08 octobre 2009

Couleurs et contemporain à la Maison Blanche

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«I Think I’ll…(Je crois que je vais...)», illustration de l’indécision du Californien Ed Ruscha daté de 1983
Photo: Courtesy of Ed Ruscha



Une sélection d'oeuvres de peintres américains modernes ou abstraits mais aussi d'artistes étrangers décorent les murs de la Maison Blanche, selon le choix du couple Obama qui a emprunté 47 oeuvres aux musées de Washington.


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"The Bow (la révérence)" un bronze signé Edgar Degas.
Photo: Gift of Joseph H. Hirshhorn/Hirshhorn Museum and Sculpture Garden
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La liste des oeuvres empruntées auprès de cinq musées, dont la National Gallery of Art et le musée d'art moderne et contemporain Hirshhorn, a été rendue publique mardi par le bureau de la Première dame, Michelle Obama.


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"Sky Light (Puits de lumière)" 1973, par Alma Thomas.
Photo: Gift of Vincent Melzac/Hirshhorn Museum and Sculpture Garden



"Il est tout à fait inhabituel pour le président de sélectionner des oeuvres contemporaines plutôt que des toiles plus historiques ou traditionnelles de la peinture américaine", note Valerie Fletcher, conservatrice du musée Hirshhorn qui a prêté sept toiles et deux sculptures.

Parmi les 47 pièces qui constituent une collection exceptionnellement variée et importante, par le nombre, empruntée par la Maison Blanche, sept toiles sont l'oeuvre d'artistes noirs, dont une oeuvre de Glenn Ligon, artiste conceptuel qui explore les thèmes de la politique et de la couleur de peau en utilisant dans ses toiles textes, néons et photos.


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"Black Like Me No. 2 (Noir comme moi n° 2)" 1992, Glenn Ligon.
Photo: Hirshhorn Museum and Sculpture Garden



La toile verticale choisie par le couple présidentiel, intitulée "Black like me N°2" ("Noir comme moi") est un hommage textuel au livre d'un journaliste blanc, John Howard Griffin, qui a relaté son expérience après s'être noirci la peau.

(Pour la petite histoire, Glenn Ligon a repris une phrase d’un récit de John Howard Griffin, Black Like Me (Dans la peau d’un Noir), racontant comment il s’était foncé la peau pour explorer le Sud profond américain. La phrase de Griffin, répétée jusqu’à noircir le bas du tableau : «All traces of the Griffin I had been were wiped from existence (toutes les traces du Griffin que j'étais avaient été effacées de l'existence)».)

"C'est une oeuvre très puissante à accrocher dans ses appartements privés", a commenté pour l'AFP Mme Fletcher rappelant que, selon la règle, ces peintres encore vivants ne peuvent être accrochés dans les parties publiques de la Maison Blanche.


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"Watusi (Hard Edge)" par Alma Thomas, peintre afro-américaine, résidant depuis longtemps à Washington.
Photo: Gift of Vincent Melzac/Hirshhorn Museum and Sculpture Garden.



Le peintre William Johnson, du mouvement de renouveau de la culture afro-américaine "Renaissance de Harlem", est bien représenté avec quatre scènes naïves ainsi qu'Alma Thomas, une des premières femmes peintres afro-américaines, figure de la peinture abstraite.

Plusieurs pièces de poteries ou d'art des Indiens d'Amérique ont été choisies. George Catlin, le portraitiste des moeurs indiennes au XIXe siècle, aura une place de choix dans la résidence présidentielle avec une douzaine de tableaux.


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"Nice" 1954, par Nicolas De Stael.
Photo: Gift of the Joseph H. Hirshhorn Foundation/Hirshhorn Museum and Sculpture Garden




Parmi les plus classiques, on ne repère qu'un "Coucher de soleil (Sunset)" mélancolique de Winslow Homer et deux bronzes de danseuses de Degas, tandis que les peintres abstraits Mark Rothko, Josef Albers, conceptuels comme Edward Corbett et Jasper Johns ou encore relevant du pop-art comme Edward Ruscha sont bien représentés.

Le couple présidentiel a également arrêté son choix sur quelques noms d'outre-Atlantique, un fait rare, la tradition voulant que soit plutôt privilégiée la peinture américaine sur les murs de la Maison Blanche. Hormis Degas, des natures mortes contemplatives du peintre italien Giorgio Morandi côtoieront une impression de Nice par Nicolas de Staël.


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Le brevet du télégraphe électrique, au nom de Samuel F.B. Morse.
Brevet n° 6.420 du 1er mai 1849
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Photo: Richard Strauss/Smithsonian Photographic Service



Les poteries iront dans le bureau Ovale ainsi qu'un modèle original sous verre d'un télégraphe de Samuel Morse.
Selon le conservateur de la Maison Blanche, William Allman, le choix des Obama "démontre un intérêt pour le véritable art moderne". "Les oeuvres retenues suscitent la réflexion, l'inspiration plutôt que d'être simplement jolies, colorées ou divertissantes", ajoute la conservatrice du musée Hirshhorn.

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"Berkeley, No. 52," 1955, par Richard Diebenkorn.
Photo: Courtesy of the Estate of Richard Diebenkorn/National Gallery of Art, via Associated Press



Jackie Kennedy avait introduit Cézanne à la Maison Blanche, tandis qu'Hillary Clinton aimait les abstraits Kandinsky, De Kooning et avait mis en avant Georgia O'Keefe.

George Bush avait accroché dans le bureau Ovale un gros cactus hyper-réaliste sur un ciel ombrageux de l'ouest américain signé de l'artiste texan Tom Lea.


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"Butterfly (Papillon)" de Susan Rothenberg
Crédit photo AFP



Outre les deux musées déjà cités, les oeuvres choisies par le couple Obama proviennent aussi du Musée des Indiens américains, du Musée de l'Histoire américaine et du Smithsonian American Art Museum.


Source AFP



• La sélection complète du New York Times, d’où provient la grande majorité des œuvres qui illustrent cette note, est ici.

• Un article du New York Times


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Sunset (Coucher de soleil)” de Winslow Homer
Crédit photo AFP



Miss You

Commentaires

On peut aimer ou pas les oeuvres elles-mêmes mais ce qui est indéniable, c'est que le rationnel qui sous-tend ces choix est remarquable puisqu'il est politique et engagé, au sens noble de ses termes.

Ecrit par : Anna Galore | 08 octobre 2009

J'aime beaucoup ces quelques oeuvres et tout particulièrement la première (indécision oui : se donner le temps de la réflexion avant d'agir aussi, à condition de ne pas rester dans l'indécision éternellement) et aussi le télégraphe (l'objet en soi et tout ce qu'il suppose de communication, de liens entre les hommes, d'histoire de "l'Ouest" et de son fil qui chante).

D'autres choisies par la famille Obama m'ont moins touchées, sans doute parce que plus "classiques", moins "surprenantes" à mon goût. On peut en voir certaines en cliquant sur le lien de la note "sélection complète du New York Times".

Ce choix effectué par les Obama a le mérite à mes yeux d'ouvrir à la discussion et à la réflexion et ça contribue aussi à sa richesse.

Ecrit par : Miss You | 08 octobre 2009

Ce que je trouve intéressant dans cette nouvelle, c'est que j'ignorais complètement cette histoire d'emprunt des oeuvres aux musées par les présidents ! Ca se fait aussi chez nous ?

Sinon, l'article en soi est très riche de renseignements. Sympa !

anti

Ecrit par : anti | 08 octobre 2009

"I Think I’ll", c'est un clin d'oeil à George W ?

Je trouve le choix très éclectique et il serait intéressant d'interviewer Michele Obama sur les messages délivrés, à ses yeux, par les différentes oeuvres exposées, qui forment sans doute un tout qui ne doit rien au hasard.

J'aime beaucoup "Nice" 1954, par Nicolas De Stael, dont j'admire particulièrement l'oeuvre en général. Ce peintre Français d'origine russe, né en 1914, a mis fin à ses jours en 1955 à Antibes, ne supportant pas l'envolée ahurissante de sa cote, alors qu'il avait vécu jusque là dans la misère... Elle atteint aujourd'hui des sommets (Nature morte au poêlon, 1955, huile sur toile, 65 x 81 cm, adjugé 625 232 euros en octobre 2007).

Ecrit par : ramses | 08 octobre 2009

"Ca se fait aussi chez nous ?"

J'ai l'impression qu'il y a un système un peu similaire en France avec la possibilité de "remeubler" l'Elysée et les ministères en général en puisant dans les réserves du Mobilier National (meubles, oeuvres d'art, tapis, ...) .

Au sujet du Mobilier national, je viens de retrouver un article qui m'avait sidéré en début d'année à propos de la disparition d'oeuvres d'art supposées être dans nos Administrations.

Un extrait "C’est l’enfer des œuvres perdues de la République. Déposés dans les administrations, 34 000 tableaux, meubles et objets d’art se sont volatilisés… Une commission, conduite par Jean-Pierre Bady, livre le bilan de dix ans d’activité sur ce problème, depuis sa mise en place en 1997 à la suite d’un rapport de la Cour des comptes qui dénonçait l’état scandaleux de l’inventaire des œuvres placées dans les bâtiments de la République.

Sur 307 000 œuvres se baladant dans les ministères, ambassades, mairies, monuments nationaux, musées, palais de justice ou autres, 158 000 ont été pointées, avec un taux de perte (34 000) dépassant donc les 20 %. Il en reste presque autant à recenser, sans compter que ce pointage, dit «récolement», va s’étendre à de nouvelles collections, telles celles de la Défense ou de l’Education nationale... "

La suite est ici : http://www.liberation.fr/culture/0101316232-uvres-d-art-et-mobilier-disparus-les-larcins-de-la-republique

Ramsès, je ne connaissais pas la triste fin de Nicolas De Stael. Merci de cette précision.

Ecrit par : Miss You | 08 octobre 2009

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