29 septembre 2009

Bonheur retrouvé au pays des potiers

Vous le savez (peut être), je suis fan de poterie, de céramique et du travail de la terre en général. Alors forcément en découvrant le titre de cet article de Courrier International, j’étais curieuse et … gourmande. L'article a tenu les promesses de son titre, je le dépose ici.


marocpoteries.jpg




Près de Marrakech,
les potiers d'un village utilisent désormais des fours bien moins polluants et plus performants.
Une idée simple, qui a pourtant changé la vie de toute la population locale, raconte El Watan
.




Des cendriers de toutes tailles et de toutes les couleurs, des moules en forme de babouches, des services à soupe aux motifs orientaux... Le village des potiers de Saâda, à environ 5 kilomètres de Marrakech, est un paradis pour touristes.

Il y a quelques années pourtant, aucun visiteur n'aurait pu y entrer : "Le village était une véritable décharge", témoigne Ahmed Chehbouni, directeur du Centre de développement régional. "Les potiers stockaient les détritus, les plastiques ou les pneus dont ils avaient besoin pour fabriquer leurs objets partout où ils trouvaient de la place."

carreaudefes.jpg

Résultat : une vraie catastrophe en termes d'émissions de gaz à effet de serre, à tel point que le gouverneur voulait déplacer le village encore plus à la périphérie de la ville. La pollution posait aussi des problèmes de santé, car outre les déchets laissés à l'air libre, les habitants respiraient les fumées - des examens médicaux ont permis de détecter de nombreux cas d'asthme - et les cendres se déposaient sur les champs alentour.

"De surcroît, chaque four (il y en avait 106) nécessitait environ 4 tonnes de bois par semaine. Comme les potiers effectuaient huit cuissons par mois, on estimait la quantité de bois utilisée à plus de 40 000 tonnes par an", ajoute Ahmed Chehbouni. C'est ainsi que cette activité générait 60 000 tonnes de dioxyde de carbone par an et faisait disparaître 127 hectares de forêt.

Une opération pilote fut alors lancée, avec l'aide de plusieurs partenaires, dont le Programme des Nations unies pour le développement, le conseil régional, le ministère de l'Artisanat, etc. Objectif : remplacer les fours traditionnels par des fours propres fonctionnant au propane.

"A l'intérieur de ces fours, la température est de 1 000°, mais à l'extérieur, grâce à une isolation en fibres de céramique, elle n'atteint que 50°", explique Saïd Kherbouch, le président de l'association Koutoubia, qui s'occupe du développement rural et de protection de l'environnement.

potiertour.jpg


Le remplacement progressif de ces fours a bouleversé la vie du village.

Les allées ont été pavées, l'espace gagné sur les pneus et les déchets a été investi par des ateliers et de petites boutiques. "Avant, l'air était irrespirable, et les hommes noirs de cendres ; les femmes ne pouvaient y venir, ajoute Ahmed Chehbouni. Aujourd'hui, elles aussi travaillent dans les ateliers, démoulent, vernissent, enfournent..." Ali, un potier, nous montre sa production de carreaux.

Sur le toit, des ouvriers les fabriquent et les font sécher à l'état brut. Dans l'atelier, les carreaux cuisent et sont ensuite émaillés. "Les fours traditionnels ne permettaient pas de faire ce type de produits, que l'on ne trouvait que dans la région de Fès", explique le responsable du CDRT, "car la température à l'intérieur était inégale, les objets n'étaient pas cuits de la même façon sur toute leur surface et les couleurs n'étaient pas uniformes."

carreaudefes2.jpg
Gain de temps, d'énergie, de personnel... Résultat, les potiers gagnent aussi plus d'argent. Alors qu'un four traditionnel coûtait 1 240 dirhams [110 euros], le four à gaz ne lui en coûte que 400 [35 euros] et permet de cuire 500 pièces, contre 300 auparavant. "Le gain financier est de l'ordre de 200 %, parce que les touristes font désormais travailler les potiers pour l'exportation", souligne Ahmed Chehbouni, montrant les cartons entassés un peu partout en vue d'être expédiés à l'étranger.

Au CDRT, on estime que cette opération contribue à sauvegarder la santé des 200 familles qui vivent dans le village. Enfin, la construction des fours a permis au fabricant de créer sa propre entreprise. Le succès de l'opération a inspiré d'autres régions du pays, où des fours similaires ont depuis été installés.

Depuis 1998, le Centre de développement de la région de Tensift (CDRT), qui englobe Marrakech, conduit des projets concrets dans le domaine de l'environnement, de la recherche agronomique, de la formation et de la solidarité.

Cette ONG reconnue d'utilité publique au Maroc vise en priorité l'amélioration des conditions de vie des populations et une gestion durable des ressources naturelles.

Elle a ainsi distribué des ordinateurs dans une vingtaine d'écoles situées dans des quartiers pauvres, mené à bien le projet des fours pour les potiers, et lancé une activité économique liée aux plantes aromatiques et médicinales dans une vallée de la région.


Source Courrier International


poteriesmaroc.jpg




Photos :

Magasin poteries
Carreau de Fès
Tour du potier
Carreau de Fès n° 2
Plats marocains



Miss You

Commentaires

Bel exemple de reconversion en "énergies propres".

Les plats de la dernière photo sont vraiment magnifiques.

Ecrit par : ramses | 29 septembre 2009

Une très intéressante démonstration qu'une solution plus écologique ne signifie pas un retour au Moyen-âge mais une utilisation à bon escient de techniques plus avancées que celles traditionnellement mises en oeuvre.

Ecrit par : Anna Galore | 29 septembre 2009

Une très intéressante initiative. J'espère (et suis sure) qu'elle se propagera ..
Vive le progrès!
Et oui, les plats de la dernière photo sont superbes...

Ecrit par : sapot | 29 septembre 2009

Il y a déjà le soleil dans les plats avant même que la cuisine marocaine ne l'invite aussi :-)

La dernière fois que je suis allée au Maroc, en voyant les échoppes des potiers, j'avais envie de tout rapporter tellement c'était beau. Et je ne parle même pas des plats à tajine^^

Quand je serai grande (heinG So !!), j'aurais une vraie cuisine (et non pas un échantillon gratuit) pour y mettre de jolies choses comme celles de la photo.

Ecrit par : Miss You | 29 septembre 2009

Très intéressant, un bon exemple à suivre dans d'autres domaines sur la manière de réfléchir.

Je suis juste un peu déçu, je m'attendais à un article sur un hypotétique 9ème tome d'Harry Potter... (Henry Potier pour les frenchies)

Netsah lit baba O.O

Ecrit par : Netsah | 30 septembre 2009

mdr Netzah

Ecrit par : sapotille | 30 septembre 2009

Netsah, aucune idée mais le mieux c'est d'aller chercher l'info à la source http://www.jkrowling.com/fr
Comme tu sais, c'est pas sorcier ;-)

Ecrit par : Miss You | 30 septembre 2009

"Quand je serai grande (heinG So !!), j'aurais une vraie cuisine"

J'adore c'te formule. Avec Sylvia, on dessinait toujours "notre maison quand on sera grande". On continue d'ailleurs ;-)

J'adore aussi cette chouette initiative de reconversion.

"qu'une solution plus écologique ne signifie pas un retour au Moyen-âge"

Pô mieux !

anti

Ecrit par : anti | 30 septembre 2009

"J'adore c'te formule. Avec Sylvia, on dessinait toujours "notre maison quand on sera grande". On continue d'ailleurs ;-)"

Pareil et, tu sais quoi, je l'aurai, un jour, je l'aurai :-)

Ecrit par : Miss You | 30 septembre 2009

Écrire un commentaire