24 septembre 2009
Colorado, bientôt le « zéro déchet » ?
Une nouvelle initiative, ailleurs, en écho à la note Emmaüs-avenir d’avant-hier.
(source)Si les Etats-Unis, parangon de la société de consommation, réussissent un jour à tirer profit de leurs montagnes de poubelles, ce sera grâce à lui. Regard pétillant, sourire jovial et barbe fleurie, Eric Lombardi est, à 54 ans, le pionnier américain du recyclage, le porte-drapeau des militants du "zéro déchet". Un défi qu'il relève dans la ville de Boulder (Colorado), havre d'écologie posé au pied des montagnes Rocheuses.
Eric Lombardi y dirige Eco-Cycle, la plus grosse organisation de recyclage à but non lucratif des Etats-Unis : ses soixante salariés trient 50 000 tonnes de déchets par an, soit près de la moitié de ce que jettent les 300 000 habitants du comté. Le reste est transporté par camion et enterré dans une décharge, à quarante kilomètres de là.
(source)Peut-être plus pour longtemps : la municipalité et le comté, engagés dans une démarche "zéro déchet", viennent de voter, au mois d'août, l'agrandissement du complexe de recyclage ultramoderne géré par Eco-Cycle. Soit 8 millions de dollars (5,4 millions d'euros) d'investissement, ajoutés aux 14 millions de dollars (9,5 millions d'euros) déjà déboursés. Une politique financée par une des rares taxes locales du pays sur les déchets ménagers.
Eric Lombardi sait se montrer persuasif. "J'ai une armée de huit cents volontaires prêts à occuper l'hôtel de ville en cas de besoin", s'amuse-t-il. L'homme a des arguments, écologiques autant qu'économiques. "Nous gagnons de l'argent que nous réinvestissons. Il y a un marché pour tous les types de déchets : papier, métal, gravats de chantier, compost... même les plus difficiles à recycler, comme les plastiques ou le polystyrène", assure-t-il. Certains partent pour la Chine, la plupart restent aux Etats-Unis.
(source)Pour lui, "les décharges et les incinérateurs ne sont compétitifs que parce qu'ils ne payent pas au juste prix les dommages qu'ils infligent à notre santé, à l'environnement et aux ressources naturelles. En enterrant et en brûlant les ordures, on détruit à jamais ce qu'il faut d'urgence considérer comme des richesses à réintroduire dans l'économie".
Tout a commencé à Boulder, en 1976. A la tête de la toute première association de recycleurs bénévoles des Etats-Unis, Eric Lombardi organise alors la collecte des déchets directement chez les particuliers. "Le tri et le recyclage étaient trop nouveaux pour des élus qui n'aiment pas prendre de risques, et d'une rentabilité trop incertaine pour le secteur privé. L'initiative ne pouvait venir que de la communauté", juge-t-il.
(source)Trente ans plus tard, en charge d'un outil professionnel, il crée la première organisation nationale militant pour le "zéro déchet" : le Grassroots Recycling Network. "Je me suis dit que le recyclage n'était qu'un début. On sait d'où viennent les déchets : de l'irresponsabilité des industriels dans la conception de leurs produits, depuis les procédés de fabrication jusqu'aux emballages."
Mobilisant des milliers de citoyens et des dizaines d'universités, le réseau engage une série de bras de fer très médiatisés avec les industriels pour les contraindre à rendre leurs produits réutilisables et à employer des matériaux recyclés. Des compagnies comme Coca Cola ou Dell sont obligées de céder. D'autres, comme Wall Mart, préfèrent se convertir avant d'être prises pour cibles.
Cofondateur de la Zero Waste International Alliance, Eric Lombardi porte désormais son message dans le monde entier. Avec un double argumentaire : "Le recyclage intégral est le meilleur moyen pour une ville d'atteindre les objectifs de Kyoto. Mais c'est aussi un bon business, qui crée dix fois plus d'emplois qu'une décharge." Sans oublier l'argument massue : "Les premiers à se lancer deviendront milliardaires !"
Source Le Monde
dessin planète verte
Sur le blog :
• Un continent de détritus
• Deux planètes pour vivre en 2030
• Le jour du dépassement
• Réduction de déchets toxiques, bravo Nokia
• Egoïsme ordinaire
• Qui pollue en Europe ?
• La troisième révolution
Miss You
11:30 Publié dans Miss Terre et bouts de blogs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note






Commentaires
Et si on commençait par économiser sur ces tonnes d'emballages inutiles. On éviterait la déforestation, on économiserait sur la valeur du produit.
A combien évaluerait-on en poids la totalité des emballages d'un hypermarché par exemple? Ce doit être effarant. Pour certains articles, nous avons plus de carton que de produit. Evidemment, le "packaging" a pour but d'attirer l'oeil du consommateur....
Lorsque je vais au marché, je ne prends plus de sachet plastique ou autre. Je mets tout directement dans mon panier. Toujours ça de gagné!
Ecrit par : valentine | 24 septembre 2009
Idaime ce matin même.
Ecrit par : Apostyle | 24 septembre 2009
Pareil !
En supermarché, j'ai réalisé il y a pas longtemps que je m'étais finalement faite à l'arrêt de la distribution de sacs plastique en caisses. Au début, j'oubliais et je pestais. Maintenant, c'est un réflexe en descendant de voiture : attraper le jeton du caddie ET prendre les sacs dans le coffre.
En lisant cet article, j'ai été quand même étonnée par la déclaration selon laquelle "Il y a un marché pour tous les types de déchets : ... Certains partent pour la Chine, la plupart restent aux Etats-Unis".
En plus des conditions souvent discutables de tri et de traitement de déchets envoyés en Chine ou plus largement en Asie (j'ai des images d'enfants et d'adultes en Chine, en Inde et aux Philippines manipulant des déchets souvent toxiques sans aucune forme de protection), je m'interroge sur le transport de ces déchets et ses conséquences écologiques.
Ecrit par : Miss You | 24 septembre 2009
Ca parait effectivement aberrant d'envoyer des déchets en Chine, qui seront transformés et nous reviendront sous la forme de produits finis, qui repartiront sous forme de déchets... En tous les cas, ça fait marcher les bateaux !
Et tout cela a un coût exorbitant pour le consommateur... La "taxe sur l'enlèvement des ordures ménagères" atteint des sommets... A Toulon (pas de tri sélectif !) je paye plus de 400 € par an à ce titre ! (plus de 1€ le kilo !) Et souvent, comme le dit Valentine, le "packaging" vaut plus cher que le produit lui-même... Quel gâchis !
Ecrit par : ramses | 24 septembre 2009
Écrire un commentaire