuris »

Crédit photos Google image
Miss You
11:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs, Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : piano, roumanie, pays de l'est, marc vella






Commentaires
Je me souviens très bien de ce monsieur dont on a déjà parlé en mai dernier suite à l'article du monde, très chouette.
Il y a des gens qui assument vraiment leur existence. Ca m'impressionne toujours.
Pour les pianos voyageurs, à lie aussi Les pianos Swinging in London : http://annagaloreleblog.blogs-de-voyage.fr/archive/2009/06/16/swinging-london.html
anti
Ecrit par : anti | 18 septembre 2009
Magnifiques démarches, l'un et l'autre.
Ecrit par : Anna Galore | 18 septembre 2009
Ah oui "Swinging in London", j'y ai pensé en préparant la note puis ensuite complétement oublié ! Merci Anti.
Y a pas, j'aime les pianos baladeurs ; j'aime surtout cette forme de partage, la musique qui va à la rencontre des gens.
Ecrit par : Miss You | 18 septembre 2009
Une grande humanité chez Marc Vella, qui fait partager sa passion aux plus défavorisés, en allant vers eux.
Très belle histoire aussi que celle de Romayne Wheeler, qui a transporté un Steinway dans une vallée de la Sierra Madré au Mexique, où il vit en harmonie avec les indiens et leur apporte des médicaments.
Toutes les vidéos sont passionnantes, merci, Miss !
Ecrit par : ramses | 19 septembre 2009
C'était un plaisir Ramsès :-)
Ecrit par : Miss You | 19 septembre 2009
Quelle photo lumineuse est vibrante que celle du pianiste jouant à côté de la baie vitrée donnant sur un ailleurs !
Ecrit par : Kathy Dauthuille | 19 septembre 2009
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